‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 65 sur 101 · BATAILLE DE LOIGNY · texte numérisé non relu

BATAILLE DE LOIGNY

Loire, naguère si pleine d'élan, s'est depuis un mois à ce point démoralisée dans l'inaction et le croupissement des bivouacs, qu'à peine en marche, elle se désagrégera, fondra d'un coup !

Partir? d'Aurelle propose de se concentrer au préalable. L'armée est répandue sur un immense front de 20 lieues, séparée en deux par la forêt d'Orléans. Mais, pour se rassembler derrière, à l'abri, on perdrait deux jours. On ne les a pas. Freycinet décide que l'armée s'ébranlera telle quelle, en masses distinctes : le 16° et le 15'' corps vers Pithiviers, Malesherbes, le 18*= et le 20'^ vers Beaune-la-Rolande, Nemours, le n*" en réserve. Objectif central : Fontainebleau ; on se mettra en route dès le lendemain, 1" décembre, le 16* corps et partie du 15^, après avoir opéré un mouvement préliminaire de concentration vers leur droite, parallèlement au front.

Un malentendu fit que Chanzy, qui avait l'ennemi devant lui, proposa, et que d'Aurelle laissa exécuter, non le mouvement prescrit, mais un changement de front, qui le jour même jeta tout le 16" corps, aile gauche marchante, en plein corps bavarois. Aussitôt le grand-duc de Mecklembourg concentre toute son armée sur sa droite, prend l'offensive.

D'où, après l'heureuse journée de Villepion, ce fatal et glorieux lendemain de Loigny, qui met hors de combat notre gauche, comme Beaune-la-Rolande avait fait de notre droite.

Le 1" décembre donc, Chanzy levait ses camps. Temps clair et froid qui durcissait la neige, rendait la marche facile. Bientôt on donnait dans les avant-postes ennemis. La division Jauréguiberry emportait Gommiers, Nonneville, Faverolles, Villepion enfin, après un combat des plus vifs, achevé seulement à la nuit close. L'ennemi

laissait sur le terrain un millier d'hommes, dont 200 prisonniers.

Beau succès, à effectifs égaux, à pertes égales, et qui donnait le plus vif espoir. L'armée, ce soir-là, s'endormit

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contente, malgré le froid, l'absence de feux. Elle avait appris l'heureux début de la sortie de Paris, la grande bataille de Yilliers-Cœuilly.

Une proclamation de Gambetta, sur la foi de la dépêche, amplifiait les résultats, et, — par suite d'une confusion avec Épinay, où sur la '' Seine La Roncière Le Noury s'était

battu, — montrait déjà Ducrot hors des lignes allemandes, atteignant Épinay-sur-Orge.

Le 2 décembre, vers huit heures, le 16" corps reprend son mouvement. La division Barry, — direction le château de Goury, les fermes Morale et P)eauvilliers, — la division Morandy, — direction Lumeau, — • sont en tète. Le vainqueur d'hier, Jauréguiberry, suit Barry, en seconde ligne. Sur la gauche est la division de cavalerie du général Michel, qu'une inexplicable erreur rejette bientôt, iniitile, en arrière. Le 17^ corps, appelé en hâte par Chanzy, pour lui servir de réserve, est encore loin, el, déjà bien las, précipite sa marche forcée.

Barry, presque aussitôt, s'est heurté aux avant-postes, les a rejetés, dépasse Loigny. Mais à peine entame-t-il vraiment la lutte, il voit plier ses deux brigades et doit rélrogadcr sur Loigny. De môme Morandy, qui a la plus faible division de l'armée, échoue devant Lumeau, et se

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