‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 134 sur 189 · Dans VAslrêe. chiche était appliqué à Dieu (I, 128i · texte numérisé non relu

Dans VAslrêe. chiche était appliqué à Dieu (I, 128i

2 . Loret a employé chichnrJ, 12 mai 1650, v. 31, Poés. burl., 166. On trouve aussi chiche- face (Sorel, Polyand., II, 000). L'A. le trouve bas.

qui s'arause... à faire VHarmionc contre vostre cocher dont elle est coëffée (Subi., Fol. Quer., 4G, I, 8).

Tcomme tout, riche comme tout, est ridicule et barbare : dire beaucoup, grandcm.ent (Marg. Buff., 7î)-76). — O tous les lexiques. )

commet" — Fur.: faire une comparaison, il ne se dit qu'en stile familier et en matière odieuse. Je vous prie. Monsieur, ne commons point. Il est bas (A.) ; O Pom., Duil., G.5Miege,*Rich. ; * A- : familier. — Un honneste homme enfin sei'oit-ilhonneste homme S'il n'avoit pas aimé. Mais pour te montrer comme. — Hclas! ne cornes plus, veux-tu parler tousjours (Dorimond, Am. de Trap., se. 3, p. 27) ; cf. un texte cité par Livet, Lex. de Mol., I, 429, v" comme.

compagnon — mot que M. de Sacy a eu tort d'employer en parlant du Christ: « Jésus trouve plusieurs compagnons de sa table, mais peu de son abstinence [Imît., 18). Ce mot donne ici une idée qui ne convient pas avec la personne de J.-C. C'est donc un mot bas. Sans doute en parlant d'un artisan, il eut été bon (cf. Rosset, o. c, 24). Est-ce parce que le mot était employé parles hommes de loi : Par devant maître un tel et son compagnon, notaires,... que Bouhours refusait le droit de l'employer ici? Mais il eût dû réfléchir que compagnon se disait des rois même : Vous trouverez cent rois compagnons de vos fers (Rac, I, 529, Alex., v. 111). Des poètes l'avaient appliqué à Jésus : II s'est fait compagnon de nos infirmités (Ant. Corn., Stanc. en l'hon. du Sacr. de l'Autel).

conduite — mot de Normandie, dans le sens de conduite de fontaine. Ménage dit qu'à la Cour on se sert de conduit (0. s. M., II, 196). — O Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A. ; * Th. Corn., cf. A2 ; voir L. et H. D. T. ; e Hug.

connaisseur — Bouhours prenait ce mot ancien pour un néologisme [Enlr., 84, cf. Dout., 50). Sorel estime que connaisseux est bas [Conn. des b. /., 1671, 397; cf. Roy, Sorel, 279). Barb. d'Aucour étendait la sentence a connaisseur lui-même {Sent.de Cleant., 333). — * Pom., Duil. qui ne donnenl que connaissant * ; O G. Miege ; * Rich., Fur., A. — Avec le temps je me rendrai encore plus connaisseuse (Regnard, Fille err., II, 3); la Connoisseuse en tient (Boursault, Portr. du peint., se. 8); Vous êtes co?inoisseur (La Font., V, 428, V, 26). Le mot est chez tous les classiques-.

corner est employé seulement dans l'expression populaire : les oreilles luy cornent (A. de B., Befl., 137). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. avec.-j-. Fur., A. — Voir Livet, Lex. de Mol., qui, outre des exemples burlesques, cite La Bruyère, II, 128) ^.

correction, {sauf — ) expression populaire comme sauf votre respect (A. de B., Refl., 138). — * Pom. qui cite Mézeray, Duil., G. Miege; O Rich. ({ni donne sous correction ; * Fur., A. Il est dans Mol., VII, 62, Av., I, 3.

coterie — mot bourgeois, suivant Ménage : Les honnestes gens disent société (O., I, 386). A. de B. dit que coterie est familier et désigne des cabales qui ne regardent que de petites choses ; société désigne quelque chose de plus consi-

1. Ce mot est dans Hensserade, Bail, des Muses, XI' Entrée, M"" de Rochefort Muse, Sorel, Polyand., II, 616. — o anx lexiques à partir de Richelet. Cf. Littré.

