‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 169 sur 189 · Cotçrave a eontestablement, ainsi que le B. F · texte numérisé non relu

Cotçrave a eontestablement, ainsi que le B. F

Ministre (Jurieu) sent qu'il a besoin sur la terre d'une autorité contraignante (Boss., Avert. aux P rot., VP, XGV, 757); la raison et la pudeur si importunes et si contraignantes (Id., Max. sur la corn., 14).

contraster — * Pom . avec le sens de lutter, combattre, de même dans G. Miege. Pour le sens de être en opposition, H.D.T. cite un texte de 1673, R. de Piles, Art de Peint. ; cf. Rich. Le sens de lutte, accepté par A. est rejeté par A^. — De groupe contrastés un noble agencement (Mol., IX, 540, Val de Gr., v. 74).

tontre-épreuve — Rich., dans H. D. T. ; * Fur., Th. Corn., A^ ; O A.

contré-ordre — Rich., dans H.D.T. ; *Fur., A., A^; o Th. Corn.

contre-pente — Th. Corn., dans H.D.T. ; O tous les lexiques.

contre-porte — Fur., dans H.D.T. ; O tous les lexiques.

contre-temps est considéré par Bouhours comme assez nouveau (£'n<r., 84) ; mais le mot est « bien reçu », et il manquait à la langue (D., 53). Sorel observe que le mot se dit depuis quelques années et qu'il a même servi de litre à une comédie de Molière {Conn. desb. liv., 1671, 398). De fait, on le trouve déjà au XVI®, il n'est pas un néologisme. — * tous les lexiques. — Les exemples abondent : Ce contre-temps pourra traverser vos desseins (Montfleury, Dupe de soi-mesme, a. HI, se. 3) : il ne meurt pas un malade que ses parens, ou ses amis n'en accusent le Médecin... celuy-cy accusera la violence des purgatifs, cet autre le contre-temps des remèdes (Bezançon, Les Médecins à la censure, 1677, 236) ; Dans ce contretemps, Seleucus mourut; et Antiochus usurpa le Royaume sur son neveu (Bossuet, Hist. Univ., 77-78).

contre-vérité — *Rich., Fur. , A., A^; o Th. Corn. — elle commença à me faire cent discours extravagans où elle habilloit les gens de la Cour de la plus pitoyable manière du monde, et dont on eust fait de justes contre-veritez {Araspe et Simandre, II, 107-108).

contre-visite — Rich., dans H.D.T. ; * Fur.; O A., Th. Corn., A^,

controversiste — *Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., A^; e Rich., Th. Corn.;*L., qui cite Pascal : Parce, dit ce grand controversiste, qu'il ne croit donc pas le sacrifice de la messe [Prov., XVI, 293, éd. Lib. des Bibl.); Je ne veux pas qu'on fasse toujours le controversiste {Bossuet, 2*^ Inst. s. la Vers, du Nouv. Test., 85).

convergent (lat.) — Fur., dans H. D. T.; O tous les lexiques.

convertisseur — d'Aub., Sancy, l, 9, dans H.D.T. Renaud déclare le mot peu autorisé {Man. de pari., 542). — O tous les lexiques, sauf Fur. — celuy... qui charge de plus d'opprobres et les convertisseurs et les convertis, demeure d'accord, qu'ils peuvent tous estre de vrais Chrétiens (Bossuet, Hist. des Var. H, 545-546; cf. Id., Avert. aux Prot., III, § XXII, 232 ; Ib., VI, § XCII, 755)[

convulsif — e Pom., Duil., G. Miege, Rich., Th. Corn. ; * Fur., A., A^; ces deux derniers lexiques donnent aussi le sens actif : L'ellébore est convulsif. — J'expliquerois par raison mécanique Le mouvement conuuisi/"des frissons (La Font., VI, 331, V. 188-189).

copal (esp.) — Th. Corn., dans H.D.T.

coq (cuisinier, holl.) — Fur., dans H.D.T.; e A., A^; * Th. Corn.

