‹ Histoire de la guerre du PacifiqueChapitre 6 sur 28 · T. IT · texte numérisé non relu

T. IT

Cette confiance aveugle dans la force irrésistible du Pérou et dans le triomphe de ses armes lors de la prochaine campagne, augmenta encore après le 24 septembre. Ce jour^là, anniversaire de la patronne des armes nationales, le dictateur passa une revue magnifique qui remplit toute la population de lima d'enthousiasme, et qui, d'^rès un journal, « montra sa puissance et la grandeur de son patriotisme... » c Tout ci-^ toyen, ajoutait-il plus loin, est aujourd'hui un soldat qui n*a d'autre objectif qu'une guerre à mort aux hordes envahissantes. Le désir de combattre est unanime, et Ton craint seulement que nos perfides adversaires ne s'approchent jamais des postes de la capitale où lear perte est déjà préparée. Un peuple qui a de tels sentiments est un peuple invincible* Il possède en lui tous les secrets de la victoire et toutes les splendeurs de la liberté. C'est le Paris de 93 qui envoie le& meilleurs de ses fils contre les armées aguerries du despotisme, pour les détruire dans les champs de Jemmapes et de Valmy. C'est Moscou, qui par l'incendie de ses palais, arrête au milieu de ses triomphes Napoléon stupéfait et épouvanté. »

De cette orgueilleuse confiance dans la force de leurs armées, les journalistes péruviens, s'enthousiasmant chaque jour davantage, en vinrent bientôt aux plus violentes menaces. « Le Pérou, disait un journal, le 25 septembre, s'est levé comme un seul homme, et la capitale de la République a vu s'accomplir le plus grand des prodiges de la vie démocratique : le peuple se défendant par lui-même. Le Chili peut-il, en réparation de ses crimes, offrir au monde un spectacle semblable? Le Chili pourra-t41 jamais élever au rang de citoyen libre ce type de perversité morale, qui est son modèle, et qui s'appelle le roto?,.» Sont-ce ces hordes de sacrilèges, de violateurs, d'incendiaires et d'assassins, qui foraient la fleur de ses troupes, que le Chili lancera contre nous pour saisir ce butin tant célébré par ses orateurs aux cris de : A Lima!... Qu'ils viennent I un châtiment terrible, historique et exemplaire les attencï ! »

Et renforçant ce ton provocateur et menaçant, le 30 septembre on écrivait ce qui suit : « Le sentiment national veut que la résistance à l'ennemi n'ait ni trêve ni repos, qu'on ne 'occupe ni du nombre, ni des armes; que chaque ville, cha-

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