DE VÔTRE MAJESTÉ
Le ires-humble, tresobcïssant, et ires-ftdéle sujet et serviteur.
Si l'on n'est pas sujet du Souverain à qui l'on écrit, on met simplement Ji la souscription ; /^ lre$-humble, et tres-obéïasanl serviteur » {Grimarest, Comm. de Lctt., HO-Hl) '.
Rien ne donne une idée plus exacte de l'art avec lequel on cherchait à éviter les moindres susceptibilités, que le débat au sujet de la formule affectionné, ou très-affectionné serviteur. Bouhours avait conté l'anecdote d' « un grand Ministre d'Espagne » déchirant une lettre du Ministre de France, qui ne lui donnait que dn très affectionné : c'était le traiter en inférieur [ftem., 32). Alemand en lit une question, la dix-huitième de ses Observations [Guer. civ., p. 67 et suiv, ). Il rappelle tous les scrupules qu'avait eus l'Académie, au dire de Pellîsson, alors quelle voulait écrireà Bois-Robert, qui était un de ses membres et que le Corps entier ne pouvait point traiter d'égal , Très obéissant serviteur se trouvait par là écarté, très affectionné d'autre part était trop peu civil, on s'arrêta kpassionné. Alemand montre par l'exemple de Voiture et de d'Urfé, combien il y a peu de temps que l'expression est considérée comme trop familière, mais il convient que Furetière, pour s'en êti-e servi après d'Urfé et Voiture, a été repris par l'Académie. Il lui semble, commeà Th. Corneille, que la formule pourrait passer, si très affectionné se trouvait après très humble {67- 72), Andry de Boisregard ne manque point de disserter à son tour et de rechercher si l'affection comprend toujours l'obéissance, et comme il constate que non, il est fermement contre affectionné {liefl.. 3i- 39). S'-Réal ne reproche à son adversaire qu'une chose, c'est de s'attarder a démontrer la grossièreté de Furetière {De ta Critique, 325), De Callicres confirma l'opinion de ses prédécesseurs {Mots à la m..