Il traduit le vomit de Virgile
2. On trouve aussi l'expression: c'est un bon dégoûté: un gaillard qui a de l'appétit.
3. Dépité. Tant je suis dépité contre ma destinée est bas (Chevr., Ms. Niort, 133- 134, dans Boiss.).
[fléplainant — bourgeois, dans le sens de quia du deplaiair {de Call., Bon rt m. Hs.. 112 et 179; cf. Schenk, p. 50)?)— e Pom., Duil., G. Miege, B. F., Rich., Fur. ; * A. : vieux, A ^f^même observation, * L. cite S*-Simon ; O H. D. T., Hug. — j'en eus le cœur déplaizanf (Loret, 6 déc. lGo3, V. 86); Dont son épouze illec prézante Fut terriblement drplaizaiilc (Id., 1" fév. 1653, V. 81-82).
[^descendre de la cote de S*- Louia, de la cuisse de Jupiter — expressions à abandonner aux bourgeois (Belleg., Eleg., 142). — Cette expression manque à tous les lexiques, mais Livet a noté dans le Bourg, geai., III, 12: Est-ce que nous sommes, nous autres, de la cote de S^-Louis^ et il en a rapproché Scarron, Rom. com., 1706, I, 22: comme s'il estait sortij de la coste de sainl Louis.
\dessert — mot des bourgeois, pour le fruit, il faut dire qu'on nous apporte le fruit, quoique le mot de dessert, plus général, soit plus propre (de Call., Bon et m. us., 37, 38, 40; v. Schenk, p. 53). — Il vieillit. Les gens polis disent le fruit [A., cL A^)^ O Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur.; * L., sans exemple, H. D. T. ; o Hug.
dessolée — O Pom.; * Duil. (un cheval); O G. Miege; * B. F.; * Rich., Fur., A. , A2 ; * L., H. D. T. ; O Hug. — pauvres hères. . . Dont les souliers sont dessolez (P. Carn., S^i'mmmi., 16) ; Arrestcz, Nymphe solitaire, En faveur du pied dessollé D'un pauvre amoureux rissollé (Dassouc, Ov. en belle hum., 4», 105).
détaler, au figuré, est bas et populaire (A. et A 2) ; 0^ Pom.; * Duil. ; O G, Miege, B. F. ; * Rich., Fur. ; * L., H. D. T. ; e Hug. — Le Rat de ville détale (La Font., I, 86, v. 15) ; Allons, que l'on détale de chez moi (Mol., VII, 62, Au., I, 3).
rf/euatér^Dien vieux, ne se dit plus guère (Rich., qui cite Du Ryer) ; mot bourgeois et populaire pour descendre (de Call., Bon et m. us., 58; v. Schenk, ÎJ4).4-* Pom., Duil., G. Miege, Fur., A.: bas, au sens de faire descendre, A^ : vieilli et populaire ; * L. cite S'-Amanl, * H. D. T., Hug. — Un autre Rodomont dévale en ces lieux sombres (Pichou, Fol. de Carden., V, se. dèrn., p. 120); Là, dévalez cent pieds soûs terre (La Mesn., Po., 39,; cf. Martin, Écol. deSal., 10-11) ; On ne montera point au rang donty'e dévale (Corn., IV, 451, Rodog., v. 499).
dicton — mot souligné comme bourgeois par de Call. {Bon et m. us., 114 et 120). — Mots sententieux qui ont quelque chose du proverbe, mais dans ce sens vieux et burlesque (Rich.) ; * Pom., Duil. avec -J- : raillerie; O G. Miege, B. F. ; * Fur., A., A2;*L., H. D. T. ; e Hug. —Voir Livet, Lex. de Mol.
disetteux — Le Dictionnaire des Halles (62) reproche à l'A. de l'avoir accepté; * Pom., Duil., G. Miege; O Rich. ; * Fur. : ne se dit que dans une seule phrase, c'est un pauvre disetteux; A., A2 ; il est vieux. — Il donna quantité de vivres A plus de cent nécessiteux Qui de pain êtoient dizéleux (Loret, 10 déc. 1661, V. 194-196).
dodeliner — 0 Pom. ; * Duil., B. F. ; e Rich., Fur., A., Th. Corn., A 2.
Ebahir (s') est provincial (Marg. Buffet, 50). — * Pom., Duil., G. Miege, Riclù, Fur . , A. : vieux ; G Th . Corn. ; * A^. : vieux ; * L., H. D. T. ; e Hug. — il fut
surpris, étonné, et, comme il (Balzac) me le dit luy mesme, ébahi (Costar, Lelt., I, 207) ; Vous nous rendez tous ébahis (La Font., IX, Ho, Ep. à M. le Surintendant, v. 93) ; Corneille l'avait employé dans Polyeuctc, (III, ;J24, V. 794). Voir le Lex. de Molière par Livet.
ébatlement est blâmé par Chevreau [Rem. s. Malh., 1660, 4). — G Pom. ; * Duil., G. Miege, B. F., Rich., Fur. : n'est plus guère en usage, A. : ne se dit qu'en raillant; O Th. Corn.; * A^ ; * L., H. D. T. ; O Hug. — J'en vais prendre Vébatenient (Loret, 29 juin 1658, v. 268 ; cf. 8 janv. 1661, v. 211) ; liébaltemenl pourroit nous en être agréable (La Font., II, 9, Fabl., v. 16).
éclanche, pour dire un Gigot de mouton, est un mot particulier aux Bourgeois de Paris, qui a peu d'usage à la Cour et dans les Provinces (de Callières, Du bon et du inauv. us., 41; v. Schenk, p. 38). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich.: provincialisme, Fur.,A.;0 Th. Corn.; *A2; *L.,H. D. T.; oHug.
écolage, que l'on trouve dans les lexiques de la première partie du siècle n'est plus dans aucun lexique de la fin.
économe — Ce mot ne convient pas à Jésus-Christ, et quand M. de Sacy écrit : Jésus ne dédaignera pas de vous tenir lieu d'un économe très fidèle; au moins devrait-il ajouter, si l'on peut ainsi parler (Bouhours, Imit., 13, Rosset,
0. c, 24). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A.; O Th. Corn. ; * A^; * L., H. D. T. ; O Hug. — Mais je n'ai aucun exemple à comparer avec la phrase blâmée par Bouhours.
effectivement — Bouhours se demande si le mot est du bel usage [huit., 4, Rosset, o. c, 23). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A.; e Th. Corn. ; * A^ ; * L., H. D. T. ; e Hug.
embabouiner est du style familier (Fur., A^) ; *Pom., Duil., G. Miege, Rich., A. ; O Th. Corn, — Il brusqua un superbe enterrement, embabouina le curé, qui ne se douta jamais de la cause réelle (Saint-Simon, XVII, 80).
enco/7're/- n'a plus que chez Pom. et Duil. le sens d'emprisonner. Le mot n'est pas chez Rich. ni Th. Corn. ; * G. Miege, Fur., A., A^, qui ne donnent que le sens de serrer dans un coffre.
endosser au sens de mettre sur son dos est burlesque. Quand il se dit sérieusement, il est vieux et poétique (Rich.) ; * Pom., Duil. : endosser un fardeau, G. Miege, Fur., A.; e Th. Corn. ; * A^; * L., H. D. T.; e Hug. — L'un court chez un ami, l'autre chez un Frippier, ^rtrfosser l'attirail d'un nouvel héritier (Regnard, Tomb. de Despr.). Cf. Montfl., Com. Poêle, IV, 8.*
enseignes [à bonnes — ) est fort françois, mais il est du stile entre le médiocre et le bas (Chap., Let. à Brieux, 12 juin 1661). — * Pom., Duil., G. Miege ; O Rich.; * Fur., A.; e Th. Corn. ; * A2 ; voir L., H. D. T., Hug. — Il n'y a pas trop de sûreté de se mettre sur le Rhône qu'à bonnes enseignes (Rac, VI, 413, Lett. à La Font.) ; je ne viens qu'à bonnes enseignes (Regn.,Z.a Ser., 18)^.
1. Au sens d'écrire sur le dos d'un acte le mot est praticien. Je ne trouve plus que dans Pomey: chaise endossée, banc endossé.
2. L'expression à fausses enseignes est tout à fait usuelle :* . , G. Pom . , Duil. Miege, Uich. — Il sçeut que je l'avois trompé à fausses enseignes (Bussy-Rab., Mém., 1606, 1.17).
snpoulfer, est populaire et bas, disent Fur., A, et A^, qui sont seuls à donner le mot. * L. qui cite Scarron (Mais le texte est douteux. L'édition de 1706, II, 85, donne s'étouffer). H, D. T. cite Gherardi , Th. Ital. ; O Hug.
époux — Les Bourgeois . . . croiroient se rabaisser, s'ils avoient dit ma femme une fois en leur vie (de Call., Mois à la m., 55-6, cf. p. 60 et Schenk, p. 68). Le mot est aussi, bienentendu, de la langue élevée et poétique. — Dans Molière, don Juan, pour se moquer de M. Dimanche, lui dit: Comment se porte Madame Dimanche, voire épouse ? (V, 1G8, D. J., IV, 3).
étamine [faire passer par V — ) — expression bien populaire (Bouh., Suil., 135). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. avec j, et des exemples, F'ur., A.; O Th. Corn. ; *A-; voir L., H. D. T. ; O Hug. — Les exemples foisonnent : Tout ce qui s'offre à moi passe par Vétamine (Boil., Sa/., VII, v. 54). Cf. La Font., V, 438, v. 136.
exlénuer,au sens d'allénuer, est un provincialisme (A. de B., Refl. ,22Z]. — *Pom., Duil., G. Miege; O Rich. ; * Fur., A. ; e Th. Corn. ; * A^ ;* L., H. D. T. ; O Hug. La remarque d'Andry est-elle juste ? Il le paraîtrait, d'après le silence de Richelet, qui ne donne pas le mot. Mais le lex. de Corneille, après avoir cité de nombreux exemples du poète, montre que ce sens s'est conservé jusqu'à la fin du xviii" siècle. Bossuet se sert du mot aussi bien que Corneille: adoucir et exlenuer les sentimens Catholiques (Ea?/). de la D. calh., 1681, Avert., 65; cf. Averl. aux ProL, VI, § 111, 617, Ib., VF, § 9, 643, Z/).,VP § 16, 651, etc.).
