‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 2)Chapitre 142 sur 202 · EXCLUSION* DES MOTS DU PALAIS · texte numérisé non relu

EXCLUSION* DES MOTS DU PALAIS

iacidenter est d'usage, aelon.A. deB. (i)e^.,260). Mais P'ur. et A. lie le donnent que comme terme de palais et Hcnaud ne peut l'approuver [Man. de parler, 97.— o Pom., Duil., G. Miege, Rich., Th. Corn. ; * A» t|ui l'admel mcmo en dehors du palais; L. cite Retz. — nous incidenter snr la transsubstanlialion, est une cliiLane peu digne d'eux (Boflsuet, Hi»t. de» Var., 11, 490); a' incidentons pas avec un homme qui oe cherche qu'à tout embi-ouiller (Id., AvTt. aux Prol., VI, S 48, 533).

inej:érulion — terme de palais (Fur.), Itellegarde constate que ce mot n'est guère employé par les auteurs de son temps [F.leg., 290). — * Pom. ; © Duil.; *G. Miege; © Rich., A,, TU. Corn.; * A'.

iniiigalion — Vaugelas s'en était servi, contrairement i l'avis de l'Académie, Maucroix l'ovail employé aussi, et Alemand estime qu'on peut s'en servir hors du palais {Noim, Rem., 212-3). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — l'ame sent à de certaines instigations confuses qu'il (le S'-Esprit) veut d'elle quelque chose qu'elle ne peut comprendre {Bossuet, Estais d'Oraia., ISS) ; les autres chefs du parti. . . portoient dans son cccur une sccrette et puissante (na(i^afion à consommer l'entreprise (Id., Averl. aux Prot., V. g 34, 380).

interloquer— *Pom.; 0 Duil., G. Miege;* Rich., Fur., A., Th. Corn., A*;* L, qui cite Sévigné. — On plaide, et je me trouve enfin interloquée'. — Interloquée'. Ah ciel ! quel afTron t est-ce là ! Et vous avei souffert qu'on tous interloquât ! Une femme d'honneurse voir infeWofu^e ! — Pourquoi donc de ce tei'me être si fort piquée? c'est un mot du barreau. — C'est ce qu'il tous plaira; Mais juge, de ses jours, ne m'interloquera: Le mot est immodeste, et le lerme me chaque; Et je ne veuxjamais souffrir qu'on m'i'iffWo7tie(Regnard, Lég. unir., a. III, se. 8, cf. ld.,Criliq. duUg., se. 5).

intimer — terme de palais (Rich.); *tous les lexiques, saut Th. Corn. ; L. cite en dehors des emplois juridiques, un exemple de Bourdaloue : Voilà. . . ce que j'ai à vous intimer de la part de Dieu.

intitulé n'a guère d'usage qu'en style de pratique (A. et A^ qui sont seuls ii donner le mot). — L'intitulé sera tel que l'on doit le faire. Et l'on le l'éduira dans le style ordinaire (Regnard, Légat, univ., a. IV, se. 6., cité par L.).

L.ifcial — on appelle (aiiiaic, en terme de Palais, les offres qui se font simplement debouche(A.deB.,S(/i7e, lS6).Le mot est aussi terme degrammaire(Id.,7A.i. Il avait été repoussé par S'-Héal {De la Crit.. 104). — ♦ Fur., Th. Corn., A».

légat (legs) — Ménage le donne comme mot provincial, qu'il oppose au lès Pari' sien (0., I, 312). Le mot ne se dit en ce sens que dans les pays gouvernés par le Droit écrit (Fur.), — * Pom., Duil., G. Miege. — Ils payent les legnts de pieté suivant sa volonté (Garasse, Doctr. cur., 930).

Mercuriale — signalé comme terme de palais par Richelet ; * Pom., G. Miogc, Fur., A., A '. Au sens ûguré on le trouve partout. — Voil& le but où tend votre niercuria/e(Montfleury, Fille Cap., a. 1, se. ?)'.

1. On pourrait ajouter morguer, regarder fiicment un priaonnier, afin de U' reconnaître. La morgue était un second (guichet où l'on retenait le prisonnier pour que le guichetier, le ■■ mor^ueur •■, fixât ses traits (v. Furet.).

