‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 103 sur 189 · Finer n'est plus que dans B. F · texte numérisé non relu

Finer n'est plus que dans B. F

doyér' ; ni fête, fétoyer'^ ; (ni larme, larmoyer y, ni deuil, se douloir ^, se condouloir'^ ; ni joie, sesjouir ". On a dit (jent ^, le corps ffent : Ce mot si facile non seulement est tombé, Ton voit même qu'il a entraîné gentil ^ dans sa chute. On dit diffamé, qui dérive de famé ^, qui ne s'entend plus. On dit c«Weu.r dérivé de ciire^^, qui est hors d'usage .Jl y avoit à gagner de dire si que pour de sorte que ou de manière que, de moi au lieu de pour moi ou de quant à moi*', de dire : je sais que c'est quun mal, plutôt que je sais ce que c'est quun mal, soit par l'analogie latine, soit par l'avantage qu'il y a souvent à avoir un mot de moins à placer dans l'oraisonj L'usage

1. Verdoyer — *Pom., Duil., G. Miege, Fur.; A. le déclare vieux, A^ : id. On ne trouve que l'adjectif i'erdoyan< dans Rich. ;oTh. Corn. — Il est dans Gh. Perrault, Barbe-bleue.

2. Fetoyer se trouve dans tous les lex. sauf Rich. et Th. Gorn. ; A^ déclare qu'il vieillit. — Il faut croire que l'Envoyé Du Roy Grec fut bien festoyé (Scarron, Virg., II, 277; cf. Racan, I, 61 ; Loret, Poes., 10) ; Festoyer cet étranger (Racine, VI, 128, Rem. sur VOdyss.)

3. Larmoyer — *Pom., Duil., R. F.; 0 Rich. ; *Fur. : il a peu d'usage, A. et A^ : il viedlit, Th. Corn, le citeà l'art, larmer. — Qui vous fait larmoyer? (La Font., VII, 360, V. 950).

4. Douloir (cf. 111,315) — oPom. ;*Duil. avec ^; O G. Miege, Rich. ; * Fur. : vieux mot, A. et A- : ce mot n'a presque plus d'usage. Th. Corn. : vieux mot qui a esté employé autrefois pour : avoir douleur.

5. Condouioir{se— cf. 111,108) — *Pom. : condofotr, Duil., B. F., Rich. :hors d'usage, Fur. : de peu d'usage hors l'infinitif, A. : id.;0 Th. Gorn.; A- est de l'avis dé Rich., et de A.

6. S'éjouir — O Pfm. ;*Duil.,qui renvoie à se réjouir. B. F.; ^Rich., Fur., A;*L., H. D. T., Hug. citent Pascal, La Fontaine et S^-Simon. — on en fait maint repas, Dont maint voisin s'éjouit d'être (La Font., I, 352, v. 35-36).

7. Genl — Q- Pom. ;* Duil. avec -J-, B. F., Rich. : mot vieux et burlesque, Fur. : vieux mot; 0 A., Th. Corn.; *A - : il est vieux et n'a plus d'usage qu'en certain style. — Que dit-elle de moi, cette çjente assassine (Mol., I, 119, El., v. 220) ; la jeune bachelette Aux blanches dents, aux pieds nus, au corps gent (La Font., VI, 7, v. 26-27 ; VI, 128, v. 56 ; V, 538, v. 199; VII, 163, v. 310 ). Voir Lex. de Mol. par Livet.

8. Ge/i<i7 estoit autrefois un mot élégant... mais maintenant on n'en use point dans les livres : on ne le dit que dans la conversation ; encore ne le dit-on pas trop serieusement(Bouhours,/îem., 21). — *Pom.,Duil.,G. Miege, Rich. : burlesque, et en sa place, lors qu'on parle sérieusement on dit joZi, Fur., A.; 0 Th. Gorn.; * A -'. — II. . . me disoit les mots les plus (/e/i^/is du monde (Mol., III, 201, Ec. des Fem., v. 560) ; Elles étoient toutes assez cren<t7/es (La Font., IV, 488, v. 34); Une nymphe gentille (Id., IX, 347).

9. Famé— q Pom., Duil.; * R. F. ; 0 Rich. ; * Fur. : vieux terme du palais, i] n'est en usage qu'en cette phrase : il a esté rétabli en sa bonne famé et renommée, A. et A *: id.. Th. Corn. : ne se dit plus qu'au palais.

10. Cure— 0 Pom.; * Duil., qui l'indique comme burlesque, B. F. ; 0 Rich. ; *Fur. : il n'a plus d'usage qu'en cette phrase proverbiale : On a beau prêchera qui n'a cure de bien faire, A. et A ^ : id.; 0 Th. Corn. — Le Meunier n'en a cure (La Font., I, 202, V. 41).