Façon [avoir bonne — ) est du discours familier, dit l'Académie. D'après de Callières, on ne se sert point de cette expression à Versailles, il faut dire avoir bonne mine [Du bon el du mauv. us., 165-6; v. Schenk, p. 68). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A.; e Th. Corn. ; * A2 ; * L.,n. D. T.; O Hug. — 11 a belle et bonne façon (Loret, 18 mai 1858, v. 104) ; certain fils de famille. Bien fait et beau, d'agréable façon (La Font., VI, 54, v. 33-34). Les exemples sont nombreux*.
figure [faire — ) se dit encore par quelques gens, mais les personnes intelligentes l'évitent jusques dans la conversation, ou ne le disent que par raillerie (Bouhours, Entrel., 100). — * Pom.; O Duil. ; * G. Miege, Rich.; eFur. ;*A. ; OTh. Corn.;*A2; *l., H. D. T. ; 0 Hug. — Ces sociétez (les Vaudois, les Hussites) ne faisoient non plus de figure dans le monde que les Sociniens (Bossuet, Averl. aux ProL, 707; cf. Id., Ib., 87); ... pourveû qu'on trouve, le moyen de s'assembler... et de faire figure dans le monde, on est un vray membre du corps de l'Eglise Catholique (Id., Hisl. des Var., II, 653; cf. Robinet, Panég. de l'Ecole des F., 4" entrée; Le Boulanger de Chalussay, Élomire hypocondre, I, 3). Voir le Lex. de Molière par Livet.
faire voir du pays est une expression basse (Bellegarde, £'/e<7., 375). — O Pom., Duil., G. Miege; *Rich., Fur., A. ; OTh. Corn. ; *A2; * L., qui cite Sévigné et Fénelon ; oH. D.T., Hug. Cf. un ex. de Bussy dans Lanson, Art de la prose, 90.
faiseur ne s'emploie que pour se moquer des ignorans qui font les habiles (Bouhours, Suite, 403). C'est un mot bas, selon Barbier d'Aucour, on
1. fainéant est bien une épithète de nos anciens rois, mais, dans les vers héroïques, il ne vaut rien (Ghevr., Ms. Niort, 43-44, dans Boiss.).
n'a jamais dit sérieusement un faiseur de tableaux pour un peintre [Sentimens, 1776,333). C'est également l'avis d'Andry de Boisregard {Suite, 101), qui fait remarquer que Bouhours s'est servi de/'ajseurde voyages. — oPom., Duil.,G. Miege, Rich. ; *Fur.,A.; O Th. Corn. ; * A^ ; * L., H.D.T. ; OHug. — Adieu, faizeurs de reverances (Loret, 26 sept. 1654, v. 110) ; C'est donc vous, faiseuse de conquête (Montfleury, Ec. des Jal., a. I, se. 12) ; Qu'ils viennent, ces faiseurs de mariage en l'air (Id., Com. poet., a. II, se. 3) ; Il traite l'un d'affecté, l'autre de pedantesque, celui-ci de petit esprit, celuilà de faiseur d'entretiens (S'-Réal, De la Critique, 164).
famille se dit au lieu de maison, quand on parle de bourgeois, de marchands, de gens d'affaires (Bouhours, iîem., 306). — O Pom., Duil. ; *G. Miege, Ricli., au figuré. Fur., A. ; O Th. Corn. ; * A^ ; * L. ; O H. D. T. , Ilug. — pour débourgeoiser un enfant de famille (Regnard, Ret. impr., 6). Voir l'usage que Bossuet fait de famille et de maison dans l'Or. fun. de M. Thér., éd. Réb.,
fat — Desmaretsde S' Sorlin reproche à Boileau de l'avoir employé dans le vers : On ne fut plus ny fat ny sot impunément. « Fat et sot sont la mesme chose, et le mot de fat est si bas, que Boileau ne devroit pas l'affecter comme il fait, après avoir donné pour précepte : Quoy que vous escriviez, évitez la bassesse {La défense du poëme héroïque, 1675, 87). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A.; eTh. Corn. ; *A2;*L., H. D. T., Hug. — Les exemples sont très nombreux. — Voir le Lex. de Mol. parLivet et les lexiques des grands écrivains.
faute [se faire — de dans le sens de se priver de) est une façon de parler populaire (de Callières, Du bon et du mauv. us., 176-7 ; v. Schenk, 67). L'expression ne se trouve que dans Fur. et A^.
femme de cour se prend en mauvaise part, selon Bouhours, il faut dire femmes de la cour (Suite, 9). — O tous les lexiques. Fur., A. et A^ donnent: dames de la cour. On trouve femmes de la cour chez La Bruyère (1,238).
fête ise faire de — ) a deux sens : se vanter et se mettre en avant. L'expression est condamnée comme très basse par Bellegarde [Eleg., 139). — ODuil. ; *Pom,, 1<"" sens, G. Miege, Rich., sans indication de sens, Fur., A. et A2, 2« sens ; * L., donne les deux sens, H. D. T. el Hug. le 2*. — Elle (M™e de Coligny) sait bien des choses dont elle ne se fait point de fête (Sévigné, V, 163) ; Son foible est, de l'humeur dont je l'ai sçû connoître, De se faire de fête en faveur de son maître (Quinault, La Mère coquette, a. IV, se. 3) ; allons, /aJs-^ot de fête. Remue un peu les bras; bàlance-toi la tête (Regnard, Déniocrite, a. II, se. 3).
fille de chambre est une expression bourgeoise, à la Cour on dit femme de chambre (de Callières, Du Aora e/ du mauv. us., 73 ; v. Schenk, 79). — *Pom.; O Duil.;* G. Miege, Rich. : n'est pas le mot d'usage, il faut dire femme de c/iamhre. Fur., A. ; O Th. Corn. ; * A^ : on dit aujourd'hui femme de chambre; *L., H. D. T., Ilug. — J'ai besoin d'une fille de chambre ; je crois que tu serais assez mon fait. Sais-tu raser ? (Regnard, Coquette, a. 111, Sf. 9) ; A.vec sa fille de chambre et un laquais (Palaprat, Muet, act. II, se. 4) Xnn'ine la fille de chambre de Clarice(Id., Grondeur, ad. I, se. 11). . Istoire de la Langue française. IV. 22
fleur [la — des hommes) — Sorel condamne cette expression comme populaire [Bihl. fr., 1664, 23o). — *Pom.; e Duil.; * G. Miege, Rich. cite d'Ablancourt, Fur., A. ; O Th. Corn. ; * A^; * L., H. D. ï. ; O Hug. — ... j'ûs peu de cervelle, D'oublier sa Gogo-Souris, La fleur dea Chiennes de Paris (Loret, 6 juillet 1638, v. 232-234) ; ... tous ces docteurs, la fleur du parti Protestant (Bossuet, Avert. aux Prot., 777). Cf. les lexiques de Corneille, Sévigné, La Fontaine.
Nous disons encore, après les Anciens, la fleur du vin, la fleur de la Jeunesse. Qui voudroitdire après eux : la fleur du feu, de la flamme, des Kloilesy Et quel ancien a dit comme nous nager à fleur d'eau, voler à Peur de terre y (Chcvr., Ms. Niort, 46, dans Boiss.).
fois [en faire à deux — ) est ordinaire dans le discours familier (A. de B., Suite, 109). — * Fur. seul; *L., II. D.T. ; © Hug. — Sans en faire à deux fois, je vous conjure d'embrasser tous vos aimables Grignans (Sév., II, 343).
fois [une — ) est une façon de parler commune aux femmes de Paris, et qui a passé jusqu'à plusieurs femmes de la Cour (de Callières, Du bon et du jnauv. us., 130-131 ; V. Schenk, 160) ; — Vous êtes la partie intéressée une fois (Baron, Hom. à b. fort., a. III, se. 6); Je suis le maistre, une fois, et noussçavons,... mettre une femme à la raison (Ilauter., Crisp. méd., a. I, se. 2; cf. Regnard, Coquette, a. II, se. 1); Je me fais homme d'épée, une fois; et je viens à Paris pour acheter une charge dans l'armée (Regnard et Duf.,L3 Foire S^-Ger main, a. II, se. 9). A rapprocher du tour classique: Tranquille entre les bras de son Dieu, où il s'était une fois (définitivement) jeté (Boss., Or. fun. de Condé, éd. Réb., 552).
foncer (^ financer) — Ce mot, d'après Richelet, est vieux, et ne peut se dire qu'en burlesque, il doute même qu'on puisse s'en servir en Récrivant. L'Acad. ne l'accepte que dans la phrase : foncer à Vappointement. — * Pom.. Duil., G. Miege, Fur.; O Th. Corn.;* A^ ; * L., II. D. T. ; e Hug. — Pourveu .qu'il fonce la pistole On n'en sonne aucunne parole (Colletet, Juv. burl., 24).
Fui"., A. et A'^ donnent l'adjectif foncé : riche, habile dans une science. Qu'avec elles des gens, quoique fort bien foncés, ^Passent fort mal leur temps, et sont embarrassés (Montfieury, Procès de la Feni. Juge et Part., se. 3).
/•orce(= beaucoup) est blâmé par Ménage [Obs. s. Malh., 11,221) ; il vieillit un peu et on ne le dit plus gueres que dans le langage familier (Bouhours, Suite, 306) ; il n'est pas dans le bau stile (N. Berain, N. Rem., 200). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A.; O Th. Corn.; *A2 ; * L., II. D. T. ; O Hu"-. — Force pois-ramez, pois-cossus (Loret, 23 avril 1651, v. 95; cf. 29 août 1654, v. 32 ; 23 déc. 1656, v. 198, 9 juin 1657, v. 76) ; J'ai dévoré force moutons (La Font., II, 96, v. 26). Les exemples sont nombreux.
L'expression h force de est aussi condamnée comme basse (Bellegarde, Eleg., 301). Toutefois Bouhours la trouve fort bonne [Suite, 306) ; Il y a des erreurs où nous tombons en raisonnant, car l'homme s'embrouille souvent à force de raisonner (Bossuet, Hist. Univ., 363). farfaire est signalé comme étant du style simple par Richelet, qui cite : Si elle a voit forfait à son honneur, je l'étranglerois de mes propres mains (Mol.,
G. Dandin, a. I, se. 4). Le mot est dans tous les lexiques. Pomey dit for- /at>e l'honneur ; tous les autres : for faire à l'honneur.
fourmiller tient du bas usage ([de Lerac], La défense des Beaiix-Esprils, 1675, 48). — *Poni., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A. ; e Th. Corn. ; * A^; *L., H. D. T. ; O Hug. — ... leur grande Place, Qui fourmilloit de Populace (Loret, 21 août 1660, v. 33-34) ; les toits fourmillants de l'avare cité (La Font., VI, 297, V. 364) ; des comtes ou des marquis, dont la terre fourmille (La Bruyère, II, 133) ; tout fourmille d'erreurs dans ses écrits (Bossuet, Averl. aux Prot., 817).
franc du collier est blâmé parle Dict. des Halles (79). — O Pom.,Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur., A. ; OTh. Corn. ; * A^ ; * L., H. D. T. ; O Hug. — II faut voir sur-le-champ si les vice-baillis Sont si francs du collier que vous l'avez promis (Regnard, Le Joueur, a. III, se. 11). Littré cite La Fontaine et S*-Simon.
>em au figuré. A propos de la phrase : le i-oi qui seul peut mettre un frein à l'ambition du grand prince, Bary déclare que le mot n'est pas assez noble pour l'ambition {Les Secrets de la Rhet. fr., 185). — O Pom., Duil., G. Miege ; * Rich., Fur., A.; e Th. Corn. ; * A2 ; * L., H. D. T. ; O Hug. — Les exemples sont nombreux dans Molière, La Fontaine, La Bruyère (voir Littré). Tout le monde connaît les vers d'^^/iaZte, où figure l'image.
fricasser, au sens figuré, est signalé comme bas par A. et A^. Le Dict. des Halles (80) reproche à l'Académie le mot /"/'«cassé. — *Pom., Duil., G. Miege; e Rich. ; * Fur., A. ; O Th. Corn. ; * A2 ; * L., H. D. T. ; e Hug. — Ce pauvre Estât est fricassé (Loret, 27 mai 1662, v. 216) ; Sans fruit aucun vendit et fricassa Tout son avoir (La Font., V, 156, v. 24-25).
[jfî^e leviénfbasJ— e Pom., Duil., G. Miege ; *B. F. ; e Rich. ; *Fur. : populaire, A. : bas-Ve Th. Corn. ; * A^ : bas; * L., H. D, ï. ; e Hug. — Tout franc, et sans faire de frime. Contre les siens, il a procez (Loret, 26 janvier 1658, V. 126-27).
froisser, pour chiffonner, n'est pas français. C'est une faute des Provinciaux, el en particulier des Lyonnais, dit Andry {Refl., 118) S'-Réal estime que la faute ne mérite pas qu'on y pi-enne garde (de la Critique, 94).
