‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 2)Chapitre 178 sur 202 · CIIAPITIIE IV DÉFINITIONS DE SENS ET DISTINCTIONS DE STNONTKES · texte numérisé non relu

CIIAPITIIE IV DÉFINITIONS DE SENS ET DISTINCTIONS DE STNONTKES

Captif, prhtinniei- — Itouhours n~acce|ilait i)oinl ta/iiif, mais ilacceiilait ra/jfîcilè : u il 0 esté priionnier plusieurs années el sa caplioilé ne luy a point abbatu l'esprit » (Bouhours, Hem., 220). Toutefois cette phrase ne saurait se dire d'un homme qui a été en prison pour crime ou pour dettes ; on devrait dii-e : et sa pritoa ne lui a point abatlu l'esprit. Quant au mot captif, il s'emploie très bien : il est captif entre les mains des Turcs (Ménag-e, 0., Il, 3~0j. On trouve ce sens de prisonnier des Turcs chez Rich. et chez Fur. Le sons de prisonnier de guerre est partout. - — Selon Alemand, toutes ces dîslinclions sont vaines, captif et priMonnier, captivité et prison sont synonymes [tiaerre cii:, 292 et suiv.). — Et je suis son captif, je ne suis pas son roi vRacine, I, 40S, Théb., v. 110| ; Pour nëchir sa captive, ou pour l'épouvanler (Id., Il, 46, Anclr.,\. 112).

chart/eani, pesant — Le premier ne peut se dire qu'au figuré : celle dignité estoit très chargeante {h . de B., flf/l., 117, qui cite Kléchier). Saint-Réal avnit condamné le mot {De la Critique, 101). — * Pom.,Fur., A, On remarquera que ce vieux sens disparaît dans A'. — - Je ne vous en chargeai qu'afin de me défaire D'un entretien chargeant et qui m'alloit déplaire (Corneille, 11, i»,Galerif, v. 589-90).

choir, élection ; choiiir, élire — Selon Bouhours, choix est actif, il se dit de celui qui choisit ; élection est passif et ne dit de celui qui est choisi. Il y a encore une autre diiTérence, élection a rapport à un corps qui choisit, choix trouve place quand il s'agit d'une personne (Bouhours, ftem. , ITO-lTl). Pour les verbes, L. de Templei-y accepte élire, quand il s'agit d'une nomination à une chaire ; dans les autres cas, il le juge archaïque, il faut employer choisir [lien, et Pof.,240). Cette distinction de sens actif et de sens passif se retrouve nettement indiqué dans Rich. — Les poltrons, comme les vaiUans, portoient cinq ou six censgalans... Et, le tout, pour plaire aux Coquettes Sans choix et sans élection (Loret, U oct. 1656, v. 185-189) ; Je mets à vôtre élection de reprendre la vie que je tiens de vous [Cleobuline, 34~]. Voir dans llug. des exemples d'élection et d'élire. — Il était du bel usage de se servir d'élite au lieu de choix (L. de Templery, Gen. et Pol., 242) : Pour ses amours il n'eust point fait etUte D'une autre fleur (Malleville, Poe»., 284).

confiance, prendre — , mettre sa — On dit prendre confiance en quelqu'un, parce que cela signifie : se fier à quelqu'un en prenant conseil de lui ; mais on dit mettre ta confiance en une chose ; c'est s'appuyer sur quelque chose (Bouhours, Hem., 231-232).

S2H lllSTOIRt: DE LA LANeilB FRAKÇAISK

crainte, frayeur — Le mot de crainte esl lout enlier dans l'esprit «l dans la raison, le mot de frnyeur dans l'imaginalion . On dil la erainle de l>icu, l't les frayeur* de la mort (ChoUy, Oputc. lit dit>. Acad., ;il5-3l7j.

Dante Je cour — signifie femme d'intrigiiea, il faut dir« femme de la Cuur {Bouhoui's, Suite, Bi.

lUiàQniiaire, débonnairelé — « En lurlant delà vertu chrétienne... qui va & GOulTrir, ii pardonner les plus {,'rands outrages, on pourrait dire : les \rait' Chrétiens sont débonnaire* ; la débonnairelé est une vertu toute celesli.- >., En dehors de ces emplois, débonnaire signifie plutôt sot, et debonnairefi' Indique un manque de vigueur (Bouhours.^utte, 39et suiv.).— Sionnelrouve aucune restriction chez Pom., Duil., G. Miege, en revanche Rich. n'accepte les deux mots que dans te burlesque. Fur. déclare que débonnaire n'est |>lus gueres en usage en bonne pHrt, mais il donne sans observation te substantif : la débonnairelé sied bien à un Prince. A. ne fait aucune observation; K* ne veut de débonnaire dans te style sérieux qu'en parlant des Princes, hors de là il ne se dit qu'en raillant ; quant à délmanairelé. il vst de peu d'usage. — Voua, n'ayant point de fiel, et moi n'en ayant gueres Les Princes nos enfans seront fort débonnaires (Th. Corn., Geol. de toi-meine, a. IV, se. 4) ; Cette charitable Princesse, Qui fut par débonnairelé L'Aulricc de leur liberté (Lorel, 22 déc. I8"i7, v. 44-46) ; Foy, léle, candeur, fermeté. l>ouceur et débonnitireté (Id., 17 janv. 1660, v. 191-102).

déchirement — Bouhours u'accepte pas ce mot {Entr., l;i9). Andry le trouve' fort bon au figuré ; ua déchirement de cccur {Refl., 156). Barbier d'Aucour le tolère en matière de physique et de morale {Sent, de 6'/e«n/.,8t). — * Pom., Duil., G. Miege, qui donnent le mot sans observation ; A. et A* disent : le déchirement des habits ; Rich. signale qu'il est blâmé, mais il l'a trouvt'dans de bons auteurs ; e Fur. — Ce qui s'est passé ce matin... me fait un déekiivinent dont votre philosophie sait les raisons (Sévigné, III, 231).

décrédifer, décrier ~— Le jjremier va au crédit; on décredite un homme d'alTaires, un ambassadeur ; le second va à l'honneur ; on décrie une femme (Bouhours, Suite, 263}. Les auleui's ne semblent pas faire la différence. — rien ne decredile plus la Médecine que son incertitude (Bezaaçon, lea Med. h la Censure, 161) ; Le mariage se décrie de jour en jour (Regnard, Coquette, a. 1. se. 2, T'A. liai., III, 100); Ce qui décrie davantage les Dévotes, c'osl qu'avec les dehors et tes apparences delà pieté, elles veulent faire tout ce que font les femmes du monde (Bellegnrde, Hefl. sur le Ridicule, 10.1).

déyoàlant, fastidieux — Le premier se dit d'un homme qui donne du dégoût, mais cela va plus au corps qu'à l'esprit : on dit qu'un homme est dégoûtant, quand il esl malpropre, qu'il sent mauvais, etc. ; fattiditux se dit d'un homme dcsagi'éable, qui veut faire le plaisant mal à pi'opos. Au figuré cependant, on confond presque les deux mots : il y a des gens dégoûtanix avec du mérite, et d'autres qui plaisent avec des défauts (Bouhours, Siit'/c, 24-25). .\ /'^nfif/ieux, qui est plus en usage, Andry préférerait rnnuj/eux(i{«/I., 226). D'autres aussi blâment /^istirfieoi (Renaud, Afan. de parler, 513). Il y a beaucoup de gens à la Cour, qui usant de la liberté de la conversation, emploient fastidieux pour dire ennuyeux, mais qui n'oseroient l'écrire (Choisy, Oputc. de dit. Acad., 2Ô3). — Il y a des gens qui ressemblent aux

DÉFINITIONS DB SENS ET ltlsnNCTII>NS I>1-: SVNOSVUES îlàS

vniidi-villcs, que lout le inonde cliente un certain temps, quelques tadca et <i"ijoûtai\l» qu'ils soient (La Roch., I, Ht' et noie 2) ; mais qui ne soit pourtant Mal fait de corps, ni par trop tUijoûianl (La Font., V, 40, v. (34- ISr») ; Voilà une malade qui o'efilpas tant dégoûleinte (Mol., VI, 81, Mfd, III. L, ». Il, se. 4) ; phrases outrées. dégoiilanUii, qui sentent la pension ou l'abbayo (Iji Bruyi-re, I, 130).

ilritiié ne se Oil bien que dans un sens métaphorique; on ne diroit pas un homme <li'nCi^ pour dire, dépouillé et tout nu (Bouhours, Bem., ISO). — A l'iirticle dénuer, Pom. dit : il faut dire dépoaillcr quelqu'un. Aucun lexique nu donne i/^riit^ au sens blâmé par Bouhours. — Quant au substantif rf^nuemtnt, Bouhours l'avait déclaré barbare et bon tout au plus pour les dévols, qui <i lie se mettent guère en peine de l'Académie, ni de l'usage » [Beiti., is9-|»OI, plus tard il l'accepta [Huile, 421-422).

il'n-, redire (trouver à — ) — Tous deus aoni également bons ; il n'y a qu'un cas où il faut trouver à dire et non trouver à redire, c'est quand il s'agit d'une cliose que nous ne trouvons point ou d'une personne dont nous avons de la )»'iiic il nous passer : J'ai Irouoé cent écus à ilire dans ma cassette ; c'est un liomme agréable et je le traaee fort à dire icy (Bouhours, Rem., 97 et suiv.). D'après Andry, trouver à redire signifie désapprouver et trouver A dire di^sîrer avec empressement, regretter {Itefl., 692). — Pom., Duil,, G. Miege, Ricli. font la même distinction et donnent des exemples comme : dans ce combat i' 'i'^ eut à dire que trois soldats, on trouva A dire de grandes sommes dans les coffres du roi ; Fur., A. et A' emploient trouver h dire non seulement ilnns cet emploi, mais aussi avec le sens de trouvera redire. — Les auteurs fiinl aussi la confusion : je vous trouiie h dire... dans toutes les parties où l'un m'entrainc (Mol,, V, 545, Mis., Lettre de Cél., et noie). Mais : Votre Mnjesté... ayant eu la bonté de déclarer qu'Elle ne trouvait rien à dire dans cette comédie... (Id., IV, 388, Tart.. i"PlacPti.

droiture est Ixin au figuré, mais ne vaut rien dans le propre (Boiiliotira, />., lui, et. flem., I2r. ; A. de B., ^îe/î., 185 ; Renaud, fl/an. ./cpaWer, 4*; L. de Templery, Gen. et Pot., 179;. Même au figuré, Bouhours limite l'emploi du mot : droiture ne se dit proprement que de l'Ame pour marquer la probité ; appliqué à l'esprit, le mot n'aurait encoi'e reppoi-t qu'il la probité et non ù l'intelligence [Suite, 334). — Rich. seul donne le sens de pénétration d'esprit; Fur. déclare droiture peu en usage. — Tout cela fut traité avec une justesse, une droiture, une vérité, que les plus grands critiques n'auroienl pas eu le mot f> dire (Sévigné, VII, 232).

