‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 2)Chapitre 148 sur 202 · CHAPITRE XV U UirODE PÉDANTE ET LA LAMGDE COOUTISAHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV U UirODE PÉDANTE ET LA LAMGDE COOUTISAHE

Inexpérience des savants DA^s le mamemekt se ut. langue. — Après ce qui vient d'être dit de l'état d'esprit des courtisans, oa peut déjà deviner que la langue des sciences est considérée par eux comme une langue sinon opposée, du moins étrangère & U langue littéraire. En tout temps, les mots techniques ont paru rébarbatifs au public mondain. Avec ces dispositions, il devait les trouver barbares.

Il faut bien dire que les sciences restaient souvent Sdèles à l'ha^ bitude de parler latin. A l'Académie, les procès- verbaux se firent d'abord en cette langue. C'est parce qu'il la possédait et la maniait que l'oratorien Duhamel avait été nommé secrétaire.

A d'autres occasions, les sciences parlèrent français, c'est vrai^ et même bon français, témoin l'espèce d'encyclopédie qui porte le nont de Physique de Roh&alt. La chimie abandonna aussi son langage cryptographique, elle cessa d'être une Kabbale, à l'usage des seal& initiés, et le cours de Lémery, qui rompait si heureusement avec la tradition, se vendit, au dire des contemporains, t< comme un ouvrage de galanterie ou de satire ». Mais beaucoup des principaux savants étaient étrangers : Huyghens, Cassini, Roemer, Homber^, qui jusqu'au bout fut forcé de chercher ses mots. D'&utres, natifs de France, n'étaient guère plus éloquents. Sauveur, qui avait été muet, demeura toujours si peu orateur, qu'il renonça à se présenter à la chaire de Ramus, pour ne pas faire de harangue. Quand il l'accepta, en 1686, ce fut à la condition qu'il lirait, et jusqu'au bout on voit les courtisans se moquer de sa difficulté de parole'. Les savants bien disants n'étaient qu'une minorité, et c'était à peine de& savants : Amable de Bourzeis, Cureau de la Chambre. Il faut faire exception pour Cl. Perrault, et surtout pour Fontenelle. Quand il succéda à Duhamel, lors de la réorganisation de 1699, on put dire que l'éloquence et la pureté du langage entrèrent avec lui à l'Académie, Vers le même temps, l'abbé Gallois « épurait le style des Mémoires' ». Une ère nouvelle s'ouvrait. C'est le xvtii* siècle qui commence.

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