Ga/«auJer(^ humilier par des reproches) est bas, d'après Fur., Th. Corn, et A'- ; A. le donne sans observation; O aux autres lexiques; *L., Il.D.T., O Hu<>-. — elles n'ont qu'à venir, comme diable je les galvaud rai [Regnard et Dufr., La Foire S*^-Germain, a. 11, se. VIII ; cf. Th. Ital., t. VI, 210).
garde {n'avoir — de) est noté comme bourgeois par de Callières {Du bon et du mauvais us., 16; v". Schenk, 75). — O Pom.; * Duil., G. Miege; O Rich.; * Fur., A.; e Th. Corn.; * A^ ; * L., H.D.T., Ilug. Les exemples sont très nombreux. — Elomire n'avoil garde de faire parler Arnolphe comme il devoit {Zelinde, 1663, se. 3); Hérodote n'avoit garde de parler des Juifs (Bossuet, Hist. Univ., 59); Dieu... n'avoit garde de les mépriser (Id., Ib., 386; cf. Hj., 461; Id., Confer. av. M. Claude, 204; Id., Avert.aux Prot., 434; Id., Def. de VHist. des Var., 42).
gaupe est blâmé dans l'A. par le Dict. des Halles (83). — *Pom. ; o Duil. G. Miege; * B. F.; O Rich.; * Fur., qui l'applique à un homme. A., Th. Corn., qui le donne dans l'article gaupinet, A'^ : il est du style familier;
*L., H.D.T., Hug. Le mot est fréquent chez les burlesques. — ...quelque Gaupe friande, Qui viendra, sans raison, censurer chaque Mets (Hauteroche, Crisp. music, a. I, se. 6); Cette Peau d'Ane est une noire taupe, Plus vilaine encore et plus gaupe (Perrault, Peau d'Ane).
gausser. — Un homme du monde ne dit point se gausser de quelqu'un, à moins qu'il ne le dise en raillant, la raillerie ayant le privilège de pouvoir emploj'er des mots vieux ou bas (de Callières, Du bon et du mauv. us., 28; v. Schenk, 76). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. : burlesque. Fur. : bas, A. : bas; O Th. Corn.; *A2: bas; * L., H.D.T.; O Hug. — Ovonie gaussant Elomire (Le Boulanger de Chalussay, Elomire hypocondre, a. V,sc. 3). Si quelqu'un vient encor se gausser davantage. Je lui sangle d'abord mon poing par le visage (Regnard, Déinocrite, a. II, se. 3). Voir de nombreux exemples dans le Lexique de Mol. par Livet.
gausseur a le même sort que son verbe (de Callières, Du bon et du mauvais us., 28; V. Schenk, 77). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. avec une -}-, Fur., A.; oTh. Corn.; *A2 : bas; * L., H.D.T.; O Hug. — Sais- tu raser? — Moi, raser! Je vois bien que vous êtes un gausseur (Regnard, Coquette, a. III, se. 9).
V gentil — Ce mot estoit autrefois un mot élégant. Mais maintenant on n'en use point dans les livres : on ne le dit que dans la conversation ; encore ne le dit-on pas trop sérieusement (Bouhours, Rem., 21-22). C'est yoZt qui a pris la place de gentil, mais sans le remplacer tout-à-fait. Joli n'a pas tant d'étendue qu'en avoit gentil, qui se disoit des grandes choses aussi-bien que des petites (Id., ib., 155). Richelet signale aussi gentil comme burlesque, et le remplace dans le style sérieux par yo/t* . -v- * tous les lexiques, sauf Th. Corn, — Une histoire des plus gentilles (La Font., I, 291, v. 5); Elles étoient toutes assez gentilles (Id., IV, 488, v. 34); faites le plus de diligence,... pour me venir trouver avec huit ou dix soldats au plus; mais cherchez les plus gentils garçons (La Rochefoucauld, III, 283). Cf. La Bruyère, II, 2H.
geste (au sens oratoire). Il a un beau geste est provincial, on dit : il a l'action belle (Marg. Buffet, 67). Le mot est avec ce sens dans tous les lexiques.
gigot (jambe). Étendre les gigots est une expression basse pour dire étendre les jambes, les cuisses (A.). — O Pom., Duil., G. Miege; *Rich. avec -}-, Fur. ; O Th. .Corn. ; * A^ : bas et populaire ;*L., II.D.T. ; G Hug. 2. — Cousin, il faut ici remuer le gigot... ; Je vais plus qu'on ne veut, quand on m'a mis en danse (Regnard, Le Bal, se. 17).
[glouton, pour gourmand, n'est plus employé que pour plaisanter (L.deTemplery, {Gen. et PoL, 219). (Richelet remarquait que gloutonnerie ne se dit ordinairement que dans le burlesque), i— *Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A. ;
1. On trouve cliez d'Assoucy un composé genliljoli qui n'est dans aucun lexique : Nous avons dedans ces bas lieux Cent Genliljolis petits Dieux [Ov. en h. hum., i3).
2. Au giron De Phœnix ou de Chiron. Jay remarqué autrefois, dit Chevreau. que dans les Provinces, on ne disoit giron qu'à l'égard des femmes... Giron est vieux et les délicats le peuvent laisser aux curés de village, ou à leurs vicaires, qui croient parler fort élégamment, quand ils disent : Rentrer au giron de l'Eglise. Rentrer d^iis le sein de l'Eglise est meilleur(Ms. Niort, 111, dans Boiss.).
CLASSIFICATrON DES MOTS 341
OTh. Corn.; *A-. Les lexiques d'auteurs n'offrent pas d'exemples, sauf celui de La Font. L. et II. D.T. le citent.
Ijfobelottej' — Ce mot est bas, dit Richelet, et signifie boire et g-renouiller dans quelque cabaret.^— O Pom., Duil., G. Miege ; * Fur, : se dit en mauvaise part. A. : bas ; OTh. Corn. ; *A2 : bas ; * L., H. D.T, ; © Hug.
goguenard (cf. tome III, 211), ne se dit que dans le style bas et familier; ce n'est pas un nom fort honorable :... il y a apparence que M. Ménage n'a pas prétendu louer le Père Bouhours, quand il a dit deluy dans son Avis au Lecteur, nostre Révérend Père goguenard (A. de B., Refl., 242). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich.avec -J-, Fur., A.; O Tli. Corn. ; * A^; * L.qui cite de nombreux exemples, H.D. T. ; oHug. — La plus-part, malins goguenards, Leur dizoient de méchans brocards (Loret, 13 mai 1656, v. 73-74, cf. 3 juin 1656, v. 239, 13 mai 1662, v. 141); Je t'avoue Que ton air goguenard mérite qu'on te loue (Montfleury, Fille capitaine, a. III, se. 1); Vous n'aviez pas douze ans que j'étois goguenard (Poisson, Feni. coq., a. IV, se. 12). Cf. le Lexique de Mol. par Livet.
gorge {faire rendre — ) — Chevreau félicite l'abbé de Villeloin d'avoir évité cette expression du menu peuple dans sa traduction du Curculion (Œuvres //lésées, 1697, 516-517). — *Pom., Duil.; O G. Miege, Rich. ;*Fur., A. ; O Th. Corn .;*A2; *L.,H.D.T.; O Hug . — A bon droit, ils (les partisans) sont condamnez De rendre gorge, par les poches (S'- Amant, I, 450); Je jure par Monsieur saint George, Que je te feray rendre gorge (Richer, Ov. bouff., 275).
goûter — Ce mot, employé comme verbe au sens de faire collation, ou comme substantif, est du langage des bourgeois de Paris (de Callières, Bon et mauvais us,, 41 ; V, Schenk, 80). — Richelet signalait déjà goûter comme n'ayant d'usage que parmi le petit peuple; * Pom., Duil.; O G, Miege;
* B,F., Fur,, A.; G Th. Corn.; * A^; * L., H. D.T.; e Hug, — Si la chère y fut merveilleuze. Tant au Dîner, comme au Goûter, C'est dont il ne faut pas douter (Loret, 5 oct. 1658, v, 76-78),
goutte (ne voir — ) — L'expression est blâmée chez Malherbe, comme prosaïque (Chevreau, Rem. sur Malh., 1660, 30; cf, éd, 1722, I, 248), Marguerite Buffet déclarait l'expression : on ne voit plus goûte, incorrecte et n'acceptait le mot goutte qu'en parlant des liquides (28), tandis qu'A, de B, la trouve élégante dans le style familier [Suite, 398) ; // ne voit goutte est bas, et du menu peuple. On ne s'en sert que dans le stile familier, dans le bourlesque (sic) et dans la satire (Chevr., Ms. Niort, 52, dans Boiss.), — * Pom., Duil,, G, Miege, Rich, , Fur,, A,; e Th. Corn.;*A2; *L., H,D,T.; e Hug, — Certainement, je n'y voy goûte. Ou le bon Dieu l'aime, sans doute (Loret, 5 nov. 1661, V, 67-68; cf, 25 fév, 1662, v. 156; 15 mai 1660, v. 181, etc.); mon esprit d'abord n'y voyoit goutte (La Font., VI, 33, v. 121 ; cf, VII, 76, v. 1150, etc.); je ne vois goutte dans votre cœur (Sévigné, H, 100). Cf. le Lex. de Mol. par Livet.
grâce {de votre — ) pour de vous-même est signalé comme une locution bourgeoise (de Callières, Bon et mauv. us., 17 et 113), — * Pom,; O Duil,;
* G, Miege; e Rich., Fur,, A,, Th. Corn,, A^; * L. ; 0 H. D.T, ; * Hug. — Deux sens sont indiqués par Pom. et G. Miege : 1° de vôtre grâce vous
me priez souvent de vous avertir : me saepe rogas, quae tua humanitas est, ut te moneam ; 2° de voti'e grâce j'ai été bien reçu : tuo benefîcio, tua operâ, etc. L. et Hug. citent des exemples de La Fontaine, Molièi'e, S'-Simon. Voir le Lexique de Mol. par Livet. Sauf votre grâce n'est plus que chez Pomey, et comme vieille façon de parler. C'est une façon de parler de la petite bourgeoisie qui ne doit trouver place dans la bouche des gens du monde que pour s'en divertir (de Callières, Bon et mauvais us., 185-6, seconde pagination après la p. 192 ; v. Schenk, 150). C'est votre grâce est un terme de civilité pour s'excuser de contredire une autre personne, il est bas et se dit par corruption pour sauf votre grâce (A.).
grâces — L'expression : Je vous rends grâces est du style de la conversation journalière, ainsi que je vous remercie ; dans le style soutenu, il vaut mieux dire : rendre des actions de grâces (Bellegarde, Eleg., 305). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich.; e Fur.;* A.; e Th. Corn.; *A2;*L., H.D.T. ; e Hug. — Bouhours avait déjà fait semblable distinction [Rem., 343). Je vous rends grâce, leur dit-elle. De tant de mai^ques d'amitiés (La Font., VIII, 100); Psyché... rendit grâces au hasard (Id., VIII, 138). L, cite Sévigné et Bossuet. Pour l'emploi du singulier ou du pluriel, voir à la Syntaxe.
gratis est du discours familier, il est moins noble et moins usité que gratuitement (A. de B., Refl., 245-246). — *Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur. : est purement latin, A. ; O Th. Corn.; *A 2 ; * L., H. D. T.; O Hug.— Lui Loup gratis le guériroit (La Font., I, 391, v. 18). Gratis est mort (La Font., IV, 358, v. 3). L'A. indique que le mot se prend comme substantif : il a demandé le gratis de ses bulles. Le mot se prend au figuré pour dire qu'on avance un fait sans en apporter preuve (A.). — Vous vous imaginez que je dis cecy gratis: je veux que vous n'en croyez que Molière mesme (Bezançon, les Medec. à la Censure, 310).