coquetterie — e Pom., Duil., G. Miege ; * Rich., Fur., A., A'^; * L. elH.D.T., qui fournissent de nombreux exemples. — la belle passion se peut defTendre ; mais je ne sçay pas comme on pourroit protéger la coquelerie (Segrais, Nouv. franc., 3' nouv., 209-210) ; cf. Regnard, Divorce, a. III, se. 6; Montfleury, Dupe de soi-mesme, a. II, se. 1 ; Devisé, Les Dames vengées, a. II, se. 9). — On s'était servi aussi de coqueltisme qui manque à tous les lexiques; Mets luy le coquelisme en tête (Scarr., Virg., I, 77) ; Savante comme tu l'es, tu devrais te mettre à monter le coquétisme en ville; tu serais bientôt riche (Regnard, Coquette, a. 1, se. 5; cf. La Thèse des Dames, a. III, se. 5, Th. liai., VI, 60).

corniche (petite corne) — Sév., 78, dans H. D. T. ; 0 tous les lexiques, qui, saut Richelel, donnent dans ce sens cornichon (Pour ce dernier, voir aux mots bas).

coronateur (lat.) est un mot de Port-Royal, condamné par Rouhours [Entr., 139), qui doute qu'il entre jamais dans le Dictionnaire de l'Académie {D., 13). — O tous les lexiques.

corporifier (comp. d'él. lat.) — Rich., dans H. D. T. ; Fur., Th. Corn. ; O A., A2.

costume (ital.) — Félibien, Princ. d'Arch., 1676, dans H. D, T.; O tous les lexiques. Le mot est donné encore sous sa forme italienne par Fénelon : un peintre qui ignore ce qu'on nomme il costume, ne peint rien avec vérité {Let. à VAcad., Projet d'un traité sur l'histoire, 94).

coulamment — * G. Miege, Fur., A., A^; o Pom., Duil., Th. Corn. — tout lui fournissait de quoi dire et instruire naturellement, aisément, coulamment (S*-Simon, 87, 131, cité par L.).

coupole (ital.) — Fur., dans H.D.T. ; * A,, Th. Corn., A^.

court-vêlu — La Font., II, 150, v. 4 ; O tous les lexiques; * L., qui cite: elle était crasseuse, court-vêtue (Fénel., XIX, 5).

courte-haleine — H.D.T. cite Gherai'di, Th. Ital., II, 118, et Nicole, Lett., 36; O Pom., Th. Corn.; *G. Miege : haleine courte, Rich., Fur., A,, A"^. — Le mot est dans Loret : Je n'ay colique, ny migreine, Je n'ay ny toux, ny courte- haleine (13 mai 1662, v. 7-8).

cravate — O Pom.; * Duil., G. Miege, Rich., Fur., A., A^; * H. D. T., qui cite Berthod, Parts burlesque, 136, Jacob. — Mainte noire et vilaine pâte Luy chifona tout son cravate (Loret, 11 juin 1651, v. 85-86 ; cf. Id., 22 juil. 1662, V. 56); je ne veux point... d'un beau-frère qui postule après une cravate de chanvre( Regnard, Hom. à b. fort., a. III, se. 8).

créo/e(esp,) — Fur., dansH.D.T. ; O Pom., Duil., G. Miege, Rich., A. ;* Th. Corn, et A2.

criant — *G. Miege : un abus criant; Q Pom., Duil., Rich., Fur., A., A^. — le fait est trop criant pour estre révoqué en doute (Boss., Avert. aux Prot., VP, § 83, 745) ; Quel abus oseroit-on doresnavant reprocher à l'Église Catholique si on en avoûoit un si criant ? (Id., Ib., IV, § 2, 253).

crincrin (onomatopée) — MoL, III, 96, Fâch., v. 824, dans H. D. T. ; G tous les

lexiques; cf. Livet, Lex. de Mol.

cristallisation, — * Fur. ; e tous les autres lexiques qui donnent cristalliser.

croque-crapauds — O tous les lexiques. — Lazarile, fondons sur ces croquecrapaux (Le Boul. de Ghaluss., Eloni. hypoc, a. I, se. 3).

crucifiant — © tous les lexiques. — otez les maximes crucifiantes (Massill., Mot. de conv., dans L.).

cuirassier (subst.) — * tous les lexiques.

culottin — * Pom., Duil.; O G. Miege; * Rich ; O Fur., A., Th. Corn., A*.