Kl-'oer de {>') — L'expression x'ilever iForgueH, s'élever de sa puissance esl blâmée par Bouhours, qui veut qu'où dise : s'enorgueillir de (i).,9.">). Andry au contraire trouve fort bien dit : Comme nous n'avons aucun avantage que nous n'ayions reçu de Dieu, il ne faut s'élever de rien (Suite, 96).

«iilreDue, rendex-ooiis — Le premier mot ne s'emploie bien que lorsqu'il s'agit d'une première rencontre ; lorsqu'on décide une rencontre pour l'avenir et qu'on en choisit le lieu dans un entretien, on dit : un rendez-vous (Barbier d'Aucour, Sent, de Cleant., 88).

envier, porter envie — Le premier s'applique aux choses: envier le Lien d'au-

tnii ; le second aux personnes : porter envie A quelqu'un (Bouhours, Hem.,

Histoire de la langue française. IV 34

530 HISTOIRE DE LA LANGUE FHANgAISK

i5i; cf. A. <le B., Suite, T2j. — D'upivs les exemples qu'ils douneiil, Ridi. et Fur. semblent l'tre du même avis. Pom., Duil., (i. Atieg^, A. et A' emploient iiidiO'éi'emnieiit verbe et locution. A* indique bien qa'enrier a l'actîrse dit plutôt des choses que des personnes, mais en donnant l'exempte : tout le monde IVnote. — Les geas de bien sont enviés toujours (Mol., IV, r>07. Tari., v. 1S59) ; il me semble que non seulement je me plains, mais encore que j'eneie les autres (Sévîgné, VllI, 73) ; J'ay sujet en un poinel de vous parler envie (La Font., VI), ÔB9. v. 48) ; je ne lui parle plus d'enrie La Biniy^i-e, 1, 3âO);'ceux qui Tont bien mériteroient seuls d'être envtét ild., I, SU).

éclaircitiPinent — Kclaircir s'emploie au propre et au fiffui-é, mais éclaîrcitu^ meni ne s'emploie qu'au tiguré. On dira : c'est un homme à éciaircisnemenf en parlnnl d'un homme d'épée querelleux, VécUircusemenl d'une ditOcuIlt.', mnis non \'éclairciiiteiitenl des nuages, du brouillard (Bouhours, Rem.. 411 . — Pom. et (i. Miege donnaient : Yéclaircitteinent d'un métal.

écrire bien, bien écrire — Le second seul est bien dit, selon Ménage (II, 24'.i , <■! Bouhours en demeure d'accord [Saile, 409). La glaire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire ; et de quelques autres, c'est de n'êcrii-e point (l.a Bruyi>re, I, 14Î). Je pense que ni Ménage ni Bouhours n'ont prétendu i|u'il falloit en user ainsi hors de l'innnîlir et dire : Je bien i^ri».

e/fuiion, épanchement — î^ premier dit plus que le second, parce que ce mot marque épancher avec rapidité. D'ailleurs effusion de eolère est bon dans le langage de l'Écriture, mais ne peut guèi'es sei-vir en tout autre style (Choisy, Opnnc. de dit'. .IcaJ., 32i) .

endarer ne peut se dire d'une fleur: elle nun^re, elle pâlit iCbev., Ms. Niort, 14â, dans Boiss.).

■■pin^uj: s'emploie toujours dans un sens mctaphoiique. .\u propre on dit: un champ couvert d'épines (Bouhours, Rem., 31 j-316). — Rieh. exprime le même avis que Bouhours. Tous les autres lexiques acceptent épineux nu propre : arbres épinz-ax, chemin épineux. — (Chemin) rude et épineux A.» Font., 1, 4îi).

etpoir, espérance — Pour Andry, c»i)oir, fort bon eu Poésie, ue se dit guéi-e.< en Prose {Itefl., 213). Bouhours accepte le mot en prose et en poésie, hormis pour exprimer la vertu théologale qui se dît toujours VEiperance [Suite, 34S-347). — Rieh. et A. sont du même avis qu'Andry. Pour Fur. le mol se dit surtout de l'amour. — I^s exemples li'espoir en prose sont norobreui.

éveiller, réveiller — D'après Elouhours, éeeitler se dit proprement par rapport à une heure l'eglée : ne nianquez pas de m'éveiller à cinq heures ; réreiller emporte quelque chose d'irregulier et de subit : s'il vient des lettres celle nuit, ne manquez pas de me réveiller [Saile, 2H et suiv.). Thoynarddonne raison b Bouhours [Dite, 10). Pour N. Béi-ain, réoeiller et «c réceiller désignent une seconde interruption du sommeil, et il faut qu'elle se produise la même nuit que la première pour qu'on puisse employer ces composés (A'outi. Ben,., lOt)-

rxhauster ne se dit qu'au propre (Bouhours, /leHi., 213), — C'est le sens de tous les lexiques ; G. Miege relègue le mot dans le B, F.

extérieur — Quoiqu'on dise un homme intérieur pour signifier un homme dévot, recueilli, détaché des choses sensibles, on ne dit pas un homme

DÉFIMTIO.VS DE SENS ET DISTINCTIONS DE SYNONYMES TiSl

r pour signiBer un horatne sensuel cl répandu eu dehors. Tout au plus pourroit-on le dire pour signifier un homme superficiel, qui a une apparence trompeuse (Bouhours, Rtm., 175-176). Ces emplois ne sont pas dans les lexiques.

Faible, faibteMe — l.'un et l'autre sont reçus: j ay connu &a foiblesse, y ay connu son foible; mais les Courtisans se servent de la dernière [expression] (Barj*, Rhel. fr.,\aT,i, 2i3}. Bellegerde consUte l'emploi des deux taots {Eleg., 295).

fardeaa, charge — Ces deux mots sont synonymes et on ne doit pas le» employer inutilement tous deux dans la même phrase (Bellegarde, Eleg., 163).

farouche — Joint à bêle, ce mot a le sens de cruel et féroce ; joint à d'aulres termes désignant des animaux, il sij^nifie difficile à apprivoiser. Appliqué aux hommes, il marque simplement une humeur sombre et retirée, ennemie du monde et de la société (fiouhours, Hem., 438 et suîv.).

faute, betoin — Atoir faute signifie toujours manquer : celte année sera abondante, et je ne crois pas qu'on &il faute de bled ; avoir betoin ne signifie pa» toujours manquer : y 'ai betoin de mon cheval, je ne veux pas m'en défaire. Dans un discours un peu élevé, il faudroit dire manquer et non avoir faute (A. de B., Suite, 18 et suiv.). — Cf. d'autres expressions ; Quand nous faitani betoin, nous autres misérables (Mol., I, 107, El., v. 19); s'il vient faute de vous, mon fils, je ne veux plus rester au monde (Id,, IX, 316, Mal. imag, a. I, se. 7) ; On craignoitque le duc d'Orléans ne se rendit maître de la personne de Uonsieur, s'il veaoit faute du Roi (Racine, VI, 348, Liv. ann.).

fermeté est un mot qui convient en parlant du caractère, mais non du stile (Bouhours, D., 9). — Aucun lexique ne le donne dans ce dernier sens.

fierté — ■< Quand ce mot se dit d'une femme, il signifie des manières dédaigneuses, mais nobles e( engageantes, ... quand il se dit d'un homme, il signifie particulièrement, hauteur d'ame, passion pour la gloire, délicatesse d'honneur n (Bouliours, Rem., 57-58).

fléchir — Bouhours acceptait le mot au figuié : fléchir un juge, mais non eu propre : fléchir un arbre (fl., 31-32). Plus tard il a complété son observation. FUcAir peut s'employer dans une signification mesiée où le propre elle figuré se rencontrent, on peutdire^^eAir le genou, quand il s'y mesle une idée d'adoration. En dehors de ce cas il faut dire : ployer le genou, mettre un );enou en terre. Certains, lu lieu de fléchir le genou, aiment mieux dire: faire une génuflexion {Rem., iXi et suiv.). Cf. page 522.