^^grenouiller, au sens de s'enivrer, est dans tous les lexiques, sauf dans Pomey. Il est signalé comme trivial. Le mot pourtant semble avoir été à la mode\ Je voudrois... qu'ils apprissent... à connoître combien il est indécent à des gens de qualité d'aller, comme on dit, grenouiller dans des Cabarets (de Callières, i¥ofs à la mode, 189-90 ; v. Schenk, 84).
grillet est un provincialisme, il faut dire grelot (A. de B., Refl., 146, 2^ pagin., mise pour 246).
Hobereau, terme de vénerie, n'est pas trop du bel usage, et se dit dans le familier d'un petit gentilhomme de campagne (Bouhours, Entr., 76). De Callières le met en italiques, dans la bouche d'un néologue [Mots à la mode, 144; V. Schenk, 95). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. : burlesque. Fur., A., Th. Corn. : terme de vénerie seulement, A 2; * L., H.D.T.; G Hug. Pomey et G. Miege, ne le donnent au figuré qu'au sens d'apprenti. — quelques badins Soit hobereaux ou citadins (Loret, 24 oct. 1654, v. 31-32); Messieurs les Hobereaux, ...N'auront peur, sur leur propre terre (Id., 10 mai 1659, v. 75-77); Hé! l'ami, les épaules vous démangent. — Comment! à moi, petit hobereau] (Regnard, Crit. de VHom. à b. fort., se. 6) ; Quel est-il ce Lisandre? — Un petit hobereau D'une Noblesse aisée à casser çompae verre (Ilauteroche, Bourg, de qualité, a. II, se. 4). \ /loKioy 'est critiqué par le Dict. des Halles (93), — Fur., A., Th. Corn., et A 2 le déclarent vieux et populaire j * Pom., Duil., G. Miege, Rich.;*L., H.D.T. ;
OHug. — Après pluzieurs gourmades, Assauts, horions... Ces deux obstinez champions... De se tapoter se lassèrent (Loret, 22 sept. 1652, v. 1S5-1:)9) ; Dûssay-je avoir nnhorion (Id., 27 sept. 1659, v. 225); De horions laidement l'accoutra (La Font. , IV, 96, v. 136) ; Hé bien, souffrez les trente horions (Id. , IV, 137, V. 55).
Imbriaque {=: ivrogne) — C'est un mot fort bas, selon Richelet, qui est seul à le donner. — *L.; O H.D.T., Hug. — Je pense que je suis aujourd'huy imbriaque; j'oublie la moitié des choses dont j'ay besoin (liauter., Crisp. med., II, 4).
individu ne se dit qu'en plaisanterie, hors du sens philosophique (A.).;* tous les lexiques, sauf Th. Corn.; Fur. et A'^ signalent l'expression familière: avoir soin de son i?idividu;^ L., II. D. T. ; O Hug. — Ilem, hem, Vindividu fait encor son office (La Font., VII, 299, v. 281).
innocenter — mot burlesque et satirique qui se trouve dans Marot, mais qui est hors d'usage, on dit en sa place, donner les innocens (Rich.) ; * B. F. ; O tous les autres lexiques ; O L., H. D. T., Hug. — Le mot signifiait: taper sur les fesses pour rire ; il n'a pris son sens actuel qu'en 1762 (H. D. T.).
ivrogner est du style familier (A2)j| * tous les lexiques, sauf Rich. et Th. Corn .;*L.,H.D.T.;0 Hug . — Nôtre belle et guerrière armée, A ne rien faire acoûtumée. Sinon à... Yvrogner (Loret, 18 juin 1651, v. 57-60); ayant apris qu'ils ivrognoienl (P. d'Ablanc, Apopht., 1664, 50); Cela est-il beau d'aller ivrogner toute la nuit (Mol. , V^I, 586, G. Dandin, a. III, se. 6) ; Que de gens à yvrogner, dit-il à quelques Chanoines qui l'accompagnoient, pendant qu'il y en a si peu au Catéchisme (Boursault, Lett. Nouv., I, 66).
Jatlée est bas (A.); O Pom., Duil., G. Miege, Rich.; * t'ur., A., A-; O Th. Corn.
je suis tout joyeux quand je vous vois, est une expression qui peut être mise en œuvre dans le discours familier; mais. . . cette façon de parler commence à n'être plus du bel usage dans le sens dont il s'agit (de Callières, Bon et mauv. us., 177; v. Schenk, 109) *. Marg. Buffet avait déjà fait cette observation, elle voulait qu'on remplaçât yoî/euo; par gai ou de belle humeur (58). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A. ; e Th. Corn.; * A2.
JLamper (1665, CoUetet, dans H. D. T.) est bas, c'est un terme de goinfrerie (A.); * Rich ., Fur ., A-2 ;* L. ; e HugC]
langue [avoir la — bien pendue) — c'est une expression un peu basse (Bouhours, Suite, 135). — * Pom.; e Duil.; * G. Miege; e Rich.; * Fur., A., A^; O T. Corn.; * L. qui cite Scarron et Sévigné^ H. D. T. ; O Hug. — Que nai-je la langue aussi bian pendue"! (Mol., VI, 88, Méd. malgré l.,a.. II, se. 4).
/anfiponer (importuner) — * Rich., Fur. : populaire et burlesque, A^ : bas. — lantiponage — * Rich. : bas et burlesque ; A^ : bas. Voir Hug. et le Lex. de Mol. par Livet.
1. L'Abbé ayant protesté contre cette exclusion de joyeux, on lui donne la liberté de s'en servir. 11 dit alors : je suis tout joyeux de la liberté que vous me donnez. Et le commandeur répond : Et moy je suis fort aise que vous en soyez tout joyeux (Id., //)., 178-179).
lavement — « Sur mes scrupules qui ont des raisons, dit Chevreau, je vous conseille d'avertir vos Patriarches, de changer les mots suivans dans leur forme d'administrer le [Baptême : « Puis donc qu'ainsi est que la Vertu de ces deux choses est accomplie en nous, par la grâce de Jésus Christ, il s'ensuit que la vertu et substance du Baptême est en lui comprise. Et de fait, nous n'avons point d'autre lavement que son sang». Dans le 5" verset du troisième chapitre de S"^ Paul à Tite, ils ont quelque chose de semblable : « Non point par les œuvres de justice que nous eussions faites, mais selon sa miséricorde, par le lavement de son Sang ». M. de Sassi a traduit plus honnêtement : « Il nous a sauvez non à cause des œuvres de justice que nous eussions faites, mais à cause de sa miséricorde, par l'eau de Renaissance, et parle renouvellement du Saint Esprit». Le P. Bernardin Surius, qui n'est pas dans nôtre Langue un fort bon Auteur, a écrit avec assez de naïveté dans le chapitre 46 du premier Livre de son Pieux Pèlerin, en parlant de Mahomet : « Or remarquez comme il attira dans ses rets les Juifs : pour les gratiGer, il nia avec eux la Sainte et adorable Trinité, et la Divinité du Messie. Il aprouva la Circoncision qu'il vouloit être exactement observée, et defendoit l'usage des viandes interdites par la Loy de Moyse ; ordonna qu'on observât ponctuellement les lavemens du Vieux Testament ». Le Ministre Jean d'Espagne, que je vous ai allégué, n'y a pas entendu plus de finesse, quand il a écrit dans le dernier Aphorisme de son abrégé de la manducation du Corps de Christ: « Sous l'Ancien Testament, il n'y avoit que deux choses saintes. Car elles lui étoient exhibées, ou en Lavement, ou en Nourriture ». Dans ses nouvelles Observations sur le Symbole de la Foy, il a dit encore: On sçait que les Lavemens d'eau étoient fort fréquents sous la Loy » . L'idée ordinaii^e que l'on attache à ces Lavemens, frappe le nez; et l'odeur en est toujours incommode pour un délicat (Chevr., Œuvres mêlées, !•'<' partie, 1697, p. 320-21. Cf. Ms. Niort, 23, dans Boiss.).
ISi lavement perdait le sens général d'ablution, en revanche, comme terme de thérapeutique, lavement tendait à remplacer clistere, considéré comme vieux et burlesque (Rich.); clistere, mot de province, dire lavement observe Ménage (0., I, 2U)]\Clistere — * Pom., Duil,, G. Miege, Fur., A. Mais A^ observe: On se sert plus ordinairement de lavement ou de remède^. — Livet l'a exclu de son Lexique, on sait néanmoins combien le mot est commun chez Molière. Voir le Lex. de Molière de M. M. Desfeuilles. — Ils voulaient obliger tous les apothicaires A faire et mettre en place eux-mêmes leurs clystères (Regnard, Légat, univ., II, 11 ; cf. Bezançon, Les Med. à ht Censure, 99, La Font., IV, 122, etc.).
Pour lavement, on pourrait citer de nombi'eux textes : elle refuse, étant fort enrhumée, De prendre un lavement, lorsqu'il sent la fumée (Boursault, Com. sans titre, I, 1).
lénifier est attribué au xvii" s. par H. D.T. Richelet le donne au contraire comme vieux : il ne se dit qu'entre médecins et le plus souvent même en
1 . Louis XIV, sur les observations du Père Le Tellier, ne se permit plus, dit-on
que cette expression de remède; et s'il faut en croire Mirabeau, en son Eroticn
Biblion, lAcadémie françoise eut ordi-e de Tinsérer dans son Dictionnaire avec cette
nouvelle acception (V. H. L., IX, 183, n.). De fait, on trouve ce sens donné à remède à
pa rtir de Furetière.
riant, ajoute-t-il; * Tli. Corn.; O tous les autres lexiques — Adoucissons, lénifions, et accoisons l'aigreur de sesesprits (Mol., VII, 279, Pourc. , a. I, se. 8) .
lignes — dire : je vous écris ces lignes pour. . . , est du style familier, selon Alemand qui confirme l'opinion de Vaugelas [Obs., 186). De Callières blâme cette tournure comme inutile [lion etmauv. us., 197-198; v. Schenk, 113). — e Pom., Duil., Ci. Miege, Rich. ; * Fur. ; e A., Th. Corn., A^. — Il (Louis XIV) trace six lignes, et les envoie à son ambassadeur à la Haye (Racine, IV, 366).
loyer, au sens de récompense, était discuté ; Ménage estime que ceux qui font difficulté de s'en servir, sont bien délicats {Obs. s. Malh., II, 134). D'après Richelet et A-, il serait en ce sens plus en usage en vers qu'en prose. — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; * L., H. D, T., Hug. — . . . tes peines, Dignes d'un immortel Zoî/er(Loret, 19 juin 1660, v. 220-21); Qui, pour digne loyer delà Bible éclaircie (Boileau, Sat., VIII, v. 223); Toute peine, dit-on, est digne de loyer (La Font., III, 314, v. 5; cf. II, 41, v. 9; III, 9, v. 73). Les exemples antérieurs sont nombreux.
