BISMARCK
recevoir de l'Autriche la Vénélie et la donner en échange aux Italiens. Il était joué, et le vit trop. Quand il réclama quelques compensations, le vainqueur répondit : « Pas un pouce de terre allemande, plutôt la guerre ! »
Elle faillit éclater un an après, en 1867, à propos du grand duché du Luxembourg, naguère province fédérale et dont Napoléon III, pour 90 millions, négociait l'achat à son possesseur, le roi de Hollande. La Prusse avait encore là quelques troupes ; elle intervint. Guillaume prétendait ne pouvoir évacuer « une place dont la garde lui avait été confiée par l'Europe ». Il défendi'ait ses droits jusqu'au dernier soldat. Querelle d'Allemand. La guerre semblait inévitable. En France, rien debout : ni forteresses, ni armée. En Prusse, chaque homme soldat, et des traités d'alliance offensive et défensive avec les États du Sud, Bavière, Wurtemberg et Bade. « Aujourd'hui, disait le chef de l'état-major prussien, de Moltke, nous avons cinquante chances pour nous, d'ici un an nous n'en aurons plus que vingt-cinq. » Les puissances, heureusement, intervenaient : la conférence de Londres neutralisa le Luxembourg, qui restait à la Hollande, sous la garantie des signataires ; la Prusse devait retirer ses troupes ; la forteresse serait démantelée.
Alerte terrible, dont Paris se remit très vite.
Pourtant voici quelle était chez nous la situation, si bien connue par de Moltke, si com|ilôtement ignorée par le pays :
Un effectif de guerre de moins de 400000 hommes, composé : 1" pour les deux tiers, d'un fonds de soldats de métier; '2° d'un certain contingent d'appelés pour un service de sept ans : contingent fixé par la Chambre^ variable chaque année et qui se divisait en deux portions, l'une incor[)orée et plus ou moins nondjreusc selon les res-