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3. On fil miMiic des oUros en AnK'plerri'. Collina ù J. Grigory. S mai IS7I : • Quelques uns Je l'Acadâmie IliM'alc l'oi'ivircnl à M. Oldcnbui-^, le prîanl de eoniinuniqucr au Conseil de la Société Royale que le rvi de France était disposé à allouer des pensions i un ou deux savants aniclaîs, mais il* ne donnèrcnl Jamais aucune répoiiM' à une telle proposition - icilé dans les (lEurriri comptéln de iluyghens. VIL, S8. note).
i. Chercher dans les provinces les (rcns qui sont disposés à • n'appliquer ù U recherche de Loul i-g qui |iiiurriiil composer l'Iiisloire d'une province, ou i quelque nuira acienee ', les exciter A entreprendre ce travail, i redoubler leur application, S. M. leur donnera des i^ratineations Cire, de Colbei-t aux Intendants. 19 juin 1693, Ut. de Colbert. V, iS8 .
constante, active, qui offre des faveurs plutôt qu'elle n'en accorde ', 1^ roi la visite en grande pompe et lui apporte ses encouragements Hvec ses Félicitations. La découverte des satellites de Jupiter est commémorée, à l'instar des plus grands événements, par la frappe d'une médaille (1684), En somme, tant que Colbert vécut, les sciences aussi bien que les arts furent considérés comme un des principaux ornements, et en même temps comme un des éléments de prospérité du royaume.
Il était difficile que des recherches ainsi encouragées par le roi, ne fussent pas, en apparence au moins, célébrées et admirées, sinon réellement goûtées par les Courtisans. Et cependant ni les hommes de science, ni la langue de la science ne purent vaincre les préjugés amassés contre eux.
Popularité de certaines sciencks. L'astronomie. — Assurément, il ne faut pas généraliser. L'astronomie au moins fut à la mode, et des deux inrmisqui s'ouvrirent alors au génie humain, on comprend que celui des cieux ait attiré tous les regards. Seule l'Eglise, qui avait fait taire Galilée, pouvait voir avec inquiétude la terre et l'homme cesser d'être le centre de l'Univers-. Mais une sorte de ic eoncordisme » tacite finit pourtant par incliner la tradition et les textes sacrés devant la réalité des faits. Le grand Observatoire, qui allait sonder l'immensité des nuits, fut construit, et il domina tout Paris, Il y en eut d'autres, plus modestes, à l'hôtel Soubise, k l'hô-
I. • La première chose que M. Colbert fil entendre A ceux qui Turent choisi» cl dans la France et dans les pays eslranpcrs pour compoKci- cette Académie, fuL qu'il lit- liciidroit qu'à eui que leur GompaRnie ne se rendist la plus savante et la plus célèbre qu'il y ciisl au monde, parce que le Roi Uur fournirait de son costé tous Icx secours qu'ils poiirroient désirer •. — Ils ont des livres dans la bibliothèque du Rui. on \-H leur bAtir des laboratoires. Note de Cl. Perrault, août 1S67. Lel. Insl. cl Mém. de Colbert, V, 5l3|.
î, BoBsuet cnseifine eni;oi-eau Dauphin, suivant la pure doctrine Lraditionnclli!,que le soleil toui'nc autour de la teri-c: -i Con^idcL-ox le soleil avec quelle impétuosité il parcourt cette immense carrière qui lui a été ouverte par la Providence '. • {cité dans Lef Granifi EcriBUina reitntiftqaei, p. &, note 1). Il convient cependant d'ajouter que son élève reçoit un anseignemenl des sciences trèssolide, où l'on Tait intervenir des expérience» : • Nous avons mèlè beaucoup de physique, en expliquant le corps humain ; cl pour les autres choses qui reicardcnt cette étude [de la métaphysique], nous les avuns traitées, selon notre projet, plus historiqueniont que dogmatiquement. Nous n'avons pas oublié ce qu'en a dit AriatoLe : et pour l'expérience des choses naturelles, nous avons fait faire devant le Prince les plus nécessaire» et le» plus belles. . . I.es Mathématiques. . . lui ont été montrées par un excellcnl maître... Il lui a en»cipié les mécaniques, le poids des liquide» cl des solides, les dilTércnts systCmes du Monde, et les premiers livres d'Euclide - (Itossuel. De Ciaitraclion de Mgr le Uaiilihin, dans ses CEavrei. éd. 1801. t. XI. p. .100). Cf. des notions d'analomie contenues clans le Traité de la conn. de Oiea et de toi-même, eh. H {Ibid., Xt, 3Sfl suiv.V Le Koûl du duc de Bourjrogne pour les sciences était Irè» vif, et ou lui 111 faire du bonnes études positives. Voir S'-Sim., éd. Boisl-, XIX, MB, note.
Ut8 HISTOIRE DE LA LANGL'E FRANÇAISE
tel de Cluny, au Collègue royal, k l'abbaye de S''-Geneviève. k l'École militaire, au collège Mazarin, chez le marquis de Courtanvaux à Colombes, chez M. de Malézieu à Châtenay.