Mais (n'en pouvoir — ) — Cette expression avait été condamnée comme populaire et barbare (cf. tome 111, 361-2 ; A. de B., Refl., 290; de Callières, Bon et mauu. us., 146; v. Schenk, 140). Bellegarde rappelle que Vaugelas a condamné l'expression, et ajoute que quelques modernes ne la désapprouvent pas {Eleg., .304). — * Pom.: bas et burlesque, Duil. avec -J-, G. Miege, Rich., Fur., A. : familier; o Th. Corn.; * A^; * L., H. D. T. ; e Hug. — Le lion... Bat l'air, qui n'en peut mais (La Font., I, 157, v. 26-28). Voir le Lex. f/e MoZ. par Livet.
maladif, semble être donné comme populaire (de Callières, Bon et jnauv. us. 17 ; V. Schenk, 119). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; * L., II. D. T. ; e Hug.
mal-bâti est relevé par le Dict. des Halles (8). — G Pom. ; * Duil. ; G G. Miege, Rich.; * Fur., A.; e Th. Corn.; * A'^; *L., H.D.T.; O Hug. — Richelet ne donne que bien bâti, pris dans un sens ironique.
mal-sage est blâmé dans V Aristippe de Balzac [OEuv., II, 138) par Bouhours [D., 32). — e tous les lexiques; *L., H.D.T. ; e Hug.
manière [de la belle — ) — Cette expression avait été fort à la mode au dire de Sorel [Conn. des b. liv., 1672, 402-407; cf. tome 111, 73). Elle passa très rapidement : De la belle manière est aujourd'hui abandonné au peuple, qui le dit encore comme une belle phrase (Bouhours, Entr., 92). — * Pom. ; O Duil., G. Miege", Rich.; * Fur., A.; eTh. Corn.;*A2; *L.,H. D. T.; oHug. — Et je le bernerois de la belle manière (Montfleury, Fille capitaine, a. I, se. 6) ; Ma nièce, approchez-vous... Et me remerciez, de la belle manière (Id., Trigaudin, a. I, se. 5,).
manière [do — que) — Cette locution avait été très attaquée ; nous avons vu Sorel se moquer de ceux qui veulent la supprimer (tome III, 389). Au temps de Bouhours, « quelques-uns l'emploient encore dans la conversation et dans les écrits » (Bouhours, iîem., 595). Richelet constate qu'après avoir été hors d'usage, elle recommence d'avoir cours. — * tous les lexiques, sauf
1 . II est curieux de constater que sous le mot manière, Pomey donne la phrase : Cette façon de parler n'est plus de la belle manière, tandis que G. Miege sous le même mot dit : Cette façon de parler n'est plus du bel usage.
34fi HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE
Th. Corn.; * L., H. D. T.; o Hug. — J'oseray seulement avec respect avertir les théologiens scholastiques de mesurer de manière leurs expressions, qu'ils ne donnent point de prise à des gens outrez (Bossuet, Estais d'oraison, 82) Cf. le passage de La Bruyère cité p. 235.
.marchand (être bon, mauvais — de...) — Cette expression ne paraît pas assez nobleà Bellegarde (^'/egr., 142).— e Pom.,Duil., G. Miege,Bich. ; *Fur., A.; OTh. Corn. ; *A2; *L., H. D. T. ; oHug. — Mais ce m'est un trésor si doux et si touchant, Que celle qui sur moi remporte la Victoire; Que je croi que l'Amour n'en est pas bon Marchand, Si pour la lui payer il suffit de ma gloire (Bensserade, Bail, de VImpalience, l""^ partie, l""* entrée) ; cette nouvelle manière d'agir faisoit que plusieurs s'en trouvaient mauvais marchands (Furetière, Rom. bourg., l, 162).
à merveille n'a cours que dans le style comique, il n'en faut user que rarement(L. de Templery, Gen. et Pol., 215). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. avec f, Fur., A.; e Th. Corn.; * A2 ; * L., H. D. T.; e Hug. — Vos deux lettres sont à merveilles (Racine, VII, 27) ; tout sera à merveilles (Sévigné, V, 35) ; vous vous en êtes acquittée à merveille (Mol., III, 402, Impromptu de Versailles, se. 1).
L'expression faire merveilles ou faire des merveilles est basse (Ménage, Obs. s. Malh. , II, 69 ; cf. Bouhours, Suite, 137) ; Il en est de même pour promettre merveilles {Ib.). — O Pom., Duil., G. Miege ; * Rich., Fur., A.; G Th. Corn.; * A^. — ... dans le sérieux, tu crois faire merveilles ? (Le Boulanger de Chalussay, Elomire hypocondre, act. IV, Divorce comique, se. 2). Les exemples sont nombreux.
mésavenir — On ne se sert plus guères de cette façon de parler, dont néanmoins nous avons des exemples dans de bons auteurs (A. de B., Re/l., 298). — Elle n'a d'usage que dans le langage familier (A.) ; *Pom., Duil. ; OG. Miege;
* B. F., Rich., Fur.; O Th. Corn., A2;*L., II. D. T.; O Hug.
7nësarri«er donne lieu à la même remarque d'Andry et de l'Académie. — O Pom., Duil., G. Miege; *B. F., Rich., Fur., A. ; O Th. Corn. ; * A?; *L. qui cite S'-Simon, II. D. T. ; oHug. — II n'en peut mesarriver, dit-il, car je mourray ou seray vainqueur (P. à' Ahlancouvt, Apopht., 156).
mièvre est « bassissime » et ne se dit mesme par le peuple que des jeunes enfans au dessous de dix ou douze ans quand ils sont ce que les Latins nomment petulans. ... Le monde raisonnable ne l'employé jamais en cscrivant (Chapelain, Lett. à Huet, 22 janvier 1663, note. Cf. une lettre inédite du 12, f° 389, v"). Il est signalé comme bourgeois (de Callières, Bon et mauv.us., 47; v. Schenk, 124). — O Pom.; * Duil.; O G. Miege, Rich.;
* Fur. : terme populaire. A.; O Th. Corn. ; *A2 : bas; *L,, H. D. T., Hug. Cf. Lex. de Molière par Livet.
mièvrelé est lui aussi boui'geois. — O Pom., Duil., G. Miege, Rich.;* Fur., A. : bas; oTh. Corn.; * A2 ; * L. cite Dancourt, ri.D.T.;e Hug. — c'est un enfant gâté que Janot, qui fait quelquefois de petites miévretés (Dancourt, Bourgeois à la Mode, act. III, se. 3) ; Madame Vollichon ne parla plus . . . que des belles qualitez de son fils, de ses miesvretez et postiqueries. Ce sont les termes consacrez chez les bourgeois, et les mots de l'art pour expliquer les gentillesses de leurs enfans (Fur., Rom. bourg., 1,108).
montée au sens d'escalier, est bas et populaire, et il a une autre signification encore plus basse, et qui est fort en usage parmy le menu peuple de Paris ; c'est lors qu'il disent pour exprimer que quelqu'un loge avec eux dans le même corps de logis, il demeure.dans nôtre montée (de Callières, Bon et mauv. us., 162; v. Schenk, 127)^j — O Poïn- ! * Duil. ; O G. Miege ; *Rich., Fur., A., Th. Corn., A 2; * L. cite Boileau, Il.D.T., Hug. — Elle entre comme une effrontée. Passe la court et la montée (Richer, Ov. houff., 4571 ; prenez garde de tomber sur^la montée [Baron, [Coquette, a. V, se. 6) ; Il y a les plus maudites langues dans notre montée. — Écoute, Margot ; votre montée a peut-être raison (Regnard, Coquette, a. 111, se. 9).
Nazarde [donner des — s) — Il n'y a rien de plus bas que cette expression pour dire critiquer, ou insulter (Bellegarde, Elerj., 140). — oPom.; * Duil. ; eG. Miege; *B. F., Rich., Fur., A.; oTh. Corn.; *A2; *L. ,H.D.T.; oHug.
— ...aux gens de Cour, A qui Messieurs qui sont en garde Donnent souvent pis que nazarde (Loret, 30 juin 1652, v. 160-162) ; Dont je mériterois nazarde (Id., 4 décembre 1660, v. 107). Voir de nombreux exemples dans \eLex. de Mol. par Livet.
B. F., Rich., Fur. donnent aussi le wevhennzarder ; * L., H. D. T. ; O Hug.
— Les laquais par mon ordre iront te nazarder (Dorimond, Am. de Trapolin, se. VIII, p. 40) ; ...être le Précepteur d'un fat à nazarder (La Thuilerie, Crisp. précept., se. 2); L'honneur est un vieux fou qu'à présent on nazarde (Montfleury, Ec. des Jal., a. III, se. 6); Le moindre châtiment c'est d'être Nazarde (Th. Corn., Geol. de soi-même, a. V, se. 7).
né natif — cette façon de parler est de ces locutions basses qui ne sortent point de leur bassesse... Les honnestes gens disent : un tel est né à Paris, ou est natif de Paris. On ne joint point né et natif ensemble (Bouhours, Rem., 139). — A. et A^ confirment l'opinion de Bouhours; O Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; *Fur. ; oTh. Corn. ; * L., H. D. T.; O Hug. — Ce gibier est charmant, et je le garantis Bourgeois, et né natif en plaine Saint-Denis (Regnard, Le Bal, se. 2). Il faut signaler que natif vieillit selon Richelet, et que, selon Bouhours, il n'est pas fort noble, tout en étant françois (Bouhours, Rem., 140).
nocier est un vieux mol que les poètes ont donné pour épithete aux Fausses Divinitez qu'ils croyoient présider aux nopces (Fur.). D'après A, et A 2, c'est un terme poétique qui vieillit; O Pom. ; * Duil.; O G. Miege; * B. F., Rich. ne l'admet que dans le bas stile; O Th. Corn. ; * L.; O H.D.T., Hug.
— Junon, la Déesse nopciere (Scarron, Virg., I, 280).
Perplexe — ce mot n'est plus d'usage (A. de B., i?e/Z., 400). — A. et A2 le déclarent vieux ; * Pom., Duil.; O G. Miege; * B. F., Rich., Fur.; O Th. Corn.; * L., H.D.T ; O Hug. — Mon esprii, perplex sur ce point, Ne s'en formalizera point (Loret, 11 avril 1654, v. 179-180); Je suis perplex, j'atens... (Id., 15 mars 1664, v. 2).
petit à petit s'emploie parmy le petit peuple pour /)eu à peu (A. de B., Reft., 405). — Si quelque appétit vicieux Ne l'a mis dessous son empire ; En ce cas, pour que tu n'empire, Change le petit à petit, Et non à coup (Martin, Ec. de Sa/., 1650,21). —* Pom., Duil. ;e G. Miege, Rich.;* Fur., A.; e Th. Corn.; * A2; * L., H.D.T.; O Hug.
petits-pieds pour gibier, est un terme bourgeois (de Callières, Bon et mauv. us.,
37 ; V. Schenk, 138). — e Pora. ; *Duil.»; e G. Miege ; *Rich., Fur., A.; e Th. Corn. ; * A2; *L., H.D.T. ; e Hug.
phlébotomiser ne se dit qu'en riant (Rich.), * Fur., Th. Corn. — Je suis
d'avis qu'il soit p/iiéAoio/nisé libéralement (Mol., VII, 274, Pourc, a. I, se. 8).
