ATTITUDE DES ÉCRIVAINS ET DU PCBLIC
parlerons de l'épuration du lexique. Toute une partie du travail Tait SOT la langue est due à leur présence et quelquefois à leur pression < .
Les écrivains. — Les petits ont le fanatisme de la grAmmaire. Desmarets, Pradon, rappellent sans cesse Boileau à la règle. Un censeur s*attacbe & Madame de La Fayette, un autre à Pascal, un antre à La Bruyère ; chaque fleur a ses pucerons.
Les grands écrivains, qui auraient pu avoir un mouvement de révolte, gardent une attitude plus que déférente. L'on chercherait vainement, je crois, chez les classiques, une page contre Vaugelas ou contre Bouhours, dans laquelle leur méthode soit discutée, où l'on se plaigne même de leur tyrannie. Plusieurs ont fait des réserves sur les excès des rafiineurs. Molière a marqué plusieurs fois son dédain pour le pédautisme grammatical, il était tout de même pour Vaugelas. Il ne raille pas, parce qu'on » perfectionne » le langage, mais seulement parce qu'on a la prétention d'imposer des raffînements à des gens qui n'en ont que faire. Bossuet, après avoir communiqué à Bouhours son Exposition de la Doctrine de VÉglise, proteste qu'il « n'auroit osé espérer qu'un homme dont la plume est si correcte et si délicate, loin d'être rehuté de la simplicité de son style, lui donnât autant de louanges ». Si & chaque instant, dans ses Sermoru, il vante la rusticité des orateurs chrétiens qui osaient discuter avec les maitres de la rhétorique, s'il a l'air de vouloir comme eux renoncera tout ornement, c'est que la tradition impose cette attitude. 11 ne sacrifie pas le fond à la forme, sans doute ; il ne néglige pas pour cela son style ou son langage. A l'occasion, il discutera des expressions de Richard Simon, comme le ferait un puriste.
Boileau aussi a senti à certains jours qu'on abusait. Il lui parais-
oann^e devroient èlrc libres (O., I, lïs); Richelel aussi ; • Comme les dames qui ■ eipriment bien, et qui entendent le tcSlre, disent presque toutes une Epiiade ingtnUait . . .je ferois quctquerais et pour l'amour d'elles, Epiiode fémiain (Genre*,
1. • Certaines petites pelées sous prétexte qu'on les a mises dans le Grand Die-
tionnMirt de* Préeieoiei, pour se moquer d'elles par une Bne ironie qu'elles n'on pairespriLdeconnoistre.pensenlqu'ily va de leur honneur de maintenirrempire deta préciosité ridicule. J'en sçay une qui est devenue tellement enflée de H'eslre vue en ce diction naii'c, avec des louanges qu'on ne luy donnoil que pour l'entester A laTaire détenir encor plus ridicule, qu'elle croid éLre la surinlendsnte des Fr^cieutet, et devoir régler tout ce qui les concerne. Elle ■ tant de vanité qu'elle appelle sa ruelle U • polissoir des esprits >, et lient que c'est chei elle seulement qu'on leur peut donner le beau tour. Elle afTecle de ne parler qu'en termes qui soyent de sa façon, et veut que les autres s'en servent A l'exclusion de tous ceux qui ont esté inventez par ka Bcclati-ices de la Préciosité. Elles substitué • irrision > en la place de • Elisée >; elle use Tort du terme de - Pruderie •, et de ccluy de • Ridiculité >, et l'on m'a dit que depuis peu elle appelle le vitrage le «Transparent de la maison >; le lit • le Domicile du sommeil et des songes »; le miroir, le • Fidelle Conseiller du visage», et les autres choses pardes noms aussi saugrenus. — O la ridicule prdcîe aie ! • (Robinet, Panégyriqat dr r École de* femm**, 1661, éd. Jacob, 27-18).
