Cité par Sainéan, VArgot ancien. 3b
3. Dans la CoToédie tant tUre parait un grotesque qui a ouvert i Paris une écoir de normand (a. III, se. fl).
3. L'exemple de Molière est suivi par Boursault, Dancourtcl tous les comiques, malgré les répugnances de certains contemporains.
4. nCe sont des provinciales, dit-on de ces Temmes nouvellement debarquêeii. qui viennent à Paris pour la première Tois, et que tout le monde montre au doigt quand elles sont à Versailles, ou aux Thuilteries Le mot de provincial emporte je ne sçay quoy de contraint et d'embarassc, un fort méchant air ; et sans compter le mauvai;! accent, quelque chose d'jrrcgulicr et de peu poli dans le langage • (Bouhours. Saile. IT«).
5. n Quand j aï parlé de votre séjour i la campagne, je n'ai point prétendu parler do votre province, ou de la capitale de votre province, selon le style de quelques Parisiens précieux qui appellent campaj^e tout ce qui est hors de leurs murailles ■■ [Corr. A'icaùe, I, su, dans Jacquet, VitUde proe. toat LouU XIV, b9).
LEH MOTS BAS 3'3
Mais les gens de Cour ne faisaient guère de différence. Ils s inquiétaient peu qu'une expression fût d'une ville ou d'un village. Ils ne regardaient même pas si elle était gasconne, normande, ou bien si elle s'employait jusqu'aux portes de Paris, soit à Montmartre, soit à Vaugirard. Elle était paysanne, cela suffisait ',
Noblesse et Bourgeoisie. — D'autres façons de parler, bien plus répandues, n'avaient rien de dialectal, elles étaient parisiennes, mais avaient le tort d'appartenir aux classes inférieures, on eût bien voulu leur en réserver l'usage exclusif. La chose se comprend. Depuis longtennps la bourgeoisie faisait effort pour effacer une ii une les distinctions de classe que l'aristocratie maintenait jalousement, A défaut de privilèges réels qu'il était difficile de conquérir, on cherchait du moins à usurper des caractères extérieurs dont la loi du royaume ne garantissait pas le monopole à leurs possesseurs.
Tout boui^eois veut bâtir comme les grands seigneurs, Tout petit prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages.
(U Font., I, 67, V. i-i-il.)
Beaucoup de gens, dont l'apparence extérieure suffisait à satisfaire la vanité, se contentaient de l'équipage, des valets, des habits de couleur. D'autres voulaient plus et mieux. Ils prétendaient avoir leur maître à danser et leur professeur de beau langage.
Je n'ai point à faire l'histoire de ces usurpations et des révisions qu'elles amenèrent, ni à conter comment l'aristocratie parvint h maintenir ses droits légaux. Ce sont là des faits qui appartiennent à l'histoire politique et sociale, Mnis la noblesse tenait presque autant aux marques extérieures de bonne naissance '-. A elle seule appartenait la tradition des belles manières, la grâce des révérences, la sobriété et l'élégance du geste. Comment n'eùt-elle pas cherché à avoir son langage propre ?
J'ai montré au tome 111 (p. 160) que la société polie avait eu, avant même le règne de Louis XllI, le dégoût des mots » roturiers ».
1 . Racine plaisaiilc, quand il fcrit <rUzis qu'il va pci-dro snn Français pendant son TCJojraumilicu des barbares (LeI., VI. 4ÏT-43H1 ; mais linsisUnce avec laquelle il rcvipnL sur le galimatio du pays pour lo railler, montre quoi cas il en fait.
I. Aujourd'huy l'on ne cofctioist plus rien aux habits : tout est permis, pourveu que l'argent marche ; quant on parle à quelqu'un, on ne sçait si l'on doit dire Monseigneur ou Monsieur simplement (Caq. de VAcc, 106-107).
■ C'est (Caumartin) le premier homme de robe qui ait hasarde- le velnura et la soie : on s'en moqua eitrtmcmcnt et ne fui imité de personne • (S'-Simon, IV, 7).
