CHAPITRE XIli
Le mois de novembre. — Manteuffel contre i.'armée DU Nord : Bataille d'Amiens (27 novembre). — Le
GRAND-DUC DE MeCKLEMBOURG ET FrÉDÉRIC-ChARLES SUR
LA Loire : Beaune-la-Rolande (28 novembre).
Court moment a saisir. Rayon fugace. Déjà s'approchaient les longues colonnes, l'avalanche qui descendait de Metz...
Au nord, c'est la I''' armée, où ManteufTel a succédé à Steinmetz. Les Allemands prennent enfin l'offensive de ce côté, après les six semaines de répit où ils se sont fortifiés à l'aise devant Paris, livrant seulement aux mobiles de Briand, qui a remplacé Gudin, de petits combats; mais les I" et IIP corps, avec la 3« division de cavalerie, négligent un moment ces faibles forces de Normandie, marchent à l'adversaire le plus dangereux.
Quatre brigades se sont réunies
FARKE. ~ "
derrière la Somme, et constituent un noyau de corps d'armée, le 22^ Cela s'appelle déjà, et mérite de s'appeler : l'armée du Nord. Ce groupement, créé sur place avec des moyens locaux, des cadres fournis en grande partie d'évadés de Sedan et surtout de Metz, est dû tout entier au dévouement du commissaire du gouvernement Testelin, un médecin de Lille, et à
raclivilé du colonel, puis général Farre, qui le seconde. Deux escadrons de gendarmes, deux de dragons et sept batteries renforcent bataillons de mobiles et régiments de marche. Un instant Bourbaki, nommé commandant en chef de la région, a présidé à cette formation, puis las, découragé, il a demandé qu'on le relève. Farre remplit l'intérim, quand la I™ armée allemande paraît.
Il faut, avant de gagner Rouen, que Manteuffel batte d'abord le 22'' corps, s'empare d'A miens. Le 27 novembre il cueille La Fère au passage (2000 hommes et 70 canons, après deux jours de bombardement) et livre cette bataille d'Amiens, qui fut si honorable pour nos armes. Farre a jeté trois de ses brigades entre Avre et Somme, en avant d'Amiens, que défend Paulze d'Yvoi, avec