Dame-Jeanne (provenç.) — *Th. Corn.; © tous les lexiques.

dandinant — Th. Corn, distingue entre l'esprit de rue et l'esprit de ruelle et définit le premier : Un esprit trop bourgeois, Un esprit dandinant, de ces Filles sans poids, Qui pour toute réponse à ce qu'on leur peut dire, N'ont qu'un, « vous vous mocquez ». et se metlentà rire {Coint. d'Org., a. 11, se. 1)

— O tous les lexiques; H.D.T. cite S^-Simon, 6, 448.

dansant — O tous les lexiques. — Jamais je n'ai vu une petite fille si dansante naturellement (Sévigné, IV, 352). Le mot a été employé comme substantif par Molière : Les douze dansants sont... (VI, 203, Past. comique, se. 15).

daubeur — O tous les lexiques. — Quoi ! contre le dauheur vous le faites écrire (Montfleury, In-pr. de CHôl. de Condé, se. 1) ; De ce daubeur de mœurs, qui, sans aucun scrupule, Fait un portrait naïf de chaque ridicule (Id., Ib., se. 3).

débuteur — O tous les lexiques. — Voilà un petit début qui n'est point sot,

— Ni la débuteuse non plus (Regnard, Arleq. aux enfers, se. 10).

débâcle — *Fur., A., Th. Corn., A^; © tous les autres lexiques.

décanat (lat.) — *Pom., G. Miege, Fur. : se dit en quelques endroits au lieu de doyenné. Th. Corn. ; © Duil., Rich., A., A^. — M. le Cardinal de Janson... chargé des affaires, dans l'attente du décanat du sacré collège (Bossuet, Lettres sur le Quiétisme, LXXXVIII).

déchaînement — Le mot est cité comme nouveau par Bouhours, à tort [Entrei., 96). — * Pom., Rich., Fur., A., A^;* L.,qui donne une foule d'exemples classiques.

déchiffrable — © tous les lexiques jusqu'à A-. — Une langue inconnue est déchiffrable (Pasc, Pens., Vil, 23, dans II. D. T.),

déclarément — mot de Port-Royal, mauvais selon Bouhours [Entr., 139).

— © tous les lexiques, y compris L. et II. D. T.

décomposition — * A.et A^; © tous les autres lexiques.

déconcertenient — S'-Simon, XI, 409, dans H.D.T.; © tous les lexiques.

déconseiller — Belleg., se demande pourquoi on ne dirait pas ce mot [Eleg., 266). — * Pom., Duil., G. Mie„^e avec f, Rich., Fur.; © A., Th. Corn., A^.

déconlenancement — © tous les lexiques. — au récit du décontenancement de Vardes (Sév., IV, 376).

décréditement — le décréditement du genre humain (La Bruy., II, 112, dans H. D. T.). — © tous les lexiques.

déficit {lat.) — Fur., dans H.D.T.; © tous les lexiques.

défricheur — ^' Pom., Duil., G. Miege, Fur., A^; © A., Th. Cor».

défriser — e Pom., Duil., G. Miege ; * Rich. ; Fur., A., A^. — cenl petites boucles... qui sont défrisées en un moment (Sévigné, II, 143); défrise-moi ceci (La Font., V, 553, v. 49).

dégradation (de la couleur) — e Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur. ; * A. et A^. — Leur dégradation dans l'espace de l'air Par les tons différents de l'obscur et du clair (Mol., IX, 551, Val de Grâce, v. 165-166); cf. exemples dans L.

dégrader— e Pom., Duil., G. Miege, Rich.; * Fur., A., Th. Corn., A*. (Mol., IX, 544, Val de Grâce, v. 115).

déisme — o Pom., Duil., G. Miege ; * Rich.; e Fur., A., Th. Corn.; * A^. — Qu'ils en concluent ce qu'ils voudront contre le déisme (Pasc, Pens., XI, 10 bis; cf. Ib., XXII, 6); la voye ouverte au Déïsme, c'est-à-dire à un Athéisme déguisé (Boss., Hist. des Far., I, 279 ; cf. Div. ecr. sur les Max. des S., 194 ; Instr. sur les Prom. de VEgl., 185).

déiste — Boil., Sat. XII, v. 234, dans H. D. T. ; O Pom., Duil., G. Miege; * Rich., Fur., A., Th. Corn.,A2.

délibérant — MM. Patru et Mezeray ont donné à l'Académie les épithetes de délibérante, députante et de remerciante (Fur., Facl., éd. Assel., I, 193), — e Pom., Duil., G. Miege, Rich. ;* Fur., A., A 2.