11. Quant à moi semblait parfaitement beau à Chevreau (Ms. Niort, 126-127, dans Boiss.). Quant à moi ne s'emploie plus, dit Ménage [Ohs. s. Malh., II, 262). Richelet est du même avis. Même au Palais, on commence à le bannir (Bouhours, Rem,, 586). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur.,A. ;0 Th. Corn. ; * A*;*L., II. D. T.; e Hug.

a préféré par conséquent k par conséquence^ et en conséquence à en conséquent, façons de faire à manières de faire^ et manières d'agir à façons d'agir ... dans les verbes, travailler à ouvrer ^ ; être accoutumé à souloir ~ ; convenir à duire 3; /aire c/a />rui< à bruire ^ ; injurier à vilainer '^ ; piquer k poindre *"• ; /aire ressouvenir à ramentevoir ^. . . ; et dans les noms, pensées à pensers ^, un si beau mot, et dont le vers se trouvoit si bien ! grandes actions à prouesses ^, louanges à /os i*^,; méchanceté à mauvai-

1. Ouvrer — * Pom. : ouvrer la monnoie, Duil., B. F. ; 0 Rich. ; * Fur. : il n'est p^ueres en usage qu'en cette phrase, Il est deflendu d'ouvrer les Festes et les Dimanches, A. et A * ne donnent que le participe, le verbe n'étant plus en usage ; e Th. Corn. — Tant fut ouvré que... (La Font., IV, 162, v. 6i).

2. Souloir [cL III, "77, 310) — * Pom., Duil., G. Miege avec -J-, Rich. : vieuxethors d'usage. Fur. : vieux mot qu'on dit encore dans la pratique, A. : vieux, Th. Corn. : id; Q A-. — Cf. Lea;. deMoL par Livet, àramenfeooir in fine. — Deux parts en fit, dont il souloit passer L'une à dormir et l'autre à ne rien faire (La Font., IX, 80, v. 5-6).

3. Duire (cf. 111,13,77, 312). — Au sens d'instruire, façonner, * Pom. : vieux, Duil. : burlesque, G. Miege avec-J- ; ^ Rich. ; * Fur. : ne s'emploie gueres qu'au participe, A. : vieux; Q Th. Corn. ; * A* : vieux. — Au sens de convenir, £> Pom. ; *Duil. : bas; qG. Miege; * Rich. : n'a d'usage que dans le burlesque. Fur., A. : bas ; O Th. Corn. ; *A*: bas. — Genre de mort qui ne duit pas A gens peu curieux de goûter le trépas (La Font., II, 436, v. 7-8) ; Ceux-là me duisent fort (Id., VII, 36, v. 441); tout duit Aux gens heureux ; car aux autres tout nuit (Id., VI, 43, v. 30-31).

4. Bruire — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur.: n'est en usage qu'en peu de phrases, A.; Q- Th. Corn. ; * A«: vieux. — Vous voyez, depuis un temps, que le vin émétique fait bruire ses fuseaux (Mol., V, 136, D. Juan, a. III, se. 1) ; Pareilles à ces coups de tonnerre Qui ne font que bruire et passer (Racine, IV, 67, Poés. div., V. 9); on n'entend aux montagnes bruire en ces lieux aucuns torrents ^La Font., VI, 340, V. 45-46) ; [Louis] Fera bruire en leurs vers tout le sacré vallon (Id., VIII, 36).

5. Vilainer — o Pom. ; *Duil. le donne comme suranné, B. F. ; ^ Rich., Fur., A-, Th. Corn., A 2.

6. Poindre — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. qui ne le donne qu'au figuré et le déclare peu usité; Fur. : il ne se dit gueres qu'en ce proverbe, oignez vilain, il vous poindra, A. et A^: id. — Quel taon vous point (La Font., IV, 310, v. 147).

7. Ramentevoir n'est plus reçeu dans le bel usage (Chevreau, Ms. Niort, 67, dans Boiss.). — * Pom., Duil. : bas, G. Miege avec -J- ;0 Rich.;* Fur. : vieux ;0 A., Th. Corn., A^; *L., H.D.T., Hug. — Ne ramentevons rien, et réparons l'offense (Mol., Dép. Am., I, 461, V. 889 ; voir un long article dans le Lex.de Mol. par Livet) ; Puis-je ramentevoir V accident plein d'ennui (La Font., VIII, 378).

8. Penser (cf.III, 117) — O Pom., Duil., G. Miege ; * Rich. : mot qui n'est usité qu'en vers. Fur., A. et A^ : n'a d'usage que dans la poésie ; O Th. Corn. — Je ne dis point mes pensers là-dessus (Mol., I, 493, Dép. am., v. 1392; voir le Lex. de Mol. par Livet); Je tremble au seul penser du coup qui le menace (Racine, II, 111, Andr., V. 1405); ils se confioient leurs pensers et leurs soins (La Font., I, 200, v. 12); Pour moi. de tels pensers me seroient malséants (Id., I, 337, v. 7).