Visiblement le goût de l'observation positive était né, les calculs chassaient les visions. Si l'astrologie n'était pas morte, elle était frappée l\ mort. Les dames elles-mêmes s'intéressaient à la science nouvelle, à la forme et au mouvement des astres. Chrysale n'y comprenait rien :
Vous devriez brûler lout ce meuble inutile. Et laisser la science aux docteurs de la ville ; M'ûter, pour faire bien, du grenier de céans Cette longue lunette à faire peur aux gens. Et cent brimborions dont l'aspect importune ; Ne point aller chercher ce qu'on fait dans la lune, Kt vous mêler un peu de ce qu'on fait cher. vous.... ...l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir ; On y sait comme vont lune, étoile polaire, Vénus, Saturne et Mars, dontje n'ai poinl alTaire ; Et, dans ce vain savoir, qu'on va chercher si loin. On ne sait comme va mon pot, dont j'ai besoin '.
Mais les événements étaient plus forts que les railleurs. Une éclipse ^ ou une comète agissent plus sur les imaginations, même
1. IX. lOe. Fem. Sav., v. ^63-^69, 5W>-1. De la lii-adc de Chrysale, M. Livct ;dans aon édition des Fem. Sai:., p. 1G<3), a rapproché plusieurs textes, en parliitulicr le monologue d'Harlctisc qui, dans V Acadimie det Femmes de Chappurcau, voit son amour repoussé par la savante Emilie :
Dieu me ^arde d'avoir jamais dans mon don^eon
Une femme qui lit Descartes, Casaubon !,..
Une bonne quenouille, eu la main d'une femme.
Luy sied bien et la met â couvert de tout blAme. I.onglenipa apria Molière, des tirades analogues se rencontrent : Auger, dit encore M. I.ivet 'ri).], cite un amusant passajie de la Fxu^e Agnét de Destouches. où .\n|f^lique (la fausse .\gnèsl, après avoir siniulé l'ignorance, devant ses juges, fait au eon-
Anf^élique. — Ne poiirruis-je point, pendant que Je suis seule, me flxer â l'un de ces deax ■.vatémes do la physique moderne ?... J'aime Icï tourbillons, mais j'ai pcioe A résister A l'attraction. Doscartcs me ravît et Ncnlon m'entraîne.
La Comtesse. — Mademoiselle, laissez ces matiei-es abstraites...
Angélique. — Vous fcnez A propos pour me déterminer Le système des toui'-
billons vous psroit-il préférable à celui de l'attraction ?
La Comtesse. — Oh • Je suis furieusement pour l'attraction. J'aime tout ce qui Attire.
Angélique. — Je m'en étuis doutée. El Madame la Présidente?
La Présidente. — Pour moi, je me jette d corps perdu dans les tourbillons (III, Xll).
3. tl y eut éclipse de soleil le 11 juin 1676, éclipse de lune le 11 juin 1675, etc. Des L-oméles avaient paru en 1662, 1664, 1665.
n L'appréhension de réelipse a si universellement égaré les esprits, qu'il yens peu qui en Boicnt exempts. Il y en a qui sont morts de peur et les autres sont aux pieds des confessionnaux 11 ((Euv. de Ilouhicr, B. N.. Ms. îî 23S, p. lGS-9, dans Jacquet, o.e., P- ")■
de nos jours, que les vers d'une comédie, fût-elle de Molière. Mettons que l'occultation de Jupiter parla lune {1679, 1686), la découverte des taches du soleil (1688), ne fussent pas des accidents capables d'intéresser le public, les comètes se chargeaient d'éveiller, elles, assez d'inquiétudes ou d'espoirs pour faire braquer des tuuettes sur les (greniers. Trissotin arrive effaré et grotesque :
Nous l'avoDscii dormant. Madame, échappé belle: Va monde près de nous a passé tout du long, Est chu tout au travers de notre tourbillon ; Et s'il eût en chemin rencontré notre terre. Elle eût élé brisée en morceaux comme verre '.
Mais p armi ceux qui riaient de sa peur, il y en avait peut-être qui l'avaient éprouvée. Quand, en 1680, passa la comète dont parle M"' de Sévigné -, ou, en 1682, celle de Halley, la crainte fut peutêtre moins vive, — encore n'est-ce pas sûr, car c'est à ce propos (|ue Bayle écrivit les fameuses lettres sur la Comète, où « il est prouvé . . . que les présages des Comètes ne sont appuyés d'aucune bonne raison » (16S1-2), — la curiosité en tout cas fut grande, et on continua, malgré Molière, ^ improviser des observatoires, ou it interroger des observateurs.
Le livre de Fontenelle sur La pluralité des mondes, qui parut en 1686, mit à la portée de tous les résultats principaux de la science, qui envahit de nouveau les salons, au grand dépit de quelques-uns. Saint-Kvremond en a composé un dialogue burlesque, où Morin se plaint ù lui d'être dérangé dans son jeu '. Boileau était-il du côté de ces protestataires ? En tout cas, il n'aimait pas beaucoup voir les dames s'abîmer dans cette contemplation des cieux :
Que, l'astrolabe en main, un autre aille chercher
Si le soleil est fixe ou tourne sur son axe {Ep.,\, v. 27-28.).