BATAILLE DE BEAUNE-LA-ROLANDE
bords de la Saône. Il ne laissait dans cette partie de la France, devant le XIV'' corps de Werder, maître de Dijon, que 1° les forces hétéroclites réunies à Dôle sous le nom d'armée des Vosges et commandées par Garibaldi, 2° le petit corps que le général Crémcr, la veille encore capitaine aide de camp du général Clinchant à Metz, formait aux environs de Beaune-la-RoIande, et 3° l'armée de Lyon, amalgame confus aux ordres du général Bressolles. Nous les retrouverons en temps et lieu.
La grande partie se joue en ce moment sur la Loire.
Paris, en effet, depuis Coulmiers, s'agite ; il brûle de s'élancer à la rencontre de cette armée dont il guette à l'horizon le cher Fantôme, de ce d'Aurelle qu'il croit en route. Une grande sortie se prépare. Et puis les vivres baissent. Ira-t-on au delà de la mi-décembre? De tout cela Gambetta est averti, et de jour en jour son impatience grandit. L'inaction, qui était déjà une faute lourde, va devenir criminelle. Il faut agir, « faire pourtant quelque chose ! ')
Un seul parti, conseillé par Freycinet, s'imposait : destituer d'Aurelle, dont on ne pouvait tirer aucun plan d'opérations, et nommer un général plus entreprenant. Gambetta n'osa pas, par reconnaissance des services rendus^ par respect des choses établies. Il s'arrêta à ce compromis, néfaste, puisqu'il établissait une dualité de commandement: donner directement des ordres à l'aile droite.
Le 24 novembre, sur un télégramme de Tours, une division du 15" corps sous le commandement de Martin des Pallières, et les 18*" et 20'' corps s'ébranlaient donc Gambetta venait de se décider à commencer, sans d'Aurelle, le mouvement vers Paris, par Pithiviers. Trop tard.
Martin des Pallières, à Chilleurs et Neuville-au-Bois, donnait dans les flanc-gardes et les arrière-gardes du
corps d'Alvensleben. Les têtes de colonne de Crouzat se heurtaient en même temps au X« corps (Voigts-Rhetz), livraient les combats de Ladon et de Maizières. Les tergiversations des semaines précédentes avaient laissé à
BATAILLE DE BEAUNE-LA-ROLANDE (27 novembre).
Les lignes ponctuées indiquent le frunt de bataille des deux armées.
Frédéric-Charles le temps d'accourir, de donner la main au grand-duc de Mecklembourg.
Suspendu le 24 novembre au soir, le mouvement est repris le 28, vient se briser définitivement contre Voigts- Rhetz, dans la bataille acharnée de Beaune-la-Rolande.
Vers midi, Crouzal, ayant à ses ordres le 18' et le