II. >- Bataille de Rezonville (16 août
Le 15, au matin, l'armée française continua son mouvement sur Verdun. Le roi de Prusse se rendit sur le champ de bataille de Borny pour s'assurer luimême de sa retraite. Il donna ensuite les ordres suivants : le 1*' corps devait rester devant Metz pour observer la garnison , protéger les communications sur la ligne Courcelles-Sarrebriick et les études de la voie ferrée Rémilly-Pont-à- Mousson; les T et 8% avec les deux divisions de cavalerie, furent dirigés immédiatement sur Corny afin d'y franchir la Moselle. Dans la 2' arméCj le 3* corps en marche sur Ponl-à-Mousson fut poussé jusqu'à Novéant, afin de gagner le lendemain les hauteurs de la rive gauche par le défilé de Gorze ; le 9' dut suivre le 3*; ses tôtes de colonnes atteignirent Vandières le soir ; le 10* dut marcher sur la route
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de Pont-à-Mousson à Verdun, jusqu'à Thiaucourt ; la Garde dut se rendre de Dieulouard à Pont-à -Mousson et y franchir la rivière en amont de la ville; le 12' corps fut dirigé sur Pont-à-Moussou ainsi que le 2* ; enfin, le 4% déjà en marche de Frouard sur Toul, eut ordre de rétrograder et de se tenir sur la Moselle. Une division de cavalerie de la l''' armée fut chargée de couvrir la droite de ces différentes masses du côté de Metz; les 5* et 6' de la 2' armée, de les éclairer en avant sur la rive gauche. Toutes ces troupes n'atteignirent que le soir assez tard les points qui leur avaient été désignés. Mais les ordres donnés furent, suivant l'habitude, rigoureusement exécutés ; dès le 16 au matin, l'interception de la route de Metz à Verdun, qui avait été désignée dans les instructions générales comme but à atteindre, put être poursuivie avec une nouvelle ardeur, sans incident ni négligence.
L'armée française avait devant elle, pour opérer sa retraite, trois routes. La première, la plus directe, passe par Moulins-lès-Metz, contourne les pentes du Saint- Quentin et gagne Verdun par Gravelotte, Rezonville, Vion ville, Mars-la-Tour, etc. La seconde part de Gravelotte, atteint Conflans,Etain et les défilés de l'Argonne. Elle est aussi bonne et aussi directe que la précédente, et traverse l'Orne, affluent de gauche de la Moselle, un peu à l'ouest de Conflans. La troisième, plus allongée vers le nord, franchit l'Orne près de Briey, envoie une ramification sur Thionville, et passe par Briey, Rouvres, Étain.
Le commandant en chef avait prescrit à la !'• di-
\ision de la réserve de cavalerie, d'éclairer la marche vers Jarny, sur la deuxième de ces routes ; à la 3%de remplir le même rôle, vers Mars-la-Tour, sur la route de gauche. Gravelotte était désigné pour le quartier général; le 2* corps devait atteindre Rezonville et Vionville ; le 6% s'établir derrière le 2* ; le 4% à Doncourt, et le S* entre Verneville et Saint-Marcel.
Ces ordres étaient défectueux, puisqu'ils négligeaient la route de Briey, celle qui nous éloignait le plus de Tennemi et nous permettait, avec de l'activité, de le gagner de vitesse sur Verdun et TArgonne. Mais, pour comble de malheur, ils furent mal exécutés. Les chefs de corps n'ayant pas fait reconnaître par des officiers d'état-major ou par la cavalerie les débouchés secondaires, les troupes se trouvèrent encombrées par les bagages. Puis, les commandants des â* et 4' corps, estimant que leurs soldats avaient besoin de repos, modifièrent les prescriptions reçues. Il en résulta des retards fâcheux, incident qui ne devrait jamais se produire dans une armée, surtout en retraite et à deux pas d'un ennemi vigilant.
C'était le 15 août, cet anniversaire si brillamment fêté jusqu'alors. Cette fois, personne n'y songea, et le cortège de Napoléon ni quitta Moulins comme il avait quitté Metz, sans bruit, sans acclamation. Vers huit heures, une batterie ennemie, qui s'était avancée jusqu'à la ferme de Frescaty, envoya quelques obus aux nombreuses troupes qui se pressaient sur la route de Longeville à Moulins. Le fort Saint-Quentin l'obligea à s'éloigner ; mais cette tentative audacieuse décida l'Em-