fond, fond» — Vaugelas avait distingué entre fond, la partie la plus basse d'un contenant, et fonds, portion de terre (voir tome III, 232), distinction que Uénage n'accepte pas (O., I, 172). Alcide de Saint-Maurice suit l'opinion de Vaugelas {Rem., 48-49). On trouve souvent les deux mots confondus : cet Art, quiau/o/ii/s n'est pas considéré dans le monde au tant qu'il le mérite |fîe/7. ». la poet. d'Ar., 10). Unancienqui, voyant un certain Scribeécrire des sottises, s'avisa de luy demander s'il a voit du fond, à quoy luy répondant assez ingenuëment le Scribe, dît qu'il avoit plusieurs héritages {Mercure réprouvé, 20). Bouhours s'occupe de diverses locutions : j'ay un grand fondi de paresse ; je

fi^i HisTuiitE iiË LA ij^ngle: PRA.N(;AI!)K

rais uagriind foiidtsar vôtre [lai'ole ; je connois son fondu {Enlr., KT). Sorel avilit signalé égaleroenl : faire fnndt xar, avoir un fonds d'nmitio llonn. dex h. lie, 1671, 401 '. — Rich.. A. et A* ne donnent que (I<-a emplois comme : avoir un fnitds de science, un fonds de doctrine. Fur, y joint : faire fundi sur. Toutes ces façons de parler sont tort communes. — Car je me sens pour vous un certain fund de tendre (Montlleury, Ambigu com., 2' iuterm., se. 0); Il croyoil avoir retrouva'- l'autre jour ce fonds d'amitié dont je lui nvois toujours répondu (Sévigné, V, M 9) ; un grand fond» d'es|irit (Kacinc, VII, 233, Lel.\; vous ne devez point faire de fonds sur ses promesses 'ilauteroche, Criip. Mfd ., a. I, se. Ti^ fondrr — " Le mol se dit proprement des choses animées ou qui paroîsseni animées, qui sont visibles et qui onl du corps ". Ou peut bien dire que deux éperviers semblaient fondrr l'un sur l'aulrc, que l'orafce fondait sur ]i> vaisseau ; maïs on ne dii-ait |>as bien : les vents sont venus fondre sur cette maison, parce que le vent, D'étant point visible, ne fond point à parler exactement (Boutionrs, Saife, 91-9^!- Cette opinion est approuvée pur Tlioynard {fli«c.,34|.

fourbe, fourberie — Ou emploie les deux mots iiidiffcremmciil ; toutefois M. de Voiture dans une letti-e fi M. Costar distingue entre la fourberie, qui est la mauvaise foi en général et la fourbe qui est l'acte de mauvaise foy en particulier : c'est une fourbe que cela, la fourlierir esl un grand vice (A. de B., fle/I., 233-33*^ — Les lexiques ne font aucunr dJslinclion cnti-c les di'ux mots. Voir \eLex. de Mol. par l.ivel.

frais, fraîcheur — L'adjectif s'emploie aussi bien au figuré qu'au pi-opi-e; mais le substantif ne s'emploie qu'au figuré. On dira bien : des nouvelles fraischex, mais non la fraischeur de cette nouvelle (A. de B.. Itefl., 234; cf. Roulioui-s, D., 101-102; Mcnaffc, O., II. 17; L. de Templery, Ccn. ->/ l'ol..

frayeur, crainle — On dit bien la crainte de la mori, mais non la frayeur de l:i moL'l . Frayeur d'ordinaire ne régit rien, i moius qu'il ne soit joint avec le verbe avoir ; la frayeur qu'ont les Saints de In justice de Dieu (Bouhours, U., 106). L. dé Templery établit une autre distinction : frayeur esl plus fori que crainle iOen. et Pol., 80]. — je lui ai fait preudi-e nno/"rayeur si grande de la sévérité de la justice (Mol., Vil, 319, Pourr., a. II!, se, 1); Nous voici donc, hélas ! à ce jour détestable Dont la seule frayur me rcndoit misérable (Racine, I, 39!i, Théb., v. 19-20).

Humeur (être d' — , tire en — ) — Le premier marque l'inclina lion, le lem(>erament, le second ne marque qu'une disposition passagère {Bouhours, Item.. '250; cf. Apoth. du Dict., 78). — Les lexiques ne font pas cette distinction en général; Pomey dit r je ne suis pas maintenant d'humeur à chanter; Fur., .\., A* confondent les deux tournures ; Richelel distingue : rire en humeur d'étudier, c'est être en étal d'étudier; être d'humeur Ji tout soufrir, c'est cire d'un tempérament k lout soufrir. — peu d'entre ces dames EtoienI 'Phameuri tenir des propos De sainteté (Ln Font.. V, 190, v. ti8-70);/e ne suis pat en humeur de parler Inen, que de M. de Vardes (Sévigné. VII, 239|.

Immonde, impur — Immonde esl consacré en certains endroits : animaux i S mondes, viandes imniont/es ; on disait aussi dai

UËPIMTIONS an SUNS bT DISTINCTIONS DK SV>riNTUES -133

imutoiuJe (femme <|ui l'élève di- couches). Impur en ces endnùls ne sérail pas correcl (Bouhours. Suifi; t7). Anili-y expose la même Diéorie {Bffl., 321); mais il n'accepte pas comme Bouhours qu'il faille <)ire esprit (mnio/i(/e (Satin, 144). — Rich., A. et \* u'acceptent ('/ririionife que dans, le langage «le rtcrilure. Kuretièrn donne ; cons uien ce l'in mont/''.

impercepliblr se ilit des cho»os qui ont rap|>ort à la veuë, il |ieut se ilin> peuli^tre de ci'i'taines aulres choses, mais il ne se dit certainement pas du Lrult ni du son ; le P. Bouhours fait cette faute (A. de R-, Suite, 238-2H)). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Tout cela appartient à l'attrait de Uieu, qui est ou perceptible, ou impercepUble [Bonsuet, Kslalu (/'Or., :j;l4- 23~>} ; Il y a des prologues qui sont imperceptible», et qui sont pourtant de véritables prologues (Racine, V, 495, Trad .).

im/toser le» iitaina — Cette expression est consacrée à certains usages de la Iteligion ; Les Apostres impo»aiirni le» maint sur les Fidelles... Les Kvesques impotent les mains quand ils confèrent les Ordres... hors delà, il faut dire : metti-e tes mains sur, ou toucher (Bouhours, Suite, 82} . Thoyaard approuve cette remai-que (Oise'., 4r..46).

ind^i», irrëiotu — Le premier ne se dit point des pei-soniies, on dit irrésolu (Bouhours, Suite, 121-122) . — Seul de tous les lexiques. A' applique inilMt

iuilignc ne se dit jamais qu'en mauvaise part : il est indigne des bontci: que vous avez pour luy, mais non : il est indiijne de punition. Au contraira dit/ne se dit en bonne et mauvaise part [.\. de B., Beft., 203^.

iwuriplioii, éeriteau, nancription — Bouhours distingue entre iiucrîptiiin, ce qui s'écrit ou se grave sur uu mausolée, un monument, et fiTÎteaa, moi'ceau df papier ou de carton dans lequel on écrit en grosses lettres pour donner un avis au public iSuile, 148. Voir écritexu en ce sens dans Sév., I, 332> Thoynard approuve fUttc, StI).

.Vadry distingue entre iitscriplion, auquel il ilonne le même sens que Uoubours, et «uxcrip/iu/i qui se dit du dessus des lettres ,\. de B., Hep., 2iî8|. L. de Templery fait la même distinction {Gen . et l'ol.. 1 1 1). — Dans la conversation, dit Richelet. on dit plutôt ilessiix i l'une lettre, ou adrpusp que xiise.ription .

intérieur, interne, intestin — Aiidry fait la distinction suivante : inlestin ne se dit qu'au ligure et toujours en mauvaise part, une guerre intrslinpi Interne ne se ditr|ue dans le Physique, une maladie interne, et intérieur que dans le moral, une joie intérieure, mais tous deux en bonne el on mauvaise part lS„il,, 152).

intimidation — Auilry ju^e ce mot énei^ique : il dit même quelque chose de pins que menace [Refl., 271). C'est un de ces mois que Bouhours conseille â ceux qui disent incomplaiianl [Suite, |39j. — !^ Rich., A., A*.

isolé, ■< sépai-é comme une Isle n'est pas en usage au liguré,... dans le propre il est fort usité, on dit fort bien, umi mnison irolée, lors qu'on peut tourner àrentonr... peut-cstJ'e le pouriytit-on haxarrier dans le figuré, pourveu qu'on ne l'employust qu'en terme Synonimt', et avec quelque iidoucissement •< lA. de D., Befl., 280-281 1. — *Ricli. i terme d'architecture: A.

53t HISTOIRE DR LA LANGU»: FRANÇAISE

i|ut n« doDDe que bastiment Uolé, slaluë itolée, A* admet l'emploi fleuré, innis dans le style familier. — II (le favori) est détaché de tout, et comme iioU (La Bruyère, 1, 379); Quel pUisir de ranger sous l'amoureux lien De ces cœurs halet i|ui ne tiennent k rien I. . . — holezl Ah, Messieurs, le joli mol ! il charme. Qui jamais avant elle, à l'âge où la voilà, Avec tant de justesse a placé ce mot Ik ? Isole: 1 — Pranchemant, hole: me prend l'amc. — holez me ravit, me pénétre, m'enflâme. — Ce qui m'en plaît lo plus, c'est qu'elle s'en sert bien. Doceacoeurs Itnln qui ne tiennent à rien! Quand de l'arcbiEecttire ou scauroit la manoeuvre, On auroit de la p<-ine à mieux le mettre en npuvrc {Boursault, Mol» à la mode, se. 8),

Jasli- — Selon Rouhours, en matière de mœurs, ce mot estant purement adjectif, ue signilie qu'équitable. Quand il est substantif, il signille un homme de bien en gênerai, un homme qui est ami de Dieu. C'est aussi le sens di- l'expression composée l'homme jatte, que Bouhoui-s considère comme un suhstanlir, et qu'il distingue de rhomme qui eti Juste. Etire juste se peut dire, dans un sens theol<%ique, pour signifier ; cstre en grâce (Bouhours, Suite, 33B-3H).

