BATAILLE DE SAINT-QUENTIN
pas. Les Allemands, qui perdaient 376 hommes et nous faisaient en revanche 500 prisonniers, avaient réussi à retarder si sensil^lement la marche que le lendemain Faidherbeest obligé de s'acculera Saint-Quentin, et, sur ces mauvaises positions, de faire tête.
La Somme, marécageuse et profonde, coupe en deux tronçons distincts la défense. Au sud, en avant du faubourg de risle, est une longue croupe demi-circulaire, sur laquelle Lecointe, avec le 22° corps, s'ét abli t , de Grugies, contre la Somme, jusqu'à la route de La Fère ; à l'ouest, c'est, en avant du faubourg Saint-Martin, un large plateau qui de Dallon sur la rivière s'étend vers le nord jusqu'à Fayet. Paulze d'ivoy et le 23e corps sont là. Pour retraite, deux seules routes au nord, vers Cambrai, bien précaires pour peu que l'ennemi débordât nos ailes. Faidherbe dispose de 35 000 hommes, fantassins presque tous ; il n'a que 6 escadrons et 71 canons.
Gœben, qui pousse contre Lecointe Barnekow, et contre Paulze d'ivoy Kummer, met presque autant en ligne. Il a 27 700 hommes d'infanterie, 5 580 cavaliers, 161 canons, — c'est-à-dire une écrasante supériorité en canons et chevaux, en même temps qu'une valeur morale d'infanterie infiniment plus grande. Son pian, qui a le tort de faire trop peu de cas de l'adversaire, est d'envelopper Faidherbe, pour en finir.
Le 19 janvier donc, par une pluie glaciale qui toute la matinée tomba, la bataille décisive, à travers une sombre et brumeuse journée, sur un sol de boue entièrement défoncé, s'engageait, se prolongeait jusqu'à la nuit. A midi, Lecointe et Paulze d'ivoy tenaient bon encore ; les Allemands échouaient au sud contre Grugies, Gillécourt, Contrescourt, Neuville, Sainl-Amand ; à l'ouest nous gardions presque tout le bois de Savy, nous gardions Fran-
cilly, nous reprenions Fayet . ^lais les réserves de Gœben entraient en ligne (détachements divers expédiés de Paris, de Reims, de Soissons, en chemin de fer). Lecointe, pied à pied, cédait sur toute la ligne, malgré l'énergie des brigades Pittié et Aynès. Il craint d'être bousculé au pont
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BATAILLE DR sAiNT-guKNTiN (l'Jjanviei' 1871).
Les flèches indiquent la direction des attaques allemandes. La ligne ponctuée indique le front de bataille de l'armée française.
de la Somme, il continue vers cinq heures sa retraite. Paulze d'Ivoy, de son côté, perdait Savy, et, le long de la Somme, Dallon, OEstres, Rocourt, d'où 6 batteries canonnèrenl les faubourgs et la ville. Les Allemands heureusement étaient, à l'aile droite, arrêtés devant Fayet d'où les brigades Michelet et Pauly les conlenaienl. conservant ainsi notre roule de retraite. Mais il faihiit se