‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 201 sur 259 · PRONOMS RELATIFS · texte numérisé non relu

PRONOMS RELATIFS

Le principal événement dans la vie des pronoms relatifs est la restitution d'une déclinaison régulière. Les causes syntaxiques sr mêlent sans doute ici à d'autres pour produire cet effet, néanmoins j'ai cru devoir en traiter dans la Morphologie (p. 318).

Aucune tentative encore pour faire une distinction entre les relatifs qui se réfèrent aux personnes et ceux qui se réfèrent aux choses : cesi ceste bonne femme de quoy vous me parliez (Nie. de Tr., Pur.. 236 : r'rsf l'homme dequoy nous parlions '\. du Fail, Eutr.. Il,

1. Je coiiîsiilfri' comme purtictilier et provincial remploi tic ils an sens tic ces. ainsi ; ilz huijuenolz, très ct^mmun (Iuhh les Mémoirex de Olantlu Iluton. I. p. IKi, cl souvent ailleurs.

81); vne espée... Autour de qui il esprouue sa force (Gorroz., Hecat., Le vaincueur, p, 73); quelque promesse, et conuenance, laccompliment de qui serait in u ^f7e (Meigret, Trad. Off. Cic, 1547, p. 22) ; Et ny a sort tant au monde ennuyeux, Sus qui mon cœur ne puisse auoir enuie (Forcad., p. 22) ; Ceint et suiuis de Lyerre parmi, De qui le lieu fut couuert à demi (Id., p. 7). Nous y reviendrons au xvii^ siècle.

DONT ET DOU. — Dont, par suite de la prononciation fermée de Vo nasal, se confondait à peu près avec d où. Ainsi s'explique que la plupart des grammairiens ne fassent pas la distinction : voir Palsgrave, 142, 344; Pillot. 62 v», 83 r°; Ab. Mathieu, 34 r° ; Ramus, 118; Lentulus, 110.

De même dans les textes ; la lumière de paix vous viendra dont ne l'attendez {Let. de Briçonnet, 12 fév. 1524, Herm., C, I, 190); il est retourné tout court dont il venoit (Cord., Corr. Serm. em., 300, B); d'ont me vient (Mar., III, 48) ; dont vient cela"! (Id., III, 83).

Dans ces conditions, aucune distinction rigoureuse n'était possible, qu'il s agît de dont pronom relatif ou de dont interrogatif * . De sorte que, si H. Estienne blâme dont pour d'où, il écrit lui-même: Mais dont vient, Jupiter, que (Clém., H. Est., 431). On est donc encore bien loin de la règle de Malherbe, et la confusion persiste dans les textes de la fin du siècle : la parole n'a pas touiours eu mesme son en la bouche des hommes... Dont vient que vous oyez aucuns tirer leur parole plus du gosier (Fauchet, Orig. de la l. fr., 534 v<*) ; vn son ayant pieu aux vns plus qu'aux autres, fut suiuy par ceux du mesme quartier, dont vint la multitude des langues (Id. i/>.,534, r»).

DONT POUR OU ET QUE. — Les divers cas de qui, et surtout les pronoms que, dont, où, sont constamment brouillés dans les textes un peu populaires. Laissons de côté que pour où, ou bien dont, dans un tour qui sera encore classique : en l'aage qu'il en a plus de hesoing (S'-Gel., III, 239); de la courtoisie qu'il vous a pieu vser (Seal,, /.e/.,71).

Mais voici dont pour où : L" matin dont le bon chevalier deuoit Jesloger (Loy. Serv., p. 293) ; elle luy dist qu'il falloit qu'il

1. Voici des exemples pour ce dernier : Dont vient cela, messieurs (Rab., 1. I, :h. 27, l. I, p. 103 ; dont vient Vestonnemenl Que vous monstrez? (Jod., Eug., Prol., 4. th. fr., IV, 7 : dont peut estre provenu que nos prédécesseurs ( Pasq., Rech., .VIII. ch. 9, l. I, p. 780, C).

Page 1