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sait injuste que l'Académie ne trouvât dansTAriiitippe de Balzac que des mots à éplucher', mais il a, comme ses confrères, travaillé au Dictionnaire, et rien ne nous autorise à supposer qu'il ait eu des idées plus libérales qu'eux. Le fond de sa pensée est bien dans les vers célèbres :
Surtout, qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain vous me frappez d'un son mélodieux.
Si le terme est impropre, ou le tour vicieux.
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,
Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisihe.
Sans la langue, en un mot, l'auleur le plus divin.
Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.
(Art Poétique, ch. I", v. 155-162).
L'humilité de Racine était parfaitement sincère, quand il écrivait au P. Bouhours : « Je vous envoie les quatre premiers actes de ma tragédie et je vous envoierai le cinquième, dès que je l'aurai transcrit. Je vous supplie, mon Révérend Père, de prendre la peine de les lire, et de marquer les fautes que je puis avoir faites contre la langue, dont vous âtes un de nos plus excellents maîtres » (VI, S15-6) ^, Bayle lui-même, à certains jours, fait la grimace sur un motde Molière^. A dire vrai, si tous n'ont pas la superstition de la grammaire, ils en ont au moins le respect.
Au reste, presque tous les écrivains de marque ont fait partie de l'Académie. Us assistent peut-être irrégulièrement, comme les autres membres, aux séances où on achève l'œuvre du Dictionnaire, où on discute sur des points de grammaire. Nous ne savons pas ce qu'ils ont proposé ou accepté, mais nulle part ils ne nous ont dit ni leurs répugnances, ni même leur ennui. 11 semble tout au contraire qu'ils aient docilement pris leur part de l'œuvre commune. Peut-être souffraient-Us, à certains jours, ainsi que l'affirme Char-
1. <r Ces M" y examinent présentement l'A rit (ippe dcBaUac, et tout cet examen se réduit à lui Taire quelque* misérables oriliqucs sur la langue > {Corr. dt Bail.
e(flr<M>.,XX, p. 43).
2. Cf. " Je vous envoie, mon itévérend Père, trois exemplaires de nos harangues académiques. Je vous prie de tout mon cccur d'en vouloir donner un au R. P. Rapin. et un au R. P. de la Baune. J'ai bien peur que vous ne trouviez sur le papier bien des fautes, que ma prononciation vous avoit déguisées ; mais j'espère que vous les excuserez un peu, cl que l'amilié que vous avez pour moi aidera peut-être aulanl i vous éblouir que ma déclamation l'a pu faire. Je suis de tout cœur votre très humble, clc ■ (Id., Janvier 16S5, VI, 5ïe-!7).
3. Il On voit dans le mémo poiime MArquU repoatiabU, terme barbare. On y voit prevennitt aniss, autre terme barbare; car le mot prévenant n'est en usage qu'au figuré, et ne signille pas un homme qui est passé devant d'autres • (Rayle, ûi'cfionn. , art. Poqualjn].
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pentier, devoir l'excès de sévérité où l'on tombait '. Ils avaient toutefois conscience que leur temps créait une chose qui n'avait pas encore existé : une lan^e réglée d'un commun accord entre les grammairiens qui légiféraient, les auteurs qui s'en servaient et le public qui la lisait.
Les BÉ31STAXCKS TACITES. QUELQUES INDÉPENDANCES. — Ce qui précède ne tend pas à prouver que la soumission aux arrêts des puristes a été uniforme chez tous les écrivains. Sans cela on n'eût pas fait de nos jours les études ou les lexiques qui ont paru, ou bien ils ne seraient pas ce qu'ils sont, car, à l'analyse, le dépouillement des textes eût donné un résultat identique, ce qui n'est pas. Entre La Fontaine et M™* Deshoulières, Molière et Racine, Bossuet et Saint- Simon, il y a non seulement une difFérence de style, mais certaines différences de langue, qui consistent en autre chose qu'en un emploi variable d'un fonds commun.
