CHAPITRE XXIV
L'Assemblée nationale (22 février 1871). — Entrée des Allemands a Paris (1*='" mars 1871). — Ratification des
PRÉLIMINAIRES. EtAT DE LA FrANCE. — CONCLUSION.
Le 22 février, par un matin vif où, dans Tair doré, flottait un printemps précoce, Bordeaux semblait une ruche bourdonnante. A ragitation des derniers mois s'ajoutait tout le mouvement de l'Assemblée nouvelle, ces 800 députés arrivant des quatre coins de la France. Les uns, nommés par les provinces envahies, avaient vu le sol natal foulé sous les lourdes bottes, le pillage systématique, les répressions sanglantes. Les autres, sortis des provinces encore libres, en connaissaient les inépuisables ressources. Puis c'étaient des hommes amaigris et jaunis, les représentants de ce Paris qui n'avait capitulé que devant la faim. On eût été en droit d'attendre, de ces espoirs comme de ces désespoirs, une résolution virile. La France, sans doute, allait se souvenir de la grande leçon que lui avaient naguère infligée à elle-même deux nations qui ne voulaient pas mourir. L'Espagne et la Russie avaient brisé l'eflbrt de Napoléon. La France serait-elle impuissante à briser celui de Guillaume?
llékis! le vote qui allait sortir des urnes était d'avance connu. Fait significatif : 29 départements avaient élu i'hicrs, l'homme de la paix; 9, Gambetta, riiommede la g lerre. Dès les premières séances, on écarta la supplique des Alsaciens-Lorrains criant à la tribune leur douleur, leur révolte, l'inébranlable fidélité de ces terres depuis