‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 97 sur 101 · LES ÉLECTIONS · texte numérisé non relu

LES ÉLECTIONS

N'osant combattre de front le dictateur tout-puissant dans la ville, Simon lui faisait en dessous opposition, soutenu par Tliiers qui se jugeait Thomme providentiel de demain, et approuvé par tous les partis réactionnaires, qui espéraient de leur côté dans cette pèche en eau trouble. Gambetta s'était en effet trompé en voyant dans les partisans de l'Empire les seuls fervents de la paix. Orléanistes et légitimistes n'étaient pas moins hostiles à la continuation de la guerre en qui ils voyaient l'incarnation et la prolongation de la République. Habilement, dans tout le Pays las de la lutte, ils exploitaient cette situation, représentaient le régime nouveau comme le seul obstacle à cette paix que la majorité de la nation souhaitait. Bismarck lui-même venait à la rescousse, déclarait qu'une Chambre élue d'après le décret de Gambetta ne serait pas reconnue par la Prusse. Elle ne voulait que d'une esclave, résignée aux pires conditions! Soufflet de plus, qu'on endura. Enfin accouraient, pour soutenir Simon, trois membres du Gouvernement de Paris, Pelletan, Arago et Garnier-Pagès, porteurs d'un décret qui annulait celui de Bordeaux.

Bien qu'acclamé par des réunions tumultueuses, supplié par presque tout le Midi de continuer la lutte, Gambetta fléchit devant la perspective d'une guerre intestine. C'était une autre guerre qui avait fasciné son espoir, soutenu ses veilles, enflammé le colossal labeur de la Délégation! Au nom de la Patrie il cédait, ordonnait aux préfets la soumission, la conciliation.

Le 8 février, les élections avaient lieu

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