‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 57 sur 101 · BATAILLE DE COULMIERS · texte numérisé non relu

BATAILLE DE COULMIERS

château de la Renardière. A gauche, le brave Jauréguiberry s'empare de Champs, d'Ormeteau.

Le temps a passé, il est déjà trois heures. C'est alors

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BATAILLE DU COULMIERS (9 novembre).

Les flèches indiquent la direction des attaques françaises. La ligne ponctuée indique le front de bataille de l'armée allemande.

qu'au centre, venant renforcer les tirailleurs de Peytavin, une colonne de la division Barry, composée du 88* de marche, du "i"- bataillon de chasseurs et des mobiles de la

Dordogne, s'ébranle, pourTatlaque de Coulmiers. Un feu meurtrier fait rage, on parvient à prendre pied dans le parc ; maintenant il faut donner l'assaut, maison par maison. Les troupes sont fatiguées, le soir va venir. A cette minute, et comme faisaient jadis les généraux des premières guerres de la Révolution, le général Barry lire l'épée, prend la tête et crie : « En avant, vive la France ! »

D'un bond héroïque, les mobiles de la Dordogne le suivent. Ils emportent les maisons une à une, et sous leur jeune enthousiasme les vieilles troupes bavaroises plient. Yon der Tann est en retraite. Le soir vient, et dans cette tombée des ténèbres, malgré le froid qui subitement saisit, malgré la petite pluie qui commence, fouettée de neige fondue, une joie immense transporte l'armée tout entière. Elle ne sent plus ni froid, ni faim, ni fatigue; un sang chaud bat dans ses veines ; il lui faut marcher encore, gagner l'étape. Elle irait au bout du monde ! Elle a la victoire.

Victoire partielle, incomplète, puisque les Bavarois (ju'on eût pu écraser, s'échappent, gagnent Orléans, ne laissant derrière eux que 1 200 à 1 300 blessés, tués ou prisonniers. Martin des Pallières, — c'est l'issue ordinaire de ces mouvements combinés, de trop grande envergure, — n'a pu arriver à temps ; et la division Reyau, prenant pour l'ennemi les tirailleurs de Lipowski, qui la devaient appuyer, est rentrée aussitôt dans ses cantonnements, n'en est plus ressortie ; inaction regrettable, car un galop de poursuite eût achevé, le soir, les vaincus éreintés. Il suffisait, en effet, le lendemain, de 45 cavaliers d'escorte de Jauréguiberry, avec le commandant de Lambilly, pour prendre 2 canons attelés, 50 caissons et voitures, 130 prisonniers...

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