C'est que d'abord plusieurs auteurs se sont affranchis, sans eu rien dire, des prescriptions qui pesaient sureux. Quelques-uns r étaient dans une certaine mesure autoriséspar les grammairiens euxmêmes ; c'étaient d'abord les écrivains u comiques, satiriques et burlesques », que Vaugelas avait déjà mis hors de cause. Quand le genre eut produit Molière, quand il fallut reconnaître qu'il avait sa noblesse, on s'avisa — fort injustement — de reprocher au poète de n'avoir pas évité le jargon et le barbarisme. Mais Molière eût eu les textes pour lui. Cela est si vrai que Racine lui-même n'a pas gardé, dans Les Plaideurs, les scrupules qu'il montrait ailleurs. La FoDtaine eût pu exciper d'une tolérance analogue ; il composait dans UD genre non classé, qui ne commença d'exister qu'après lui et par lui. Comme Molière, et plus que lui, il eût sans doute été indépendant par caractère ; il se trouvait être en outre, par profession, à peu près libre. Aussi sa langueest-elle justemen t le contraire de la langue poétique du temps ; une grande partie de son charme est fait de toutes les audaces que l'on condamnait. Il faut en dire autant des iMlret que des comédies ou des fables. Faites ou non pour le public, elles participent des libertés de la conversation. Et cela explique que Chapelain lui-même s'en donne librement, et emprunte ou compose des mots comme M°"de Sévigné ou Bussy, avec le goût seulemeat et la grâce en moins. Voilà déjà un certain nombre de gens
I. ■ Elle (la langue franfoise) n'ett que tropsevere. Elle n'est que trop chasliée, et no) EKrivains s'en plaignent tous les jours, dans les dilllcullet qui naissent de sa pindc exactitude. C'est une langue toute naturelle, toute de bon sens ■■ (Charpent., EiccU.de la L. Fr.,377-B].
en marge des règles I Et il faudrait mettre avec eux les auteurs de mémoires, les énidits, les écrivains scientifiques. Un Saint-Simon eût désespéré, je ne dis pas Bouhours, maïs même Vau^elas.
Or à cette première classe viendrait s'ajouter encore celle des hommes qui, ayant plus souci des choses que des mots, ou tout au moins, ayant des choses à dire, se sont un peu élargis, quand les règles leur paraissaient trop étroites. Nous en avons vu quelquesuns en revendiquer le droit. D'autres, comme Bossuet, se sont licenciés sans en rien dire, lorsqu'il le fallait. Les archaïsmes sont très nombreux dans certaines de ses œuvres, les latinismes ne le sont pas moins. Et Massillon, Bourdaloue ne se sont pas plaint non plus, à l'occasion, un mot dont ils avalent besoin. Malgré la censure de Bouhours, le style jésuite prenait parfois les licences du style janséniste.
On comprend pourquoi je ne puis pas poursuivre cette revue. Il est hors de mon sujet d'étudier quel usage chacun de nos écrivains a fait de la langue ; c'est affaire à ceux qui analysent leur talent d'analyser aussi leurs moyens d'expression. Je voulais marquer seulement que, pour des causes diverses, un certain nombre de ceux que nous comptons comme les plus grands ne se sont pas astreints à une régularité toute passive.
En outre, parmi ceux que leur genre et leur tempérament portait à accepter la contrainte, encore en est-il que leur génie a défendus au moins de la servilité. Marty-Laveaux a démontré {Lex, de Rac, Préf.) que le plus considérable d'entre eux. Racine, s'il n'est pas un inventeur de mots, a du moins conservé dans ses tragédies des termes familiers, qui paraissaient d'un emploi hardi, et qu'il a créé beaucoup d'expressions neuves, d'alliances de mots et de tours de phrase inconnus. Ilya mieux, et je citerai plus loin des mots ou des expressions condamnés par des grammairiens, qui ont réussi malgré eux. Une quantité de vocables nouveaux, ignorés de l'Académie, de Richelet, et même de Furetière, se rencontrent dans des textes qui ne sont ni des lettres, ni des bouffonneries.
