MOTS DU PALAIS EXCLUS DE LA LANGUE LITTÉRAIRE
Ab inleslat — terme de pratique qui ne se dit que dans cette phrase, héritier ab intestat (K.); Q Pom., »uil., G. Mlege, Rich. ; * Fur., Tlt. Com., A*. — L'Enterrement du Dictionnnire [170] reproche à l'Académie d'avoir omis ce mol, — l'auteur du pamphlet n'était pas allé le chercher où il fallait, sous lester — , et il affirme à ce propos qu'ab intestat est de la langue des bonnôtes gens et que La Bruyère l'emploie plusieurs fois. — Ne touIddI pas aussi décéder inteslat ... — Inte»tat \. . . — Intetlat '.. .Ce mot me perce l'Ame (Regoard, Lég. unit»., a. V, se. 7).
Calanger — * Pom., Dud. avec f, B. F,, Fur. ; vieux mot ; e Rich., A.; *Th Corn. : vieux mol; e A'.
eanation — terme de pratique (Rich.) ; * Pom. ; 0 Duil., G, Miege ; * Fur. : terme de palais, A. : id-, TIi. Corn, et A^ : terme de pratique.
clause — terme de notaire [Rich.); * Pom., Duil,, G. Miege, Fur., A.; © Th. Corn.; * A>; L. cile Patru, Fiairf., XII, d'après Kich., et Regnard, L^^., IV. — LaisHant-là toute autre matière, Je diray pour clause premiéi-e, Que mainleuant Sa Majesté Possède une entière santé [Loret, I6acl. 1655, v. 19- 22) ; ce sens est rare désormais.
collatéraux — terme de pratique (itich.) ; L. cite Picard, Le Collatéral, I, 6 ; cf. Avant qu'il soit neuf mois, sans trop me signaler, Tous mes eottatéraux auront à qui parler [Regnard, Lég, univ., I, 7).
comminatoire — terme d'Ëglise et de Palais (Rtcli.); * Fur. : terme de Palais, Pom., Duil., G. Miege, A.
compétence, compétent — termes de Palais. Au figuré, capable de juger et dire son sentiment en quelque chose (Rich.). En ce sens je signalerai: être d'âge compétent (Duil.); Fur. : il ne faut pas que le cordonnier juge de la peinture, cela n'est pas de sa eampélence. * A. — Je puis me vanter qu'il n'y a pas d'homme en France qui ait plus raccommodé de visages que moi. — Vous avez raccommodé des visages ! Je croyais qu'un visage n'était pas de la compétence d'un apothicaire (Regnard, Crit. du Lég., se. 8]<.
conflit — terme de palais(Rich.).Con^i(.-chocdeplusieur9 personnes armées. . . il vieillit, ... se dit figurémeDl des contestations qui se font dans les procès et dans les disputes d'écoles, . . . enfin se dit particulièrement en Justice (Fur.). * Pom. : conllictus, Duil. : mêlée de deux armées, combats ; o G. Miege ; *A. : choc, vieillit en ce sens, L. cite Fléch., Or. fan. de le Tellier. — Le pigeon profita du conflit des voleurs [La Font., II, 36i, \. 50).
contredit — Pur. s'en moque : Cet incident a fait production nouvelle. Fournissez maintenant de contredits contre elle [Jeu de boule des proc., 45); A, ne cite le mol que comme terme de palais. — En dehors detans contredit.
1. Le sens de compétition, concurrence, existait loi^jourB: Auec toy pour l'i long-temps en compétence (LaMesnard., Po., 3&3).
Hitloire de la Langue française. IV. S
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on trouvait le mot avec le sens de réfutation : la proposition qu'a taite Frontenie, semble estre sans conirerfif (Segr., Aour. fi:,i' Soun., 245).
conliunacer — O Pom.. Diiil., Rich., Th. Corn. ; • G. Micge, B. F., Fur., A., A'. — en cas de rendei-vous auprès des dames, je ne me laisse jamais conlumacer (Regnard, Coquette, I, 15).
cul {tenir au — et aux chausses) se dit, en termes de palais, des parlies qui ne peuvent plus fuir la condamnation (Fur.); o Pom. ;*Duil., G. Hie^, Rich., A. Voir Livet, Li-x. de Mol., v° eftausse». Cf. il y a trois gentilshommes
que je tiens au rul ri au.r chausse» (Fur., Bom. b., Il, 85).
Détroit (disliict, régionj — t«rme de palais (Rich., Fur., A., et .\'); O Pom., Duil., G. Miege, Th. Corn. ; * L. n» i, H. D. T. ; o Hug. — Quand des chiens étrangers passent par quelque endroit, Qui n'est pas de leur détroit (La Font, , III, 83, V. 36-37 et note 13). Racine l'a employé au sens juridique, dans unilettre du C juin 1662, VI, 473.
Excéder (maltrailer) — En termes de palais, signifie battre, outrager. Cf. A et A*. — qu'il se gardast bien de jamais rentrer, sur peine d'ostrc em^edrf et maudit (J,J. Bouch., C.unf., 63).
entériner ei enlérinement sont des termes de palais (Rich., Fur., A. cl A'), *Pom., Duil., G. Miege;* L.qui cite La Font. et Bossuet, H. D. T. ; e Hug. — Ces jours passez, le Parlement. . . Entérina ladite Grâce (Loret, 19 fév.
1861, Y.70-82);Or, comme la Requcste est juste Je croy qu'on l'enii^-
rinera (Id., 8janv. 1661, v. 137-1*0).
évincer est recouvrer en justice tino chose que votre partie averse .ivoit acquise de bonne foi (Rich.) ; * Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., A», ; o Th. Corn. Le sens actuel n'est indiqué nulle pari ; * I,., H. D, T. ; O Hug.
Factum est un terme de palais qui désigne une sorte d'écrit en forme de plaidoyer qu'on lait pour montrer le droit d'une personne (Rich.) : * Pom. : un manifeste; e Duil., G. Miege;* Fur., A., et A»; --> Th. Corn. On connaît les Factams de Furetii're ainsi appelés dans l'édition de 1694 ; * L. qui cite unemploi de S'-Simon au sens de manifeste, II. D. T. : '^ Hug.
Hoir n'a plusguâre d'usage qu'en termes de pratique (A.) ; * tous les lexiques. saufTh. Corn.;*L., II.D. T, ; O Hug. —Molière emploie le mot (III, 232 et sniv,, Ëc. dea F., a. IV, se. 2) dans un passage qui est tout entier en style de notaire. Cf. Lex. de Mol. par Livet.
lien est de même pour hoirie; O Rich, et Th. Corn, seulement; *I.. qui cite La tlruycrc; II. D, T. : vieilli; Q Hug. — Mon oncle, pour ce soir il me faut, je vous prie. Cent louis neufs comptant, en avance d'hoirie (Regnard. Léff. unir., a. III, se. 2).
Impétrer est d'ordinaire du palais (Rich.); * tous les lexiques, sauf Th. Corn. : L. cite Bossuet el Bourdaloue. — Pour tâcher d'impétrer des Cieux... La guérizon de nôtre Reine (Loret, 20 déc. 1664, v. 166-168) ; afin qu'en tout cas. s'il vient quelque chapelle, il la puisse impétrer (Racine, VI, 4~S1 <.