‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 136 sur 259 · Voir Thurol, o. c, II · texte numérisé non relu

Voir Thurol, o. c, II

3. Les dames de Paris disent, suivant lui : « Nous avon disne en ung iardin, et y avon mendie des prune blanche et noire, des amende doulce et amere, des figne molle, des pome, des poyre, et des yruselle (Champfleury, 57 r*).

4. Voir la bibliographie dans lcya/ire»fcertc/i< de Vollmocller, VI, 1,242-43.

5. Voir t. I, p. 412. A ce que j'en ai dit là, ajouter qu'il y a dt^jà des exemples dani Guil. de D/)le : bour/o(> ; auotrf(r>93); lanje : voiaye (1866); vert: vallel (507), etc. Cr. Introd. de l'édition Servois, p. xli.

Il taut faire des distinctions suivant les différentes catégories de mots.

Après ç, r est restée : le fer, l'hiver. Après e , r est tombée dans les infinitifs en er\ Robert Estienne le constate, H. Estienne trouve cet usage bas, il n'en a pas moins prévalu lentement. De même, r disparait dans les substantifs en er, ier [conseiller, mestier, papier)^ mais pas encore dans les adjectifs [léger). Cf. Thur., o. c, II, 148 et s.

Les habitudes des versificateurs ne changèrent point pour cela, et les rimes ici ne peuvent pas être consultées. Elles sont souvent ou traditionnelles, ou dialectales, et à les en croire, r se serait prononcée partout. Ex. :

Juppiter : visiter (Mar., III, 255); Luther: interpréter [là., I, 59); Juppiter : despiter (I, 10, III, 165) ; aller : air {Id., III, 159) ; cercler : cler (Id., III, 139); fier : se fier (Id., I, 236); chair : toucher (Id., I, 131); amer: aymer (Id., I, 84; Marg. de la Marg., IV, 128); mer: estimer [Mslt., III, 10); mer: chommer (Id., III, 244) ; cher : cacher (Id.. I, 210 : enfer: descoifer (Id., I, 283), etc., etc..

Cependant on observe des confusions de participes et d'infinitifs qui ne s'expliquent que par la chute de r : Laquelle chose si on eust observer (G. Far., dans Herm., C, I, 247, an. 1524); cf. veult demouré à son oppinion (Touss. à Farel, ib., I, 387, an. 1525).

Après i, r tombe dans les infinitifs en ir, et Tabourot accepte cette prononciation '. 11 tombe aussi dans les noms comme plaisir, désir, où Estienne constate cette habitude que Maupas acceptera encore (Thur., o. c, II, 161).

Après eu, r tombe dans les noms d'agents et les adjectifs: resveu, quereleu (Thur., o. c, II, 165 ; Je n'ai d'exemples que devant s : jamais ingénieux ne furent plus empressez à l'assaut (Paliss., 90, Cap). Queprocureux etadvocas{Y{. de Coll., Sat.p. leshab. d'Aux.^ OEuv., 14); lahoureux [Farce de Folle Bob., 185, Pic, Sot., 1, -•*)0) -. D'où le rébus cité par Tabourot, Big., 20 r" : des chats qui scient un plot de bois : aux chassieux.

Pour r après ou les témoignages manquent. Les rimes que j'ai

i . On trouve dans une chanson : Est-ce pour le salaire qu'il vous a bien servir (Ch. hisl.. Pic, R. h. i., I, 301). M. Picot, en commentant cette confusion, dit qu'elle semble indiquer que l'auteur était Flamand, et il renvoie au Mistère de S. Adrien, imprimé par lui pour Roxburghe Club. .le la crois plus généralement répandue.

2. fur reste dans les abstraits comme blancheur, dont l'analogie a dû plus que toute autre cause le ramener ailleurs; on trouve cependant hamears : crens (Jod.. II, 117 et 362. M.-L.).

sont comme les précédentes, r y est suivie de s : vous : fousjours [Farce des '2 j . fem.^ 219-220, Pic. et Nyr.). Cf. tousjours : coups {ib., V. 243-244)'.

Après o, r tombe : accort : sot (Bell., II, 486, M.-L.).

De là la confusion de suppost et de support : Les destinées du trop ferme propos M'ont tost osté mon plus ferme suppost [Poésies attr. à Cl. Marot, 1731 , V, 355. G. Sup'. Cf. ib. d'autres exemples) -.

Après oi, r tombe dans les substantifs en oir^ Peletier écrit terroe (terroir) •^, et cela se conservera dans quelques-uns jusqu'au temps d'Oudin (Thur., o. c, II, 149). De là le rébus du Bourguignon faisant peindre en son enseigne des poulets (poulets) noirs : Aux Poulonois (Tabour., Big., 20 r"). Cf. une autre facétie du même, d'un écolier qui s'est obligé de vingt livres tout noirs = vingt livres tournois [ib., 39 r°).

Des retours ultérieurs ont fait reparaître r dans plusieurs cas, mais toutes les conséquences de l'amuissement commencé n'ont pas été effacées, ainsi que nous le verrons dans la Morphologie.

Consonnes MÉDiALEs. — s médial. Devantconsonne, s était tombée depuis longtemps, que la consonne fût une sonore ou une sourde.

Mais il existait un grand nombre de mots savants, italiens, espagnols, ou méridionaux, où s était prononcée : poste, escourre, mascaron, pasquin, bastion, plastron, jasmin, cabestan, mousquet, gaspiller, Gascogne, mesquin.

L'influence de ces mots nouveaux était grande. Les gens du Midi faisaient entendre s dans les mots populaires, la graphie l'y conservait pour marquer la longueur de la voyelle. Aussi, (juelque étrangère que fût cette prononciation au peuple (il y a là-dessus un texte curieux de H. Estienne, Hijp., 88), les restitutions commencent, il y a des gens qui disent chascun, escueil, apprester, et même honneste (Thur., II, 326-329).

Toutefois la tendance à supprimer s était encore assez forte pour entraîner l'amuissement de s dans un assez grand nombre de mots ou savants ou italiens qui l'avaient : translation, satisfaire^ bosquet, escarmoucher, escornc (Thur., o.c, II, 320-326).

Thurot (II, 324) sem))le croire que Tabourot est seul à admettre

1. Cf. à l'alonc ho us sou /'fié d'orijueil fJ. d'Aut.. Chron. de L. Ml, IV. 90).

2. Pour .ir, je n'ai KUt"'i"t' trouve que des exemples où a{r)s rime avec .'loldats. Or il faut sans doute lire soldarls. Ainsi : soldats : paris {Ch. de 1587. Ch. hist. Ler. de L., II. 430); eilandars : soldais (C/i. 1590, ib., II, 515); rempars soldais (Uons., V, 25, M.-L.); comparez cependant pars: les pas (Hons., III, 433, M.-L.}; bas: couarls (Ch. hUl., Ler. de L., 11,4.10).

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