Lexvi" siècle avait phlébotomer . Quant à phlébotomie il ne se dit, suivant
Richelet, qu'entre chirurgiens et médecins. O Pom. ; * Duil. ; O G. Miege;
* Fur., A., Th. Corn. ; O A^.
pimpesouée se dit dans le style familier en parlant d'une femme qui fait la délicate et la précieuse (A 2). Le premier exemple cité est celui de Mol., Bourg, gent., III, 9 : une pimpesouée bien bâtie. Voir le Lex. de Mol. par Livet 2.
pistagne (ornement sur les habits), fréquent dans Scarron, n'est plus dans aucun lexique. — Inventoriant cette pi'oye. On y trouva... Maint passement, mainte pistagne (Loret, 16 août 1653, v. 137-141).
porte-Dieu — C'est grand'pitié qu'un terme si peu respectueux pour exprimer une chose si digne de respect, ait tant de cours dans le petit peuple. . . les honnestes gens de la Cour, et presque toutes les personnes qui se piquent de parler noblement, ne s'en servent point, et ne la peuvent mesme souffrir (A. de B., Refl., 439-440).— * Rich. : mot de Paris, Fur., A., A^ : c'est ainsi qu'on appelle communément dans une Paroisse, Le Prestrequi est destiné à porter le Viatique aux malades; *L.,1I. D. T., Hug.
potage {pour tout — ) — c'est une façon de parler proverbiale et basse (A^) ;
* Pom., Duil.,G.Miege, Rich.,Fur.,A. ;e Th. Corn. ; * L., H.D. T.; O Hug. — Que si je n'aypour tout potage Que des plumes en appanage. . . (Richer, Ov. bouff., 492) ; Une mignonne... qui n'avoit pour tout potage Qu'un doux et gracieux vizage (Loret, 21 avril 1652, v. 116-118) ; Et lequel n'est, pour tout potage ... Qu'organiste de l'Empereur (Id.,29 sept. 1652, v. 170-172); Le pauvre Grignan xinpour tout potage que le régiment des galères (Sév., III, 283).
prédicament {être en bon — être en bonne réputation) — le mot dans ce sens n'est en usage que dans le style familier (A^) ; o Pom., Duil., G. Miege ;
* Rich. avec f, Fur., A.; e Th. Corn.; * L. cite S'-Simon, H. D. T.; O Hug. — Voila vostre Cupidon en mauvais prédicament, et tous ses mystères découverts fort à son desavantage (Sarasin, Œuvr., I, 160) ; Et mon Maître, pareillement, L'avoit en grand prédicament (Loret, 1^'' mars 1639, v. 149-150) ; Il ne faut plus recevoir de gens de robe... et surtout, point de greffiers, car ces gens-là mettent l'enfer en mauvais prédicament {Regnard, Desc. d'Arl., se. 8). — Féraud donne encore l'expression.
preneur qu'avait employé Corneille : preneur de villes (V, 363, Nie, v. 1132), n'est plus admis dans le style sublime par Bellegai'de {Eleg., 369), qui doute
1. Noter que Duillierne donne que pieds qu'il définit: toute sorte d'oyseaux délicats.
2. J'ay ouï dire autrefois, rapporte Chevreau, Piper le dé, des dés pipés pour de faux dés... Mais il me semble que les honnestes gens disent aujourd'huy de faux dés ; que l'on ne dit plus piper le dé, ni piper un home, et qu'on se contente de prendre des oiseaux à la pipée (Ms. Niort, 183, dans Boiss.).
même que le mot soit français. — O Pom.; * Duil. ; O G. Miege ; * Rich. avec •]-, Fur., A. ; G ïh. Corn.;* A^; * L,, H. D. T.; O Hug. — Preneur de murs, subjugueur de provinces (La Font., IX, 147, v. 44).
[présente (lettre) — Le mot de la présente, pour dire la Lettre, n'a plus d'usage entre les particuliers qui écrivent bien (de Callières, Bon et mauv. us., 236 v. Schenk, 141). — * A. et A^ qui ne l'acceptent que dans le style familier ePom., Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur. ; e Th. Corn.; * L., H. D. T. e Hug.
priser, pour estimer, est ridicule (Marg. Buffet, 67). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; * L., II. D. T. ; o Hug. — Ceux qui prisent trop leur noblesse, ne prisent pas assez ce qui en est l'origine (La Roch., I, 224) ; Contremandez celui qu'on a sçu vous priser (Montfleury, Dame méd., a. III, se. 3) ; Dindenaut prisait moins ses moutons qu'eux leur Ours (La Font., I, 427, V. 9; cf. Il, 288, v. 26; IV, 173, v. 200; VH, 67, v. 958; 88, v. 1364, etc.) ; plusieurs des Dieux . . . Prise ni moins le nectar que le plaisir extrême D'être auprès de Louis (Racine, IV, 73, v. 17-20) ; Tandis que mon faquin qui se voyait /jrtser (Boil., Sa^., III, v. 103, éd. B, S. P.).
prolixe — Ce mot ne vaut gueres dans le sérieux (Bouhours, Suite, 214). — * Pom., Duil.; O G. Miege;* B. F.; e Rich.;* Fur., A.; e Th. Corn.;*A2; * L., H. D. T.; O Hug. — Orai-je été prolixe sur ce cas (La Font., V, 389, v. 50); L'autre... en bannit le prolixe et l'incroyable (La Br., II, 461).
prolixité est condamné comme son adjectif; cependant Bouhours l'accepterait
avec une épithète, touten préférant longueur ennuyeuse à prolixité ennuyeuse
'{Suite, 214). — e Pom., Duil., G. Miege, B. F., Rich.; * Fur., A.; e
Th. Corn.; * A^; * L., IL D. T.; O Hug. — Je suis dans une prolixité qui
m'ennuie moi-même (Sév.,VI, 53). Voir le Lear. Je MoZ. par Livet.
promettre au sens d'assu/'er était déjà condamné par Oudin. Andry signale que le mot ne peut s'employer que pour le futur : je vous promets que je le ferai, et non je vous promets que cela est [Refl., 451). — O tous les lexiques ; * L., H. D. T., Hug. — Ces Vers, souz la Presse je mets, Le sept du mois, je vous promets (Loret, 7 sept. 1658, v. 259-260) ;... le feu Duc de Longueville, Etoit chèry, je vous promets (Id., 2 juin 1663, v. 208-209); Je vous promets que ce qu'il m'a dit ne m'a point du tout offensée (Molière, VII, 146, Av., a. III, se. 7). Cf. le Lex. de Mol. par Livel K
pulrefait n'a guère d'usage qu'en terme de Médecine, ou en raillerie (A,, A^); O Pom., Duil., G. Miege; * Rich. avec •{• ; Fur. le préfère à putréfié ; O Th. Corn.; * L,, H. D. T. ; O Hug. — Toute cette Troupe malsaine Dont trôs-put refaite est l'halaine (Scarron, Œuv., I, 278) ; Des bleds, les uns furent gelez. D'autres en herbe rissolez. Certains putrefaits par la pluye (Richei-, Ov. bouff., 587).
Rafler est du style familier (A^) ; * tous les lexiques, sauf Th. Corn.; * L., H. D. T. ; O Hug. — Les Anglois... Avoient débarqué beaucoup d'hommes Pour rafler œufs, fromages, pommes (Loret, 30 mai 1654, v. 12-14) ; Pour y rafler grains et boissons (Id., 28 avril 1657, v. 186).
1. purifier est incomparablement plus beau et plus propre que purger. On ne dit poinlrepurger un temple (Chevr., Ms. Niort, 160, dans Boiss.).
râtelée (dire sa — ) est déclaré bas par les lexiques à partir de Richelet ; * partout, sauf chez Th. Corneille ; * L., H. D. T. ; O Hug. — Il n'est cervelle si fêlée Qui n'en dize sa râtelée (Loret, 8 juin 1658, v. 193-194; cf. 22 déc. 1657, V. 108 ; 16 déc. 1656, v. 25, etc.).
rebecquer — * tous les lexiques, sauf Th. Corn.; Rich. et A^le donnent comme bas. D'après Fur., il ne se dit que sous la forme pronominale; c'est la seule aussi que donne A. — Le moyen de l'apaiser, n'estoit pas de luy rebequer (Sorel, Polyandre, II, 332); la fille se rebecqua (S'-Sim., éd. de Lanneau, II, 361).
réciproquer — * Pom., Duil., G. Miege et Fur.; O Rich., A., Th. Corn., A^; * L. avec -J-, H. D. T. : vieilli; G Hug. — Les exemples qu'on en possède sont burlesques. Voir le Lex. de Mol. par Livet. — Si le bien se réciproque avec la fin (Molière, IV, 41, Mar. forcé, se. 4); Quand veux-tu doncj ma tigresse, Réciproquer mon amour ? (Regnard et Dufresny, la Foire S^-Germain, a. II, se. 2). Il faut remarquer que Molière met le mot dans la bouche de Pancrace, et M""" de Sévigné l'a indiqué comme étant un mot provincial qu'elle raille (IV, 327).
regorger — nous regorgeons de biens est blâmé par Ménage comme bas et prosaïque [Obs. s. Malh., Il, 202). Ce mot infecte une imagination délicate (L. de Templery, Gen. etPol., 148). Regorger n'est pas plus honneste que cracher, que vomir etc., quand il s'agit des pei^sonnes (Chev., Ms. Niort, 23-24, dans Boiss.). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; * L., H. D. T. ; O Hug.
— D'éloges on regorge (Mol.,V, 510, Misanth., v. 1073); elles regorgent de train, de splendeur et de dignités (La Bruyère, 1, 291); Maudit provincial!
— De plaisir je regrorgre (Regnard, Le Bal, se. 7) ; cf. dans Sorel, Polyandre, II, 500 : regorge-museau.
rengramer au figuré est assez usité, mais il est bas et burlesque (Richelet); il est du style familier (A^) ; o Pom., G. Miege, Th. Corn. ; * Duil., Fur., A. ; * L., H.D.T. ; O Hug. Le Dict. des Halles blâme l'Académie d'avoir accepté cette locution (82). — Je r'engaîne Plume et colère (Loret, 8 mai 1660, V. 246);... qu'ils r'engaînent leur satyre (Id., 4 déc. 1660, v. 103). Il rengaina (S*-Simon, XVII, 33). VoirleLea;. de Mol. par Livet.
répit n'est que du discours familier, selon Andry [Refl., 591). Bellegarde l'accepte dans la conversation, il l'a lu dans quelques auteurs, mais il le trouve bas et familier [Eleg., 302). — * tous les lexiques, mais ils ne le donnent que comme terme de palais ; * L., H. D. T.; O Hug.
[respect [sauf votre — ) — Les personnes polies disent le plus honnestement qu'elles peuvent ce qu'elles ont à dire, sans recourir à cette sorte de civilité basse et populaire (A. de B., Refl., 138). Lorsque les gens polis sont obligez de nommer les choses auxquelles les gens ordinaires croyent devoir adjouster ces espèces d'adoucissemens, ils se contentent de les nommer purement et simplement parles termes les plus honnêtes pour les faire entendre. . . Il y a des gens qui disent il en a menty, sauf vôtre respect; c'est un sot, respect de sa femme ; tous ces respects-là doivent être retranchez de toute société bien policée (de Callières, Bon et mauv. us., 89-92 ; v. Schenk, 150)."!
— * Pom., Duil., G. Miege; G Rich. ; * Fur., A. : bas; O Th. Corn. ;
* A2 : bas; * L., H. D. T. ; e Hug.
restauration est un mot à fuir (Alemand, Rem., 120-1). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A.; e Th. Corn.; * A^ ; * L., H. D. T. ; e Hug.
revancher — se revancher d'une grâce reçue est une mauvaise expression ; le mot de revancher n'a d'usage que dans le sens opposé. . . et il n'y a que ceux qui parlent mal qui s'en servent dans le sens dont il s'agit (de Callièves, Bon et mauv. us., 203-4). Bellegarde confirme cette décision (£'Ze^., 143). — Ce sens n'est nettement indiqué que chez Fur., A. et A'-. A^ n'accepte l'expression qu'en style familier ; * L. ; O H. D- T., Hug. — Et pour me revancher de ces bienfaits divers (Racan, II, 156); Pour me revancher de cet honneur (La Font., IX, 378).
révérence ( — parler) — De Callières porte sur cette expression le même jugement que sur sauf votre respect [Bon et mauv. us., 89-94 ; v. Schenk, 148).
