DÉSIR CÉNÉRAI. DE RÉFORME CHEZ LES UAITRES
je le montrerai par la suite. 11 faut cependant faire des exceptions. Ainsi, en Allemagne, Duez est plus que réservé, il est Iranchement liostile à la réforme '- Dana la Préface du Dictionnaire franç&ia- ^lUmand de 1663, il combat trois des changements les plus généralement proposés; 1" la réduction des consonnes doubles : miene, <lisiper, excelent, car elles ont pour effet de donner une prononciation particulière à la syllabe précédente; 2" la suppression des. Cela confond le masculin avec l'e ouvert ; 3° le remplacement de ;i par i. Il y a là une confusion, car y est nécessaire entre deux voyelles : ayant, et même au début des mots yvrongne. En présence des témérités de quelques-uns, il pense même qu'il ne devroit être loisible à personne de toucher à l'orthographe pas plus qu'aux monnaies, « sans la commission des princes » ; » il faudroit que certains personnages fussent commis et ordonnés pour cela, et que défense expresse fut faite à tout les autres de s'en mesler » -. L'idée de faire intervenir l'État dans cette affaire, où on m'a accusé d'avoir introduit le « socialisme grammatical » a, on le voit, une certaine ancienneté. Les adversaires se rencontraient à la proposer à ces .socialistes qui s'appelaient Richelieu et Louis XIV.
Quelques Français établis à l'étranger sont conservateurs, eux aussi, ainsi le P. Chifllet ^, Il ne voit pas l'intérêt qu'il y aurait à régler l'orthographe sur la prononciation ^ on créerait inutilement de ridicules équivoques (ord, or ; os, aulx, eaux ; poids, poix, pois), et OD mettrait une fâcheuse dissemblance entre des paroles qui naissent d une même racine '. « M. de Laval, le P. Monet en son Dictionaire, et d'autres prétendus reformateurs de l'Orthographe Françoise, ont travaillé en vain, quoy que leur intention ait esté bonne. Aussi voyons-nous, que pour trois ou quatre semblables corrupteurs de nostre écriture, tout le reste des Sçavans a tenu bon, et s'est conservé dans la modération, sans se laisser emporter à ces
1. Dans le Dictionnaire iUlientt frinçoU, imprimé (.-hBiJcan Elicvier, Lcidc. ISfiO, Duci csl moins rjtrotcrailc : pcul-étro faul-il vuir dans celle contradicLioii un elTet de l'influence des inipriraeurg. Ndanmoina l'auteur diiclare aussi qu'il ne veul suivi'e une orthographe ■< ny trop ancienne, ny trop capricieuse, comme est =ellc de plusieurs ■nodemes, lesquels voulans mieux faire que les anciens, font beaucoup plus mal ».