I. Ed. B. s. P., m, 3» et
!. BoilcBu A BrosacUe, Ul., CXXVI, a déc. 170S, éd. Laverriet, p. S33. Cf. la lettre
Bouliours dans les Donlei avait censuré des termes qui, appliqués au Christ, lui luraisBBÎent trop bas r compagnon {Imit., 18], économe (/&., 13), e/fec(iremen( [Ib., i,.. Trucatttr, avoir ta aafjisanee, avaient eu une noie dans les Douter (7, lo-lî).
Dans la Snile des Aemarguei il examine : èlre aux Irontiet de quelqu'un, tirtr les ren du ntz, tordre te nés à lii poétique d'Ariatole, aroi'r la langue bien penduS. faire pit»er par t'élamine. suivre la pointe, mettre la puce A l'oreille, prier quelqu'un de mn àetltonnenr, mellre (ei feraaii feu, toucher da bout du doigt, promettre merreillei, faire des merveilles, faire les dégousles (131 et suiv.|.
3. Diplomate de profession, ministre ptiïnipotcntiaii'e pour les négociations de Ityawick. membre de rAcadfmic. Voir tes Notes lar François de Calliêres, de M, Mario Roques, dans les Mélanges Brunol, cl un article de M. Fosseycux paru n-ecrn ment dans le Mercure de France, l"ooùll9l3, 5fl8-S75 et a73-58l.
i. ■ Cesl le fils d'un Bourgeois de Paris... qui a étudié â dessein d'entrer dans les (Ihai^s. mais il am-oit besoin d'ëlre purgé du mauvais air et dn liingage de la Bourgeoisie ; il ne pouvoil venir plus i propua pour nous fournir des fui^una de parler iKiurçeoiseS ■ {p. 15-18).
asage dan» les manières de s'exprimer. Des façons de pArler bourffeoises (Paris, i693) '.
Quelques rësistances. — Il serait faux de dire que tout le monde accepte sans réserves cette classification rigoureuse des mots. En publiant la remarque de Vaugelas sur les locutions basses dans Malherbe, Alemand ajoute : « 11 ne faut pourtant pas être si rigoureux à réfîard de ces façons de parler, que l'usage tire souvent de la bassesse où elles étoient auparavant, pour les élever et les rendre meilleures. Kt c'est à quoy il faut bien prendre garde : car il en est à-peu-près de ces locutions comme des hommes. Telle qui sera aujourd'huy basse et roturière sera demain noble et relevée h {Nouv. Hem., 281)). Mais l'éditeur de Vaugelas ne conteste pas pour cela le principe du maître, tout au contraire, il regrette que personne ne se soit attaché à donner une liste générale de ces façons de parler basses. Celle de M. R, (Richelet?), ajoute-t-il, n'est pas tout-à-fait exacte. Et il se propose de donner un ouvrage sur la matière (/&■).
11 est certain que divers auteurs ne s'en sont pas laissé toujours imposer. La Bruyère, par exemple, a aimé le terme particulier, qui note les caractères des personnages. Il peint, ou plutôt il crayonne net, s'agît-il même des petits chiens qui aboient. Au lieu de prendre le ton solennel : On bâtit dans sa vieillesse et on meurt quand s'achève l'édifice, il dit : quand on en est aux peintres et aux vitriers, sans crainte de faire reparaître au jour des personnages inférieurs et dédaignés (VI). Son amateur d'oiseaux passe les joursà verser âugrain et à nettoyer des ordures (XIII). Il afFecteni ailleurs de parler politique en termes de commerce : » Les huit ou les dix mille hommes sont au souverain comme une monnoie dont il achète une place ou une victoire : s'il fait qu'il lui en coûte moins, s'il épargne les hommes, il ressemble à celui qui marchande et qui Gonnoît mieux qu'un autre le prix de l'argent » (I, 384). Son style veut délibérément être réaliste, c'est une de ses originalités.
On aimerait à pouvoir considérer comme une protestation contre le style toujours noble le célèbre passage où il raille les petits-maîtres ; « Que dites-vous? Gomment? Je n"y suis pas; vous plairoit-il de
1. Lea noies Je F. de Calliires avaient ùlé relevées par M. Ge^jer dans les MiUaget Wahland !18»6, p. ajâ-*!!}. Elles ont TniL l'objel d'un important travail de M. Scliciik, intitula : Table eompurée de> Obttrvalioru île CilUèra lar U langue de U fin dn XVII' eiècle. L'aulcur ne n'est pas borné i une table analytique ; il a accompairné Ic-s observations de F. dcCallïères d'exemples souvent curieux, et, si J'ai connu eoq travail trop lard pour m'épargner diverses rccberchcs, je l'ai vu assez tùl au moins poui-v pouvoir, à l'occasion, renvoyer mon lecteur. Je le Terai sous cette Torme : V. Schcnk.