délustrer — M™* de Motteville, dans H.D. T. ; o tous les lexiques.

d^maigrir (une pièce de bois) — * Rich., Fur., Th. Corn.; e A. et A^.

démâté — * Pom., G. Miege, Rich., Fur., A., A^; O Duil., Th. Corn. — vous avez été un peu démâté (Regn., FUI. err., a. III, se. 4); Nous tenons ici le Prince d'Orange démâté (Sév., VIII, 215).

démêlé — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Voir le Lex, de Molière par Livet, et L. — Je vous dirai ensuite que j'ai appris votre (/ëme/ë (La Roch., III, 97, Let., 28 sept. 1652) ; nos adversaires. . . voudroient qu'il (le Concile) eust décidé tous les démeslez des Scotisles et des Thomistes (Bossuet, Ilisl. des Far., 11,645-6).

demi-castor (fille qui n'est pas sage) — en ce sens O Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A., A^ ; O L. et H. D. T. — Le passage qui suit est peut-être la source où l'on a pris le sens nouveau, qui peu à peu a passé à celui de femme du demi-monde: Qu'est-ce que c'est s'il vous plaist qu'une demie fille? — Mais une demie fille, c'est une fille qui... dans l'occasion... Avez-vous jamais vu des castors? — Ouy, Monsieur. — Et bien, il y a des castors et des demi-castors. Une demie fille c'est comme qui diroit un demy castor ; il y entre. . . un certain mélange qui fait. . . que. . . tout le monde vous dira cela {Th. Ital., VI, 198, La Foire Saint-Germain, a. I, se. 7).

demi-crucifix (faire le)= demander l'aumône, n'est que dans le dictionnaire de Duillier; cf. le Panég. de VEc. des fem., 1664, 1" entrée.

dépareiller ■— Fur., dans H. D. T. ; * A., A^ ; O Th. Corn, —je ne suis pas le premier Qui prend pour femme, et sans s'en méfier, Une fille dépareillée (Regnard, Souhaits, se. 2).

départager— Fur., dans H. D. T.; eA.,Th. Corn.; *A2. — il sera plaisant de voir la grand'chambre s'aller faire départager à une chambre des enquêtes (Saint-Simon, 264, 31, dansL.).

dépendamment — O Pom., Duil., G. Miege, Rich., Th. Corn. ; * Fur., A., A'. Voir L. qui cite Bossuet, Conn. de Dieu, 327.

dépiquer (se\ qui est fort à la mode, n'est pas approuvé par de Callières: certains jeunes gens le disent si souvent que cela seroit capable d'en dégoûter,... un jeune courtisan étoit si charmé de ce mot qu'il se dépicquoit sur tout. . . je bûs hier de mauvais vin chez Rousseau, il faut que je me dépicque à en boire de meilleur aujourd'huy de chez Tribouleau {Des mots à la mode, 43-5; V. Schenk, p. 46) ; « Ce verbe se met quelquefois au lieu de consoler; et M. de Voiture s'en est servy en ce sens, quand écrivant à M. de Lyonne, il dit... ce gain là me dépique de toutes mes pertes ))(A.de B., Refl., 166). — e Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., Th. Corn. ; * Rich., A^.

déplorablement — Fur., dans II. D. T.; O A., Th. Corn. ; * A^.

dépolir — Fur., dans H. D. T. ; e A., Th. Corn. ; *A2.

déposant — Fur., dans II. D. T. ; * A., A2 ; e Th. Corn.

dépossession — Fur., dans H. D. T. ; * A., A^; o Th. Corn.

déposter, qui est dans Richer (0«. bouffon, 211) au sens de débarrasser, est indiqué par Richelct comme n'étant pas encore établi, et ne se disant que parmi les gens de guerre. Mais comme il abrège et qu'il est commode, Richelet espère qu'il s'établira. — O aux autreslexiques, sauf à Th. Corn.;* L., qui cite Saint-Simon. — il n'étoit pas facile de les déposter de ces hauteurs (Racine, V, 331, Sièje de Xamur).

désabusement est un mot harmonieux, commode et nécessaire, que le public devrait recevoir (Bouhours, Suite, 141). — O tous les lexiques; *L., qui cite Bussy-Rabutin.

