‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 169 sur 259 · PLURIEL ET SINGULIER · texte numérisé non relu

PLURIEL ET SINGULIER

A UINDICA TIF PRÉSENT. — La forme du pluriel tendit très sérieusement à se substituer à celle du singulier : Vallons ^. Cet usage, visiblement emprunté aux patois, paraissait à Palsgrave très général (331). « In comune speche they use to saje : le allons bien, ie ferons bien. » Il ajoute que cela est d'auteurs non approuvés.

Meigret condamne (p. 53 v°) ce solécisme qu Henri Estienne trouve populacier [Hypomn., 211). Ramus y voit un francisme irrégulier, mais qui a des chances de durer (164-16S). Cet usage a laissé peu de traces dans les textes ; mais cependant Talbert cite une phrase de la propre sœur de François P'" : l'auons espérance qu'il fera beau temps, veu ce que disent les estoilles que lauons eu le loysir de voir [Du dial. blaisois, 288). Nicolas de Troyes en offre de nombreux exemples : toute la gageure que Vauons fait (209).

Et j'en ai trouvé d'autres dans des textes populaires : / auons aussi bien de quoy disner chés nous, que luy (Cord., Corr. serm. em., 113 B) ; En leur disant : Adieu, F auons perdu noz peines [Ch. de 1540, Ler. deL., II, 129); Trop longuement Vons attendu [Ch. de Marcel, prévôt, Ib., II, 296); Le sang bieu, Ven auons pour vne [Farce de'J j. fem., v. 297, Picot et Nyr., p. 113).

Ce tour ne disparut que lentement, et, au xvii*' siècle, le satirique Du Lorens se moque des seigneurs qui le gardent encore : A-t-il dit a la Cour : « Farta, Vauons esté » [Sat. XXVI) ^.

Nicolas de Troyes fait même dire à deux paysans : le nous sommes adressés par deuers vous [Far., 88); cf. le sommes plus de cinq cens [Ch. de Marcel, prev. 1370, Ler. de L,, 11,293), et Quant ie partismes de Guyse [ib., II, 120).

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