recommencer ? J'y suis encore moins. Je devine enfin : vous voulez, Aciê, me dire qu'il fait froid ; que ne disiez-vous : h 11 fait froid ? » Vous voulez m'apprendre qu'il pleut ou qu'il neige ; dites : « Il pleut, il neige ». Voua me trouvez bon visage, et vous desirez de m'en féliciter ; dites : '» Je vous trouve bon visage h. — Mais, répondez-vous, cela est bien uni et bien clair ; et d'ailleurs qui ne pourroit pas en dire autant? — Qu'importe, Acis? Est-ce un si grand mal d'être entendu quand on parle, et de parler comme tout le monde ? » (1, 216-7). Mais ce serait, je crois, forcer le sens du paragraphe que de lui donner une trop grande portée. 11 vaut contre l'affectation, il ne signifie rien pour le sujet qui nous occupe. En voici un autre tout semblable, inspiré même sans doute des Caractères : " Quelle fatigue d'entendre ces personnes, qui n'emploient dans leurs discours, que des mots choisis pour exprimer les choses les plus triviales? Est-il nécessaire de chercher une périphrase pour demander à boire, ou pour dire quelle heure il est ? Pourquoi afTectez-vous, Dorilas, de vous servir toujours de mots nouveaux, et que vous inventez vous-même? Ne voulez-vous avoir rien de commun avec le Peuple? Avez-vous peur de ne paroitre pas assez précieux ? Ces mots h la mode, dont vous croïez embellir vôtre discours, vous donnent un air efféminé et ridicule : vous croïez qu'on vous applaudit, quand on se moque de vous, et qu'on vous rit au nés » (104-(05). Mais ces paroles si sages sont tirées des Réflexion» sur le ridicule et sur les moyens de Veviler. Or ce livre est de Bellegarde, qui écrit ailleurs un chapitre sur les locutions basses, et le fait précéder de ce préambule : « Les plus belles expressions, dit l'Auteur de VArt de Parler, deviennent basses, lorsqu'elles sont profanées par l'usage de la populace, qui les applique à des choses basses. L'application qu'elle en fait attache à ces expressions une certaine idée de bassesse, qui fait qu'on ne peut s'en servir sans sotûUer, pour ainsi dire, les choses qui en sont revêtues. Ceux qui écrivent poliment évitent avec soin ces expressions. Les personnes de qualité, et les Savans tâchent de s'élever au-dessus de la populace, et n'emploient jamais ces expressions qu'elle gâte par le mauvais usage qu'elle en fait. Les hommes imitent volontiers ceux dont ils estiment la qualité ; ce qui fait qu'en très-peu de tems, les mots que les riches ou les savans bannissent de leur conversation, ne sont ensuite reçus de personne ; ils sont obligez de quitter la Cour, les Villes, et de se retirer dans les Villages, pour
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n'être plus que le langage des Païsans » '. Nulle part la théoiie ne s'étale aussi nette : aux yeux des puristes, les mots se dégradent pour être employés dans certains milieux.
La HIÉRARCHIE DES uoTS. — Quand les faits seront suffisamment démêlés, on arrivera peut-être à voir clairement quels étaient les différents degrés de la hiérarchie dans le royaume du vocabulaire. Ils correspondaient naturellement aux degrés de la hiérarchie sociale : courtisans, demi-courtisans, bourgeois, de la petite bourgeoisie, populaires, de la lie du peuple, toutes ces qualiOcations sont appliquées aux mots et servent à les caractériser. Mais je dois dire tout de suite que jamais, suivant moi. semblables étiquettes ne pourront servir à une véritable classification. Qu'on se souvienne de l'embarras que nous donnent les termes dont se servent les Latins : sermo vulgaris, plebelus, etc., A une distance moindre, les épithètes du xvii° siècle n'offriront guère plus de clarté. Les mots appartiennent à des groupes spéciaux, mais ils n'y sont point enfermés, et en outre on ne sait presque jamais exactement où finissent ces groupes. Il y a, observe déjà de Calliëres, entre la Cour et la bourgeoisie une classe intermédiaire : « l'Esprit et l'air Bourgeois est répandu sur plusieurs Courtisans, comme l'esprit de politesse et de bon goust sur plusieurs gens de la Ville. . . il y a parmi les Courtisans du second ordre beaucoup de mauvais Singes qui copient mal de boas modèles » {Bon et maav. us., 120-121).
Suivant leur caractère, les mots convenaient à divers genres, et à divers styles. Au sommet était la poésie, où « la diction doit estre relevée et éclatante,.,, car tout ce qui est commua et ordinaire dans les termes, ne luyestpas propre. Il faut des paroles qui n'ayent rien de bas et de vulgaire, une diction noble et magnifique » 5. Cette diction ne peut convenir ni à des écrits ni à des personnes inférieures^. Elle est particulièrement propre au « sublime » auquel atteint aussi l'éloquence. Féneion l'applique aussi à l'épo-