M4 HISTOIRE DE LA LANGUE PRAHÇ&ISE

Office. — La mesme chose se nomme office en style de fonoule dang les ProTÎsioDS et les Edits du Roy, et charge, dans la conversation (de Callières, Bon elmauv.ui., 65, v. Scbenk, p. 132). — * tous lesleiiques, sauf Th. Corn. — Duquel E m ploy deTrézorier, Nôtre Roy, pour salarier L'ardeur qu'il eut pour son Service, Luy fit don, en titre d'ofice {Loret, 22 déc, le.l?, v. 173-176) ; on ne donneroit plus. . . rTofficea de la couronne (La Roch-, 11, 145) ; Avoir, s'il se peut, un office lucratif (U Bruyère, 11, 88). Voir le Lex. de Mol. par Livet.

Plaid est dans tous les lexiques, avec le sens d'audience ou de <• jours et lemps où Ion plaide ». — Il s'en alla à la prochaine ville, où se tenoienl le* plaids (Chap., Guim. d'Alf., 111, 326 ; cf. d'Ouv., Conte», II, 80, Richer, Or. boaff., 21). Racine l'a mis dans les Plaideiirt (11, 146, v. 32) et Regnard dans les Vendange» (se. 3) : Va dire en diligence Au procureur fiscal qu'il tienne, en mon absence. Le» plaid» pour moi.

précaire — Après avoir dit que précaire et précairement sont fort en usa^ (Refl., 444), A, deB., se défendent contre un auteur qui refuse de reconnaître le mol de précaire, dit : c'est pourtant un terme de .Jurisprudence (Suite, 266), ce qui est restreindre l'emploi du mot. — Q Pom., Duil., G. Miege ; * B. F. ; & Rich.;*Fur., A. ; e Th. Corn.; * A ' ; L. cite Bossuet.

précairement — *B. F. seulement. — lesEvesquesnel'éxercoient (la puissance épiscopale) que pr^caif'entenf (Bossuet, Hi»l. des Var., 1, 419)'.

Réeipi»»é — terme du palais (Fur.), purement latin (A. et A*); O Pom.; *Duil. ; e G. Miege; * B. F., Rich.; g Th. Corn. — Traiter ainsi ma Fille! où Diable a-t-il pensé. De l'attendre au moyen de son recepitié 1 (Tb. Corn., D. Berlr. de Cig., a. 1, se. 6).

reproehable se dit plus ordinairement des témoins suspects qui peuvent être récusés (A. etA»l; * Pom,, Duil., G. Miege; e Rich.; ♦ Fur,; e Th. Corn.: * L. cite Pascal: ce qui aurait été reproehable et injuste, — Il avait éliemployé dans un sens diiTérent; tes premières amours qui ne te seront jamais reprocItRbte» comme les secondes {Flear» de l'Etoq. fr.,lS r°).

renonciation est un terme de jurisconsulte qui ne s'emploie qu'au Palais et qu'il ne faut pas confondre avec renoncement (Bouhoura, Rem., 336]. — Certains lexiques confondent les deux sens: Pom., Duil., G. Miege; d'autres font ta distinction : Rich., A., A >.

Séquestrer eal un terme de palais (Rich.). — il est fort bon en terme de pratique (Mai^. Buffet, 47). — * Pom., Duil., G. Miege, Fur., qui cite le sens figuré, A. ; o Th. Corn. ; * A*. — la raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens »éqaestré» (La Font., II, 259, v. 4-5); Ce quartier est fort beau, quoiqu'un peu séquestré {MontÛcury, Coméd. Poêle, a. 11, se. 5).

Total est signalé par Richelet comme se disant souvent au Palais, au lieu de entier. Totalement et lotalilé sont paiement bannis du beau style. Cette condamnation ne se trouve dans aucun autre lexique.

transaction est un terme de notaire [Rich., Th. Corn.) ; * tous les lexiques. — Cette tran»action fut encore prolongée (Racine, V, 128).

i huissiers [Stint-

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Vfrintliifr est un t(>rme de Palais qui, au ligure, est bas et ne s'écrit pas, pour sig[iiGcr être long dans ses récits (Blcli.) ; * Fui', et A^ seulement; * L. qui cite Sévigné; © II. D. T. ; * Ilug. — Quelle chicane de verbaliser sur le litre qu'on donne à une hérésie {Boasuet, Hi»/. </es Tar., Il, 1S7-8).

rwer veut dire tourmenter, persécuter une personne, lui faire de la peine ; il ne se dit guère que dans les matières de Palais et autres pareilles (Kich.); * Pom., Duil. ; ■'. G. Miege ; * B. K.,Fur., A.; o Tli. Corn.; *A«.

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