— A part Th. Corn, et Rich., tous les lexiques donnent le mot dans cette expression ou dans des expressions équivalentes, A. et A 2 confirment le jugement de de Callières ; * L., H. D. T, ; o Hug. — Ce damoiseau, parlant par révérence (Mol., 11,195, Sgan., v. 373); ma chemise passe révérence parler par. . . (Regn., La Coq., a. I, se. 2, Th. Jtal., 111, 99). Voir le
* Lex. de Mol. par Livet.
rondement — L'expression aller rondement pour dire: procéder avec franchise, était vulgaire selon Oudin. A'^ la déclare familière ; * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; * L., H. D. T. ; O Hug. — Il vaut mieux aller plus rondement, sans tant de finesse (Racine, VI, 197, Livres ann.) ; Morguenne, il eu agit /"o/K/e/ne/i/ avec moi (Regnard, Démocrite, a. II, se. 3).
ruer [se — ) — ce mot était bas dans la prose, mais meilleur en vers d'après Vaugelas (II, 386-387) ; Alemand confirme cette opinion : les honnêtes gens disent, il se jelta. On feroit mieux de ne le mettre jamais que dans un stile bas [Nouv. Rem., 70-71). — * tous les lexiques, sauf G. Miege et Th. Corn. ;
* L., H. D, T., Hug. — Le Grison se rue Au travers de l'herbe menue (La Font., II, 25, V. 3-4). — Au sens de lancer, ruer a été soutenu par Ménage, qui constate que Segrais l'emploie souvent dans son Enéide [Obs. s. Malh., II, 129). Il était condamné par Chevreau [Rem. s. Malh., I, 225-6). — O Pom., G. Miege, Th. Corn. ;* les autres lexiques. — On trouve fréquemment l'expression coups ruez chez Loret (13 août 1651, v. 117; cf. 10 mars 1652, V. 155; 19 mai 1652, v. 39; 5 mai 1663, v. 87). Voir le Lex. de Mol. par Livet. Pomey, Duil., donnent ruer dans le sens de Jeter à terre.
L^Saluer — Je salue vos grâces est une locution bourgeoise ridicule, pour boire à la santé de quelqu'un (de Callières, Bon et mauv. us., 37-38 ; v. Schenk, p. 149).
— O tous les lexiques.
sémillant est une expression bourgeoise (de Callières, Bon et mauv. us., 47; v. Schenk, 152). — Cette opinion est confirmée par A. et A^; Q- Pom., Duil., G. Miege; * B. F.; e Rich,; * Fur.; e Th. Corn.; * L. qui cite Ilamilton, H.D.T. ; e Hug.
serviteur [faire — ) est une locution bourgeoise pour faire une révérence (de Callières, Bon et mauv. us., 47, v. Schenk, 70). A'^ en juge de même.
— e Pom., Duil., G. Miege ; * Rich. ; e Fur., A., Th. Corn.; * L. ; e H. D. T., Hug.
silencieux ne se dit que dans le discoui's familier (A. de B., Refl., 639). — * B. F., A., A2 seulement ; * L. qui cite Bossuet, H. D. T. ; O Hug. — M. de Lamoignon, accoutumé au caquet du petit Broglio, ne s'accommoderoit pas d'un silencieux (Sévigné, VIII, 308) ; vivre comme un silencieux. Dans le règne des curieux (Racine, IV, 203, v. 35-36).
somme (sommeil) — Vaugelas voulait qu'on l'employât toujours avec une épithète et surtout avec le verbe dormir. Alemand trouve le mot fort bon, sans aucune restriction (.Vouu. Rem., 394-395). Mais L. de Templery ne l'accepte qu'en poésie {Gen. et PoL, 221). — * Pom., Duil., Rich., Fur., A., A^; O G . Miege, Th. Corn. ; * L., H.D.T.; O Hug. — Ses yeux d'un somme dur sont pressés et couverts (La Font., VI, 266, v. 522) ; C'est là que le prélat, muni d'un déjeuner. Dormant d'un léger somme, attendait le dîner (Boil., Lutr., I, V. 63-64).
soûler [se — ) au sens de se rassasier, se lasser de est une expression peu polie (A. de B., Suite, 339-340). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; * L., qui cite Bossuet, H. D. T., Ilug. — Corneille remplace ce mot par remplir, en 1660. Même beauté, tant soit exquise. Rassasie et soûle à la fin (La Font., V, 505); ils se soûlent de ce plaisir (Id., VIII, 114); après que je fus soûlé de pleurer (Racine, VI, 91, Rem. s. VOdyss.). On trouve aussi de nombreux exemples de soûl au même sens, et de la locution tout son saoul.
[soupe est un mot bourgeois pour /)o<a(7e (de Callières, Bon et mauv. us., 36-37 j^ v. Schenk, 153). — * tous les lexiques ; * L., H. D. T., Hug. — Le cuisinier y met des soupes de santé (Montfleury, Gentilh. de Beauce, a. II, se. 5) ; Les salades, ny les fromages, Ny les soupes, ny les potages (Loret, 9 octobre 1660, v. 215-216); Ma Sarvante, trempez ma soupe (Id., 7 juin 1664, V. 288\; Quoi? je mettrois, dit-il, un tel chanteur en soupe ! (La Font., I, 236, V. 17), Les burlesques ont souvent l'expression ivre comme une soupe. \
suivre sa pointe — quelque noble que soitpeut-estre cette expression dans son origine, elle n'est plus gueres que du discours familier (Bouhours, Suite, 135-6). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; mais jusqu'à A^, l'expression est poursuivre sa pointe; * L. qui cite Si^-Simon, Molière, Bossuet, * II. D. T., Hug. — trente mil combatans... Qui toujours leur pointe poursuivent (Loret, 19 mai 1657, v. 111-113); Bxicer poursuivoit sa pointe sans se rebuter (Bossuet, Hist. des Var., I, 191; cf. II, 665) ; il suit sa pointe, et d'encor en encor Toujours l'esprit s'insinue et s'avance (La Font., V, 296, v. 76-77); Affligé d'un si grand mal, il suit sa pointe (Boss., Hist. des Var., I, 270).
Toiller de la besogne est condamné comme populaire (Sorel, Bibl. fr., 1667, 260). — e Pom . ; * Duil. ; O G. Miege, Rich. ; * Fur., A. ; e Th. Corn. ; *A2, * L., H. D. T. ; O Hug. — Les Anglois partializez. . . Ont, dit-on, la mine et la trongne De se tailler grande bezongne (Loret, 10 janvier 1660, v. 243-246); Les confédérez de Pologne Taillent toujours de la besogne Au Roy... (Id., 23 septembre 1662, v. 189-191); Ce petit sot me taille ici de la besogne (La Font., VII, 360, v. 953; ailleurs il emploie tailler de l'ouvrage, V, 557, v. 85).
tant que terre — 11 va tant que terre pour dire : il va tant que terre se présente, tant que terre peut le porter, est du style familier ou burlesque (A. de B., Suite, 357). — * Fur., A. et A^ seulement. Ces deux derniers lexiques
déclarent l'expression populaire; O L., H. D. T., Ilug. — La locution s'employait d'ailleurs avec bien des verbes, qui ne contiennent aucune idée de marche. — Pour Vineiiil, on croid tant-que-terre Qu'il sera prizonnier de guerre (Loret, 22 fév. 1653, v. 41-42) ; Les Flamans pestent tant-que-terre Contre Messieurs leur Gens de Guère (Id., 29 déc. 1657, v. 255-6). La voici sous sa forme complète : je vous tiendrois compagnie à causer sur un lit, tant que terre nous pourrait porter (Sèv., IV^, 500).
tapis [mettre sur le — ) — Autrefois on disoit. On Va bien mis sur le Tapis, k l'imitation de ce qu'on dit, Mettre une affaire sur le Tapis ; cette façon de parler est reçue, mais elle est un peu basse (Sorel, Conn. des h. lit., 1671, 387), — L'expression O Pom. ; * Duil., G. Miege, Rich., Fur., A.; Q Th. Corn. ; * A^, mais ce n'est que dans F'ur. qu'on la trouve appliquée h un homme; * L., II. D. T.; O Hug, — Les mauvais Prestres elles mauvais Moines esloient mis aussitost sur le tapis (Bossuet, Ilisf. des Var., II, 270).
' tâter n'est d'usage que dans le style familier au sens de goûter de (A. de B., j ■^ if e/?., 658-9). — *Pom., Duil. ; O G. Miege; * B. F., Rich., Fur., A., A2; e Th. Corn. ; * L., II. D. T.; O Hug. — Jupiter... Reprendroit l'appétit en tâtant d'un tel mets (La Font., III, 136, v. 35-36; cf. IV^, 494, v. 77) ; tâter des eaux de Bourbon (Racine, IV, 596); taiez de cela, voilà qui est le meilleur du monde (Mol., V, 185, Don Juan, a. IV, se. 7) ; Tartuffe est votre homme, et vous en tâterez (Id., IV, 443, Tart., v. 672). Les exemples chez Molière sont nombreux ; voir le lex. des Gr. Ecrivains.
timbre s'emploie Ggurément pour dire la tête : il est du style burlesque (Rich., A., A-) ; * Duil., Fur. Voir le Lex. de Mol. par Livet.
tirer — L'expression se faire tirer, pour dire : faire faire son portrait n'a d'usage que parmy la Bourgeoisie (de Callières, Bon et mauv. us., 43 ; v. Schenk, 157 . — * tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais Rich. et Asignalent que l'expression vieillit; * L., Il.D.T.; O Hug. — On y voyoit, bien ajustez, Los Portraits de nos Majestez, Tirez par un Peintre de Flandre (Loret, 25 sept. 1660, v. 91-93).
[ti
tirer les vers du nez pourroit'se souffrir dans un discours familier ou dans une pièce comique; à l'entrée d'une Histoire Ecclésiastique l'expression est basse (Bouhours, Suite, 134)J — * Pom., Duil., G. Miege; O Rich. ; * Fur., A.; O Th. Corn.; * A^; * L., H. D.T.; O Hug. — II faut remarquer que Loret, l'employant dans sa Muse historique le 8 janvier 1661, v. 95, ajoute entre parenthèses « comme l'on dit ». Voir le Lex. de Mol. par Livet.
talée (bande, suite) que l'on trouve dans Richer : Diane, et toute sa talée (Or. bouff., 286) ; la Reyne et toute sa tallée [Ib., 527), n'est dans aucun lexique.
Upurner autour du pot est urjf proverbe bas et qui sent la cuisine, dont il a été tiré (Bellegarde, Eley., 309).]— O Pom.; * Duil.; O G. Miege ; * Rich. avec t. Fur., A. ; e Th. Corn. ; * A^ ; * L., H.D.T. ; e Hug. — Fille aimable autant qu'on peut l'être, Et ne tournant autour du pot (La Font., V, 21(\ V. 23-24). Voir le Lex. de Mal. par Livet.
histoire de la Langue française. IV. 23
tout [connue — ) — Cet homme est riche comme tout, paraît barl)are et provincial à Marg. Buffet (75-70). — O tous les lexiques.
tout à fait est si pi'osaïque et si fort du langage familier qu'il ne peut entrer dans la poésie tant soit peu noble ni mesme dans la prose du genre sublime (Chapelain, Lett. à .Brieux, 17 sept. 1661, f° 212 r"). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A. ; e Th. Corn. ; * A2 ; * L., H. D. T. ; e Hug. — Je suis à vous, Madame, et j'y suis tout à fait {Corn., VI, 73, Perth., v. 1242 ; cf. Id., //>., V. 893).
tracasser — Bouhours demande « depuis quand on le dit dans un stile noble » (D., 7). Bellegarde trouve que le mot sent le village {Eleg., 142 et 303). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. avec f. Fur., A. ; e Th. Corn.; suivant A^, il est du style familier ; * L., H. D. T., Ilug. — Des affaires qui les font tracasser dès la pointe du jour (Pascal, Pens., éd. Havet, I, 48) ; il aime la chambre, où... il tracasse (La Bruyère, II, 197); goutte bien tracassée Est, dit-on, à demi pansée (La Font., I, 227, v. 32-33).
tramontane [perdre la — ) — Cette expression n'est que du stile familier (A. de B.,Refl., 689). — Richelet dit qu'on « auroit peine à le soutenir dans les beaux discours » ; * tous les lexiques, sauf Th. ^Corn. ; * L., H. D. T. ; O Hug. Voir le Lex. de Mol. par Livet. — Louis XIV l'aurait dit à M™" de La Fayette au chevet d'Henriette d'Angleterre, s'il faut en croire la Relation, imprimée à la suite de l'Or. fun. de Bossuet (éd. Réb., 193).
