‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 52 sur 259 · après y. Ecrire qe, qi [ibid · texte numérisé non relu

après y. Ecrire qe, qi [ibid

Enfin une des économies les plus nécessaires à faire est celle des finales qui ne s'entendent pas, savoir de Ve final, quand le mot qui suit commence par une voyelle, du s, quand le mot commence par une consonne •'.

. B. — Des substitutions dune lettre à une autre: "^ ^ \ . Substitution d'une voyelle à une voyelle. — Mei^ret adopte ainsi o au lieu de u étymologique : ombre, onde, pour vmbrc, vnde [Trait., 2o).

2. Substitution d'une voyelle simple à une diphtongue: a) Au lieu de ai, qui s'entend dans aymant, bair, mais non dans mas, maistre, ou il n'y « aucunes nouuelles de la dipiitongue » [Trait., 28) écrire e : mes, parfel •.

1. Des Autels défend enl dabord parce (|iie n s"y entend « aussi l)ien (jne dans les adverbes » ?), en second lu-u parci' «[u'il est niicessaire comme si^'ne de pluralité {Rep. c. Meùfrel, p. 29).

2. " Quelques saufts homes ont si bien introduit l'apostrophe, qu'elle est ia rcceue en limprimerie, comme qui est biO necessere pour eiiiler supernuilé de letres. « Mais Meif^ret se plaint de la \ (lir reslivinte aux seuls monosyllabes : « toutes les fois qu'en la pronôcialii>n aucune letre linalle se pert, 1 Apostmphe est necessere eu l'escriture pour dénoter la collision, ou perle de la voyelle ou consonanle. V.[ la t)u nous ne vouldrions reeenoir l'Aixislrophe, ie <ly qu encorcs la letre ne doit point estre cscrite. Côme quant U'ius dis(»ns : rn» .imi/e entière ,i i/»»ie d'une jterfecle amour, nous deuôs escrire t)n' ninj/' entier' «i/me d'une perfeV rnnniir. Cela st-mble cstrauffe. mais la faulte de bi'me lecture ne viendra que de l'impcrfectiô du lisant, et nô pas de l'escriture. Quant aux côsonanles, ie Ireuve que li;s. ih;s, «,•.«. perdent «, quant le vocable ensuyuftl commence par consonante : nous deuons donc escrire : /ç cnmjhiiffnons de ijiierre e,'(fnelz le, cnjnltines nnl faic' de (sic) dons $ont /ç mieux aijt/uerris .. {Truil.. p. 5H et suiv.).

De» Autels estime (juavec ce système on fera des mots aussi lonjrs que île Pari» é Orléans ; mitdeinotfHerHmoiireiia'honeiil'encommenc'or'vnestrang'enlrepris'admirablement ifiep. r. Meiiiret., p. M).

Gauchie a pour l'aiioslnqihe une admiration telle qu'elle le porte aux pires injures contre ceux qui refusent d'en voir le» beautés : <■ rcrum ignari lululenliquc «uei», qui cum solis HordibuH gaudeant » (Gràm., p. 62).

' Diphtonfrue, en cumprcuanl le» triphlonjrue». est vnjr amas de plusieurs

ESSAIS DE SIMPLIFICATIO ET DUIXIFICATION DE l'oRTHOGRAPHE 103

b) Au lieu de ou, u dont nous nous passerions bien » [ibid., p. 23), écrire o ; pouoir, corir.

c) Au lieu de ea, eo. « qui sont de fausses diphtong:ues » (ibid., p. 32), écrire simplement a, o ; ffaja. gajons. (V. plus loin au j. Cette proposition est une de celles qui ont été le plus attaquées.)