Login et inaisim — Les deux mots sont bons quand on parle d'une maison de la ville, mais pour une maison de la campagne, il faut dire maison et non loqi». Les honiiestes gens disent : il est venu au logù ; le petit peuple dit b la maison (Bouhours, Bem., 272), Cette dernière partie de l'observation se trouve chei A. de H. |ne/î.,28Ô). — Richelet définit /of/w; toute maison qui est dans une ville. — un gentilhomme, qui est venu au logi» sans m'y trouver 'La Roch., III, 82) ; j'avois passé dans quelque rue où il y avoit des logi» suspects (Id., II, 4*7); un logii où lui-même il n'entrait qu'en rampant (La Pont., U, 180, v. 19); Mademoiselle de Duras vint en mon fo^is fBossuet, Confer. acec V. Claude, 62-63). — On trouve d'ailleurs logis et maison à côté l'un de l'auti-e : Le hgin de Monsieur Géronle, l'est-ce là? — Oui, voici ma niaixon, Monsieur, et me voiU {Montfleury, Dame mâd., a. III, se. 4-;. Le mol logit o le sens de notre moderne appartement, demeure, adresse. Dites voti-e logi/ (Montfleury, Fille Cai>it . , a. 11. se. 1*1. — D'après A. de B., la dame du liigia ne se dit point en pni-lant d'une dame de qualité {Suite, 50'.

Main — Bouhours ne veut pas qu'où dise donner la main pour signifier le mariage. En bon Français cela veut dire aider, par exemple « donner la main ft une dame, c'est luy aider ii marcher, ou ii monter en carosse ". De même .1 presler la main ne peut se dire qu'A un homme, dont le secours nous est nécessaire pour nous venger par la plume, ou par l'épée », comme ou dirait : o prentes-moi/ votlre bras ». Sans cela Bouhours « aimcroit autant dire : prestex-moy vostre piéj>(rtp»i., ri54-SS6j. Ménage n'admet point celte doctrine lO., Il, 147). — Bich., Fur,. A* enregistrent le sens ài- donner U main ; épouser, en poésie.

maniement ne s'emploie qu'au figuré : le maniement de toutes les atTaires ;A . de B., Hefl., 294), mais non au pi'opre : on connoît la bonté de ce drap au maniment (L. de Teniplery, Gen . et fol., 175). — Les lexiques le donnent au propre, mais avec le sens de mouvement du corps; le maniement agréable ries bras et îles jnmbes est bien requis pour danser les Sarabandes fFur.).

DÉnMTiONa DE ap.Ns ET ntg'rj\<iTiONs DE sv^o^vul::a r)3!t

marin et maritime — Le [iremier signifie : qui cul de la mer, algue marinf ; le second : ce qui est auprès de la mei*, une ville innritime (L. de Tempiory, Cfn. i-l Pol., 76).

mfi/ir.imenifr et méiieciner — Le |>remier s'emploie pour les soins donnés aux maux qu'on voit, !<■ second pour les maux qu'on ne viiit pas (Barj, Rhel. fr,, 16r.:i, 22"). — Méflicamenifr se trouve au sens de panser une plaie chez Pom., G. Mioge, Fur., A. et .V; toutefois les deux derniers lexiques lui donnent aussi le sens plus gënéi'nl de donner des médicamonls. — ^fédecin<^r avec le sens de donner des remèdes inlei'nes est chez Pom., G. Miege, flicli.,qui ne mentionne que la forme pronominale, et déclare le verbe bas et de la langue piii-lée. Il est «ussi clieï Fur., suivant lequel on l'emploie pour dii'e qu'on prend trop de remèdes, cliei: A., A' qui répètent A la fois Ricli. et Fur. [.es deux mots étaient traduits de la même façon dans Duil., sans explication.

inénmjp avait été employé au sens de manège, intrigue; nousluy cachesmea aisément ce mauvais mesnage {Attrff, 1014, 185"). — © tous les lexiques. — Voici Itien du m'<na^c, un autre a pris la place (Th . Corn., Ani, à /a iWorfe, a. III, se. R'i; Le mallieui- fut que tout ce beau nifnngf Fut découvert d'un logis près de li) (La Font., IV, 2»3, v. 41-42).

inutaliim, changement — Andry estime que le premier se dit quelquefois avec plus de gi'âce que le second. A l'appui il cite : » Quelque haut qu'on puisse remonter, pour rechercher dans les Histoires des exemples des grandes miilatio/iK... n {Reft,, 323 ; Andry attribue la phrase à Mascaron, elle est on réalité de Bossnet, Or. fan. de U R. d'Angl.]. Mulalion paraît peu établi îi Renaud, malgré le prétendu exemple de Mascaron(^fAn. de/iar- 1er, r,ir>). — * Pom., Duil.. B. P., Rich. , Fur., A.. A'.

Fiiutiirl et réciproque — Us n'ont pas la même valeur : le premier se dit de deux personnes et de plusieurs, le second ne se dit que de deux (Aie. de S'-Maurice, Rem., 47-48). ^ La restriction qui concerne réciproque ne se trouve que chez Rich.

Obligé — On ne peut, eu parlant des choses, dire être ubligé, que s'il y a une nécessité Physique : une balle poussée contre un corps dur ett obligée de réll(?chir, mais en parlant d'un devoir moral, l'expression ne peut s'employer qiiepotir les personnes; on ne peut donc pas dire ; Ik vertu esf obligée d'être sans affectation (A. de B., .Suite, 76-77). — L'expression : Je voui nui» fort obligé, s'emploie dans le commerce oi-dinaire de la vie, mais dans le style soutenu, il vaut mieux dire : je vous rends des actions de grâces (Bellegarde, Eleg., 30j).

obtciir ne convient pas dans : une vie nbtcure ; il faut dire privée et retirée (Barbier, d'Aucour, Sentim. de Cleanl., 1776, p. 33B). t)8ns une vie obscure, il y a un bifime, dans une rie retirée, il y a un elogc (L. de Templery, Gen. et PÔi.,103;.

offrir et rendre — Bouhoui's veut qu'on dise: rendre un culte fi IMeu et nou offrir. On offre h Dieu des fleurs, de l'encens, etc. : on lui rend le culte qu'il mérite iBouhours. D.. 8t)).

oi»!f el oixeux — Selon Bouhours, oisif va plus à In pci'sonne qu'à la chose et l'on dit : un homme oitif, mais : des paroles oi»euie», bien qu'on dise u[ie vie oinive ÎRem., 326). Cette distinction n'est approuvée ni par Ménage 10., II,

>yG.oog[e

5M IIISTOinh: DE LA LAMIIR FIIAXQA.ISK

Itl el ^(uiv. , ni [lar Andry, qui invoque l'usage <leH bons aulours et eii particuliot- ct-ltu piii-ns<; de t'iécliier : les Alieille» onl un Roy à qui elles obi -Isse lit, celles qui sont uiiif unes sou t Toi'céeBdc travailler llefl. ,'liO-3i[). — • * Pom., Duit., G. Miege, qui n'élablissenl aucune dÎNlinction. Pour Iticli.. oiseux signifie oisif, mais est vieux et ilu stile burTosque. I''ur. clit iiidifTi-ivinmeut : une vie oitciise et une vie oisive, mais des psiviles wni-owit. A . et A' pensent comme Fur., mais A' signale nistiix comme vieux. — Ce sont îles Dames nj/xives ou des Dames oyxetiseï', comme ilisoït ti*es-bien ces jours passez en cliairu un fort habile Docteur (Sorel, PiUi/.iixliv, II, 323); Tous Hea valets Iremblans quittent la plume 'lyseunK .[Doil., Lalr., IV, v. (>). 8ur ce vers Desmarest observe en rnilknt : Il eut esté aussi bon de meltri' fa filiini' aijsitnaeasp; car on la tire des oyxons, et il ii voulu mari|uer que cei vnllets <;ouclioient sur la ]duuie {Def. I>ii. fier., 118 ,

orif/inat et originel — Bouhnurs lilAme remploi iVoriginal dans bi pbrasi- >uivanle : cet homme estoil sans vestejucnt, pour figurer que nous nviOTis perdu la Toy et la justice nriginnle. Il voudrait qu'où clit ; orit/îitelle. Mais on dit les langues origiiiHlen, les textes nriginnux (/>,, -'(ri-.16;. Andry aurait pivfi5ré(|u'on dît le pecliéd'Orif/ineauIieu du péché Originel [Suite. 2lTi , — Pour Hicb., Fur., A, et A', originel est un forme de theoloffio.

ouïr et entendre — Oui/r se dit propranienl d'un son et d'un bruit qui ne durtpas; . . . entendre se dit plûtost d'uu son ou d'un bruit qui dure ,'A. de )t.. Itefl., 3i;i). La même remarque était déjà chei Boubou rs, qui ajoute : ouïr doit être employé quand il s'agit d'une chose qu'on entend par liasanl. s.ms dessein; toutefois un dit : oufr la Messe, coiidamner les gens sans les ouïr («pm.,232-23'.). — * Pom., Duil., Fur., A. el A', qui donnent le sens de -.donner audience. Ricli. signale le mot comme un peu rude en de certains teinp». - - Tu vasourr le comble des lioireursfHacine. III. .121, Ph/'d.. v. 280) ; Kl conter votre honte i. qui voudra \'oii!r ,ld., [b.. v. 8S0). Voir lluc. et le Lej-. de •Mol. par Livet.

oaor.ihlc et narrivr — H faut dii« jour oui-rier et non jour <iurrable .Ménage, ()., I, 276VBouhours eiit du même avis [Suite, TOi. — * Pom., Duil., t'i. Miege, qui donnent /oiir oui'rier, Ricli., Kur.. A. et .K', qui donnent k'sdeu\ expressions. !.. cite l.a Font.

