ADDITIONS
Philippe de Saint - Pol élail mort sans laisser de postérité : la succession de Brabant était donc ouverte. Plusieurs prétendants se présentaient pour la recueillir, et tous avaient des titres plus ou moins puissants à faire valoir. Ces prétendants étaient : i" Marguerite de Bourgogne, comtesse douairière de Hainaut, sœur d'Antoine de Bourgogne et môre de Jacqueline de Bavière; 2° le duc de Bourgogne Philippe le Bon, chef de sa maison ; 3° Les deux fils de Philippe, comte de Nevers, père d'Antoine de Bourgogne, duc de Brabant ; 4° les princes de Hesse, descendants de Henri II, duc de Brabant *.
En attendant la solution d'un problème dont dépendait l'avenir du pays d«' Brabant, les étals avaient pris les rênes du gouvernement. Ils avaient maintenu provisoirement dans leurs fonctions le chancelier et le conseil ducal, et, pendant plus de deux, mois ils procédèrent à l'examen des titres des candidats s .
Quel que fût l'état de la question en droit strict, le débat fut bientôt circonscrit entre les droits de Marguerite de Bourgogne et ceux de Philippe le Bon.
1 Voir l'acte principal iivec In première addition nu Luyster, 2"" part., p. (il.
* Naméche, ouv. cité, tome IV, p. 708.
Le duc Henri II, mort en 1247, avait épousé en seconde* noces, Sophie, fille de Louis IV, landgrave de H esse et de Thuringe, et de sainte Elisabeth de Hongrie. Le fils issu de ce mariage, Henri V Enfant, devint landgrave, et c'est de lui que descendent, de inalc en mâle, tous les princes de Hesse actuels. Ils sont aujourd'hui les derniers rejetons, du côté de lu lance, de l'ancienne et illustre maison de Louvain.
Lors des négociations pour la succession de Brabant en 1490, ils fondaient leur prétention sur le droit d'agnation et sur les stricts principes féodaux.
* Henucct Wauters, Histoire de Bruxelles, t. I, p. 233.
MEMOIRE SUR L'ANCIEMISE
Cédant à la puissante influence du bon duc \ les étals de Brabanl finirent par lui adjuger la riche succession de son cousin ; mais, avant de l'admettre à prendre possession de ses nouveaux domaines, ils traitèrent avec l'ambassadeur du duc, per mullos dics, et de la confirmation des anciens privilèges, et des privilèges nouveaux à accorder, suivant la coutume, à l'avènement de chaque nouveau souverain 2 .
Cette situation toute spéciale explique les nombreux développements de la Joyeuse-Entrée dont nous allons prendre connaissance. Le principal litre du duc de Bourgogne étail le vœu des états; il devait donc, sous peine de voir peut-être lui échapper de riches possessions, sous peine certainement de s'aliéner dés l'origine l'affection de ses nouveaux sujets, passer parles concessions raisonnables qu'ils attendaient de sa munificence.
Les étals de Brabant s'entendirent, sur les points à insérer dans la Joyeuse- Entrée 3 , avec les ambassadeurs de Philippe; ces derniers vinrent porter à Malincs les conventions faites , et le duc , homologuant loul ce qui avait été décidé, fut inauguré à Louvain le 5 octobre U30.
L'avènement de Philippe le Bon marque pour les étals le premier échelon de l'amoindrissement successif de leur influence. Le pouvoir ducal de Brabant, passant sur la téte du grand duc d'Occident, allait ressaisir toute la force, toute l'autorité que la faiblesse morale ou matérielle des derniers princes lui avait fait perdre. Une fois encore, à l'avènement de Marie de Bourgogne, les états pensèrent dominer; mais ce ne fui que d'uuc manière transitoire et passagère: ils rentrèrent bientôt dans la position secondaire, quoique grande encore, que la constitution de la société d'alors leur réservait.
La première addition du duc Philippe le Bon à la Joyeuse-Entrée étant datée du même jour, nous l'expliquerons en même temps que l'acte principal. La deuxième et la troisième addition feront l'objet d'un paragraphe particulier.
• David, Manuel d'histoire nationale.
* Commission royale d'Hiuloirc, Chronique de de Dynter, t. III , p. -'iOI. s Ibid, SOI.
CONSTITUTION BRABANÇONNE