CHAPITRE VIII LES IfOTS BAS
Dëda1!( des dialectes. — Pour être bas, il n'était pas nécessaire qu'un mot fût déshonnéte ou réaliste, il suffisait qu'il n'appartînt pas au langage de Paris. « Je me garderai bien, dit la préface de la Comédie des Empiriques de Brueys (1698) de me donner le ridicule de prôner au milieu de Paris les charmes d'un langage qu'on traite d'un jargon aussi méprisable que l'argot » •. Voilà l'estime où l'on tient le provençal. Les autres dialectes ou patois sont mis sur le même rang-. Au thé&tre ils servent aux Pierrots et aux Toinons ^.
Un mot qui passait pour venir de ces langages était immédiatement suspect. La doctrine, lïxée depuis longtemps, ne se discutait même plus. « Il n'y a en France, dit Cb, Perrault, que le pur François, ou pour mieux dire, que le langage de la Cour, qui puisse estre employé dans un ouvrage sérieux, parce qu'il en est dans un Royaume, du langage comme de la monnoye ; il faut que tous les deux pour estro de mise soient marquez, au coin du Prince » {Parall. des Ane. el Mod., 1692, III, H3-i). Le patois sert d'élément comique.
Quand on disait un provincial, suivant Bouhours, on voulait désigner un homme qui n'avait pas l'air et les manières des gens qui hantaient la Cour, ou qui vivaient dans lu Capitale du Royaume ^. Sans doute, il y avait pire encore, car le campagnard, qu'il s'agît d'un homme ou d'un mot, était dans le ridicule à un degré au-dessus du provincial, suivant l'expression du même Bouhours {Suit., 278) ■'.