désagrément, qu'on trouve en 1642 chez Oudin [desagreemenl) est considéré par Bouhours comme n'étant pas encore établi (Rem., "JO). — O Pom., Duil., G. Miege; * Rich. : n'est pas encor bien établi. Cependant il est dans la bouche de la plupart des Dames qui parlent bien. Fur., A., A^; o Th. Corn. — que le désagrément de sa physionomie donne de grandes idées de ses autres mérites! (Sévigné, II, 198-9; cf. III, 256).

désappliquer est un très mauvais mot (Bouhours, D., 33), il ne plaît pas aux maîtres et ne réussit pas dans le monde (Id., Rem., 552). — * Rich., qui cite Port Roial, Educat. d'un Prince, Fur.

désatlrisler — O tous les lexiques. — Las ! en l'état qu'il est, comment vous contenter? Donnez-lui le loisir de se désattrister (Mol., I, 142, Étourdi, v. 563-564); Bellegarde demande pourquoi l'on ne suivrait pas Molière [Eleg., 266).

désaveugler donne lieu aux mêmes critiques que désappliquer, de la part de Bouhours (D., 33). — * Rich., qui constate que le mot, quoique employé par quelques bons auteurs modernes, n'est pas généralement reçu.

désenrhumer — O Pom.;* Duil., G. Miege, Rich., Fur., A., A"-.

désespérant — O tous les lexiques;* L. et II. D. T., qui citent Bourdaloue, Exhort. Charité envers les prisonniers, 2.

désobligeant — * Pom.; G Duil.; * G. Miege, Rich., Fur., A., A2; e Th. Corn. — La vie est bien exposée, si pour... des gestes désobligeants, on

peut tuer le monde en conscience (Pascal, I, 196, Prov. VII, éd. Gr. Écriv.) ; cf. Mol., III, .345, Cril. de VEc. des Fem., se. 6 ; La Bruyère, I, 228 et Sévigné, III, 71, 6 mai 1672.

désoccupation est un mot de Port-Royal, que Bouhours n'accepte pas [Entr.y. 139; cî.D., 33). — *Rich., qui constate que le mot n'est pas encore établi. — le bon air, la vie réglée, la désoccupalion (Sévigné, IX, 525). — Quant au verbe, il est l'objet des mêmes critiques de la part de Bouhours. — * Rich., A^. — des gens fades, oisifs, désoccupés (La Br., I, 289).

désœuvré — Bellegarde constate le grand emploi qu'en font les femmes, et ne trouve le terme supportable que dans la conversation [Eleg., 303). — © tous les lexiques ; * L. et H . D . T. , qui citent M""" de Maintenon ,

despotisme — O tous les lexiques ; employé par Fénelon, Direction pour ht conscience d'un roi, 88, dans L.

désunissant — O tous les lexiques. — le péché, qu'on veut confesser n'a plus, pour ainsi parler, cette force désunissante (Bossuet, Estats d'Oraison, 349).

détonation— Fur., dans H.D.Ï. ; e A.; * Th. Corn.; O A^.

détrompement — O tous les lexiques; * II. D. T., qui cite M™« de Molteville, Mém., IV, 34.

diagnostic (grec) — Mol., Pourc, a. I, se. 8, dans II. D. T. ; 0 Pom., Duil., G. Miege, Rich., A. ; * Fur., Th. Corn., A^.

dissecteur (formé d'un rad. lat.) — O tous les lexiques, sauf Richelet.

divergence (lat. se), 1671, le P. Chérubin, Dioptr. ocul., 157, dans H. D. T.; O tous les lexiques. — Divergent du même auteur n'est que chez Fui'etière.

docteur =: médecin — O Pom., Duil. ; * G. Miege, Rich., Fur., A., A^; O Th. Corn. — Assez d'autres Docteurs d'une étoffe plus mince Se seroient contentez du rapport de leurs yeux fBoursault, Med. volant, se. 9) ; Il n'est point de voisin, il n'est point de voisine. Qui,. . . Ne nous ait envoyé quelque docteur nouveau (Montfleury, Dame Méd., a. H, se. 5).

dogmatiquement — O Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur., A., A^; O Th. Corn. — Voir La Bruyère, I, 243.

drôlement — G tous les lexiques, sauf Rich. etA^; * L. et H. D. T.

duperie — O Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur., A., A^ ; *L. et H. D. T.

