Crotatoire (de Callières. .Volt h la mode, 9i
11.. Malheur pour lors A qui est exposé i Tenti-elien d'un tel personnase ! combien de jolies phrases lui faudra-t-il essuyer ! combien de ecs mots aventuriers qui paroissent subitement, durent un temps, ut que bienli^l on ne revoit plus « [La Bruy., Caract. 1, 110,).
12. Qne vousimporlJ! que Fii as fine a ITecte un jargon pour se distinguer, et qu'elle répète vingt fois dans un quart-d 'heure, un mot qui ne fait que de naitre : les Favoris decïtte espèce ne tirent pas* conscquenee (BelleR., Re/T. tarie rid., 19Î-31. Cf. Il y « peu de personnes qui n'aient leur mot fnvori, qu'il» répètent sans cesse, à qui ils ont donné leur ca-ur et leur tendresse (7/j,. 280-lj; C'est un vice,... de faire parade
LE LARGAGE A LA MODE. LA. aiOt>E DE LA PAUVRETÉ ^21
passe-partout, dignes remplaçants du car p.nfin de la génération précédente, dont l'usage se survivait '. Les exclamations et les formules superlatives, jouaient le premier rôle dans ces « mots de poche », les unes modestes, comme assez", les autres excef<sives et enthousiastes : par merveille ^, en perfection '; il n'est pas permis d'avoir tant d'esprit ■', on n'y peut tenir '', cela esl violent ', voilà
trop Houvenl de certains muls qu'on appelle favoris, ou mots de poche, parce qu'on s'en sert A tout propos (Leven de Tenipl.. Entr. A Madonle. 410).
1. Car en/in est siRnali: par de Catliilres [MoU i ta mode, 101. La faveur <le l'expression datait de loin : Car en/in n'attends pas do mon aReclioii L'n lAche repentir d'une bonne action (Corn., III, lâl, Cid,v. H7Ij. Marly- La veaux signale dans son Ltx. de Corn. (Coiti., XI, 153), iiu passage du /'arnaise réforme de Guérel Tnisanl allusion à cette vogue de car enfiit. — *A., A'. — Car enfin, ma princesse il faut nous séparer (Kacine, II, as, fier., V. lOSl); Car enfin je me sens un élran};e dépit (Mol., IX, 133, t\ «ae-, V. 851 ; VUE, 570, Escxrb., se. 2].
3. Astes.i eu croire B ou lioura, aurait été à la mude. [1 cite des expressions comme : cela est aiies de mon Roùt, j'entre aues dans ce sentiment. Il en est de même de trop lEnlr., »!). Selon SorcI, asse: serait d'un emploi pinsi-égulier que Irtip (Conn. dea b. Uv., IS72, 412, 452). L. de Templ. (/.e Génie «lia PoUteiie de U Lang. fr., 17) constate que le mot l'ie s'employait d'abord qu'en bonne part, mais qu'il s'emploie aussi en mauvaise lajiieï mécliant). elenlln absolument (je comprends a»es). — Vous aveiTicil fripon, lamine un peu coquellc... Le teintaiieiuni, le poil êttes blondin, Lespieds fort bien tournés, le geste aise: badin. L'air fort escarbillard, et les mains aites blanches (Monlll., Ec.dei jat., a. il, se. S;.
3. Merveitte (par — ). - Les jeunes gens... placent celte façon de parler dans toutes leurs conversations; les Dames ne manquent de les imiter en cela, et j'entendis dire l'autre jour à une jeune Uame de qualité qui venoit de ehei un de nos Ministres, dont elle avoit été bien reçeuc. Monsieur.,, m'a /'aifparmenieill.e... Je suis résolu de m'en tenir à l'ancienne manière qui est de dire. Monsieur un tel dance ou chante 1 merveitte, et je ne conseillerai jamais... i une jolie femme de dire que quelqu'un lui/ a fait par merveitte, pour dire qu'il l'a bien reçeuê " (de Calliércs, Mol» A la mode, llî-3). — © tous les lexiques.
i. Perfection. De CalliÉres ne voit pas de raison pour dire Madame la Princesse de Conty est belle â ta perfection, puisque l'usage universellement reconnu est de dire qu'elle eslpar/'aifemenl belle ou belle enjper/'eclioii (Motià la Mode, 114;. — Pur. et A. donnent «n perfection ; A' cite de plu^ i tu perfection, mais comme étant du style familier. — J'ni eu une grande conversation avec M. le Camus.. . il est instruit A laper/'ecfion (Sév., Il, 499-^00).
a. Ferma (il n'est pas — ). De Caillières (Moti à U Mode. 114-116) signale que les jeunes gens, pour louer quelqu'un qui excelle en quelque chose disent : il n'est pat permit d'avoir l'esprit aussi vif et aussi éclairé,. . . que Mademoiselle,. . . il n'est pas permis d'avoir autant d'esprit et de valeur que Monsieur le Duc du Maine, Il blAme cette expression ; il est non seulement très permis, mais encore très necessaii'e d'imiter les tielles qualitez des autres. Cette manière de parler ne peut s'employer avec justesse que dans un sens opposé, comme quand on dit qu'il n'est pas permis d'être vicieux ou impie.
>lde Philaminlc : Ah ! peut-on y (enir ? (Mol., IX, 97, ssion Alamod^' (de Callii^rcs, Jfofs à la Mode, 7), conforme d ailleurs a un sens courant du mot, et qui est dans tous les lexiques.
