‹ Histoire de la guerre des anabaptistesChapitre 19 sur 26 · RÉACTION DANS LA VILLE. — EXPULSION DE TOUS · texte numérisé non relu

RÉACTION DANS LA VILLE. — EXPULSION DE TOUS

LES HABITANTS NON BAPTISÉS. — TRAITÉ DES AS- SIÉGEANTS. — DISCOURS DE KNIPPERDOLLING.

La nouvelle de l'assassinat du syndic, bien qu’il fût un adversaire des Anabaptistes, produisit une réaction violente dans la ville de Munster. Le peuple envahit toutes les églises qui furent vidées. Tous les autels, toutes les images furent brûlés. L’égliSe Saint-Maurice et le couvent du même nom, pouvant servir de refuge aux assiégeants, furent rasés. Mathiesen, dans une réunion, proposa de massacrer tous les catholiques restés dans la ville. Mais Knipperdolling s’opposa à cette vengeance aussi folle que criminelle, en disant : « Nous avons déjà assez d’ennemis sur le dos. 11 suffit de les expulser ! »

Le 27 février, par un froid violent et sous une bourrasque de neige, les Anabaptistes armés, Mathiesen en tête, parcoururent la ville en criant : » Sortez de la ville, vous qui ne voulez pas faire » pénitence. Le glaive de la vengeance est suspendu » sur vos têtes; il faut que la grange soit balayée!

» Plus de païens ! Plus d’impurs dans la ville des » saints ! Quittez la Nouvelle Jérusalem qui doit être » le séjour des vrais Israélites, des vrais enfants » de Dieu ! »

Plus de deux mille personnes de tout sexe furent expulsés dans cette journée. Il ne leur fut permis d’emporter quoi que ce fût, excepté leurs enfants et quelques maigres ustensiles de ménage. Et quand ces malheurenx demandaient ce qu’il fallait faire pour rester, on leur répondait : « Allez à l’Hôtel de ville et faites-vous rebaptiser par Rottman. «Kerstenbrok, après avoir grandement défendu l’évêque pour avoir fait assassiner le syndic qu’il appelle Rabuliste, c’est-â-dire chicaneur , s’apitoie lamentablement sur le sort de ces expulsés dont il faisait partie, et sur la froide cruauté des Anabaptistes. C’est ainsi que dans certains partis on écrit l'histoire.

Dans la même semaine, un traité fut conclu entre les coalisés, formant les corps des assiégeants. L’évêque et les princes avaient réuni à peu près un millier de soudards, dont les chefs principaux étaient le chevalier de Buren, le même seigneur de Morrien qui a joué un rôle dans l’assassinat du syndic, le chevalier de Hegersheim et Jean de Kæsfeld. Un autre chef, nommé Munster, passa dans le camp des Anabaptistes.

Yoici deux clauses de ce singulier traité relaté tout au long par l’ami Kerstenbrok :

Article troisième. — « L’évêque ne paiera pas une » solde particulière aux soldats, mais il leur per- » mettra de piller la ville à l’exception de l’Hôtel de » Ville qu’il se réserve pour lui. »

Article cinquième. — « L’évêque se réserve la moitié du butin. »

Tout cela au nom de la Sainte-Trinité et pour la défense de la religion d'amour du Christ.

Le 1 er mars, la ville était entièrement bloquée et assiégée.

Mathiesen attendait ses auxiliaires le 24 du mois. Ce jour-là, dans une grande sortie, les Anabaptistes comptaient joindre leurs amis à Hasselt. Tous les campagnards des villages environnants étaient dévoués à la ville et lui servaient gratuitement d’espions.

Knipperdolling réunit le peuple armé dans le marché pour le préparer à cette sortie.