Pardonnable, excutable — Marg. Buffet ne veul pas qu'on se serve du premier en parlant des personnes, il faut dire : cstre eretisahlf, ou mériter le pnrdou (.Viiiin. Oh»., HOl. .\ndry l'accepte aussi bien des personnes qne des ehoses \liefl., WW).-- Les lexiques, sauf Itich. etA> qui sont trôspivcis, ne prennent pas parti, mais tous leurs exemples de pardonnablf sont avec des noms de choses. Pour excusable, Richelet voudrait aussi qu'on ne rem|iloyiit que des rhoses. A. est plus libéral.

peindre et peinturer — Peindre, c'est i-eprésonter quelque chose avec le pinceau ; peinturer, c'est étendre descouteura sur quelque cliosoi'.V. dell.jfle//.. '.HV»\ ; en parlant de l'objet represent*!, on doit dii-e fieinl, en parlantdu sujet liiirquoi l'objet est i-epresenté, il faut dire qu'il est peinture; on dira d'un lieau carrosse qu'il est bien peinture ; on dit cependant de la toile peinte et SI' peindre k barbe. Knlln il vaut mieux quelquefois dire : mettre eu couleur, que peinturer 'Id., Suite, 333 el suiv.). - Ci'tle distinction n'est [>as faite dans Richelet, pour qui peinturé veut dire couver! d'une seule couleur, ni

DIÏF[X1TI0>S DK SESS ET DISTINCTIONS DE SVXIINVMK» :;37

«laiij t'ui-., [{ui ae donne que le seua Je couvert de couleur sans aucun art particulier. A. cl A' n'ont )tas admis fieintnré. — Les visages fipinlaràt sont des amants adorés {Prom. ilu Corn., ItJSl, V.II.L.,X, 29 .

pie — On dit un homme iniftie cl non un liomme pie ; maïs l'on dit fort bien des iBiivi'es pies, encore i|uc cette o\|iression ne soit |>oJnt noble ni du style relevé (A. de B., fif/I., 257). — Les lexiifucs ne donnent que : ceuvrc pi-". O G. Viwgc; * B.K., qui no précise pas l'emploi. Il est On laat^fçedu [lataiii. suivant RicI)., l-'ur. ; il w dit des Icgi (A., A*V

piirtrait, tubluau — L. de Tomplery distingue entre portrait, represenlallon d'une personne et Inblfau, toute auli-c peinture. Selon lui, lahleau est du l>el usage au figuré, t^l il cite Ciiina : je leur fis des table&aj: de ces tristes batailles [Geii. et Pol., i0"-IO8). — Portrait est ré»ei-vë aux personnes parles lexiques suivants : U. Miege, Rich., Fur., .\.,A'. — Tableau a presque partout le sens actuel, toutefois, Bich. le traduit par purtrail et Fur. par : image de quelque chose. — SI je vouloîs |iourtant fairu vostrc Tableau, Je vous peindrois ainsi : Beauté charmante et blonde (Benseradf, llallfl de la nais», de Venu», l" cnti'ée, I''' partie': Quelqu'un aporta chez tn Reine Un prézent assez rare et beau ; Sçavoir le Porlmil, on Tableau De la Sœur du Due de Snvoye 'J^ret, 8 mars Itir.ri, v. (08-201',

postérieur lie même iiuanlrrieur ne |>cul s'cmpluvcr qu'en parlant du Icjup^t, il est donc incorrect de dire comme l'Académie : le cervelet est la partie piaterip.iire <iu vQTveaii .Enterr^ da l}ict.,-î»2--ZSi\ L'emploi i-eproclié â A. se trouve dans Rich., Fur. ci A*.

pri'ci* ne peut |>as se dire dans le sens di' ronds, malgré le P. Bonhoni's (Ménage, '»., 11. ««j.

prestant et pretsfi — L. de Teniplery constate qn'ou dit : une afTaire pretfi'i', mais à torl. Il rnudraït dire : pmtani, en parlant d'une chose, et réservHr prerté pour les personnes Rnlr. à Madnntc, 2XJ). ^ Tous les lexiques donnent : affaire ;trp*i««n'f ; Duil. seul donne en plus ; lu chose ost prrusi'i' '.

prinre — L'expression /'rince des Orateurs avait été blAmée par Bouhours, comme une traduction fausse du Prim-ep» Oralorum IK, iOT). Mais il finît par en accepter l'usage (/Ifjii., 136). L'expi-cssion esl généra leuient u|)prouvée iMén.. O., Il, >4; Renaud, Mail, de parler. jI : Thoyuard, Disr., 212).

principe — 4:hHpelaiii avait d'aboni nié que ce mot pût signifier eommenct'meut [Lell. A Halsac, 12 sept. II>3H| ; plus lartl il iwiut sur celle opinion [Lftt. \w même, 26 sepL 1G;<8).— Ce sens se tmuve encore chenl^om., Duil.. G. Miege, Fur., mais non chez llîchelet, A. et .\'. — 11 ne faut |>as confondre ce sens ancien, tel i{u'il apparaît dans Ih phriist' citée par Kurelière : « Olte maison est «iiciennp, on ue svait [wint sou prinripc, son origine ■>, avec le sens philosuphii(ue ou tliéologique de source, caiiKi:

prop}-eléQlpropri^l''A'.T. lame III, 229. — La décision de Vnugelasest confirmée par Maiïf. Buffet,. V»r/c. (>/«.. H:l),et L. de Templery Oen.pt l'oL, H)V-tO.".'. Chapelain ne voulait pas que propreté fîit réservé aux personnes, il se gai-dcrait bien d<> eonilnniner : la propreté du lieu i^Lell. A tluel, 11, 2S6,

iimeucont i être di^tinKiiéN l'un cle l'autre. Mai<> iln

■13)4 lllSTOIhË HE LA LANGUE FRANr.AIXR

12 janvioi- I663l. — 11... e^taRt-re la commodité des aiiparleraeiils, ainsi que la richesse et la profireté d«s m«ubles (l.a llruy., I, 245>. prot'incial (Voif p. ^I2j. — Ce mot ne s'emploie en |>ei-lanl des i)ei's<iDncs qu'eo un sensdéravorable.Ccn'esl plus une injure, r{uand on {larte d'une charge ou d'une assemblée. On peul employer le pluriel sans raillerie, mais au singïulicr on ne peut dire <|ue : un homme de iiroriiice (Boiihours, Suite, 370-S79). — * Hicli., qui cile Mairet : Ils méprisent les vers qui sont net d'une plumi' provinciale; et Boilenu : Monsieur Tierceliii est gentil, mai» il est provincial {Lettre A Coiilar). — Me pi'etiei-vous pour une pmvinrialef (Molière, VIII, 568, Camteimt <f£«r.. se. 2).

purification — Botihours contc<tte qu'on puisse employer ce mol en dehors des deui cas suivants ; « pour sifînifier une feste de la Vierge et une cérémonie des Juifs ». On ne saurait dii'e : ■■ la p<irifieatiaii de la conscience » {Rem., 48i- +B5). — * tous les lexiques, comme terme de chimie (Rich., Fur., A., Th. Gorn., A*) ; l'expression la purification du sang est dans A. etA'. — Xbl purification des péchez ne dépend point... de ces purgalions, qu'on nomme passives [Bossuel, Estât» d'Oraûion, 268) ; ... In veiië de Dieu A laquelle nous sommes préparez par la purification du creur {Id., Dirr. fcr. »ar len Max. rf.-ï SainfM. i33).

Habaimiement — l'.c mot, au sens d'humilité, n'est pas François ; on dit : le rabainseinent des monnoyes, et peul-esire te rabaixsement d'une personne, mais on ne dit pas : un glorieux rabaitnement. pour une humilité généreuse (Bouhours, Entr., 138). Barbier d'Aucour discuta cette opinion; d'abord rabaitteinenl ne signifie pas l'humilité, mais l'effet de l'humilité; de plus on ne dit pas le rabai»Knient, mais le rabais des monnoies -Senlim. de Citante, 1776, 391 et .142). Cetledistinctionentre rabai* et rahaitum-nl, que Bouhours reconnut [Huile, 403), est admise partout (Ménage, ()., I. 303; Aie. de S'-Maurice, Reia., 50; N, Berain, Nouv. Rem.. U). -~ Fur., A. et .\», ne donnent rabaitseinerit qu'en parlani des monnaies, les autres lexiques au contraire font plus ou moins nettement la distinction. — Je vous conjure donc, mon - cousin, ...[le changer voire écriteau, et si vous n'y voule/ point mettre de bien, n'y meltez point de rabai»»emenl (Sévigné, 1, 532i ; quand on le verra sans saint-esprit, ce sera un rabaitsement ; car du moins il ne faut pas ne l'avoir point, c'est un démérite à un duc et pair (Sévigné, !X, t69) ; il y a des âmes sales,-... toujours inquiètes sur le rabai» ou sur le décri des monnoies [La Bruyère. 1, 264j.

raillerie et dérision — On ne doit pas dire comme l'.Ycademie : on cric par raillerie aux masques qui courent au tems de ('.amaval. Il faut dire : on crie par dfri»ion aux masques, l.a raison en est que le mot <le deriûan s'ajuste mieux aux huées qui se font alors que te mot de raillerie {Enterr' du Diel.. 2951.

irtier; il me propose de me mener au Louvre dans son carrosse. Je dis : i me ramènera'! Si nous logeons en difTéi'ens quartiers, je dois dire : me remenera k mon logis, S'il m'avoit men^ au Louvre, sans que nous .ious parlé de mon retour, je dirois : me pouvez-vous reniener et non |>as iiener, supposé que jt' fusse logé dans son quartier, sans quoi je dirois : ]iouvej;-vous iiiput à mon logis. On dit i Voilii un homme que les Archers

DÉFINITIONS DE SEKa ET DISTIKCTIONS DE SVMIMMES 5.19

emménenl, mais «oîlà un homme que les Archers ménenl au For-1'Evesque. On m'amène un homme que je trouve de mauvaise compagnie, je dis : je vous prie de le remener où vous l'avez pris. Je vous prie de le ramener feroit entendre que je serois bien aise de le revoir |Mén., 0., I. 570-3721 <.