7. Violent. Le mol était & la mode dans une expression comme : cela est ciofenf (de Callières. Mofs à ta Mode. 51}. Cela est /'orf était une expression plus nouvelle encore (Id., Ib.. 5t-5j, —* A., A». — En vérité, voilà qui e-t tJiofenf, de ne pouvoir pas avoir un laquais pour donner des sièges (Mol-, 'VIII, JSi, Etcarb., se. 2); La question csl un peu violente (Id., VU, 443, Am. magn., a. III. se, 1); Il se dispose à vous envoyer saisir par tout où vous seres. — C^la esl riotent (Du Verdier, le Ftallenr, a. V, se. î).
ce qui s'appelle régalant <. Ces « phrases » eufsent-elles été très répandues, qu'elles ne pouvaient rien changer à l'histoire de la langue. Elles ont fait la fortune provisoire de quelques adjectifs, /oii - d'abord, (^ros surtout^. Mais l'homme de Cour véritable,
I. Appeler. SeloiideCal\iire*{MoU àla Mode. 7.13). c'aurait été uno mode d'user de la locution : ce qai l'appelle. On ne trouve rien à ce sujet dan* les lexiques. — J'ai vfl l'Inconnu, moi. le vrai, ee qui t'appelU L'Inconnu nigalanl ; le vALre. bagatelle. (Th. Corn., Vlnconnu, a. IV, se. a^; Voilà et qait' appelle Ma garçon fait au lour (Elegnard, le Bal, k. 9) : Dès le premier jour que je vous via, vous fûtes ce qni t'appelle absolument souveraine de mes volonUi (Du Verdier, U FhlUar, a. IV, se. I).
1. Bouhours conetate qu'il e«t fort employé par les femmes (R«m., ISlj. En particulier, il t-tait employé comme substantif, ce que Bcllejirarde iEteg,, IQS; désapprouve fort. MaissurtoutdeCallièrcsctBoiirsaulL se «ont élcvésconlre l'emploi du mot dans des expressions comme joli nRlcicr. joli ((énéral. Madame JOBse, qui parle même de ■li-atégie. prétend que « Feu Monsieur de Turennc. et feu Monsieur le Prince. L'un pour temporiser et 1as«cr l'Allemand; L'autre piiur foudroyer Espaicnol el Hamand ; Ont été... les deux plus joiU Hommes Que la Fi-oncc ait piiiduil dans le siècle où nous sommes • (Boursault, Mott à la mode, se. 11). Il n'y a pour s'opposer é son avis que M. Brkc. mais il est vrai que « Les mots les plus j'oli'i sont par lui censurez • (Id., ib.. se. Xj. — * Uuil. donne : il m'a fail un joli trait; Rich. : cela passe le joli; Pur., id., et il s'est fait j'oli garçon; A. et A* donnent: il a fail de jolie» actions è la guerre. — Et, plus — que tous monsieur Joly (Qui passe vrayment le jo'jr) Faiioit des sermons admirables |Loret. i janv, 165-1, v. ISOj; A montré, leComeilleestjolt quelquefois,Despréaui, Sal. ni, V. l»'î] ; J'en scais un...Q u'on ne feroit pas mieux quand on le ferotl peindre : Fier sans être orgueilleux; doux, sans *tre soumis; Estime des soldats et craint des ennemis; Enfin ce qu'on appelle undes plus jolù hommes, Qu'on ait va de long-tems A la Cour où nous sommes (Uoursault. Esope k la Cour, h. IV. se. 3) ; l'Os François sont joli$ assurément : il faut que tout leur cMc pour les actions d'iïclat cl de témérité (Sévi(n>^< IH, l^''); le marquis est arrivé depuis deux Jours, très j'oli; mais la lièvre lui reprit hier (Ëad., Anlogr., \, 19; Ondisi>it de quelqu'un qu'il était joli i manger (Boursaull. Molt à la mode, se. i; cf. de Callièi'es. ifolt i la mode. IDI]. — Voir le Lex. de Mol. par l.iveL.
3. Gros. La vo^ue de ce mot a été et Irn ordinaire. Bouhours dit : ■ on l'emploie au sens de gra:td ; une grotte fortune, une grotte passion ; il a été 1res usité et l'est encore : i^roi lot, groi mariage, grot jeu, grotte pension, !rro5Se armi^e, grotte faute, ffrojje querelle. gro»M fnim.i/ro» temps. yro< vent» (Suife, SI': et suiv.).Cerlain»ilc ces emplois ont subsisté, mais d'autres n'ont eu qu'un temps. Nous ne dirions pas que 'a cour a de grot charmes, mais qu'il faut être femme d'un i^ro* Seigneur... et y fcire groite figure pour en goûter tous les plaisirs (de Callières, Afofi A la mode, 6). ni que les femmes d'une grotte qualité, d'une grotte considération, d'une grotte distinction soient plus polies, et parlent mieux que les femmes ordinaires (Id.. Ib.. 11).
Si Madame Josse trouvait que rien n'est mieux dit que grottet vertus, il y avait toutefois des gens pour Jeter contre le mot de^roi. feux et llammcs, au risque d'être lapidés par les Danics i Roui'sault. Uott à U mode. se. n). De Celli^res avait fait protester son commandeur contre ceux qui disent un grot seigneur ; Faul-il. pour parler & la mode, que nous disions le gros Turc, le qroi Visir... le .^roi Chambellan? Alexandre le Grand dcviendra-t-it le grot Alexandre? Et pourquoi ne pas dire une épaisse qualité, une épaisse distinction (.tfofi il la mode. Il et suiv.). Voici une chanson satirique rontfc le mol en logue ;
Une grotte beauté dérange la cervelle.
Et fait pousser de grot soupirs,
La grotte qualité peut flatter nos désirs.
On se donne des airs et l'on s'enlétc d'elle,
Mais avec un gros bien on a ce qui s'appelle,
Un ^ros bonheur, de i; rns plaisirs.
(Id., /b..ï3fl.) Saint-ltéal. reprochant à Andry d'avoir approuvé cet emploi du mol dans des