Après avoir tracé un parallèle entre la religion d’erreurs et de superstitions des Catholiques et des Luthériens et la foi pure et simple des Anabaptistes, libre de toute addition et de superfétation humaine ; après avoir parlé de la désunion forcée des assiégeants et de l’union des âmes des assiégés, n’ayant tous qu’un seul Dieu, qu’une seule loi, qu’un seul cœur et qu’une seule bourse; après avoir énuméré les moyens de défense de la ville, largement approvisionnée, pourvue de soldats, de canons, de poudre, de flèches et d’armes de toute sorte, il s’écrie :

« Comparez Dieu le père avec le pape ou avec » Luther, le pape des Evangéliques ; comparez le » Christ avec l’évêque pansu — (allusion à l’évêque » très-obèse de Munster), comparez les soldats, » munis du signe de l’alliance universelle, avec la » milice des tondus, avec la tourbe d’hommes dévi- » rilisés par la débauche ; comparez enfin la parole y> de Dieu avec les édictemenls des hommes et vous » jugerez vous-même de quel côté sera la victoire.

» Ici l’on trouve : humilité et modestie. Là, rien que » gaillardise et vanterie ! Ici, la vraie foi, là-bas rien » que fourberie et supercherie! Ici la piété, là des » mômeries. Ici régnent la sobriété et la tempérance, » là-bas il n’y a qu’orgies et lascivités ! Que nous » reste-t-il pour être vainqueurs, nous pour qui le » Père combattra? Il ne nous reste que de nous » battre ! »

« Combien de temps l’évêque supportera-t-il les » frais immenses de la guerre, lui, qui est si besoi- » gneux et qui ne vit que d’emprunts et d’expé- » dients? Lui, qui dès le début de la lutte contre la » ville, s’est vu forcé d’engager tous les châteaux du » diocèse et de dépouiller les églises de leurs vases » d’or et d’argent pour en faire de l’argent » monnayé !?Des princes étrangers seront-ils assez » fous pour prendre les armes en faveur d’un si » misérable sire? Lui prêteront-ils des capitaux, » que d’avance ils savent perdus? Avec quelle » vaillance combattra un soldat mercenaire, qui ne » se bat pas pour sa religion, mais uniquement dans » l’espoir défaire du butin! Ne s’en ira-t-il pas dès » que la caisse de guerre sera à sec et ce ne sera » pas long à venir. A part cela, sachez que les » Hollandais et les Frisons s'arment pour venir à » notre secours! Que les gens de Leyde, ainsi que » ceux du Brabant, sont déjà en route. Ainsi donc il » ne nous reste que de nous défendre comme des d hommes, en attendant que d’autres frères viennent » nous secourir. D’ailleurs, n’oubliez pas qu’être » vaincus ce n’est pas seulement la mort pour vous » et vos femmes, mais l’esclavage pour vos enfants. » Quant à nous, aussi longtemps qu’une goutte de » sang coulera dans nos veines, aussi longtemps

» que nos bras pourront porter un mousquet, une » lance ou une flèche, vous nous verrez le premier » au combat. Courage donc et confiance au nom du » père et de son peuple élu, et de la nouvelle com- » mune régénérée d’Israël ! »

On le voit! Les Anabaptistes faisaient encore d’autres discours que des prophéties visionnaires.

COUP D’ÉTAT DE MATHIESEN. — PP.ISE ET DÉFAITE DES AUXILIAIRES. — SORTIE ET MORT DE MATHIESEN.

On a vu l’allusion de Knipperdolling aux Frisons et aux Brabançons. Là est la cause du grand pouvoir de Mathiesen. C’est lui, en effet, qui nomma les chefs des différents départements de la guerre et de la finance. Il nomma également les distributeurs des rations puisées dans les biens communaux.

Aussi le pouvoir de Mathiesen ne s’établilril pas sans protestation et sans effusion de sang.

Le jour de la publication des noms de ces chefs, Hubert Ruscher, un des chefs des Guildes , s’adressant au peuple, s’écria :

« N’est-ce pas une folie, n’est-ce pas une honte » qu’un homme pareil, sans science et sans talent, » se dise prophète, et qu’un étranger, ne connaissant » ni les mœurs ni les usages de la ville, notre patrie, » soit chef du pouvoir et nous impose ses hommes » et ses créatures ? Sommes-nous des fous ou des » enfants pour nous laisser gouverner par un fourbe » et par un menteur ! »

Mathiesen fit saisir Ruscher et le fit garder à vue

par ses gens. Hermann Tylbek et Henri Redeker intervinrent en faveur de Ruscher et furent arrêtés eux-mêmes.

