CHAPITRE X
SIEGES EFFECTUES DU DEBUT DES HOSTILITÉS A LA FIN d'octobre.
En dehors des campagnes de Metz et de Sedan, il est une série d'opérations militaires qui appartiennent comme elles à la première période des hostilités, à la guerre de l'Allemagne contre l'Empire. Ce sont les sièges de Toul et de Strasbourg, et l'expédition de la flotte française dans la mer du Nord et la Baltique.
Après la défaite de Reichshofen, Haguenau, la Petite-Pierre et Marsal furent rapidement occupés par Tennemi," et cela sans coup férir. L'autorité avait oublié de mettre ces petites places en état de défense, et d'y laisser des garnisons. Leur résistance eût été sans grande efficacité et n'aurait pas duré long-
temps; mais elle aurait toujours eu Tavantap^e de retenir en arrière quelques détachements allemands, de diviser, et par suite d'aflaihlir les forces de rennemî. Le 2" corps bavarois se présenta, d^'s le 8 aotlt, devant Bilche et l'investit; le 10, il occupe la Petite-Pierre, qui est sans défenseurs; le l'i, ce fut le tour de Lichtemberg; Plialsbourg fut cerné à la môme date (1). Le 4* corps (von Alvensleben I), qui semble foriuer ace moment l'extrême gauche de la 2' armée, arriva le 13 août à Marsal, qui était aussi abandonné. Après avoir envoyé sur la ville quelques obus, qui n'eurent d'autres résultats que d'allumer des incendies, les Prussiens, voyant que la place ne répondait pas, y entrèrent, surpris eux-mêmes de leur facile succès.
Le surlendemain, 15, Nancy tombait au pouvoir des mêmes troupes. Cette ville était commandée par un général et habitée par une population belliqueuse qui ne demandait pourtant qu'à se défendre. Le chef militaire auquel incombait celte tâche et qui aurait facilement obtenu des habitants un effort vigoureux, leur donna au contraire l'exemple de la fuite. Après avoir reçu, le 10 août, l'ordre du maréchal Mac- Mahon de faire sauter les ponts, il fil noyer les poudres, détruire les munitions, et, rassemblant ses archives, quitta la ville avec son aide-de-camp. Quatre jours après, le 4" corps y entrait sans coup férir, prenait possession de celte antique et belle cité lorraine et poussait son avant-garde jusqu'à Toul.
(1) liCS sièges dcBitcheetde Phaisbonrg, dont ]a résistance dépiMi la période qui nous occupe, seront décrits plus tard.