‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 61 sur 101 · BATAILLE DE BEAUNE-LA-ROLANDE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE BEAUNE-LA-ROLANDE

20^ corps, abordait de front Beaune-la-Rolande, tandis que Billot devait le soutenir à droite. Mais celui-ci ne se dépêtrait pas avant le soir des avant-postes et de l'aile gauche de l'ennemi. Il n'avait pu avancer que pas à pas, enlevait Juranville, Lorcy, les Côtelles et prenait, chemin faisant, un canon, mais ne débouchait devant Beaunela-Rolande qu'à l'ombre tombée. Crouzat s'était épuisé en inutiles et courageux efforts. Un moment même Voigts-Rhetz, presque cerné, s'était vu dans une situation critique, mais, sans reculer d'une semelle, il attendait, avec une fermeté froide, les secours qui ne pouvaient manquer de venir. Alvensleben arrivait en effet avec une division de cavalerie et une d'infanterie; Voigts-Rhetz était sauvé. Le dernier assaut de Crouzat, à la tête de ses zouaves, se brisait, vaincu, contre Beaune-la-Rolande imprenable. A l'ouest et au sud de la petite ville, le terrain était couvert de morts et de blessés, un millier de Prussiens et 3 000 Français. Deux mille restèrent prisonniers.

« Les jeunes troupes de la République, dit un historien allemand, avaient combattu avec une incroyable bravoure, mais la force des corps engagés fut rompue pour longtemps, l'aile droite de l'armée de la Loire ruinée du premier coup. »

Ce que venaient d'accomplir ces recrues après quinze jours d'inaction dans leurs bivouacs boueux, ces mouvements si peu coordonnés, où le sang français coula si pur, tout cela ne fait que redoubler le regret de l'occasion manquée, cet élan méconnu par d'Aurelle et salué de l'ennemi, l'unanime élan qui eût pu, qui eût dû suivre la journée du 9 novembre.

Aube passagère de Coulmiers, grosse d'une victoire perdue, et au canon de laquelle Paris trompé va répondre pour rien, par lé gigantesque écho des canons de la Marne-

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