rnmanKiT, amatier — Aie. de S'-Maurice distingue entre amasser : relever ce qui est tombé, et ramasser : assembler [Rem., 178). Ménage avait noté que le simple était de la Cour, et le composé de la ville (U., 1, 572). — * Rich., t-'ur., A, et A*., qui constatent que ramatter se dit plutôt que le simple ' .

rasaurrr ne signifie point asuùrer de nouveau, mais affermir. On dit donc bien rassurer les esprits, raaaûrer d'une allarme,. . . et non pas ratiàrer d'une vérité [Bouhoura, D., 93|. 11 faut remarquer que dans la phrase de VHi»toire du Vieux et ilu jVoureaii Testament que Bouhours critique, raisurer ne semble pa« avoir d'autre sens qu'assurer tout seul : Jesus-Cbrisl [)Our les rassiirer encore davantage de la vérité de sa Résurrection (Id., [h.. 9t).

rnritteur et rasissani — Il faut dire un loup ranineur et non ravUianl, qui tie se dit qu'au figuré et en bonne part (A. de B., Suite, 417-it8). — liavisêant au sens propre est elwï Pom., Duil., Rich., Fur., A. et A*, — J'oppose quelquefois... Les Agneaux aux Loups ravistanli (La Font., I, 363, v. 33-25] ; Qu'importe que nos corps des oiseaux raoùaanfs Ou des monstres marins deviennent la pâture (Id., IV, 405, t. 154-155). Voirie l,ex. île Mol. parLivct.

réchapper — On échape d'un danger, d'une bataille, d'un naufrage : on rechape d'une maladie IBoubours, Suite, 177), — Les lexiques, sauf Rich., ne parknt pas de cette distinction. Toutefois A. fait cette restriction : il ne se dit guère que liu péril de la mort : rmchapper d'une maladie, d'un naufrage. Voir le Lrj;. 'le Mol. par Livet.

rerherehrr ne se dit au propi-e que pour signiller : chercher une seconde fois, il s'emploie bienau rïgiiré(Bouhours, Rem., I34;cf. A. de B.,SHi/e,303el suiv.). Rei'herche ne se dit pas dans le propre d'une chose perdue, mais tous les bons auteurs l'emploient an Agurê IBouhours, Hem,, 133).

réforme se dit des Monastères, réformalioii de coutumes, d'abus, île la Unifiic (Ménage, O., I, .■Î4H ; cf. L. de TempIery.Gen.ef Pol., III). — Si celte

1. N. nérain blAme rachtver pour achever iXour. Rrm., 81). Ue même Mûna^c hIAmf l'emploi de reconduire dan» le phrase : il m'est venu reconduire jusqu'à ni<m carrosse. Il faut dire comme â la Cour : il m'est venu coadaire (O.. 1. ^73). BiiuIkiui-b ■c proiiuuoe pour l'avi» oppoai: (Rem.. 190; contre \. Bérain, qui aurait Hi du mfme sentiment que Ménage. Kn réalité K. Bérain en parlait fiirl vapiement \X. Rem., 81). Il blâmait, i l'endroit oi'i Bnulioiirs nous renvoie, refnir pour fair Ib., 220). Sa doctrine est très liéiilante. Bien qu'il n'accepte rejuillir qu'en parlant d'une action rudoublde. cummo il reconnaît que les verbes eompeséH servent " admirablement bien luxniibleH c\prcssîon<i '. il préfère : il a reni;i(i' tout l'Univers delà terreur de son nom il a remporté la victoire. .\ii contraire, nu sens propre, il faut dire : il a empli ses loniicaut : et on ne peut se servir de rcmporfer. que quand on ne veut pas recevoir une chose qui est apportée /fc., 90-61;,. Aie. de S'-Maurice approuve vitale ment l'emploi de remplir au ll^ré. d'emplir au propre ^Rem.. 178-179). — On trouve clirz les auteurs des composrs où nou» emploierions le «impie : Monsieur, Monsieur le Baron est ti\rl rempiré depuis hier^Hauteroche. t'ritp. msd.. a. II. se. 5) ; Puisque vous y ti-ouvez de si (crands avanlatccs. Prcnei la pour l«iyi<mrs. et redoubles mes KaRes (Th. Corn.. Am.à U Mode. a. III, se. H. Les exemples invci-ses sont fort rares : Un bruit est épaada. dit-on. Dans maint pais et inainl canton [Lorel. 13 d£c. Iflïi. v. lna-106j. Ti-is visiblRmentla lanicue populaire, fidèle d un ancien instinct, préfère les verbes en re, contre Irsqnrls [es jtru m ni ai rien s commcncenl. comme on le voit, à mener campagne.

G40 lllSTOlRIi: DE LA LAMiLE PHA.NÇAISl::

distiiiclioiie^tiietledans Richelet, elle nel'est plus autant chez [■'ur.,i{iiiail[iii>t la réforme du luxe, ni dans A. et A* qui donneni ; reforme des abus. — Elle (la noblesse) demanda ... la r'-^/brnution de plusieurs désordres (1^ Itocli., II. âl6|; l'approbation la plus sûi'e. . . i pour les auteurs) est le changement de niii:urs et la rfformalian de ceux qui les lisent (La Bruyère. 1. lOUi : un homme de talent, . . . s'il est chagrin, . . . elTarouclie les jeunes ^ns, le.s Hiil penser mal de la vertu et la leur rend suspecte d'une trop grande n''f>"'"i'' (Id., ll.'J:ti; .VnionioH mis ïa r-'foime k Chell<!S iSévigné. V, SI .

regariltr en pilié — D'après Bouhours, l'emploi de cette cipressiou dans le ridicule l'aurait décriée et en aurait niodi^é le sens. Il s'y introduit une nuance de mépris ; les Femmes de la CoMr regardent en pitié les Provincialon : les personnes charitables ret/ardenl Iqs pauvres accc un leil île pili^ 'Suit'; lâ6-137). C'est inexact, selon Thoynard ; les pauvres disent tous les Jour? : regardez-moi en pilifi {Dixc, 131).

régie et modèle — Les deux mots sont tantôt svnonymes, tantôt dilTéi'ents. On peut dire ; la vie de Nostre Seigneur est la reijle des Clii-éliens, ou : est le modèle. Mais il faut dire : les conseils des sages [lous servent de règle, et non de modèle, car il n'y a proprement que les actions, ou la personne, qui servent de modèle. Dii-e : il se proposoit pour modèle cette excellente parole di' Saint Bernai-d, est mal dit : d faut dire : règle, pour indiquer qu'on se piii- |>osede la suivre. Les paroles de Jesus-Clirist doivent estre le modèle de nos paroles, veut dire : nous devons parler comme Jésus Christ 'lioubours, Itirm., 149 et saiv.i — l'avis dvs bons fi-èi-cs ...lui servira de rl^jle Sévicni-, IX, -266].

rfijlf et régulier — Bouhoui-s consacre une lougue remarque .'i l'examen de cen deux mots. Eu parlant des choses, r^glé se dit de celles qui ne sont point faites au hasai-d, mais convenues d'avance : une dispute réglée, un repus réglé; réijuliT 80 dit de celles qui so font dans les formes, ou selon les n-gles de l'art : une procédure régulière, un discours régulier. En parlant des personnes, un homme réglé dans sa conduite est celui qui Ji'agit point pnr cupi'ice. une rcmme régulière est celle qui garde toutes les bienséances qui> commnnde la vertu (Bouhours, Rem., .147 et suiv.) — Quoique ce ne soi) pas uneeoilTure réglée, elle l'est |M>urlant nssez pour qu'il n'y en ait point d'auti-e pour les joui's de la plus grande cérénKmie (Sévigné, 11. 208) ; la lecture lie si beaux ouvrages, . . .si riijuUer* (La Bruyère, I, iV}.

relàehe et reliiehemeiU — Bouhours veut que le premier s'emploie en boiuiipnrt : prendre du relA»che après le travail, et que le second s'emploie eu uiauviiise part : le relaiclicment des niieurs : loulefois une cpitliete peut rectifier le sens : les lionnesles relasrhemen* [Suite, 309). — La même distinction se iviti-onve dans les lexiques. — Les passions les plus violentes nims laissent cjuelcpierois du relâche (La Roci). , I. lOo) ; les lui m mes ont besoin de c|uelijue relAche 'La Font., Vlll, HO); mille petils retâchemeni» sont réfcirmés 'Sêvignè, V, Mi) ; s'il ^le poème tragique) vous donne quelque reitirlu'. c'est pour vous replonger dans de nouveaux ahitncs La llrityère, I, l'I^ ; je travaille à cela... Ou matin au soir sans nul reUclieinenl < (Ed.. II, 477 .