2. convenable n'est pas trop de la belle Poésie (Chevr., Ms. Niort, 75, dans Boiss.).

3. course d'un fleuve est plus poétique que cours (Ib., 150).

derable [Refl., 138-140); du style le plus bas (Rich.). — O Pom., Duil., G. Miege ; * B. F., Fur., A : familier ; L. cite Ilamilton. — La ville est partagée en diverses sociétés... Deux années cependant ne passent point sur une mèxne coterie (La Bruy., I, 277).

coussin, carreau — A la cour on dit coussin de carrosse, mais pour ce qui sert à s'asseoir ou à s'agenouiller dire carreau , et non coussin comme les bour- ■ geois (de Call., Bon et m. us., 43-44; v. Schenk, p. 43) ; le mot coussin est dans les lexiques, sans précisions. — Un fastueux carreau soit vu sous ses genoux (Boil., Sat.,\, v. 504); Qu'il entre dans l'Eglise une femme à careau (Ilauter., Bourg, de quai., Il, 2) ; Quand je viens à songer que ce riche brutal Couché sur vos carreaux vous conte son martire (Montreuil, Œuvr., 623. Cf. Mi'« de Scudéry, Math., 47; Regn., i)irorce, 111, 6. Pour coussin je citerai : une pitié qui leur a fait porter des coussins sous les coudes des pécheurs (Boss., L.). Son corps. . . Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur (Boil., Lutr., 1, ib.)

[crapule au sens d'excès, débauche, doit être évité parce qu'on y a attaché des idées basses et désagréables (Belleg., Eleg., 144). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fuji. : bas. A.; — Faire crapule, c'est-à-dire Bien manger, bien boire et bien rirg(Lorct, 24 septembre 1051, v. 91-92. Cf. Id., 19 oct. 1652, v. 166, etc.) ; ce débauché fumant de vin et de crapule (Regnard, Ep. au M'^ de. ..); Un gi'and... s'enivre de meilleur vin que l'homme du peuple : seule différence que la crapule laisse entre les conditions lés plus disproportionnées (La Bruy., I, 348); Pour du vin, vous n'en buvez pas? La crapule me fait horreur (Regnard, Coquette, II, 2). Cf. Rac, YI, 159, Rem. sur VOd.

crieries, criaillerie, sont du style familier et ne s'emploient qu'au pluriel (A. de B., Befl., 142). — * Pom., qui ne donne pas criaillerie, de même Duil., G. Miege; criaillerie est dans Rich., qui n'a pas crierie, * Fur. qui donne les deux, ainsi que A.; L. cite criaillerie (Mol., Tari., V, 7) et crierie (La Bruy., I, 85). — Ils en viennent. . . à la criaillerie et aux coups (Bezanc, Les Med. à la cens., 254).

crouslilleux — synonyme bas et populaire de plaisant : cet homme est croustil- Icux [de Call., Bon et m. us., 190, 1''' pagin ; v. Schenk, p. 45). — O Pom.. Duil., G. Miege ; * Rich.: bas; Fur. : terme populaire et vieux qui se dit ironiquement de ceux dont on admire la sottise, A. : très bas. L. cite Bachaumont, d'après Pougens.

l>agorne — bas (A. et Fur. au sens de vieille femme) ; O Pom., Duil., G. Miege ; *B. F. ; e Rich., Th. Corn., en ce sens; * A'^ ; * L. : vieilli ; II. D. T. ; O Hug. — A la terre elle chanta poiiille. Et l'appella vieille citrouille. Vieille dagor ne au dos bossu (Richer, Or. houff., 585).

darne, dalle (-= tranche) — O Pom., Duil., G. Miege; * B. F. ; O Rich. ; * Fur., sous les deux formes, A. ; eïh. Corn.,*A'^; *L., 11. D. T. ; e Hug. On trouvera dans Furetière les étymologies de du Gange, Ménage, etc. — Et peut-être que quelque darne De son corps il y laissera (Scarr., Virg., 1, 169).