3. Substitution d'une diphton^e à une diphton^e : a) Dans ^ainct, main, où nous prononçons la diphtongue ei, tout ainsi •qu'en ceint, ceinture, peint, écrire ei : meintenant, demein {ibid., 2S).

b) Dans autant, cault, chauld. « nous oyons distinctement ao » : -« onques langue de François ne prononça en son langage aa ». Ecrire ao : aotant, caot, chaod [ibid., 29) '.

c) oy doit être réservé pour les cas où y est entre deux voyelles ■et V demeure voyelle [ibid., 27). Ailleurs, il sonne comme oé. Il faudrait écrire roç et royal. De même Pierre aymoçt ceux qui l'aymoft [ibid., 29 et s.). « Il n'y a différence entre ces deux verbes, sinon que le premier a f ouuert femenin, et le dernier a l'f masculin qui demande vne prononciation lente, estant celle de 1 autre fort soudaine. »

4. Substitution de consonne à consonne : a) g, toutes les fois qu il « la valeur de i consonante devrait être remplacé par / long, g gar- -dant le son dur. Ecrire anje, linje, manjer. et non ange, linge.,

manger [ibid., 41). Cet i consonante de\Toit estre tenu un peu plus

long.

b] t est corrompu, étant employé pour «, dans manifestation^ diction. Ecrire dans le premier cas par un ç, manifestaçion, dans le second par une x, dixion [ibid., 44).

C; s tient abusivement la place de z, dans disons, faisons. Ecrire persuazion. dizons {ibid., 46-47).

d) z est sans raison dans aimez, puisqu'on écrit bontés ; aymés •est aussi bon (ibid.).

o. Substitution d'une consonne à un groupe de consonnes : a) X final ne sert que de remplage; c'est un simple ornement. Nous devons écrire cheuaos, royaos {ibid., 49 et 52).

voyelles retenans leur son en vne seule syllabe, comme ay, en aydant. eao, en beao, oy en moins, etc.. En nostre écriture nous en abusons en deux sc'rtes. ISiie, en ce que nous écriuons vne diphtongue au lieu d'une simple voyelle, et l'autre en •écriuant vne diphton^e pour autre • [Trait.. 27-28).

Des .\utels accorde que ai fait double emploi avec e, mais qu'on n'en usera que raisonnablement, suivant l'étymologie et la conjugaison {Rep., p. 41-12).

1. Des .\utels repousse é;;a1eraent ao et ei, le premier, parce qu'on n'entend pas a, ^c second parce qu'on n'entend pas i (p. 37 et s. .

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Jb) Emprunter des Espag-nols q molle avec un trait plus long et une ligne couchée. Ecrire Espaiiol [Gramni., 13 v*").

G. — Distinctions nouvelles des lettres :

1. Il y a deux sortes cVe, e ouvert, e clos; e ouvert s'entend dans mes, tes, mais, faicts^ eslre. Meigret accepte d'abord, non sans réserves, de l'écrire par e [Trait., p. 22j, ensuite à partir du Menteur, il adopte f qu'il appelle crochu ^ et réserve l'accent pour marquer e long* : mçmement.

2. 0 ouvert est rare ; on pourroit donner un point au-dessus : côr, mort. Cette idée, exprimée dans le Trait., p. 2.^5, n'a pas été reprise par Meigret.

3. a long est noté à, dans le Menteur, de même f , e, /, 6, û '^ : avizé, plutôt, vie, mfnie, contrçrc, fantazie.

4. c sonne tantôt k, tantôt s. Pour ôter cette confusion, Meigret adopte après Tory le « ç crochu des Hespaignols » dont on pourra user devant toutes les voyelles (Tra//., p. 36 : annonçiaçion.

3. ch, dans cholere, sonne comme A-. Il ne devrait servir que pour s molle. L'inconvénient disparaîtrait, si un signe permettait de reconnaître le son chuintant. Meigret écrit donc çh [ibid., 39) : çhieure, chaleur.

6. m est mauvais pour écrire meilleur. Les « Hespaignols » en usent aussi, mais c'est faute de meilleur moyen ». Pourquoi pas l avec un point? Ecrire ville, villageois, mais till'ac, bilier [ibid., 49).

En somme, voici l'alphabet de Meigret, tel, sauf la disposition, qu'il l'a donné lui-même dans la Préfiice du Menteur [p. 25).

t te

th the aspiré

ç se ou es

s es

çh es molle ou çhv mol

z zed

b be

P Pe

ph pe aspiré ou phe

f ef

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