‹ Histoire de la Jacquerie d'après des documents inéditsChapitre 63 sur 106 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Ces deux bourgeois reçurent de Marcel l'ordre de chevaucher à travers tout le Parisis, à la tête d'un certain nombre de gens d'armes, avec la mission de détruire tous les châteaux et hôtels des nobles situés dans ce pays, et de forcer, sous les peines les plus sévères, les paysans à les seconder dans cette œuvre de dévastation et de ruine.

Ils se dirigèrent d'abord au sud et à l'ouest de Paris. Messire Simon de Bucy, premier président du parlement de Paris, l'un des plus intimes conseillers du régent, fut leur première victime ^ Ce chevalier, que son titre de noble et le crédit dont il jouissait auprès du dauphin rendaient doublement odieux à Marcel et à ses émissaires, possédait deux hôtels ou manoirs à Vaugirard et à Issy. Les gens d'armes de Paris, sous la conduite des deux commissaires de Marcel, les pillèrent, y mirent le feu et les détruisirent avec le secours de quelques habitants de ces deux localités. Le mal qu'ils commirent fut si considérable, que, plus tard, Simon de Bucy 2 assignait les coupables et réclamait d'eux, pour ce fait, trois mille livres de dommagesintérêts. Un troisième hôtel du même seigneur, situé à

cerie de Pierre Gilles, dressé au moment de la confiscation de ses biens, document curieux pour l'histoire du commerce au xiv* siècle.

* Jugés du Parlement, X, 14, f 312. Les textes relatifs à cet épisode seront aux pièces justificatives.

'^ Simon de Bucy, au rapport de Miraumont, fut le premier honoré du titre de premier président du parlement de Paris par l'ordonnance de Philippe de Valois, du H mars 1344, sur l'établissement personnel de son parlement. 11 a donné son nom à une rue de Paris. Il était du nombre de ces conseillers du roi et de ces grands officiers civils et judiciaires dont les états du 17 octobre 1356 décrétèrent la mise en accusation et la destitution en masse. Il mourut le 7 mai 1368.

ilO ROLE DÉTIENNE MARCEL DANS LA JACQUERIE.

Viroflay, aux environs de Versailles, eui quelque temps après le même sort.

Après avoir reçu un renfort, en passant par Vitrysur-Seine S les Parisiens marchèrent contre un manoir qu'un autre conseiller du roi, aussi président au parlement de Paris, messire Jacques la Vache 2, possédait à Ghoisy-le-Roi ; ils le mirent au pillage, le dévastèrent et le démolirent, comme ceux de Simon de Bucy, avec le concours de plusieurs habitants de cette commune, et de quatorze hommes d'armes, envoyés par la ville de Sceaux 3. Quarante-six personnes, convaincues d'avoir participé à ce coup de main, furent condamnées, par arrêt du parlement de Paris, rendu le 21 août 1361, à payer à ce seigneur 581 deniers d'or, dits francs, et 200 livres tournois, à titre de dommages-intérêts.

Vers cette époque, on répandit le bruit que le régent, se rendant de Meaux à Montereau-faut-Yonne, avait chargé sur sa route un détachement de gentilshommes d'occuper Gorbeil. A cette nouvelle, les deux commissaires du prévôt des marchands, Pierre Gilles et Pierre des Barres, envoyèrent en toute hâte des messagers porter des mandements ^, scellés du sceau du Châtelet

1 Très, des Chart., reg. 86, p. 377.

2 Jugés du Parlement^ X, 16, f* 51 et 52. Le texte est aux pièces justificatives. Jacques la Vache est nommé second président du parlement, dans l'ordonnance rendue par Philippe de Valois, le 11 mars 1344, qui règle le nombre et donne les noms des officiers dont se composait alors ce corps judiciaire. Il mourut en 1365.

3 Très, des Chart.. reg. 86, p. 316.

* Très, des Charl., reg. 86, p. 231 ; un de ces mandements fut envoyé notamment au crieur public de Ghastre-sous-Montlhéry (auj. Arpajon], lequel, pour l'avoir mis à exécution, fut poursuivi plus tard par le pré-

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