9. Prouesse (cf. 111,77,100, 119) — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. : il n'est plusguere en usage qu'en riant et dans le burlesque; Fur. : vieux d'après les délicats du temps; A. et A ^ : il n'a guère d'usage, il se dit figurement et en plaisanterie des Excès qui se font en certaines choses ; 0 Th. Corn. — Ces dragons de vertu... Se retranchant toujours sur leurs sages prouesses (Mol., III, 248, Éc des Fem., v. 1297 ; voir le Lex. de Mol. par Livet); Le lion... pleurant son antique prouesse (La Font., I, 242, V. 1-2); sa mère la Jument Dont il contoit mainte prouesse (Id., II, 24, v. 3-4) ; Après bon vin, trois commères un jour S'entretenoient de leurs tours et prouesses (Id.,IV, 296-297, v.1-2).

10. Los (cf. III, 36, 100, 115) — * Pom., Duil., B. F., Rich.: vieux mot, burlesque; 0 Fur.; * A. répète Rich.; 0 Th. Corn.; *A2 : n'est plus en usage que dans le

tié[^ navire à nef-, année k ost •^, monastère k monstier ^, prairies à prées'^. Citons mots qui pouvoient durer ensemble d'une égale beauté, et rendre une langue plus abondante )>' (La Bruyère, De quelques usages, II, 205 et suiv.). Mais on ne saurait donner à ces regrets le sens d'une proposition claire et décidée. Le paragraphe finit par un acte de soumission k l'usage.

^Fénelon, qui vient plus tard, est autrement hardi ; sa Lettre à

l'Académie ''^ déclare net qu'on a « appauvri la langue... en voulant la purifier >^ Elle fait l'éloge de « ce vieux langage » si méprisé, qui avait « je ne sais quoi de court, de naïf, de hardi, de vif et de passionné ». Personne depuis cinquante ans n'avait osé parler de la sorte, et sa voix resta sans écho.

IjDansla pratique, tous les auteurs se montrent singulière-ment réservés : leurs archaïsmes sont peu nombreux et inconscient^.J3ossuet, ainsi que la constaté l'abbé Lebarq [Introd., I), conserve des mots comme liesse [Danger des plaisirs des sens, 1664, 2" p. , IV, 470), acco/se (S.5en.,1665,3''p.,IV,o43),e/ismyi(Z)em.,1660,l'-°p.,III,220).Mais desarchaïsmes commeG?ej7^re(Fe/fc.f/e,9SS., 1648, 1, 22) appartiennent à des œuvres de jeunesse ; quasi, fréquent dans les premiers sermons (I, 5, 7, 22, 48, 106, 151), devient trps rare dans ceux de la grande époque [Souff'., 1661, 2*^ p., III, 704)4 Les discours d'apparat évitent des mots conservés dans le dogmatiquei^es archaïsmes de Racine, ceux des Plaideurs'^ mis à part, se trouvent soit dans des poésies de jeunesse (féruetoncques, IV, 2iQ;sourdre, IV, 181), soit dans les Livres

vieux stile. — Vendôme, consentez au los que j'en attends (La Font.. VI, 164, v. 169) ; Tous renonçoient au los des belles actions (Id. , III, 193, v. 104).

1. Mauvaislié (cf. III, 115) — *Pom. : vieux mot, Duil. avec f, B. F. ; e R'ch- ; * Fur. : vieux mot hors d'usage ; 0 a. • * Th. Corn, dit : mauté, vieux mot, diminutif de Mauvaislié, qui a esté dit, pour Meschanceté; Q A'^.

2. Nef -*Pom., Duil. ; ^ G. Micge ; * Rich. : dans le beau langage, il ne se dit qu'en vers et au figuré, en prose, il est vieux et appartient au burlesque. Fur. : vieux mot qui n'est plus en usage que dans les enseignes, A.et A ^ : il n'a plus guère d'usage qu'en poésie; Th. Corn., répète Fur. et A. — cette supei'be ville Prétend brusler nos nefs en présence d'Achille (La Font., VU, 609, v. 207-208).

3. Osl (cf. III, 97, 117) — * Pom. : vieux mot, Duil. avec f , B. F. ; o l^ich. ;*Fur.: vieux mot, A. id. ; O Th. Corn. ; * A ^ : il n'est plus en usage qu'en ce proverbe, Si \'Osl sçavoit ce que fait VOst, VOsl batteroit VOst. — on vit presque détruit L'ost des Grecs (La Font., III, 112, v. 35-36).

4. Monslier, moiislier — 0 Pom., Duil. ; * B. F. ; 0 Hich. ; * Fur. : vieuxmot, A. et A - : il ne se dit qu'en cette plirase Mener au Monslier, Th. Corn. — Puis au moulier le couple s'alla rendre (La Font., IV, 324, v. 321).

5. Prée ne se dit plus ny à la Cour, ny à Paris (Ménage, 0., I, 460). — Ce mot ne se trouve que dans le B. F. ; O^., II. D. T., Hug.

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