‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 2)Chapitre 29 sur 202 · II · texte numérisé non relu

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e dissimuler à moi-même, que j'ai tAché de rendre le langa^^ de l'Ecriture clair, pur, et conforme aux régies de la grammaire : et qui peut ni'assurer ipie ce ne soit pas là une méthode dilTérentc de celle qu'il a plu au Saint-Esprit de dmiûrHEnlrelien de M.deSaci avec Fontanet, cité par Sainte-Beuve. P.-A,, 1. II, «bip. XVIII, t. il, 3St.

3. Voir dans La Chèvre, Bib. des Rtcueilt, 111, 133. diverses pii^ccllcs dont mie lel Ire critique sur les mots hoitiUmeitl, paytn, eichiourme.

Hiiloire de la Langue françtiie. IV. 5

eionné de grammaire . La multiplicité des Remarques et Observations de toute sorte est déjà un symptôme. Il y en a vingt autres. La grammaire entredans les recueils de pièces à la mode. La pureté devient une forme de la politesse. Philaminte la demande à sa servante, nous en rions, et Chrysale s'en indigne. Mais, vingt ans plus tard, des maîtres de belles manières enseigneront qu'elle fait partie de la civilité '. On raille Alcidor, le pédant de grammaire^ mais qui le raille? un puriste renforcé, l'abbé de Bellegarde ^. Ce n'est pas au grammairien qu'il en veut, c'est à l'bomme qui étale son savoir à propos et bors de propos. Evidemment un Dangeau n'était pas l'idéal qu'on se proposait, et Saint-Simon se moque d'une vie consacrée aux rudiments et à Despautêre^. Mais un homme du monde, sans rien affecter, devait pouvoir dire comme La Rochefoucauld : u je possède assez bien ma langue » (I, 7). Lamoignon, autant que don Felibïen, éprouve le besoin d'avoir l'imprimatur de Boubours.

Les femmes en particulier sont enragées de purisme. Les railleries de Molière ne les arrêtent point *. Pour être o précieuses » ou i< illustres », elles ne craignent pas un peu de ridicule. Vers les autres sciences elles n'ont qu'un penchant, des velléités. En grammaire elles savent, elles discutent et tranchent. La doctrine qui fonde, tout sur l'usage les a habituées à s'en donner le droit. Il est hors de doute que certains chapitres de grammairiens se sont inspirés directement des cercles. Rien de plus curieux, par exemple, que de voir le genre de certains noms se régler par galanterie, si bien qu'oa pourrait écrire un piquant article : Les femmes et le genre des noms *. Nous verrons d'autres effets de leur influence, quand nous,

1. Voyci le Naaittu Traité de l» eieilili françoiie, Parii, Villetu, 16flH, S19 (cb VIII, sect. xvi) : <r l'ii ciifant doiUil se servir de miuvaii moU? Non, il ne doit se servir que de ceux qui sont hoancalea, ordinaires, intelliBiblee, non ilTectez el propres au sujet, dnnt un parle. II doit principalement éviter les exprctiions impropres et qui sont meslfcs de barbarismes, comme il »lUt, il p»rU, fêllionê au lieu dédire il ail», il pirlit, noiu allion», cic. 11 doit encore éviter le patois des. provinces, qui est un François corrompu, comme j'ay tombé mon gtnd, tories ce cixeval deTecurie, au lieu de dire /ny liiiêté tomber mon gand, faitei tortir c»

I. • On ne peut pas Taire la moindre faute devant Alcidor, qu'il ne vous Ift reproche niaisement, s'il vous échappe quelque mol contre la juslesse de la langue, il écl&te de rire, cl relevé cette inconfirnité ; il vous cite Vangelas, Ménage et ]v- F. Boahourt, pour achever de vous convaincre ; ei se tournant vers ceux qui composent le cercle, il tcmoi(cne à l'assemblée que vous lui Taites pitié, el qu'il est forl coiit«ntde soi » (Bellcg-, He/lemnn» $ar le ridicule, 58;.

3. L'abbé de Dan|ieuu, dît Mat. Marais (janv. 1733), n'a jamais rien écrit de bon : c'était un dir&cultueux ridicule sur la pureté de Ib lan^cue (Joiirn.. II, 399, éd. de- J.escure], Sur l'Académie de son frère, la Msi-tiiilo, où il jouait un rfile très impot^ tant, voir le Livre des Adreitet de Pnrii, I, 11».

i. noncieux, o. c, B! et 274.

i. Ménage lui-même donne dans ces fadeurs : Les femmes qui di»cnt un»

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