‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 2)Chapitre 145 sur 202 · I. Mol,. IX, 185, Fera. .Ssi-.. v, 13M · texte numérisé non relu

I. Mol,. IX, 185, Fera. .Ssi-.. v, 13M

3. Nous avoDH ici uni" pomj-le i)ui est bien l'itridiic u qu'il esl possible de voir. Toun les fcrands pcrsonna|;ea 133,'ljiinvierlt(HI).

S. On n'osci-oit parlcrde Bassette un momenl.

Tout osl /.une. Soleil, Cercle, Orbe, t'irmamtnl. Morin, — Zo n'entens plus qua des si Que veut-on avec ce» Planeltes (Jui vont ruiner la Banque ?

Suit une charge à Tond contre tous ces vilains mo

D'entendre certains mots de co

Que l'on donne aux Sorciers dans leur ci

Euentrix. l'arxlac, d'autres roots elTroyables. . .

(S- Evi-em., 1"S3, V,

410 HI8T01BE DE LA LANGUE FBANiJJkISE

Et M""' (le la Sablière, qui hébergeait des savants en même temps que La Fontaine, l'ayant repris, la Satire des femmes i ItlO^l i donna un réchauffé des vers de Molière ;

CJui s'olfrira d'abord? Bon, c'est celle savante

Qu'estime Roberval, et que Sauveur fréquente.

Un asLi'olabc en main, elle a, dans sa gouttière,

A suivre Jupiter passé la unit entière (\, v. 4'2Ô et suiv.) '.

Autres sciemiks . — On voudrait pouvoir suivre avec cette précision relative, non pas l'histoire des autres sciences, mais l'histoire (le leur diffusion, et se rendre compte de l'attitude des gens du monde. Cest un chapitre qui |)ourra et devra se faire de l'histoire des mœurs, laquelle domine et détermine, ici comme ailleurs, l'histoire de la langue. Les documents que j'ai sont, je m'en rends compte, ti'ès insutlisants. Beaucoup viennent de Fnntenelle, et il est sus))ect d'avoir, pour faire ressortir le méiite scientilique du xviii* siècle, voulu un peu rabaisser par antithèse l'esprit du siècle précédent.

Il est certain que l'anatomie eut ses tidéles. Kii IG80, Sauveur, devenu Maître de mathématiques des Pages de M'"'' la Dauphine, faisait un c. cours d'Anatomie pour les (lourtisuns. On dit, ajoute encore Foiitenelle, que toute la Cour alloit l'entendre, mais je crain? qu'on ne fasse trop d'honuL-ur à toute la Cour » |A'/. tien -le, OEuvr., III, S2!ti. Une autre série de conférences régulières fut donnée parduVerney, « l'Anatomiste des Courtisans » ". Montausier, Bossuet. lluet, Gordemoi, le duc de Chevreuse, Dodart, le P. de la Chaise y assistaient. « A mesure qu'il parvenoit à être plus à la mode, dit Fonlenelle. il y mettoît l'Analomie, qui renfermée jusque-là dans les Fcoles de Médecine, ou k S' Côme, osa se produire dans le beau monde, présentée de sa main. Je me souviens d'avoir vu des gens de ce monde-là, qui jiortoient sur eux des pièces sèches préparées par lui, pour avoir le plaisir de les montrer dans les Compagnies '' ».

Lémery, reçu <( maître Apotiquaire ", ouvrit des eoui-s publics rue

I . Eut -ce paTi'c (|ue La t'imlainc avait vi^cii dans l'intimïtij iIl' Madame de ta 5ab1iirt' ifii'il eut favorable A ce diïvcKi))))^)^!)! des science» ? Même en racontant l'anccdolc lie l'aDimal dans la tune, il n'v met aucune malicit, tout au enulraife. Aillcure. dans r.r Renaît} .tni/fiiii. il icnt des An^'lai* :

Ils étendent jMrtuul l'emiiire des scieuccs (III, 3îo, v, 16 .

•i. Suite det Élogexlea .\eadrmipienit morts iteiiui» ITÏ2. Pari* 1733, |>. 380.

:i. Ih., 3-S-.1T-;. ■

LES SAVANT» ET LE MO^DE 4lt

Galande. « Son Laboratoire, toujours d'après Fontenelle, étoit moins une Chambre qu'une Cave, et presque un Antre Majçique, éclairé de la seule lueur des fourneaux ; cependant l'aflluence du monde v étoit si grande, qu'à peine avoit-il de la place pour ses opérations. Ltts noms les plus fameux entrent dans la liste de ses Auditeurs, les Uo haut, les Bernier, les Auzout, les Régis, les Tournefort. Les Dames mêmes, entraînées par la mode, avaient l'audace de venir se montrer à des Assemblées si st,'avantes « (Et. de J.émeri/, Ib., III, 273). Régis fit à son tour chez Lémery un cours si fréquenté, que la maison, qui était une maison particulière, ne suflît pas à contenir les auditeurs (1B80). Toutefois il dut le fermer, sur l'invitation de l'archevêque.