Tout ce que les remarqueurs ont déclaré hors du bon usage, pour être familier ou vieilli, ne s'en est pas trouvé perdu sans recours. Des mots, soi-disant supprimés, sont parvenus à vivre, sans toujours reprendre cependant le rang qu'ils avaient. Les irrégularités grammaticales pullulent de même, comme on le verra par la suite.
Ces réserves ne vont pas à nier l'immense influence des grammairiens. Si elle avait été moindre, il eât fallu faire ce livre autrement. Je devais observer seulement que leur autorité n'avait pas été
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absolue, parce qu'elle ne pouvait pas l'être. Mais elle ne fera que grandir, et si la langue de 1660 àlTlS n'est pas encore tout à fait la leur, le plus souvent ce n'est pas qu'on prétende s'émanciper de leur doctrine, c'est que cette doctrine n'est pas assez nette ou assez ferme pour qu'on puisse la suivre en toute sûreté. En somme beaucoup de péchés d'omission et d'i^orance, peu de péchés d'intention.
Cependant, à la fin du règne, pendant cette période où tout le bel édifice se lézarde désastreusement, quelques symptômes de lassitude, quelques velléités d'indépendance se marquent chez certains écrivains. La Bruyère n'est point contre la règle, ce serait lui taire tort que de le poser en révolté . Parmi les mérites qu'il reconnaît à Richelieu, ne le félicite-t-it pas d'avoir su quelle est la nécessité de la grammaire, base et fondement des autres sciences {Diêc. A VA., II, 459)? N'a-t-U pas exprimé ses regrets que les femmes ne soient pas toujours correctes, et que Molière n'ait pas évité le jai^on et le barbarisme (I, 128]? On pourrait citer d'autres textes, dont celui-ci, qui est la reconnaissance du travail accompli : L'on écrit régulièrement depuis vingt années ; l'on est esclave de la construction ;... l'on a mis enfin dans le discours tout l'ordre et toute la netteté dont il est capable : cela conduit insensiblement à y mettre de l'esprit (éd. 4,1, 147). Un autre est plus formel encore : « L'on doit avoir une diction pure, et user de termes qui soient propres >< (éd. 4, I, 146).
Mais ailleurs combien de fois sent-on un regret, et comme un blâme réservé ! Le célèbre passage du chapitre De quelques usages conclut bien que la raison veut qu'on suive l'usage, mais il énumère les pertes subies, et laisse apercevoir les inconvénients du système qui empêche les forces créatrices de faire leur œuvre et de donner satisfaction aux besoins <. La Bruyère voit l'étroitesse de certaines r^les : « L'on peut en une sorte d'écrits hasarder de certaines expressions, userde termes transposés et qui peignent vivement, et plaindre ceux qui ne sentent pas le plaisir qu'il y a à s'en servir ou à les entendre » (I, 149-130), Quand il constate ailleurs qu'il est peut-être moins difficile aux rares génies de rencontrer le grand et le sublime que d'éviter toutes sortes de fautes (1, 125), n'est-ce pas une façon de se plaindre de la contrainte? Enfin, une fois au moins il a dit leur fait aux puristes. « Ils sont comme pétris de phrases et de petits tours
1. • Esl-ce donc faire pour le progrès d'une langrue, que de détéreri l'usage? Scroit- ■1 mieux de secouer le joug de son empire si despotique? FaudroiUil, dans une Itngue vivante, écouter la seule raison, qui prfvicnl les équivoques, suit la racine ties mots et le rapport qu'ils ont avec les langues originaires dont ils sottt sortis, si la wison d'ailleurs veut qu'on suive l'usage? >> (éd. "!, IL, 215).
^i IIISTOIBi; DE [.A LA^riLE FRANÇAISE
d*expresslon, concertés dans leur ^esle et dans tout leur maintien ; ils soDtpuris/«s,et ne hasardent pas le moindre mot, quand il devroit faire le plus bel elFet du monde; rien d'heureux ne leur échappe, rien ne coule de source et avec liberté : ils parlent proprement et ennuyeusement " (I, 223).