1. On ni' peut pas asunrei- ([uu le mot dans rot e\eniplc soit synonyme Uo relâehr. Le *en!i pourrait n'ctrt! paK l'fliii de : khi)^ interruption, mais culuî de : avec la nifmc application.

toÉriMTIONl* UK RtXS ET IHSTINCTIONS DF. SÏNONÏMKS r,U

r'Ifi'iT s'emploie l>i<-n au pi-oprc- et au fl)furé (Itoubours, Item,. 3(3); pourtant si riu |)ciit dire iiu ligurt; retecer le prLr, Il faut dire au propre mijinienler le lirir : la foit-e des ennemis relree le prLr de la victoire; le hixo aiigiiirnlr <ror<linaire/'>/>f'i«des marchandiseslld., D., 74;.

r4-liifiivt — DalMC proscrivait l'emploi de ce mot en parlant de choses profanes. Vau);t'lasau ontrnire trouvait liien : les iWir/upa d'un naufrage (Voir tome II), 2:ii', Sans être aussi catégorique. Alomend accepte rvliqw» en parlant du l'iioscs profanes pourvu (|u'eUes soient nncieniios (.Vour. Hem.. 1 16-130). CVst l'opinion de Ménage (O., I, 204i et d'Andry !7te/7.. :i46\ — *(i. MieRC. Hich., Kiir.. A.. A^ VoirHuR.

r'-jnitiiir avait toujours le sens d'endioit pour se reposer ; surt|iioy vos Muscs fei-oiit sans doute un agréable ivposoir (Costar, Lell., Il, ii). — ■f l'ora,, Duil., G. Micjfe...' — Et le nageur poussé du vent. Ut- i-oc en roc IKirtanl la belle... .\vee l'aide du Ciel el de ces repotnirs.. 1 1^ Font., IV, Mhi-WT, v, I6B-I7i}. — Bich., Fur., A., A*, signalent le sens d'autel di-cssê ilans la rue poui* les processions.

iv*;j«r(crel rapparier — Li' premier se dit d'une chose qu'on i-envoie, le second est un terme de palais (Aie. de S'-Mauricc, Rem'., 179;. 11 s'emploie égal eloent si la chose n'appartient pns è celui (]ui parie : Monsieur vous prie de lui reporter lacnrte qu'il vous a prêtée (N. Berain, Noiiv. Hem., 197).

riii — Bouhours ne veut pas qu'on se serve de ce mol pour dire le premier, bien qu'on l'emploie & tout propos: le Boy des Animaux, le i^oy des Peintres. Ce seroit mal placer le Iloij a côti5 des Peintres et des Poètes {D., 10» et siiiv. i. Renaud n'acceptn pas non plus le Roi des Prédicateurs, malffré le Prinee des Ora leurs (,1/an. df parler. 51-521.

rniiipement et rupture., Infraction, fracture — Le premier ne s'emploie qu'au ni;urêet dans l'expression ronip?m<?ii(di' teste, il ne peut s'employer au propi-e Ci la pkee de rupture (Bouliours. Bem.. 227 ; cf. A. de B., Be/1., 6U ; L. de Teniplery, (ren. el Pol., 176). — Tous les lexiques s'accordent sur le sens de rompemeni. Mais rupture n'est accepté au pi'opre par Bouhours que comme terme deehiruiyie, pour marquer ce (|u'on appelle auti-cment •htrente. On dit bien rupture d'une amitié, maison ne sauroit dire rupture d'une muraille, ni surtout rupture d'un habit, expression qui n'est permise qu'aux Etranf^ers qui commencent à parler François. Ce ne seroit pas bie» [lai'ler de dire la rupture du Traité de paix, pour marquer que l'un des partis n'a pas tenu sa parole. Il faut dire : infraction. Enfin on ne dit pas : la nipturf d'un os, mais : la frtcture. Peul-èlre ne peut-on donner à rupture qu'un régime de personne : la rupture dus amis (Bouhours, Suite, 225- 227). Toute cette remarque est approuvée par Thoynard {Dinc, 43). — * Duil., qui donne rupture : fraction ; Rîch. traduit par solution, séparation des parties charnues, il donne aussi rupture d'un habit. Fur., A. et A* admetleni également rupture d'un os, d'une porte, d'un habit.

S.vw»i/e — Quand on parle des animaux, (annale, joint à bête, signîlie : féroce; joint à un autre terme, il aignilie ; non apprivoisé. Quand on parle des

1. On retrouve cneorc un sens voisin chez Kich. et Kiir. : c'est " un certain nombre de sïlalies dans chaque membi'C des belles périodes <ifi l'un-illc se i-ep<ise ajcn'nblcmenl. c'est cnvirim le milieu de cliuquc membre, n

rt43 IIISTOItlK DE LA LANKUE FRANÇAISE

hommes, tawmfje signifîe : qui a une humeur sombre, enoetnie de U société (Bouliours, Hem., i39<ïW}. Il ne faut pas confondre Èaueageet barbare. Des manières barbares ont de la cruauté, des manières saunage» indiquent l'éloignement du monde. Quand on parle des peuples, les barbare» déaignont ceux qui ne sont pas Chrétiens, quelque civilisés qu'ils soient : les tauvaif^t duCanada sont barbare», mais tous les barbaret ne sont pas saunage». Enfin dire ; vous parlez comme un barbare, se rapporte à la politesse du langajîe ; vous parlez comme un saunage, se rapporte à la morale et au commerce de Ih vie civile (Bouhours, Suite, 177 et suiv.).

icrupule, scrupuleux — S'-Réal veut donner un sens péjoratif b ces mots, disant que c'est rabaisser une langue que de traiter de scrupule sa délicatesse, (De la Critique, {20|;mBis Andrj proteste que ces mota s'emploient aussi bien dans un sens favorable que dans un sens défavorable (Saile, 337V — l'habileté de son scrupule découvre des saletés où jamais personne n'en avoit vu (Mol., m, 338, Crit. iIp FÉc. des Fem., se. 5) ; {ellesi prélendtnl que les grimaces d'une pruderie scrupuleuse leur tiendront lieu de jeunesse et de beauté (id., 111, 338, /A., sp. 5). Voir te Lex. de Mal. par Livet. Cf. L.

secourable ne doit s'employer qu'au passif, comme il convient aux adjectifs en n&Je, d'après Bellegarde, qui bl&me un «bon Auteur» d'avoir écrit; LesMedecins les plus doux ne sont pas les plus teeourables [Eleg., 407), Andry l'employait au sens actif [Refl., 632). — * Pom., qui ne donne que le sens passif, Duil., B. F. et Hich. qui n'ont que le sens actif. Fur., A. et A' ont les deux, mais signalent que le mot s'emploie au passifsurtoul dans une phrase négative : £- G. Mtege. — Main puissante et tecoiiraAfe (Racine, IV, %i,Poes.div., v. tî); 11 faut qu'à tous moments tremblante et secourable, Je donne à ses discours un sens plus favorable (Id.. Il, W7, Baj., v. 393-39t).

K^rcice et office — On ne doit pas dire : je vous prie de me rendre service dans celte affaire, mais ; de me fendre vos bons offices. Un homme officieux e^l celui qui aime !i faire plaisir, rendre tertijce est le fait d'un inférieur (de Callières. Bon et oMon. us., 68-f)9 ; voir Scbenk, o, c, 152 ; cf. Bouhours, Entr., 9j . Selon L. de Templery, le mot service ne devrait s'employer qu'en parlant de ceux qu'on rend & autrui, mais non de ceux que l'on demande ou que l'on reçoit(Gen.e(i'oI.,l55). — On ne trouve pasceltedistinction dans les lexiques.

se souleoer — Bouhours n'admet ce mot au propre, que lorsqu'il s'applique ii des Sujels qui se soulèoenl contre leur Prince ; mais on ne diroit pas que l'Espagne s'est soulenêe contre la France en luy déclarant la guerre (Bouhours, .Suile, 24). Cette opinion est approuvée par Thoynard (Dise., 73]. Selon A. de B., le mot ne marque pas toujours de la révolte et il se met fort bien pour conjurer : les nations de l'Europe se sont soulevées contre un tel Royaume {Suite, 338-339).

sublimité et hauteur, élénation — On emploie très bien subUmitéaft figuré, mais il ne s'étend pas si loin qti'étéoalion et hauteur ; on ne sauroil dire : luAfJmiW de fortune, de montagne (Bouhours, Rem., 111-112).

suffisant (Voir p. 276.) — Quand le mot est participe, il n'a point d'autre signification que celle de son verbe. Quand il est adjectif, il signifie toujours orgueilleux, à moins qu'il ne soit joint au verbe faire: car en ce cas, il^ signifie capable et habile (Bouboura, D., 12). — * Pom., qui traduit

UÉFIiMTltiXS DK SEXS ET DISTIN CTIU XS ÛK SÏSONÏAltS jii

par capable et par : qui fait l'entendu, Duïl. : ià., G. Miege : id. ; Ricli. qui suit Bouhours ; Fur. : ae prend en bonne et en mauvaise part, A. et A* : orgucilleuiet (avec faire) capable ; L. citeSévigaéet La Bruyère. — Certes, Messieurs les Courlizans, Vous faites bien les nufiiant (Loret, 31 janv. J660, V. 265-266). te vieui sens de capable est encore dans Loret ; De bien plus tufaan* que moy (1" oct. 166t, v. 3U2). iiiptr/feie etturfaet — D'après Ménage on dit, la surface de& eaux, de la terre, mais on dit te fond el la tuperficie (0., 1, 574). Vaugelas avait trouvé gaper- ^('e meilleur que surface, mais Alemand accepte l'un et l'autre dans tous les sens; •ur/'ace, comme plus nouveau, lui parait un peu plus à la mode [Nouv. Bem., 317-218). — Parmi les le xicogra plies, G. Miege exprime la même idée que Ménage, Richelet et les autres disent aussi bien la naperficie que la surface de la terre.

