ATTITUDE DES ÉCRIVAINS ET DU PUBLIC BS
VOUS écrit I. N'empécheque M. de Sacî refusa de se soumettre aux observations de Bouhours. Commeat y eùt-il conseati, Lui qui se ilemandait si, eu traduisant l'Ecriture ea un style ft peu près clair, il o'avait pas été contre les volontés divines ^? On verra plus loin Barbier d'Aucour et Nicole défendre résolument ceux qui se croient le droit de faire un mot dont ils ont besoin.
Ainsi, les inclinations ne sont point égales, mais elles sont pareilles, et c'est un fait très significatif qu'entre hommes si profondément divisés, les divergences n'aillent pas à une complète opposition de principes. Loin de là. D'un des partis à l'autre on dispute, on se dénonce. 11 arrive souvent qu'un examen de doctrines s'accompagne d'un examen de langage. Or de chaque côté on tâche de prendre l'adversaire en faute, on signale ses solécismes. C'est une façon de lui nuire et de le compromettre. L'un des camps n'est pas pour la règle, l'autre contre elle, mais chacun tâche de prouver que les écrivains du parti adverse l'ont violée. Rien ne marque mieux le respect qu'elle inspire aux deux combattants.
Entre écrivains, entre grammairiens on a fortement bataillé aussi. Il y a eu des jalousies, des coteries, des cabales, Cottn contre Boileau, Pradon ou Subligny contre Racine. Bouhours et Ménage, Andry et Bouhours ont rompu du bois. Un titre en dit long: Guerre civile des François sur la Langue. Toutefois dans cette guerre «ivile, il ne s'est jamais agi de renverser le tr6ne de Vaugelas, mais seulement de l'occuper.
La grammaire et le public. — Que sert, dit le Mercure réprouvé (14), la pureté de langage, si elle n'est accompagnée de (juelque trait d'esprit qui chatouille l'oreille du lecteur, à qui l'on doit s'étudier de plaire plutôt qu'aux grammairiens ' ? Sans doute. Mais le trait d'esprit eût-il sufli sans la pureté de langue ? Le monde d'alors ne l'eût point goûté, il était plus que jamais pas-