Mathiesen sentit qû*il fallait relever son pouvoir par un grand coup. Il fit traîner Ruscher garotté au marché. Pendant que ce malheureux se voyant abandonné, demandait pardon en se jetant aux pieds de Mathiesen, Bockelson, que dorénavant nous appellerons Jean de Leyde, se prosterna à terre, eut une vision, probablement concertée avec son ami et maître, et se leva en s’écriant : Le Seigneur m’inspire et me dit qu’il faut que ce Hubert meure comme un criminel qu’il est. Dans le même moment, Mathiesen perça le malheureux Hubert d’un coup de hallebarde et l’acheva d’un coup de pistolet.

Tylbek et Redeker furent mis en liberté. Rottmann et Knipperdolling ne protestèrent pas. Ils avaient besoin de Mathiesen, et le peuple effrayé se tint coi.

Dans cette même semaine, Schenk de Leutenbourg fît couler cinq des vaisseaux chargés d’Anabaptistes à Wollenhoe,-et sur l’avis de son espion Iselmund, qu’il y en avait encore seize mille d’embarqués sur vingt et un autres vaisseaux , Schenk leur fit la chasse, les atteignit presque au port où ils devaien débarquer, fit couler toutes les barques et fit saisir tous ceux qui s’étaient sauvés. Tous, même les enfants, furent les uns noyés, les autres brûlés.

Mathiesen avait-il appris cette triste nouvelle avant sa sortie, fixée au premier jour de Pâques?

Nul historien n'en fait la moindre mention.

Mais il est de fait que cette sortie eut lieu sans la coopération des chefs de la ville, qui n’eussent pas abandonné Mathiesen s’il se fût agi d’aller au

devant de nouveaux frères. Ils ont dû être au fait de la capture des vaisseaux , ainsi que Mathiesen lui-même, qui sentant son pouvoir ébranlé par le meurtre de Ruscher, espéra,ou se relever par une victoire éclatante, ou finir sa carrière par une mort héroïque.

Suivi seulement d’une centaine de combattants, il passa la Ludgerthor le premier jour de Pâques, s’avança tout seul vers les assiégeants et les défia, comme jadis Samson les Philistins, en leur prédisant leur défaite certaine. L’ennemi, stupéfait de tant d’audace, et le croyant suivi d’une armée, ne répondit d’abord pas à ce défi ; mais un des chefs l’ayant reconnu et voyant que les gens armés de Mathiesen se tenaient plus près de la porte de la ville que de leur chef, courut sur lui et le perça d’un coup de lance. Les Anabaptistes prirent la fuite, et le corps de Mathiesen fut littéralement mis en pièces par les lansquenets de l’évêque. Il ne fut point enterré.

JEAN DE LEYDE DICTATEUR ET PROPHÈTE. — KNIPPER- DOLLING TENEUR DE GLAIVE. — LES ANCIENS. — NOUVEAU CODE. — NOUVELLE ORGANISATION. — UNE SORTIE VICTORIEUSE. — UN ASSAUT REPOUSSÉ.

Mathiesen mort, il fallut un dictateur pour maintenir une discipline sévère parmi les assiégés, car Mathiesen n’était tombé dans les mains de l’ennemi que parce que ses soldats l’avaient abandonné. Il ne fallait pas non plus que le peuple de Munster apprît la défaite des auxiliaires hollandais. Trois hommes, Rottmann, Knipperdolling et Jean de Leyde, étaient les chefs reconnus de la ville. Rottmann refusa tout commandement autre que l’influence de sa parole. Il fallait un homme de guerre et non un orateur. Knipperdolling était né à Munster, et ce fut le cas de lui appliquer le dicton : « Nul n’est prophète dans son pays. » Il était d’ailleurs laid et pas assez souple de manières et de paroles pour plaire généralement. Jean, au contraire, était jeune et beau. Sa mère était une fille du diocèse de Munster. Jusqu’à ce jour, il avait réussi dans toutes ses entreprises. L’enfant de l’amour paraissait