314 HISTOinK DE LA LANGUE FRANÇAISE
Il ne lit que s'accroître sous le « Grand Roi ». Lui-même donnait le ton : « La noblesse de ses expressions vient de celle de ses sentiments », disait Bossuet. Sa cour, d'abord fastueuse, plus lard austère, fut toujours, à son exemple, éjtrise de noblesse et de grandeur '.
Aucun maître de philosophie n'eût pu initier M. Jourdain aux délicatesses de ce langage. Il fallait être né, être u l'enfant d'une maison ».
Le Père Médecin, l'Ajeul Apotïcaire,
Le Bis-ayeul peut-être encor moins que cela.
Qui diable seroît Noble ù descendre de là ?
iBours., Com. s. titre, I, 2.)
Vraisemblablement un certain ton de voix était déjà nécessaire, une prononciation particulière l'était en tous cas. Nous le savons de science certaine, et, quoique de Callières ne nous ait pas donné le traité qu'il avait annoncé sur la prononciation de la Cour-, traité plus difticile à écrire que les autres, du reste, nous avons assez de ren- .seignements par ailleurs pour connaître les caractères principaux de cetle prononciation.
On nous a transmis bien d'autres indications. La Bmvère nous conte que des bégueules eussent cru se compromettre, rien qu'à prononcer le nom de rues hantées par les femmos du peuple ''. Il sufli.sait, à vrai dire, de saluer, pour être classé.
Dans le Uoanjcois genlilhomme, le langage des personnages est caractéristique de leur condition. Madame Jourdain surtout esL bien de sa classe, avec ses exclamations : Çamon (p. 108), tredttme (120), avec ses ima{j;es vulgaires : uoua ave^ bien opéré ' \0^), vous vous clcs embéfjuinê [iOi)), il le j rai le par où ilscdémanye. 112), il vous .Hucera jusqu'au dernier sou {iH), être de la côte de
I. Ur. fua. M.Thrr..iA.\\ih.. S33. Cf. le» lim.iih'nHgos de I.u limyi-re ctde M"' lio ('.a.vlii».
3. L'n ccrluin nombre d'observBtiona inUrensante» se trouvent dans non livre D* (il Seieare ilii Monde, iVuii M. Roqni^s les a extraites {Milangti Bninol, 290elf>uiv.^. .
3. Il 11 a vùf^i pendant ifui'l(|iie lemps une surte de convcrsBlion fade et puérile... (JucIqiieH femme» de In ville ont la délicatcstie du ne pas savoir nu de n'oser dire le nom des rue^ des places, cl de quelques endroits publics, qu'elles ne croient pas asseï: nobtcspnur Être connus. Elles disent: le Louvre, Ui place Royale, mais elles usent de lours et de phrases plutôt que de prononcer de ccrlains noms ; et s'ils leur écliappcni, c'est du moins avec quelque altération du mol, el aprba quelques façons qui les rasfurenl : en cela moins naturelles que les femmes de la cour, qui ayant besoin dans lo iliscours des HalUs. du Chilelel, ou de choses semblables, ditenl : (ei Hxllet, le Châlelet - [ha Itruy., I, 3381.
aainl Louis (144), etc. Son mari ne sait pas mieux éviter les vulgarités : trop de tintamarre, de brouillamini (84), je le baillerai xur le nez (99), ne bougez (98). Il a les formules de la rue Saint- Denis : J'aime mieux être incivil qu'importun (113) '.
Quand nous lisons ou que nous voyons représenter les comédies du temps, où sont raillés les bourgeois, nul doute que nous ne perdions une partie des effets dont s'égayaient les contemporains. Monsieur Jourdain et Dorante parlent du même ton, avec le même accent, ou si les acteurs font une différence, ce n'est plus In vraie, et cette transposition gâte tout. 11 n'est pas bien sûr non plus que la maladresse dans l'allure du bourgeois soit opposée comme il le faudrait, à la grâce aisée du grand seigneur. Le geste du brave homme quand il dit « pas plus grand que cela » , ne fait point le contraste qu'il devrait faire avec ses prétentions . Molière a pris soin toutefois de souligner, comme on est si souvent obligé de le faire à la scène, certaines des incongruités du langage de " maître » Jourdain ou de G, Dandin -.