Ebéniste — G Pom., Duil., G. Miege; * Rich., Fur., A., A^ ; G Th. Corn. ;; * L. et H. D. T. — Vaugelas l'a ignoré ou évité (II, 78).

effacement —fort nouveau, suivant Bouhours [D., 15). En 1693, il ne le considère pas encore comme reçu {Suite, 294). — *Pom., Duil., B. F. ; G Rich., Fur.,. A., A2 (qui donnent e/façure) , Th. Corn. ; * L. et H. D. T.

égoutture — Liger, Nouv. mais, rust., dans Delb., Rec, cité par H. D.T,; G tous les lexiques; * L. et H. D. T. — je vais vous présenter un époux qui vaudra bien celte vilaine égoutture de bassin (Regnard, Ilom. à b. fort. y a. III, se. 8). Il est probable que le mot était ancien dans la langue parlée.

élance — Q tous les lexiques ; O I^., H. D. T. — ma pauvre àme en élance. Cherche, travaille, sue, efface, ajoute, écrit (Regnard, Ep. à Vabbé de Benlivoglio).

élastique — G Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur., A., Th. Corn., A^; * L. et H. D. T.

élision (lat.) — O Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur., A., A^ ; e Th. Corn. ; *L.et H. D. T.

émissaire [lat.] — O Pom., Duil.; * G. Miege, Rich., Fur., A., A^; e Th. Corn.; *L. et H. D. T., qui cite Maucroix, Hist.du Sc/itsme, 168.-), II, 149,— Je ne m'étonne pas. . . qu'il parte de ces lieux des émissaires pour savoir. . . qui a descendu à terre avec un argent frais (La Rruyère, I, 269).

I e/npor^emenf au sens actuel est du xvii" siècle. D'après Sorel, ce mot serait un de ceux que M"^ de Scudéry a été la première à employer par écrit; il a tout à fait remplacé transport d'espriî)( Conn. desb. livres, 1672, 401, 402, 407, etc.). Bouhours signale le mot comme nouveau {Entr., 84) et bien reçu (D., 53 ; cf., Rem., 465). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn.; * L. et II. D. T. Les exemples abondent.

encoi/fer (s') — O tous les lexiques; * L. ; O II. D. T. — si on y songe trop, on s'entête et on s'encot^e (Pascal, Pens., Art. III, éd. Ilavet, I, 30).

enivrement est un de ces mots que Bouhours n'accepte pas, parce qu'ils sont trop vieux ou trop nouveaux [D., 14-16). On en a un exemple au xii*^ siècle dans H. D. T. Il n'est ni dans Cotgrave ni dans Nicot. On le trouve dans Monet. Barbier d'Aucour rapporte l'opinion de gens éclairés et d'Académiciens qui le déclarent bon, surtout dans les matières morales [Sent., 84). — * Pom., Fur. au sens propre seulement, A^: son plus grand usage est au figuré; O tous les autres lexiques. — Nous croyons avoir entrevu un épisode d'un jeune prince, au milieu de l'enivrement qui la rendoit si troublée (Sévigné, III,, 93-94) ; Ils ont adoré no^ seulement les dieux Romains, mais encore Rome elle-mesme et ses Empereurs: c'est-Ià aussi leur enyvrement (Bossuet, Apocal., 359-360).

entredevoir (s') — Corn., Clit., a. III, se. 1, dans II. D. T. ; O tous les lexiques '.

envisagement — O tous les lexiques ; * L., qui cite Th. Corn. : Ai-je d'un assassin Venvisagement blême ? (Geol. de soi-mesme, a. III, se. 7) ; O H. D. T. — On trouve le mot au figuré : le Génie. . . est une source de Pensées et d'Envisagemens (Bary, Rhet.fr., 1653, 67).

épigraphe (grec) — * Th. Corn. ; O tous les lexiques ; * L., II. D. T.

[^équipement signifie « la provision et l'assortiment de tout ce qui peut servir à la subsistance et à la seureté du vaisseau », et il faut le distinguer d'équipage qui signifie le personnel du vaisseau (Bouhours, SutVe, 321-323). j-*Pom., G. Miege, Fur., Th. Corn., A2; e Duil., Rich., A.; * L. et II. D. T., qui cite Guillet, Art de la Navig., 1678.