Il me paraît hors de doute qu'il n'avait point pour 1' « art « la condescendance sans limite de certains autres, il sentait que l'homme dont l'esprit est vaste, sort de cet art pour l'ennoblir, et s'écarte des règles, si elles ne le conduisent pas au grand et au sublime, « toujourssûr et coniirmé par le succès des avantages que l'on tire parfois der irrégula ri té » (1, 1 il). Mais il n'a formellement dit nulle part quecette indépendance à l'égard de la rhétorique ou de la poétique pouvait être étendue à la grammaire.
Seul Fénelon, avec la hardie originalité de son esprit, s'avoue nettement hostile aux superstitions régnantes. Il n'y a point à essayer d'alFaiblir lu portée de la doctrine contenue dans le « Projet d'enrichir la langue ». C'est la négation même des théories reçues sur le néologisme, et ne nous étonnons point qu'elle ait été tenue pour une des plus chimériques productions de cet esprit hasardeux. Il convient toutefois de rapprocher ce passage de plusieurs autres, qui en marqueront exactement le caractère. U n'y est question, que des mots et non de la manière de les assembler. Au reste, même dans ce chapitre, il ne s'agit point de supprimer toute autorité. Comment cette idée se concilierait-elle avec le projet de faire une grammaire française? N'y est-il pas dit que la plupart des Français auraient quelquefois besoin de consulter la règle ? « Ils n'ont appris leur langue que par le seul usage, et l'usage a quelques défauts en tous lieux. Chaque province a les siens ; Paris n'en est pas exempt. La Cour même se ressent un peu du langage de Paris, où les enfants de la plus haute condition sont d'ordinaire élevés. Les personnes les plus polies ont de la peine à se corriger sur certaines façons de parler, qu'elles ont prises pendant leur enfance en Gascogne, en Normandie ou à Paris même par le commerce desdomestiques » [IM. à l'Acad., ch. II), Les Grecs et les Romains s'appliquaient dans un âge mûr à la lecture des grammairiens. Il faut les imiter pour « remarquer les règles, les exceptions, les étymolt^es, les sens figurés, l'artifice de toute la langue, et ses variations » [Ib.) *. C'est là le ton d'un homme qui n'est point d'accord avec les gram-
1. Le texte primiUr, donna par M, l'abbé Urbain dans un très curieux iHicle, R.H.L., 1899, p. 367, n'est pas essentiellement di Itèrent, qu«nt auxiddes. Valincour, lui, cherche tous les moyens de donner à la grammaire une autorité plus grande. Les-
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mairiens sur tous les points, Dfiais qui ne leur contesta nullement le droit déjouer un rôle, et d'exercer leur autorité.
observations publiées sur les Remarques de Vau)^las sonl de » stgoA décisions -, suiqui^lles il Bc Tautlenirel dont l'Académie devrait accroître le nombre. " 11 Trudroit convenir que tous les académiciens ciui sonl A Paris seroient obligés d'apporter par écrit ou d'envoyer chaque jour d'assemblée une question sur la langue, telle qu'ils jugeroienl A propos, sans même se mettre en peine de savoir si elle aura déjà ^lé traitiie par le P. Bouhoui-s, par Ménage ou par d'autres. • A disque séance on s'en occuperait, après avoir donné une lieureau Diclionnaii'C ; ces remarques porteraient sur des textes qui présenteront des Taçons de parler qui le mériteront, ou par leur i-légance, ou par leur irrégularité, ce sera pour les Français un moyen sur de développer le fonds de notre langue, qui n'est pas encore parfaitement connue. • De ces remarques on pourroiL aisément former le pland'une nouvelle Grammaire françolsc ; cl elle seroit peut-être la seule bonne qu'on ail vue jusqu'à présent. ■ Ces remarques publiées dans l'intervalle des éditions du Dictionnaire seraient > le journal de notre liDfTue. et ledépAti'temcIde tous les changements que Tera l'usage. " Ce Journal pourrait paraître tous les trois mois [Mém., ch. 1).