Le Boman bourgeois de Furetière est aussi une satire de la langue en même temps que des mœurs bourgeoises. Qu'un homme, pourvu des connaissances lexicologiques de l'auteur, ait trouvé plaisir à railler des mots et des expressions, cela est tout simple ^. Dans cer-
1, « J'ai regardé avec eux ce prétendu jargon de Molière comme un secret recherché pour mieux peindre In nalurc. Maître île son art, il alTccloil quelquerois ilc sortir des refiles do la Grammaire, alln île rentrer plus heureusement dans le naturel des mœurs. Un païsan, un valet ne doivent pas parler aussi exactement qu'un homme qui postule une place à l'Acadcniic : mais un homme qui [lostuloit une place à l'Académie. (levoiL faire ces sortes de dilTercnces » {Sentim. cril. i. tte CitrocC., 111). L'Apologiste pense que le critique « est en train de houlTonner », car La Bruyère ~ di)<tin^oil si bien qu'il semble élever Molière au dessus de Tercnce » ;fil). ï. Dans la comédie tic Boursault, Nannetle vient d'appeler son p^re JHoniieiir. M. Josse :
Je vous ai dît, et voua te réitère Que vous m'a ppel lassiez simplement votre pcre ; A moins que votre mcre en secret, cl tout bas, Xe vous ai[t] fait sçavoir que je ne le suis pas. Dabct:
Le< gens de qualité, dont ctle a l'honneur d'être. Ont une extrême peine à ne pas le parottre : Quoi-que le nom de pcre ait de beau, do touchant, Depuis un en ou deux cela put le Marchand.
(MoU à U mode, se. i.) 3. Furetière n'aime point ce monde. Il n'y s point de qualité bourgeoise qui ne devienne à ses yeux un défaut ; la réserve des Hllca n'est que sottise ; il leur manque d'avoir • esté nourrie à la Cour ou chez des gens de qualité » oii elles auraient pu se guérir de ces •■ grimasses et afTectations bourgeoises >, qui font bien deviner le lieu où elles ont él^ élevées. Il plaisante jusqu'à la tendresse des parents pour leurs enrants. •Cestiacoustume de ces bons bourgeois d'avoir toujours leurs enfans devant leurs yeux, d'en faire le principal sujet de leur entretien, d'en admirer les soltiieset d'en boire toutes les ordures » (Rom. bourg. ,èd, Jannet, I, 108). La vertu
316 IIISTOmE DE LA LANGUE FRANÇAISE
tains passages, la critique devient tout à fait visible, elle est partout pour des yeux avertis. Les mots bas, condamnés par les grammairiens, pullulent d'un bout à l'autre. Assurément il j a autre cbose dans le roman, comme il y a plus qu'une caricature de langage dans les Précieuses ridicules, mais cette caricature n'en est pas moins une partie essentielle de l'œuvre.
Laissons de côté ce qui concerne spécialement les termes techniques des Chicanous dont il sera parlé plus loin, et voyons comment s'expriment ces greOières, ces procureuses, ces avocates. Pour mettre les particularités de leur langue en relief, on leur donne pour interlocuteur quelqu'un que ses fréquentations ont mis à même d'éviter tout ce qui lui faisait courir le « danger de passer pour bourgeois ou pour provincial n (Furet., Rom. bourg., I, 52} '. Ailleurs, pour faire ressortir la bassesse d'une expression qui pourrait passer dans les entretiens familiers, on la leur fait employer en un sujet où une certaine tenue de langage serait de mise ^. Et ce procédé rappelle celui des burlesques. Furetière a d'ailleurs soin d'accumuler les expressions bourgeoises, tout comme Molière faisait des expressions précieuses. Ses personnages usent à chaque instant de façons de parler proverbiales, semblables à celles que le Dictionnaire des Halles reprochait si âpremeat it l'Académie, ils lâchent même de gros quolibets qui rappellent les turlupinades des Mascafilles 3. Mais il y a plus.