Il semble, d'après tout cela, que le monde de la Cour s'ouvre et s'intéresse à ces connaissances nouvelles '. Il se trouve même des auteurs qui y veulent initier l'autre sexe. Deux ans après les Fe.mmes Savantes, un livre qui traite de l'éducation des Dames se mvntre très libéral -. Marguerite Buffet — elle était professeur — nomme avec orgueil quelques dames savantes : M"" de Bonnevaut (2lji;, M"* de Gredeville, qui sait les mathématiques, l'astrologie, la philosophie, la géographie [266J, M"'"' des Jardins (27i), Guillaume 27ti). Descartes f278l. Dupre (280), Despinasse '281). de Morlemard (283).

t. J'ai rail alKiaioti .p, 9H au l'Aiars lU- iiliilusophic de l'Ksdachc dont je reiiaHcrai ailleurs. II y en rut bcmicoiip d'auti'os. Rîchcsourcu U-imit boutique (l'ilu(|iii;ncp. Le ms. de Coararl. WllI. r' p. 31 dounc rsniioncc ili.'<i cour» du « Palais preticux >■ Vnici. d'aprùs le Livre des tdrettta de l'nris. ISUt, p. I:!. les principiiivK ciijiréiifiti.'i» :

Chez Ména^.

Oiei M. de Villovaut, rue IlautereOilio. tous te» api-és diiiécs. sur Wf. miJuIn i|ui mprisenlcnt.

nhei M. d'ilcrbclol .urienliilii'tc,. i-ue du Condé. tuus les soirs.

Les mardis. chesM. Il- MarquU d'.\ii|;eaii.

Ia:» jeudis de rolevêe, chex \l. l'Abbii do lu lloque iiiédciiius l't savaiils..

Les samedis de relevée, chez M. le Chcv. Cbasseliras du Iti-cau. sur l'IIistnircel li'>

Chez M. de Fonlciia.v. les SamedÎH. rue CrisLïne Mutlienialiques . Je reviendrai, dans le chapitre où je traiterai du développi-ineiil de rensci^-iieiiieiil en Trançais, sur ees réunioiif.

2, Voir Z)e ri'^Jucalion (fe* /Juiiiei! par pDiillain de la liurre. Paria, Du Puis. tUTi. in't2. A la pa)[e 30S eL suiv, sont énuméi'ces les cliosen qu'une Temme devrait aviûr lues: » La Lopque de Porl-Royat. La Méthode, eL les Méditations de Deticartes. I.i's l>iiicoura de M. de Cordemoy sur la distinction et sur l'union de l'Ame et du (inriis. \ji quatrième partie de la Phyaique de monsieur Kohaut, qui traittc du eoi'i» animé. Le Traitt^ de l'homme de Ucscarlesuvec les Démarques de laForite. LcTrailtr de l'I^sprit de l'Homme du nii^mc de ta t'orfce. Le Traitté des Passions de I>eBcarlcs. auquel il est bon de joindre ecluy de M. delà Chambre. . . les trois premières parties de la PhvHJque de monsieur Itolinut u ; dans un autre oixlre d'études: ii le Nouveau TesiBinenl,' la Rhétorique d'Aristote. celle de Cicei-on, »u ion Orateur, ou celle de Quin-

Lilien, l'abrefcé de l'hiUisupliie de monsieur de (iassc-ndi. ou de rKsclachc, cl d'une

façon )(cnerale les ouvrafces de Desearles n.

41 â HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Préjugés contre la sciencb. — Malgré cela les préjugés ne sont pas détruits. On confond, ou on feint de confondre le pédanUsme avec la science, le pédant avec le savant. Boileau a opposé dans une autithèsecélèbrel'hommedecollêgeetrhoinmede ruelles'. D'autres nous ont expliqué à satiété l'impossibilité de concilier la vie d'homme de cabinet et celle d'homme de cour, lis ont étudié pourquoi le premier ne se plaît pas dans les cercles que hante le second, et pourquoi il n'y plaît point -. Les plus bienveillants pensent que sï les savants ne savent pas briller dans la conversation, c'est qu'ils sont trop accoutumés aux belles choses, ils ont acquis une si grande délicatesse, que tout ce que l'on dit leur parait bas, en comparaison des idées qu'ils se sont formées ^. Ce sont deux mondes qui doivent rester fermés l'un ii l'autre. Si un homme de qualité a ce vice d'être savant, il s'en cache, il est >< ignorant par bienséance »''.

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