Ta» donne l'idée de quelque cbose de matériel, ou qui peut se compter, mais il ne doit pas s'employer avec des mots abstraits, comme dans le vers de Boileau: ... un 1a> de confuses merveilles (Bellegarde, Eleg., 143).

témoignage et i/^monstrafion d'amitié — Selon .\ndry, la première expression est du bel usage; ceux qui craignent l'apparence de l'affectation se servent delà seconde (Ae/I., 165';. La différence, dit Bouhours, est que « démonalralion va tout à l'extérieur, aux airs du visage, aux caresses, etc., témoignage est plus intérieur et va au solide, à de bons offices, à des services essentiels. C'est une démonstration d'amitié que d'embrasser son ami; c'est un témoignage d'amitié que de luy prester de l'argent >' (Suite, 206-7).

témoin, prendre à — , prendre pour — . — Vaugelas n'acceptait que le premier, et Alemand veut qu'on en use pour signiGev : appeler en justice aSnde témoigner. Prendre pour lémnin ne pourrait s'employer que dans des phrases comme : Il n'a pmpour/^moîn» contre moy quedes misérables, qu'il luy a été fort facile de suborner (A'oun. Rem., 507-6).

tempérant, intempérant — Ces mots sont renfermés dans ce qui regarde le boire et le manger ; un homme qui voudra estre entendu par son Confesseur, ne s'accusera point d'avoir eu des désirs contre la tempérance pour <lire contre la pureté (Bouhours, Suite, 3"]7-3ri8). — La restriction de sens est très nette dans Pom. et G. Miege; au contraire, Duil., Rich. et Fur. emploient le mot en parlant de plaisirs amoureux. \. el A^ ne l'interdisent pas. Au sens blâmé par Bouhours : Luther, Bucer et Mélanchthon ne sont pas les seuls (|ui aient llatté les princes intempérant» (en leur permettant deux femmes] [Bossuet, Avert. aux Prot., g 12, p. 374. Bossuet a souvent usé d'intempérance dans te même sens).

tendreur, tendreté, tendresse — Vaugelas ne voulait pas des deux premiers. Alemand les accepte au propre, et il n'admet le/ii^reMe qu'au figuré : tendresse de cœur [Nouv. Rem., 470-7il]. De même, Bouhours n'admet tendresse qu'au figuré {D., ICI]. Au propre, Andry ne veut pas de tendreté qui est hors d'usage, mais il accepte tendreurjOu/e/ii/fe; d'un grand (ejidre(i{e/ï., 660-661). — Les lexiques ne connaissent qijBlendreiise; Fur., constatant qu'il ne se dit point au propre, souhaite qu'on mette en usage tendreur ou tendreté. — Ces herbes ne sont mangées qu'au renouveau, dans leur grande tendresse (Del. Je la Camp., 142). Pour lendred', L. cite La Quinlînie.

ntï HIKTaERt: UE LA <.A\GI:k pnANÇA.r!IE

Iriiler jieul s'ein|)loyer avec un [-éjçime do persoiini' jMJiir diri; : clierclicr â corrompre, mais on a lorl de l'employer quaod il s'agit de savoir les iiilentioDS d'un homme ; xo/i(/pr seroil plus propre [Bouhuurs, Suite. 1K~-18H). Lr mot est (employé avi'c un si'ns très voisin dans ce vers : Mes soldats dont je veusi lenl^r la complaisance (Raciue, III, 50. Milhr.. v. 623', Toutefois le régime est un nom abstrait.

Itiiihe. Iitmlie&u — Selon Alemanl, lombf.Mi est le mot général, qui se dit plus ordinairement des tombeaux élevez, tombe ne se dit que de» caves souterraines c|insoiit dansIcsKgliseset les i:iia|>elles{iVou[i. Rem., 12Ti. — *Fut., A. et A',i|i]i font la distinction suivante :1a iDmhc est une pierre, le loinheaii, un lieu magnifique ou enrichi qui marque qu'on y a enterré quelque personnage de considération. Selon Rîch., (oinAe pour dire sépulcre, est du langage poétique. de même pour L. de Templery [Gfit. et Pol.. 33fl uL suiv.l. Selon Andry, tombe ne se dit plus que dans quelques provinces ( Rpfl., 600j.

tnrla et tortueux — Le premier s'applique seulement à ce qui n'est pas droit : un iHiton lorlu; tortueux à'A plus et désigne une chose qui fait beaucoup de détours: un ruisseau tortueux (.\. de B., Suite, 372^ — Le regard de Iravei-s, nci lorlu. grosse lèvre (La Kont,, III, 115, v. i:i); (je vois les ruisseau.t) Traîner en cercles iorlwux Leurs sources vagaliondes [Racine, IV, -11, Pufl$. ttiv., V. ie-2';.

tragédie et vninfdie — Quand on parle d'une manière générale, toute pièce de theati-e est une comédie. Si on parle d'une pièce en particulier, et s'il v a Heu d'en marquer le cnractere. on dira traijédie : Andromaque est une tragédie ; mais on dira aussi Andromaque est une des plus belles co«Ré</ù>s qui aient paru sur le théâtre. On dit aller à la tragédie, quand il s'agit de pièces de tlieatre qu'on joue dans les collèges, mais dans ce cas seulement iBouhours, nein., 100-102). Voici un exemple, précisément relatir à -Andromaque, où les doux mots alternent : Xm Vicomtesse : en dépil de cotte spirituelle, c'e.sl un chef-d'œuvre surprenant que cette tragédie. — Brastc :.. . Apre^- Madame, j'ay ouy dire qu'Astianax fut précipité du haut d'une tour pnr Ulis.so ; m lis, dans cette comi-die, sa mero le sauve fort subtilement ISubligny, Folle Quer.. a. II. se. 9.

tr.Uler mal, inaltruiler — D'après Vaugelas, le premier ne doit se dire que de la table, bien qu'en ce sens on dise: prieï Dieu pour les lualtrailtés ; maltraiter peut se dire <lc tout. Selon Alemand,Ia question n'est pas encore tranchée et l'usage hésite. Il lui semble pourtant qu'il faut dire : c'est un traiteur qui traite mat son monde ; si on mellail : qui maltraite son monde, il semblerait qu'il ne s'agit pas de la table. Il croit qu'il faut s'en fiera l'oreille (Xoav. Rem., 271-373i. L. de lemplery fait une autre distinction: traiter mat suppose des traitemens qui peuvent aller jusqu'aux coup». maltraiter ne va que jusqu'aux injures et aux menaces Iflen. et Pot., 87-58 . — On trouve maltraiter avec le sens de faire miiuvaise chère chei Pom, et G. Miege : Richelet ne l'accepte plus qu'au passif.

triomphant, triomphal, triumpltaleiir — On dit un homme triomphant cl un arc (rifwii^Aal (L. de Templery, Gen. et Pol., 111), Triomphateur marque un homme qui a triomphé plusieurs fois, tandis que triomphant marque un homme qui triomphe ncluetlemenl (A, de B., Itefl., 091). — Hich. donne

DÉFINITIONS IiK SKNS Et DlSTlNCTKISS DH SÏSONYJlEa ÔiS-

triomphant : qui l'eçnit le Iriompliu, mais il n'a pas triomphateur, qui manque auaai il Duil.; Fui-, nv fuit |ias derùservesur Iriomiihaletir, il eu usl de mùmu Oe A. et A*.

tronquer s'emploie très bien au figuré. Ou l'emploie aussi dans lo propre ; on voyait ces généreux soldats, qiioi-que privez d'uue partie de leurs membres, et presque tous tronquez venir encore au combat. Toutefois on ne dira pas un homme tronqué, pour dire un liommeii qui il manque un bras (A. de B-, Suite. 378). — A. et A* n'admettent guère le mot qu'en parlant de livres et de textes. — Il ôte de cheï lui les branches les plus belles, 11 tronque son verger contre loule raison (La Font., III, 307, v. 25-26).

tacilUnt est bon dans le sens Bguré (A. de B., /fe/I., 696). Selon Renaud, ce motn'esl pas bien établi (Man. de parler, 514). — Q Pom., Duil., G. Micge; * ttich., qui ne l'admet guère au propre. Fur., qui ne donne <|U(> le sens figuré, A. el A* qui donnent les deux s«ns. — La Foy seule a de quoy fixer l'esprit vacillûnl (Bossuet, Ree. rie» Or. fun., 1699, 217, Or. fun. île Marie- Tereie).

vénéneux, venimeux — Ménage se prononce en faveurdeceni'/neuir (0., I, 508). L. de Templery de même {Gen. et PoL, 237). — On ne trouve que uenimeax chez Duil. et G. Miege ; Rîch. déclare vénéneux écorché du latin : ï sa place on dit eeiUmeui, Bouhours acceptait les deui eu propre : des serpens venimeux ou oeneneux; mais au figuré, dit-il, on emploie venimeux seulement [Suite, tW). Pur. le premier parle de plantes veneneutet et d'animaux venimeux. C'est le début de la distinction actuelle. Elle est précisée dans A. et A*, telle qu'on In fait aujourd'hui. — Certaines herbes venimeutea... dont le poison est mortel (Fénelon, TH., X, dans L.).

vieux, ancien, antique — Vieux se dit d'une chose ou d'une personne usée par le temps ou simplement pour marquer l'Age. Ancien marque aussi le temps, mais il s'emploie pour signifier un avantage acquis par le temps : il doit passer devant, puisqu'il cstle plus nnci>n (A. deB.,fîe/I., 50-ril). 11 faut dire l'uricienne Loy et non \a vieille Loy, pour dire la Loy de Moïse, mais on dit \e vieux Testament (Bouhours, D., 103). Le vieux slile s'emploie en matière de Palais pour dire : l'ancienne pratique; et en matière de Langue, pour dire: un stile qui n'est plus en usage (Id., Rem., 23U). Antique se dit d'une chose non seulement vieille, mais qui est faite à l'ancienne mode (A. de B., Refl., 51). — Voir des exemples dans les textes cités au chapitre des mots vieux, p. 229.

ville [en — ,àla — }~- " estreen ville, marque qu'on est à la ville, mais qu'on est sorty de chez soy; estre à la ville marque seulement qu'on est dans la ville, chezsoy ou ailleurs a (A. de B., Heft., 191). Rich. exprime le même avis. De Callières blâmait l'expression être en ville {Bon et mauv. us., 72). Il a bien l'air de vouloir l'exclure tout I fait.

violemenl et viol (Voir tome 111, p. 122). — L'auteur de l'Apotheote du Dict. veut conserver les deux mots, en réservant le premier b l'infraction d'une loi, d'unf ordonnance (171-172). A. et A^ préfèrent viol, quand il s'agit de la violence faite à une fille. — Violement de la clôture (Racine, IV, 391. Uisl. de P.-R.).

Zèle — Ce mot ne se dit que de l'inférieur au supérieur. Quand on s'en sert en parlant des Princes, c'est pour marquer leur religiou (A. de B., ftefl., 712- 713).

Siitolre de ta Langue françiiie. IV. jj

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