ESSAIS DE SIMPLIFICATION ET D UNIFICATION DE L ORTHOGRAPHE
Les accents. — Le seul vrai progrès est ici. J'ai dit plus haut comment les accents furent proposés par GeoÉProy Tory, et la Briefve Doctrine. Le fermé fut marqué d un accent. Mais, tandis que certains textes, comme la Briefve doctrine usait systématiquement de ces accents, en les imposant sur tout e, qu'il fût ou non suivi de consonne, on fut assez généralement d'accord pour n'en pas mettre sur e suivi de z, sur er. On 1 omettait même fréquemment sur e suivi de e féminin : fermées.
A l'intérieur des mots, on le trouve assez souvent sur les adverbes aisément, privément . Mais en général l'accent est rare à 1 intérieur des mots, et des tentatives comme celles de Sebilet pour introduire é à l'intérieur des mots sont en réalité de ^Tais essais de réforme, non des symptômes de l'usage.
L'accent grave apparaît dans la Briefve Doctrine sur à préposition, où on le retrouve souvent parla suite. Mais ce mot est le seid. qui porte ce signe nouveau.
L'accent circonflexe n'est plus inconnu non plus. Lanoue propose — mais il ne pratique pas ce qu'il propose — d'écrire mâle, frêle, bêste {sic) au lieu de masle, fresle, beste. En vérité, on ne rencontre guère * que sur d exclamatif.
L'apostrophe préconisée dans la Briefve Doctrine, qui en fait même un emploi plus étendu que nous, et dans le traité de Dolet, pénétra très lentement dans les textes. Cependant, dès le milieu du siècle, on commence à la rencontrer fréquemment, et, dès 1549, Robert Estienne s en sert communément.
Le tréma est commun ; naïf, cogneuë.
Le trait d'union se rencontre souvent dans la 2^ moitié du siècle, en particulier dans les superlatifs d'adjectifs, tandis que jusque-là très se joignait directement au positif. 11 unit aussi des mots comme mal-heur, bon-heur, bien-veillanl, satis-faire.
On le trouve dans les interrogatifs : où m? pers-ie. Gauchie, nous l'avons vu. le mentionne.
C'était bien peu de chose que tout cela, auprès de ce qu'il eût fallu. Et la créatioji d'une orthographe rationnelle était à peu près définitivement compromise. Celle d'une orthographe unique, même erronée, n'était nullement assurée. A la fin du siècle, on pouvait toujours compter, comme au temps du Quintil Censeur, des gens M suyvans le son, les autres l'vsage, les autres l'abus, autres leur opinion et volunté ».