‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 170 sur 259 · Est-ce d'après Von que MaroL a employé ly · texte numérisé non relu

Est-ce d'après Von que MaroL a employé ly

C'est pour Marot, vous le congnoissezly ; Plus legier est que Volucres (Jaeli (1, 189-190).

2. Voir Lorentz, Dieersle Person Pluralis im AUfranz., p. 30 (thèse de Heidelberg, 1886).

3. Au xviii' siècle, ce sont déjà des raffinés qui disent j'avons. Les vrais paysans (lisent j'ons, dont j'ai donné ci-dessus un exemple du xvi". <i Joi-ibois : On dit: j'ons été là et là. Sans hegret : Tons été... N'est-ce pas vrai qu'il faut dire : f avons été ? La Ramée : J'avons ! lu gn'es pas non pus, toi avec ton j'avons. Un dit : nous ont été (fucuque part » (Verdi, Les Raccoleurs).

a:{(j uisïomi: de la langue fra.nçaisi::

A LIMPARFAIT. — A l'imparfait, la déformation était plus jurande, elle consistait à employer estions à la fois à la S*" du pluriel, et à la l*"® du singulier : ils estiont, i'estions.

Marot pose en règle que cela est interdit :

le di qu'il n'est point question De dire lallion ne lestion.

Mais l'usage de ce barbarisme n'en continua pas moins, et H. Estienne le prête à ses courtisans [Dial. du fr. ital., I, 11, 172) ^

Je ne sache pas qu'aucun grammairien l'accepte pour la 1* du singulier. Mais Sylvius mentionne au pluriel ils hauiont (125), et Gauchie, en lo70, accepte les formes pourroyent et pourriont (148), vouclroyent etvoudriont (150). 11 garde même pourriont en 1576.

Certains textes fournissent des exemples : Les médecins d'icij nauyont cognoissance d'une fieure lante qu'il auoit (Let. de L. Aleman, év. de Grenoble, 1512, dans Le Loy. Serv., p. i36); Farel écrit ainsi : lesquelz, ainsy quilz ont confessé, ne sauiont pas ce que ie dis ne presche, et cuydant que [eusse tout autre auiont fort crié contre mes prédications (Herm., C, II, 66); fust respondu que MM. ne vouliont prescheurs (11, 371) ; ceux quipreschoient. ou qui aliont et veniont d'ouyr la prédication {ib., II, 373, cf. ih., preschiont, repreniont, et 37 i, desiriont).

Ghez les Gascons, ces barbarismes sont fréquents. Ainsi donniont, voliont (Montl., V, 23, Let. aut., n" 137 ; le même dit ailleurs : nomniiont, estiont, auiont, etc.).

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