‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 77 sur 101 · BATAILLE DE BAPAUME · texte numérisé non relu

BATAILLE DE BAPAUME

et dirigé, comme à Strasbourg, comme à Soissons, comme à La Fère, non point contre les remparts, mais contre les habitations et les édifices publics. Quand il cessa, le 31, 10000 obus étaient tombés sur l'étroit espace (un par 28 mètres carrés) et les habitants éperdus suppliaient Garnier de se rendre.

Mais au bruit du siège, l'armée du Nord, bien qu'elle reprît à peine tournure, car elle restait comme rompue de sa retraite plus encore que de son combat, abattait ses tentes, accourait en hâte. ManteufTel ni Goeben ne s'attendaient à revoir de si tôt « ce chiendent de Faidherbe ».

Ce fut donc Kummer qui, seul, le 2 janvier, et presque seul le 3, soutint le choc. 11 dut, le 2, reculer, cédant Achiet-le-Grand et Bucquoy, mais tenant bon jusqu'au soir à Sapignies, où il faisait 250 mobilisés prisonniers. Faidherbe, à l'aube du lendemain, — un jour glacial et brumeux se levait sur la neige, — reprit avec ses quatre divisions l'offensive. Le 22'^ corps à droite, le 23« à gauche, emportaient devant eux tous les villages : Biefvillers, Grevillers, Favreuil, Avesnes, Saint-Aubin, Thilloy, arrivaient enfin jusque devant Bapaume, ou Kummer acculé se retranchait. Mais, alentour, les renforts envoyés par Gœbcn entraient en ligne. Le prince Albert reprenait Saint-Aubin, la 3"^ division de cavalerie Thilloy. Kummer demeurait maître de Bapaume. La nuit à ce moment tombait.

Faidherbe prescrivit de coucher sur les positions enlevées. Et, maintenant, que faire? Tragique minute d'indécision, après cette glorieuse lutte indécise, et qu'un effort de plus changeait en éclatante victoire. Perte irréparable d'une occasion unique. Gœben en effet, le soir même, donnait l'ordre de retraite, et sans rien laisser derrière

lui que de la cavalerie, évacuait Bapaume à notre insu, gagnait la Somme... Quoique doubles en nombre (à artilleries égales, Tennemi n'avait que 15 000 hommes et nous 30 000) nos recrues, moitié moins aguerries que l'adversaire, eussent-elles pu supporter une nouvelle

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DATAILLK Dli BAPAUME [3 janvicT 1S71).

Les flèches indiquent la direction des attaques frani;aises. La ligne ponctuée inditiiio lu front de bataille de l'armée allemande.

bataille? C'est ce que se demandait Faidherbe. Dans l'ignorance du recul de Gœben, il jugea plus prudent de se reporter en arrière, quitte à foncer de nouveau, bientôt. Ainsi, du même pas, vainqueurs et vaincus se retiraient l'un devant l'autre. Nous avions 53 officiers et 2 1 19 hommes hors de combat ; les Allemands : 40 officiers cl 10-20 hommes.

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