Buprémo de celle elassc ; l'ordre, n'est poÎQl respectôc. Elle enIralDC les femmes A faire de leur niénafte un 9ujel de convcrsdUon. « Madame VoUïchon, avec son cnlrelîen bourgeois, faisuit beaucoup siiulTrir la pauvre Laurence, qui estoit une frmmc d'esprit et accaiistumoc A voir le beau monde • {Ib., 1, 101).
1. Nicodeme. " homme amphibie, qui estoit le malin advocal et le soir courtisan •, débite quelques galanteries i Javotlc, qui vient de quêter A ro(;lise : « Mademoiselle, k ce que je puis juger, vous n'avez pu manquer de faire une heureuse qucste, avec tant de mérite et tant de beauté. — Hélas, Monsieur,... vous m'cxcuserei;... je n'ay fuit que soixante et quatre livres cinq sous ; Mademoiselle Henriette fil bien dernièrement quatre-vingts dix livres ; il est vrai qu'elle quesla (oiif le long des prières île quarante heures... Il n'y avoit pas un dénier davantage que ce que je vous ay dit : et puis crojei-vous que je voulusse ferrer U maie en cette occasion ? ■ [I, 15-10).
i. Voici de quelle façon Vollîchon expose le si^jet de Cinna : ■ Un particulier nommé Cinna s'advisc de vouloir tuer un empereur ; il fait ligue olTensiv<' et d«ITeiisive avec un autre appelé Maxime. Mais il arrive qu'un certain quidam vn dcacouvrir le pot aux roses. Il y a U une demoiselle qui est cause de toute cette manigance, cl qui dit les plus belles puintcs du monde. On y voit l'empereur assis dans un fauteuil, devant qui ces deux messieurs font de beaux plaidoyers, où il y a de bons aniumcns. Et la piccc est toute pleine d'accidens qui vous ravissent. Pour conclusion, l'emiiereur leur donne des lettres de remission, et ils se trouvent A la lin camarades comme cochons. Tout ce que j'y trouve i redire, c'est qu'il y devroit avoir cinq ou six couplets devers, comme J'en ay veu dans le Cid, car c'est le plus beau des pièces •> il. p. 102-103).
3. X Je crois que VOUS avés noyé toutes mes fautes dans le fleuve d'uubly. — Voilà
On voit chez Furetière le langage bourgeois s'étendre de la conversation même des personnages au récit que fait l'auteur de leurs entretiens, à l'analyse de leurs sentiments ou de leurs idées. Madame Vollichon dit en parlant de sa fille : « Ma fille a toujours esté bien élevée et je la livreray à un mary bonne ménagère, depuis le matin jusques au soir elle ne levé pas les yeux de dessus sa besogne » (I, p. 94). L'auteur, sans la faire parler, dira d'elle : a Elle lui avoit aussi fait plainte de (a despence de la maison et de la cherté de» vivres, disant tousjours pour refrain qu'un ménage avoit la gueule bien grande, et une autre fois, que c'estoit un gouffre et un abisme » (I, p. 101).
Enfin, le langage bourgeois passe du style indirect à la description d'un personnage bourgeois. Voici le portrait du procureur Vollichon : « C'étoit un petit homme trapu, grisonnant, et qui étoit de mesme âge que sa calotte. 11 avoit vieilli avec elle sous un bonnet gras et enfoncé. Il avoit la bouche bien fendue, ce qui n'est pas un petit avantage pour un homme qui gagne sa vie à clab&uder, et dont une des bonnes qualitez c'est d'estre fort en gueule » (I, 21-22,). La langue des personna^s est devenue celle de l'auteur. Au besoin les expressions sont soulignées : » Madame Vollichon ne parla plus avec Mademoiselle Laurence que des belles qualitez de son fils, de ses miesvrete: et postigueries. Ce sont les termes consacrez chez les bourgeois et les mots de l'art pour expliquer les gentillesses de leurs enfans » (1, 108).
