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LES CAUSES DE LA OUEBRE

prudence lui conseillait d'attendre un moment plus favorable.

En effet, vers la fin de 1878, l'annonce de la mptiire inévitable entre le Chili et la république Argentine ae renouvela avec plus d'instance et plus de fondement que la première fpis. On disait que ces deux États mettaient leur escadre en mouvement, et que la déclaration de guerre devait avoir lieu d'un moment à l'autre. Le gonverncment bolivien ne voulut pas perdre une occasion, à ses yeux si favorable, de violer impunément le traité qui le liait au Chili. Les efforts et les représentations de la légation chilienne ne purent empêcher cet acte de violence. Le gouvernement était résolu à passer outre. ■ Méprisant les observations qui lui furent faites au nom du traité, et usant de la rigueur la plus inutile, il ordonna que la compagnie chUienne d'Autofagasta payât 90,000 piastres (450,000 francs) comme montant des droits qu'elle aurait dû payer depuis la promulgation de la loi dont les effets avalent été suspendus. Il semblait qu'on n'avait plus rien à attendre après cette dernière violence.

Toutefois le gouvernement du Chili et son représentant n'avaient pas perdu tout espoir. Entre cette république et celle de la Bolivie existait l'engagement formel de soumettre à l'arbitrage toute difficulté sur l'intelligence et l'application du fruité de 1874. Dans le but d'éviter un conflit, le Chili proposa avec Instance de soumettre cette question à la décision de quelque tribunal compétent. En conséquence, il réclama la suspension des procédés exécutifs décrétés contre la Compagnie des salpêtres et du chemin de fer d'Antofagasta jusqu'à la sentence, ■ Mais cette proposition motiva une nouvelle supercherie et un attentat plus odieux de la part de la Bolivie, Au lieu d'accepter franchement et avec sincérité l'arbitrage qu'on lui pnSposait ou de le rejeter ouvertement, le gouvernement bolivien préféra laisser le représentant du Chili dans l'attente, pendant qu'il se préparaît à exécuter sans résistance ses plans de spoliation, et qu'il envoyait dans ce but des instruction secrètes aux autorités d'Antofagasta.

Entin, le 1" février 1879, le gouvernement bolivien résolvait péremptoirement la question par un décret définitif, dont la partie dispositive était conçue en ces termes : < Est déclarée nulle et sans ellet In convention du 27 novembre 1872, passée

4i HISTOIRE SE LA GUERRE DU PACIFIQUE

«ntre le gouvernement et la Compagnie des salpêtres d'Antofagasta ; en vertu de quoi soûl suspendus les elTets de la loi du 14 féyrier 1878. Le ministre donnera les ordres nécessaires pour la revendication des mines de salpêtre détenues par la compagnie. »

A première vue, on ne comprend pas bien toute la portée de ce décret, qui allait amener la rupture définitive. Le gouvernement de la Bolivie semblait ne pas connaître le traité qui le liait au Chili. 11 suspendait pourtant, comme par une sorte de raillerie, la contribution qu'il avait imposéeà la Compagnie chilienne des salpêtres et du chemin de fer d'Anlofagasta ; mais en même temps il anéantissait les titres de propriété de cette compagnie en décrétant la conTiscation de ses biens. On comprendra mieux l'importance de celte spoliation, si l'on se rappelle que le capital de cette société représentait trente millions de francs, en édifices, chemins de fer, mâle, magasins de dépAts, animaux, et en y ajoutant la valeur du matériel nécessaire pour une vaste exploitation.

La compagnie chilienne se voyait donc arracher, par un simple décret, tous ses biens, le produit de ses capitaux et de dix années de travail et de sacrifices. Le gouvernement du Chili, de son côté, voyait que la Bolivie répondait à ses réclamations par la confiscation des propriétés des Chiliens, en même temps qu'elle décrétait l'abolition apparente de l'impôt.

Et ce décret n'était pas une vaine menace. Le préfet d'Antofagasta, d'après les ordres qu'il recevait de la Paz, mit l'embargo sur les biens de la compagnie, décréta la mise en prison du gérant {qui fut obligé de demander asile sur un navire de guerre pour se soustraire à la persécution), et ordonna de suspendre les travaux d'exploitation, laissant ainsi en un seul jour sans travail plus de deux mille ouvriers chiliens employés par la compagnie. Et comme si ce n'était pas encore assez pour faire évanouir tout espoir d'arrangement, le gouvernement de la Bolivie décréta que le 14 février aurait lieu la vente publique, aus enchères et au plus offrant, de toutes les propriétés et du matériel de la compagnie chilienne. Le même jour, le gouvernement du Chili donna ordre à son représentant -en Bolivie de (quitter ce pays. Le moment de se faire justice les armes à la

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