dauber — Des personnes polies emploient ce mot et disent dauber le prochain, cela est trivial (Belleg., Eleg., 373-374). — o Pom., Duil., G. Miege; * B. F.,

Rich., Fur., A. : bas, soit au sens de battre, soit au sens de railler, A^ : bas ou familier; voir L., II, D. T.; O Hug. Livet, Lex. de Mol., cite un grand nombre d'exemples.

f/(?/)a.7ouZer est signalé comme bas par Fur., qui indique qu'il s'emploie surtout au figuré, par A. et par A^. * Pom., Duil., G. Miege, Rich. — A dessein d'empêcher qu'un malade ne meure, J'allois dégabouler du latin tout à l'heure (Boursault, Méd. vol., se. 13) ; Il faut que ']e débagoule mon cœur ( Th. liai., I, H6, Arleq. emp.) ; Dis-moi, sans barguigner ce que c'est que cela ; Et quelle manigance on débagoule-la (Boursault, Mots à la mode, se. 15).

déduil est supprimé dans A^, A le donnait comme vieilli. * Pom., Duil., G, Miege, Rich., Fur.; O Th. Corn.; * L., II. D. T., Ilug. — ... en son lict de nuit, Où dormir est tout son desduil (Loret, Po. hurl., 52) ; n'ayant autre déduit Que d'y ruminer jour et nuit (La Font., I, 345, v. 13-14. (^f, une foule d'exemples dans le Lexique).

déferrer — On a trouvé si peu civile cette manière de parler : il a déferré une telle femme ou un tel homme, qu'on lui a substitué déconcerter (Chevr., Œuv. mesl., 460). A. de B. citait la phrase: il se fit une huée qui déferra le témoin (Refl., 159). Cf. Renaud, Man. de pari., 541 : inusité. — O Pom.; * Duil.; O G. Miege; * Rich. cite Perrot d'Abl., Fur., A.; e Th. Corn.;* A^ ; * L. ; 0 H. D. T., en ce sens, Hug. — bien loin d'estre defferré . . . il satisfit autrement toute la compagnie (Sorel, Polyand., II, 443) ; Ne vous déferrez point, et me faites répondre (Montfl., Dam. méd., II, 5; cf. Id., Fem. Juge et partie, I, 2).

défunt — La phrase : si nous les avions voulu croire, mon père seroit défunt, est un tour bourgeois. Le paui^re défunt est très bourgeois. On peut dire défunt mon père, mais feu est mieux (de Callièi'es, Bon et m. us., 18 et 32- 34; V. Schenk, p. 47). — * Pom.: défunt Maximilien, Duil., G. Mioge, Rich, : plus du palais que du beau langage, Fur., A., Th. Corn., A 2 : s'emploie plus ordinairement comme substantif; * L., H. D. T. ; O Hug. — Dix gi-ains d'une poudre à faire les défunts (Montfl., Trig., IV, 1); Il est défunt depuis soixante et dix semaines (Id., Dam. méd., V, 9); son défunt maître (Robinet, Panég. de VÉc. des F., l""" Entrée, p. 7). Il est aussi savant que défunt Cicéron (Regnard, Mén., III, 8).

dégaine — O Pom.; * Duil. avec + ; O G. Miege; * B. F.; O Rich.; * Fur.: vieux mot; ^ A., Th. Corn. ; * A ^ : il ne se dit que dans cette phrase proverbiale (/'une i)e/Ze dégaine; *L. cite Molière, H. D. T.; O Hug. — Molière connaît l'expression d'une belle dégaine, et dans les scènes teintées de patois la met dans la bouche de Pierrot (V, 110, Don Juan, H, 1). Cyrano l'avait employée dans le Pédant, 11, 2. Cf. Avec ces complimens de si belle degaisne (Robinet, Panég. de VÉc. des F., l'""' Entrée) ; Vos affaires iront d'une belle dégaine (Poiss., Foux divert., II, 15).