En reprenant la littérature du temps pour y noter la satire verbale, on trouvera, sans aucun doute, bien d'autres passages curieux où se marquera la « noblesse » des uns et la u bassesse » des autres '. Toutefois, il est douteux qu'on trouve beaucoup de pièces écrites sincèrement par des bourgeois ou des hommes du peuple dans leur langue propre. Cette veine, en tout temps ai abondante, semble tarie jusqu'autour de 1720. Et c'est déjà là un symptôme bien inté-
bicn dëbulté (dit Vollichon)! Les oublies sontcheile palissicr Hé bien (dîl Vollichon), je vous prcndi au mol : j'îray demain diner chez vous et je portera^ de quoy manicer- — 11 ne sera pas ntScessaire que voua apportiez de quoy manficr (reprit Nicodcmej; la ville est bonne, je ne vous Uisseray pas mourir de faim. • Laurence fut encore l'inlorprele d'un pareil aouris de Vollichon, en diaant : > Je vola bien que Monsieur n'a pai dessein de rien porter chei vous pour augmeiilcr la bonne chcre ; mais qu'il veut dire qu'il y portera ses dcnls, qui aonl des instrumenta pour man);cr • (I, i04-l05).
1. Je me borne b renvoyer i la Comédie de Champmesié ; £s Rue S* DfiiyK. 1682. J. Guindé y est présenté comme l'esprit le plus marchand qui soit... avec son jnr(;oi) de boutique qu'il employé par tout. Voir en particulier se, XVI.
:tlS HISTOIRE DE LA LÂK&UB FRANÇAISE
ressant à noter. La prédomiaance de la langue de la Cour est telle qu'elle fait tomber la langue de la ville à l'état de langue parlée, de patois.
Censure des mots populaires. — J'ai essayé de grouper ici, pour ceux que tenteront ces recherches, les indications des théoriciens. Tous en ont fourni. Ménage comme Chevreau,' Boileau comme Pradon. Les auteurs du commencement du siècle aussi bien que les contemporains ont été épluchés. Dès 1660, c'est Chevreau qui commence H noter dans Malherbe ce qu'il a « d'étranger, de bas et de rude, vilain reste du siècle passé i>. « Malherbe a esté le premier, dit-il, qui a reconcilié les Grâces avec les Muses, et qui en a fait cette agréable assemblée, dont il est parlé dans Euripide. Il n'a reçeu mesme en cette illustre compagnie que les Grâces toutes Célestes ; et s'il s'y en est rencontré de Populaires, il leur a donné la place qu'il ne leur pouvoît refuser, et presque toujours celle que les autres ne pouvoient remplir. 11 luy est pourtant arrivé ce qui arrive ordinairement à ceux qui font de belles et grandes assemblées, qui malgré leur diligence et leur soin, ne sçauroient empescher que dans la foule et dans le tumulte, il ne s'y glisse toujours quelque troublefeste, quelque étranger, quelqu'un de la lie du peuple... » (p. 1-3 . Le P. Rapin ne pense point autrement. Il accorde au « Père de la Poésie » d'avoir montré à joindre « la pureté au grand style, mais comme il commença cette manière, il ne pût la porter jusques dans sa perfection. Il y a bien de la prose dans ses Vers ». ' Malgré les progrès accomplis, Racine lui-même ne semblait pas suffisamment noble à Subligny, non plus que Boileau à Pradon. L'un avait introduit dans ses vers des u familiarités indignes de la poésie », des '< expressions bourgeoises i>, une quantité de mots t< bas et rampants » qu'il faudrait renvoyer à l'hôpital "-. L'autre avait osé dire : Paris est pour un riche un pays de Cocagne ^, ou opposer « les louanges d'un faf ft celles d'un héros i>. Quel mot, s'écriait Desmarets, pour être présenté au Roi à qui il ne faut olTrir que des termes nobles ! * Le critique de La Bruyère lui reproche recrue de fatigue (371 }, faire sonner haut le peu qu'il offre (333), etc. Des observations