‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 81 sur 101 · CHANZY AU MANS · texte numérisé non relu

CHANZY AU MANS

sans même dresser de tentes, parmi les canons boueux et les chevaux squelettes.

A l'aile droite, où Jauréguiberry vient seulement de rentrer, sont les mobilisés bretons et le 16e corps; le 17» est au plateau d'Auvours, Gougeard à Yvré-rÉvêque, Jaurès et le 21'= corps sur le plateau de Sargé. Le temps est clair, la neige dure. Chanzy, malgré tout, espère. Il a dicté des ordres inflexibles : résister à outrance, comme à Josnes, défendre les positions coûte que coûte, sans idée de retraite ! Il a interdit l'accès du Mans, prescrit à la cavalerie, aux deux régiments de gendarmes de la réserve Bourdillon, de ramener les fuyards au feu ; s'ils bronchent, fusillés ! Tout chef de corps qui n'aura pu maintenir sa troupe sera cassé, comme récompensé sur le champ de bataille quiconque se sera distingué. Et si l'armée se débande, Chanzy saura la contraindre à faire face, il n'hésitera pas à couper les ponts.

Quand on en est à de tels remèdes, c'est qu'on est déjà condamné.

La bataille fut lente à s'engager; au nord, commencée à onze heures, elle dura tout le jour sans que Jaurès abandonnât Pont-de-Gennes. Le grand-duc n'avançait pas, ou si peu qu'au Chêne, aux Cohernières, à Lonbron, malgré 3000 hommes tués ou débandés au '21e corps, il ne parvenait pas à donner la main à Frédéric-Charles, arrêté devant le centre.

Là nous perdions, au bout d'une lente lutte, Champagne que Gougeard avait repris pendant la nuit. Tandis qu'Alvensleben réussissait à mettre pied sur le plateau d'Auvours, Manstein s'emparait du château des Arches; en avant de Changé, ses Brandebourgeois enlevaient la Landière; il parvenait même, comme le soir déjà tombait, à s'établir au Tertre. Mais rien n'était irrémédiable encore.

l86 LA GUERRE DE 1870 71.

Nous tenions, de la Sarlhe à THuisne, presque toutes

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