\dégorger, comme regorger, dont Malherbe s'est servi à la Reine Mère sont plus honnêtes que rendre gorge et vomiij {Chevr., (X'Juv. mêl., 1097,519, l'" pagin.). — * Pom., Duil., G. Miege; O Rich., Fur., A. et A-, en ce sens ; * L., H. D. T. ; O Hug. — Racan l'avait employé comme Malherl)e, I, 149. Cf. Je sens qu'en tons heureux ma verve se dégorge (Regnard, Fol.

:im., II, 7); la foule ... de courtisans dont la maison d'un ministre se dégorge i (La Bruy., I, 359).

dégoûté {faire le — ) — expression qui n'est pas noble (Bouli., .ShjÏ., 137). — * Pom.; e Duil.;* G. Miege ; e Rich., Fur.; * A. ; e Th. Corn.; * A -; * L., H. D. T. ; O Hug. — Ah, vous en osez donc faire la dégoûtée (Th. Corn., x\m. à la m., V, 8) ^ ; L'envoya chez Pluton faire le dégoulé (La Font., II, 131, v. 19).

déhonler — O Pom., Duil. ; * G. Miege, participe : ^-^ Rich., Fur., A., Th. Corn., A^; * L., II.D.T. ; o Hug. — Venir de guetappens dehontcr une l'ille (Th. Corn., fia;-. d'Alh., a. IV, se. 7).

déj'iic — O Pom., Duil., G. Miege, Rich.; *Fur.; 0 A., Th. Corn., A^ ; *L. avec -J- ; * H. D. T. : vieilli ; O Hug. — Ainsi fait Oyseau de saint Luc, (Jupiter), Il prend terre au poinct du déjiic, Et se mesle parmy les Vaches (Richer, Ov. houff., 262).

déjuquer (ou dejiicher) ■ — * Pom., Duil., G. Miege; O Rich.; * Fur.: dejucher l'ennemi, A. : bas; O Th. Corn.; *A- : familier; * L., H. D. T. ; o Hug.— Elle déjuque de son lit (Richer, Ov. houff., 254).

délivre [arriere-faix) — mot de campagne, d'après Furetièi^e et Th. Corneille : le délivre d'une vache. — O Pom., Duil., G. Miege ; * B. F. ; o Rich. ; *A., sans observation : le délivre d'une femme. Th. Corn., A-; * L., H. D. T., s. ex. ; G Hug.

de/ni [ni — ) expression familière : je n'y ay veu ni boutique ni demi (A. de B., Befl., 104). — O tous les lexiques; * L. ; o H. D. T., et Hug. — Expression tout à fait commune à l'époque. Voir le Lex. de Mol. par Livet, qui donne de nombreux exemples.

deniers — de grandes sommes de deniers pour de grandes sommes d'argent, cité comme tour très bourgeois (de Call., Bon et m. as., 18 ; v. Schenk, p. 49). — Le mot deniers est, bien entendu, dans tous les dictionnaires. Rich. cite Vaugelas : 11 fit une grande levée de deniers. Voir aussi Fur. Mais l'expression elle-même est loin de se trouver partout. Elle était commune au XVI*' siècle, p. ex. Amyot, Pér., XXVlll. L'A. donne grande somme de deniers au milieu d'autres expressions où le mot a le sens d'argent. Cf. A'-^ et La Rochef., H, 384 : une somme de deniers. Voir aussi L. à denier.

déparler — mot qui se dit en riant et n'est bon que dans le burlesque (Belleg., Eleg., 266, cf. 303). — e Pom., Duil., G. Miege; * B. F., Rich. avec f (ex. de Scarr.), ne s'emploie qu'en négative, Fur. : familier, A., avec les restrictions de Richelet, A 2; * L., H. D. T. ; o Hug. — Celuy-Ià. ... ne déparla point (Montreuil, Œuvres, p. 336) ; Si vous voyiez Moncade auprès de ma Maiti'esse, il ne déparle point (Baron, Homme à Bonne Fortune, III, 1); Tu timagines'bien que ma joie est extrême D'y voir certaines gens tout fiers de leur maintien. Qui ne déparlent pas, et qui ne disent rien (Regnard,Z)(?moc/*i7e, II, 5) 3.

Page 1