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LA PREMIÈRE ARMEE DE LA LOIRE

rait dans la forêt de Fontainebleau !... D'Aurelle de Paladines devint l'homme du jour.

Suivons cet élan de Paris vers ses sauveurs, et marchons avec ces jeunes troupes du 15^ et du lô*" corps, les premières que le pays mit vraiment en ligne, après les formations trop rapides de La Motte-Rouge.

D'Aurelle venait, au camp de Salbris, de refondre le 15" corps ; le 16% confié au ferme, au vaillant Ghanzy, complétait une armée sans doute disparate encore, mais où l'ardeur patriotique suppléait au reste. Gambetta et Freycinet l'eussent voulu lancer en avant bien plus tôt, dès la fin d'octobre, non du côté de l'Ouest, à l'aide de la sortie que méditait Trochu, — on n'en avait eu que vaguement bruit, et l'on redoutait d'ailleurs une aussi longue marche de flanc, — mais droit sur Paris, après avoir préalablement reconquis Orléans, d'aurelle de paladines.

Nous avons vu la chute de Metz suspendre le départ alors prescrit. La négociation de l'armistice Thiers et les perplexités de d'Aurelle étaient venues le retarder encore. Le brave commandant de l'armée de la Loire, général de tradition et d'exécution, et qui avait fait merveille à Salbris, n'était pas en effet le chef audacieux et jeune qui convenait à l'audacieuse, à la jeune dictature républicaine. « Pas de plus honnête homme ni de meilleur soldat », a-t-on dit justement de luiy.mais le tout annihilé par son absence de confiance en lui et en ses troupes. Où on lui demandait, où il eût fallu l'initiative hardie d'un plan et sa brusque réalisation, il ne répondait que par l'offre sincère d'un dévouement entier, mais impuissant. Cependant, après plusieurs

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conseils de guerre (à riin des premiers avait assisté Bourbaki, qui n'ayant pu rentrer dans Metz, était venu offrir son épée), on décidait de reprendre immédiatement la marche sur Orléans et Paris. Le bruit de transports de troupes en chemin de fer vers Le Mans était habilement répandu, et, pendant qu'une division du 15" corps sous Martin de Pallières, parlant pour Gien, opérait un long mouvement tournant, avec mission de couper la retraite aux Bavarois, le gros de l'armée, partant de Blois, attaquait de front Von der Tann, en avant d'Orléans. Le 7 novembre, l'heureux combat de Vallières présagea la victoire du 9.

Il fait, ce matin-là, un temps couvert et doux. Une trouée de soleil illumine le jour gris, la vaste plaine ondulante au loin, avec ses bouquets d'arbres, d'où émergent toits bruns de grosses fermes et murs blancs de châteaux, avec ses villages aux jolis noms obscurs, qui tout à l'heure recevront le baptême du feu, de l'histoire. Les deux corps d'armée de d'Aurelle et de Chanzy étendent leurs nappes bleues piquées de rouge, noient les creux, escaladent les crêtes. Pas un traînard. Il semble qu'on aille à la manœuvre. On sent l'irrésistible poussée d'une force anonyme et, dans le roulement des canons, dans le martèlement des sabots et des pas, une vie puissante, ordonnée, le mouvement, la respiration d'un grand corps, fait de GO 000 corps.

Von der Tnnn, en face, n'a que 25000 hommes, vieux soldats qui s'imaginent valoir, chacun, trois de ces recrues. Soudain, sur la droite le canon tonne, la bataille s'engage. Duel d'artillerie d'abord où nos batteries novices font preuve d'une précision étonnante. Peu à peu Von der Tann vers ses deux ailes est débordé. L'infanterie de Peytavin enlève le village de Baccon, le

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