‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 50 sur 259 · Cf. Peletier du Mans, Dial · texte numérisé non relu

Cf. Peletier du Mans, Dial

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excuserons nous en iniiniz vocables, esquelz nous n";.uons point mis de letre superflue ? comme, dire, ame, home, forme, figure » ? Pourquoi dict, faicl, avec un c superflu, et di/, dis, dit, dire, fait, faire, qui viennent de dico, dicis, dicere, facit, facere ? «■ Que dirons nous de ceux qui mettent des letres qui ne sont point à la sourse ? comme qui escriuent escripre. le ne puis bonnement entendre, s'écrie Mei^ret, à quelle intention ilz mettent ce /) (17-18) ^ ».

Il restait à faire une dernière objection aux tenants de l'étymologie : c'est que les lettres, auxquelles ils tiennent si fort, n'ont jamais rien appris à personne. Meigret l'avait omise dans son Traité, mais il n'a pas manqué de la faire ailleurs-'.

On dit aussi pour justifier les vices d'écriture — et ceci se répète couramm?nt de notre temps — qu'il faut éviter les ambiguïtés, et mettre des différences entre des mots semblables. Mais alors « il faudroit vser de voix superflues en la prononciation ; d'autant que les escotans peuuent tumber par la semblance de plusieurs vocables au ntesme inconuenient que fait le lecteur [Trait., 13) ». En effet, dans la prononciation, et Meig-ret fait ici une remarque que la science contemporaine confirme, les mots sont en général immédiatement reconnus, avec leur sens véritable, quoiqu'ils aient des homophones. Dans cette phrase « tu dis, tu fais en sorte, que tes dicts et tes faicts nous sont dix fois plus (jr.efs, qu'vng fes, où est la différence en la prolation dis, dicts, dix, entre fais, faicts, fes? » il n'y en a aucune, et l'intelligence est parfaite. (( Pourquoi ne distinguerions-nous pas en lisant ce que nous distinguons si facilement dans la conversation? Au reste, s'il est besoin de notes spéciales à certains mots, qu'on invente des signes diacritiques, des points, des lignes sur les mots, ou au-dessous, ainsi que bon semblera ; en tous cas, il n'y a pas Ih de raison suffisante de troubler l'écriture » {Ment., p. 10).

Meigret ne recule même pas devant la perspective de changements ultérieurs à prévoir dans l'orthographe, quand la prononciation qui en est la base aura changé. « L'escriture deura changer

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