être un favori de la fortune. Il maniait les armes avec adresse et facilité. A. un caractère énergique il alliait des manières polies et insinuantes. Outre qu’on ne voulait pas apprendre au peuple la défaite des Hollandais, Jean, initié par Mathiesen, ayant parcouru avec lui la Hollande, connaissait les chefs anabaptistes chargés d’envoyer des secours en hommes et en argent. Jean parlait et écrivait le hollandais et l’anglais. Il pouvait leur envoyer de nouvelles missives dans leur langue marternelle, ainsi que de nouveaux émissaires pour recruter une nouvelle armée. Jean fut donc nommé dictateur sous le nom de Prophète. Knipperdolling lui-même déclara à la face du peuple, que le Père lui avait parlé, lui ordonnant de nommer Jean Prophète et chef absolu de la Nouvelle Jérusalem.

Le peuple, reconnaissant ce choix, tomba à ses pieds et l’appela Le Père.

Jean, soit pour récompenser Knipperdolling, soit plutôt pour l'humilier, afin de prouver, que loin d’être son chargé de pouvoir, il était, lui-même, le véritable chef de la ville, lui présenta un glaive en disant. « Je te nomme chef de la justice universelle et te défère le pouvoir absolu sur les biens et la vie de chacun, selon la parole de Dieu. Tu seras mon te- " neurde glaive » (Schwerdtführer). Par ces mots Jean nomma Knipperdolling, non seulement juge suprême de la ville, mais encore bourreau en chef. Knipperdolling, faisant contre fortune bon cœur, accepta le glaive et s’adjoignit quatre valets sous le nom de trabants.

Le 1 1 avril 1534, Knipperdolling, disant que d’après une inspiration du ciel, ce qui est superbe devait être humilié, fit démolir toutes les tours des églises,

afin d'empêcher les signaux avec l’ennemi et les lit charger de canons : Jean à son tour nomma douze Anciens du peuple, parmi lesquels figure èn tête l’ancien bourgmestre Tylbek, négligé par Mathiesen. Les Douze étaient chargés de rédiger un nouveau Code. Le point culminant de cette nouvelle Loi est conçu dans l’article disant :

« Attendu que l'autorité est instituée par Dieu, » pour le salut des hommes par les œuvres, tout frère, » sous peine de mort, doit obéissance absolue au » Prophète et à ses Juges. »

Dans ce Code, l’adultère, la sodomie, l’inceste, la fornication, l’approche d’une femme pendant sa période d'impureté sont qualifiés crimes, encourant la peine de mort.

« Le peuple des chrétiens régénérés doit être un » peuple de saints et s’appeler les Nouveaux Israèlb- » tes. »

L’avarice, l’envie, la convoitise, la calomnie, le jeu, l’ivrognerie y sont qualifiés de délit, encourant l’exil et dans certains cas la mort.

Les Anciens se partageaient les travaux, la surveillance, les commandements, les uns dans les départements de la guerre et des finances, les autres dans la manutention des subsistances et des vêtements. Il y avait des chefs de cuisine et de table. Nul n’avait le droit de demander un autre mets que celui servi à la table commune, mais chacun s'habillait comme bon lui semblait. Les repas communs se faisaient dans un profond silence, interrompu seulement par la lecture de quelques versets de l’Ecriture. Les soldats avaient une table à part avec les femmes, car bon nombre de femmes s’exerçaient dans l’art de la guerre, et plus d’une fois on leur dut

la victoire. Tout était organisé comme dans une seule et grande maison. Les boucliers, les boulangers, les cuisiniers, tous les ouvriers des corps d’état étaient proposés par les Anciens et nommés par le Prophète.

