CHAPITRE XVII
Garibaldi et l'armée des Vosges a Autun. — Crémer A Nuits (18 décembre). — Le mouvement de Bourb.\ki vers l'Est. — Bataille de Pont-Noyelles au Nord ("23 décembre). — Paris : deuxième échec du Bourget ("21 décembrej.
A la mi-décembre, voilà donc les masses de Tinvasion immobilisées. Moltke craint de s'user dans la guerre de détail. C'est la seule que les Allemands redoutent. Leur peur des francs-tireurs, dune résistance cramponnée au sol, le montre bien. C'est la seule en situation avec nos troupes improvisées, braves mais, par la force même des choses, incapables de batailles rangées. On improvise des partisans, on n'improvise par des armées. Aussi l'ennemi évite-t-il de se disséminer, garde de façon permanente certains points. On attendra « que les forces françaises se soient réunies en corps assez importants, pour se porter contre elles et les détruire ».
Devant Paris est le gros (Prince Royal et Prince de Saxe), au guet, tandis que chaque jour qui passe fait son œuvre, use lentement la grande ville. Puis, pour couvrir le blocus, dont les lignes se hérissent à loisir des grosses pièces nécessaires au bombardement, dans le Nord est Manteuffel, avec son armée divisée en deux groupes : l'un, après avoir chassé de Rouen les troupes de Briand et poussé jusqu'à Dieppe, occupe la Normandie, bloque Le Havre ; l'autre, vers Beauvais, fait face aux forces de Faidherbe, qui achèvent de s'organiser. — Au Sud le
grand-duc de Mecklembourg vers Chartres, et Frédéric- Charles à Orléans observent les deux tronçons d'armée do Chanzy et de Bourbaki. — Dans l'Est, Zastrow avec un corps d'armée protège la ligne d'étapes, les communications avec l'Allemagne, tandis que Werder, tout en couvrant le siège de Belfort, a pour mission de contenir Les divers rassemblements de la région.
On en compte jusqu'à quatre: Pellissier commandant les mobiles de Saône-et-Loire ; Crémeret sa division indépendante ; Garibaldi à Autun avec l'armée des Vosges ; enfin Bressolles formant à Lyon le 24" corps. Il faut citer aussi le corps franc des Vosges, de Bourras. Véritable chaos, où chacun prétend au commandement, et où tout se borne à d'impuissants elTorts individuels. Seuls Crémer et Garibaldi GARIBALDI. sont en mesure d'inquiéter sérieuse-
ment Werder, jouent un rôle. \'oyons comment l'un et l'autre le remplissent.
Garibaldi, glorieux et vieilli, avait apporté à la République, qui nosait refuser, le don de son épée : plutôt un embarras qu'une aide. Sa célébrité européenne, son autorité dans le parti avancé faisaient, du vieux chef de partisans italien, un auxiliaire peu commode. Le soumettre à qui que ce fût, impossible. Lui soumettre des troupes régulières et des généraux français, non moins. Autant Garibaldi mettait de fierté à ne relever que de lui, autant les autres mettaient de répugnance à compagnonner avec ses garibaldiens, les fidèles chemises roiujes, et ce ramassis de corps francs qui constituait, sous la direction du pharmacien Bordone, chef d'étal-major, l'armée des Vosges ; 17 bataillous