Uravers (défaut) — C'est un mot affecté, pour ne rien dire de pis (Bouhours, Suite, 176). — Richelet constate que c'est un terme de conversation, et que même il n'est pas fort établi; * A^ seulement; * L., H. D. T. ; O Hug. — C'est me renouveler les douleurs de l'éloignement, que de me faire apercevoir les travers de mes inquiétudes (Sévigné, VII, 60) ; il a des travers d'esprit qui me désolent (Regnard, Divorce, a. H, se. 3) ; Il n'est point de cerveau qui n'ait quelque travers (Id., Ep. à M^ le M'^ de...). On le trouve même chez Bossuet : les talens que le monde admire leur paroistrontpeu de chose, lors qu'ils verront tant... de travers dans les sçavans [Hist. des Var., Préf, § XXIX) ; pour voir jusqu'où peut aller le travers d'une teste... [Avert. aux Prot., VII, § 51, 538).
trébucher n'est plus de la belle poésie (Ménage, Obs.s. Malh., 11,225). — Richelet le trouve beau au figuré. Faire trébucher des hommes ne vaut rien absolument (Chevr., Ms. Niort, 114-5, dans Boiss.). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; * L., H. D.T.; o Hug. — un vent altier... Fit très-bien des Gens trébucher (Loret,18marsl662.v. 74-77; cf. Id.jl^av. 1662, v. 204) ; Les Turcs, aux moindres escarmouches Y trébuchent dru comme mouches (Id., 22 sept. 1663, V. 251-2); Cepoëte orgueilleux, trébuché de si haut (Boileau, A. poét.. I, V. 129); ...ces augustes lieux... Un jour trébuchant avec eux (Racine. IV, 23, Poés. (/i«.,v. 35-38).
troller (aller ça et là, traîner) est désigné comme bas par les lexiques qui le donnent; e Pom., Duil., G. Miege, Rich.; * P'ur.jA.; e Th. Corn.;*A2; * L., H.D.T. ; 0 Hug. — désormais j'ordonne... Que l'on vous plante et qu'on vous trolle Dans le Temple et le Capitole(Richer, Ov. bouff., 68) ; Après avoir bien galoppé Et trollé nos gens à sa queue Plus de l'espace d'une lieuë, Elle fit alte, éternua (Id., //>., 271).
CLASSIFICATION DES MOTS 3o')
truand est dans tous les lexiques, sauf dans Th. Corn., et tous s'accordent à le déclarer trivial, bas, vieux ; * L. qui cite Scarron et Molière, H.D.T. ; O Hug. Voir le Lex. de Mol. par Livet.
[tiierie est moins noble que carnage, mais on peut le dire dans le stile simple (A. de B.,/??/?., 695) J— * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Il s'est sauvé beaucoup de troupes ; la terreur et la confusion ont été plus loin que la tuerie (Sév., IV, 112) ; le dénouement (de Bajazet) n'est point bien préparé : on n'entre point dans les raisons de cette grande tuerie (Ead., 335) ; Ou parle encor d'une tuerie Qu'on a faite avéque furie (Loret, 8 nov. 1653, v. 141-2); Grande est la gloire, ainsi que la tuerie (La Font., IX, 146, v. 4).
Valet (Je suis votre — ) — C'est une formule de politesse bourgeoise; il faut diio serviteur (de Callières, Mots à la mode, 74, 81 ; v. Schenk, 161). — O tous les lexiques, sauf Rich., Fur., A. et A^ qui donnent l'expression, mais comme formule de refus; Q L., IL D. T., Hug. Voir le Lex. de Mol. par Livet.
vendre (être à quelqu'un à — et à dépendre) — C'est une vieille locution proverbiale usitée par les bourgeois (de Callières, Bon et mauv. us., 171 ; v. Schenk, 161). — e Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur., A.; e Th. Corn. ; * A^ ; * L. qui cite Saint-Simon, H. D. T.; O Hug. — Croyez que nous sommes à vous A vendre aussi bien qu'à dépendre (Richer, Ov. bouff., 436).
vent [avoir — de quelque chose) — C'est une expression basse (Rellegarde, Eleg., 139). —* tous les lexiques, sauf Fur. et Th. Corn.; *L., H.D.T. ; 0 Hug. — Clytie en eust bien-tost le vent (Richer, Ov. bouff"., 420) ; Cet enfant se perdit.. Sans en avoir jamais eu ni vent ni nouvelle (Montfleury, Ci^isj). gentilh., a. I, se. 4); On nen a ny vent ny nouvelles (Loret, 20 août 1651, v. 136); ...aucun mortel, je crois N'a pu de cette fille avoir ni vent ni voix^ (Regnard, Démocrite, a. Il, se. 1) ; il y a ici des disciples de M. de Balzac qui en ont eu le vent (La Roch., III, 136); Nérie en a bientôt le vent (La Font., V, 124, V. 273). Cf. la chose ne se put faire si secrètement qu'il n'en vint quelque vent aux oreilles des Jésuites (Racine, IV, 433, P.-R.).
venue n'est plus en usage dans la belle poésie, ni même dans la belle prose (Ménage, Obs. s. Malh., II, 105). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn.;* L. qui cite Pascal, Bossuet, Bourdaloue, Saint-Simon, H.D.T.; o Hug.
vertir, au sens de tourner, « n'a plus aucun usage que chez les Normands, parmy lesquels il y en a qui disent en plaidant : cette somme a verly au profit de M. un tel, et elle doit vertir à mon profit ». Mais l'usage est de dire : « un tel a fait la Version du Nouveau Testament, et non pas... a uer/t le Nouveau Testament » (de Callières, Du bon et du mauv. us., 61 ; v. Schenk, 162).
|wtZam n'est que du stile bas (A. dé B., Refl., 705)^^ — * tous les lexiques, sauf Th. Corn.;* L., H.D.T., Hug. Voir le Lesc. rfe A/oZ. par Livet.
vironnée. — O tous les lexiques. — En vain, en bien des lieux il fit sa vironnée Afin d'en débiter... (Robinet, Panégyr. de VÉc. des Fem., 1"" Entrée, éd. Jacob, p. H). — On trouve le verbe dans B. F.
l. La Fontaine écrit : nous nen avons ici ni vent ni voie (V, 70, v. 52).
vitement ne se dit plus que dans la conversation et le discours familier (A. de B., Befl., 706). — * Pom., Duil. ; e G. Miege ; * Ricli., Fur., A.. ; e Th. Corn, ; *A2 : Il vieillit et il est bas; * L., qui cite Molièx^e et Bossuet, H.D.T. ; O Ilug. — Votre fille caresse votre portrait et le llatte d'une façon si plaisante, qu'il faut vitement la baiser (Sév., III, 4) ; Ordonnez quon apporte un fauteuil fttemenf (Regnard, Fol. am., a. III, se. 10).
voir {il faut — ) — De Callières signale l'expression comme nouvelle et ayant passé de la cour à la ville {Mots à la Mode, 71 ; v. Schenk, 162). Bouhours rapporte que les femmes s'en sont beaucoup servies: Je me suis bien promenée, il faut voir. Cette locution, aujourd'hui décriée, ajoute-t-il, peut trouver sa place au sens de : on verra. Vous me demandez une chose qui a des difficultés, je vous réponds : il faut voir [Suite, 27-28). — O tous les lexiques .
voyons voir est une mauvaise façon de parler fort ordinaire parmy les bourgeois de Paris (de Callières, Bon et mauv. us., 153 ; v. Schenk, 165). — O tous les lexiques. — Cependant voyez voir là dedans si j'y suis (Montfleury, Ec. des Jal., a. I, se. 13).
Observations. -^ Dans la liste qui vient d'être donnée, les mots réalistes se décèlent d'eux-mêmes : crapule, déduit, dégorger, regorger, rendre gorge, grenouiller, innocenter, ivrogner, lavement., soûler, tàter, tirer les vers du nez.J^
Peut-être est-ce pour des scrupules analogues qu'on rejette des mots désignant des actes de la vie matérielle, : carrousse, glouton^ gobélotter, goguenard, ne voir goutte, lamper, pour tout potage.
Certains termes étaient vraiment de la langue du peuple, sans qu'il fût besoin de les y rejeter : bigne, hissestre, huffe, cahincaha, castille, comme tout, dagorne, darne, dauber, dégaine, déparier, descendre de la côte de S^-Louis, dessolé, détaler, frime, horion, avoir la langue Lien pendue, ^montée, rafler, tôlée, tourner autour du pot, irôler, truand, vilainj — Etre bon marchand d'une chose, être à vendre et à dépendre sentaient d'une lieue la boutique . Pour ceux-là et leurs semblables on n'innovait rien, on fermait la barrière.
1^ D'autres sont bas, parce qu'ils appartenaient aux métiers : mettre à hord [maTme),canapsa (armée), ci-dessous, ci-après [chicane), défunt mon épouse, forfaire, né natif, priser, répit (administration et chicane), franc du collier^ frein (\oiture), fricasser (cuisine), individu (scolastique), ra?eîee(agri culture), tuerie (boucherie)^ tâcher, tailler de la besogne. Tous éveillaient des idées de la vie des « méca-
Plusieurs sont bas parce qu ils sont vieux, c'estlecas delbravachcy
croustUleux, dcvàler, dicton, endosser, foncer, loyer, mésavenir, n\ésarriver, nocier, perplexe.
Lûn s'est dégoûté de quelques-uns, peut-être parce qu'ils avaient çté trop à la mode : banquet, cadeau, gentil^ de la belle manière.
J[1 est à remarquer que beaucoup des termes condamnés appartiennent aux formules de politesse : bien humble serviteur, avoir le bien de voir quelqu'un, rendre ses civilités, sauf votre respect, sauf correction, avoir bonne façon^ de votre grâce, je vous rends grâces, révérence parler, je salue vos grâces, faire serviteur, Je suis votre valet. Ce sont aussi des expressions d'affection : ma bonne, cajoleur, caresser, être coiffé de c/uelquun. On peut en rapprocher des locutions usitées dans les lettres : je vous écris ces lignes, la présente^. C'est qu'un homme bien élevé se reconnaissait à la façon de donner son bonjour, aussi bien qu'à son adresse à donner le coup de chapeau. Entrer en disant qu on vient rendre ses civilités, sortir en affirmant qu'on a bien de la considération, c'était se déclasser. Un bourgeois seul se déclarait le bien humble serviteur de quelqu'un. L'homme de qualité était le très humble serviteur. Un adverbe changé vous ridiculisait (de Call., Mots à la m., 73-74 ; cf. Bon et m. us., 17, et Schenk, 2^
LMais les plus intéressants, peut-être, de tous les mots abandonnés, sont ceux qui sont bas (( parce qu'ils sont bas », sans raison appi'éciable pour nous : N^ bougeZychampion, cimetière, connaisseur, faire le dégoûté, déplaisant, dessert, faiseur, fat, se faire faute de, faire figure, fourmiller, le goûter, gratis, être tout joyeux, mal bâti, de manière que, à merveille, petit à petit, rengainer Vépée, le somme, silencieux, la sohpe, tout à fait, se faire tirer, tracasser, un travers, trébucher, venue, vitement. L'explication des proscriptions dont ils sont l'objet, et où il paraît entrer tant de fantaisie, n'est-elle pas dans ce fait que les décisions ont été prises en général dans des cercles? Là dominaient des personnes, qui n'écrivaient point et qui ont tranché d'après les seuls caprices de leur goût, jamais par raison, quelquefois par sentiment, toujours avec l'idée arrêtée de « se distinguer » . On ne peut s'empêcher de penser aux dames qu'une toilette habille bien, mais qui s'en dégoûtent sitôt qu'elles en aperçoivent une semblable portée par une personne qu'elles considèrent comme inférieure^ Commun n'est-il pas synonyme de laid ?