Tous les litiges, toutes les dissidences, toutes les querelles entre les frères et les corps d’état étaient rapportés à Knipperdolling qui avait charge de les arranger et d’en référer seulement au Prophète, quand il y avait jugement capital. Knipperdolling avait droit de vie et de mort sur tout étranger qui se présentait, soit pour être admis dans la communion des saints, soit pour être rejeté. Les Anciens rédigèrent, en même temps une missive adressée à tous les peuples ennemis de la ville chrétienne du Dieu suprême. Cette missive, traduite en hollandais et en anglais par Jean, fut envoyée en milliers d’exemplaires par des messagers secrets dans les Pays-Bas, en Hollande, en Priesland et jusqu’en Angleterre. Elle fut en outre roulée autour de pierres et jetée dans le camp des assiégeants.

La missive, après ayoir dit que la ville de Munster, vivant en paix avec le monde entier et ne demandant que la paix, avait été, sans aucune déclaration de guerre, assiégée et séparée du reste de l’Allemagne, uniquement dans un but de lucre et de butin, poursuit ainsi :

« Afin que chacun sache ce qu’il fait et contre » qui il se bat, nous allons vous dire qui nous » sommes.

« Notre foi et notre confiance reposent unique- » ment dans le seul vivant et vrai Dieu, créateur » du ciel et de la terre. Nous croyons que Dieu aime » ceux qui le craignent et marchent dans la voie du

» bien et qu’il hait tous les malfaiteurs, violateurs » de la justice. Non-seulement nous ne laissons pas » impunis les criminels, mais nous frappons les » vicieux et les pécheurs. Nous ne craignons donc » pas l’Antéchrist : les prêtres, les moines, le diable » avec toute son armée de fourbes. Notre vie est » cachée dans le Christ et ne commence que lorsque » la chair s’est dépouillée de la mortalité. Si vous » avez des doutes sur ce que nous disons, envoyez » des émissaires armés qui se battent contre nous, » afin qu’ils jugent de leurs propres yeux. Ne crai- » gnant que Dieu, les hommes ne sont pour nous » que fétus et que poussière. Nous leur résisterons » jusqu’au dernier souffle : Ecrit à Munster, la » ville de Dieu suprême, dans l’année après la nais- » sance du Christ mil cinq cent trente-quatre, le » 8 avril. »

Le 16 mai, les Anabaptistes firent une sortie heureuse. Ils tuèrent beaucoup de monde aux assiégeants, et ramenèrent prisonniers quatre officiers nobles.

Les assiégeants, à leur tour, résolurent de tenter un grand coup et d’enlever la ville d’assaut. Mais les soldats de l’évêque étaient tellement haïs par tous les paysans des villages environnants, dépouillés de leurs biens et forcés d’élever des bastions et des digues, que les assiégés étaient toujours instruits par eux de tous les mouvements des assiégeants.

Le jour de l’assaut fixé et convenu, le régiment des Guelderer, (gens du duché de Gueldre), dans le but d’être les premiers au butin, s’encouragèrent mutuellement dès la matinée par force boissons, pour prendre la ville à eux tout seuls, de faux espions leur ayant dit qu’ils n’avaient qu’à escalader

le mur d'enceinte, pour s’en emparer presque sans coup férir. Ils partirent donc avant l’heure convenue- Les Anabaptistes les attendaient de pied ferme. Les voyant partis, toute l’armée épiscopale se mit en mouvement. Mais déjà les assaillants intempestifs avaient subi une défaite complète, et le général en chef furieux, fît sonner la retraite sans emporter ses blessés dont les corps remplirent les fossés des remparts.

Cette victoire, célébrée dans la ville avec de grandes démonstrations, consolida le pouvoir de Jean. L’évêque, n’ayant plus d’argent, et son armée diminuant tous les jours par des désertions, s’adressa à l’archevêque de Cologne et au prince de Clève. Ceux-ci lui promirent quarante mille florins, des canons et de la poudre, mais lui imposèrent en même temps les conditions de convoquer incessamment la Diète du cercle de Westphalie, d’adresser à l’Empereur un rapport fidèle sur l’état de choses, d’accepter un général en chef nommé par la Diète et de maintenir une discipline sévère dans l’armée, plus dangereuse aux amis qu’aux ennemis.

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