1. On ne peut rien conclure de l'absence d'un mot composé avec entre. Furetière, à ce mot, cite un assez grand nombre de verbes, en laissant entendre qu'il y en a d'autres. L'Académie, en 1718, avertit qu'elle ne mentionne que les plus usités.

éraflure — * Pom., qui cite Mézeray, Fur., A., A^; 0 Duil., G. Miege, Rich., Th. Corn.;* L. et H. D. T.

escadronner — Fur., dans II. D. T., qui cite Saint-Simon : On n'y apprend que l'exercice et à escadronner (XIV, H 2) ; * A. , A^. On trouve aussi un sens figuré chez Fur. : être de bon accord, de bonne intelligence. — les Capitaines de chevaux-legers... demeureront désormais séparez desdits Regimens sans qu'ils puissent à l'avenir escadronner avec leurs Compagnies (Bussy- Rab., Méni., I, 506).

espièglerie — O tous les lexiques, sauf A. et A* ; * L. et H. D. T., qui citent Saint-Simon.

estafette (ital.) — Fur., dans H. D. T. ; e A. ; * Th. Corn., A» ; * L. estompe — O tous les lexiques ; *L., II. D. T., qui cite Mém. de VAc. des Se,

état-major — O Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur., A., Tli. Corn., A^ ; * L. et H. D. T., qui cite Guillet, Art mil., 1678.

étioler — La Quintinie dans Trév., cité par H. D. T. ; O tous les lexiques ; * L.

étourderie est assez nouveau, et se dit dans le discours familier (Bouhours, Rem., 354). C'est un terme de conversation, qu'on ne doit point trop employer, sous peine d'être précieux (Bellegarde, Eleg,, 300-301). — O aux lexiques, sauf à A., Th. Corn., A2 ; * L. et II. D. T.

exagéreur — O tous les lexiques ; * L. et II. D. T . , qui citent Sévigné. On disait aussi exagérateur, qui 0 tous les lexiques, sauf A. et A^; * L. et H.D. T. — c'est un homme... point du tout exagérateur incommode (Mol., VII, 410, Am. magn., a. II, se. 2; cf. Balzac, I, 533).

excentricité (lat. se.) — Fur., dans H. D. T. ; O A. ; * Th. Corn., A^ ; * L.

exégèse (lat. grec) — Cl. Chastelain, Martyrologe, dans Trév., cité par H.D. T.; O tous les lexiques ; * L. ,

exhumer (bas lat.) — Fur., dans H. D. T. ; * A., A^ ; O Th. Corn. ; * L.

exigible — Q Pom., Duil., G. Miege; * Rich., Fur., A., A^; e Th. Corn. ; * L. et H.D. T. , qui citent Patru d'après Rich.

exprimable — O tous les lexiques, sauf A. et A^ ; * L. et H.D. T., qui cite Comtesse de la Suze, Poes., dans Trévoux.

extincteur (lat.) — Dufresny, Dédit, se. 6, cité par H.D. T.; O tous les lexiques ; * L.

Factice (lat.) remplace faitis — Fur., dans H. D. T. ; * A., A* ; G Th. Corn.

failli (qui a fait faillite) — e Pom., G. Miege, Rich., A. ; * Duil., Fur., Th. Corn., A^.

fainéanter — Fur., dans II. D. T. ; * A., A2; e Th. Corn.

falbalas (or. incert.) — la mode et le terme sont nouveaux (de Callières, Des mots à la mode, 178-179 ; v. Schenk, p. 71). — O tous les lexiques, sauf A 2. — les femmes de Paris, . . elles n'inventent point de modes qui ne servent à cacher quelque défaut. Falbala par haut pour celles qui n'ont point de hanches ;

MOTS NOUVEAUX ENTRÉS DANS tK LANGUE 473

celles qui en ont trop le portent plus bas (Regnarcl, AUendez-inoi sous Vorme, se. 6); Dans vos poches, voyons dans votre falbala (Baron, le Jaloux a. III, se. 6).

fanatisme — O tous les lexiques, sauf A 2. — On regardoit,. . . comme un fanatisme... ce témoignage du Saint Esprit (Bossuet, Ilist. des Far., II, 602) ; ce seroit une illusion trop manifeste, ou, pour enfin trancher le mot, un franc Fanatisme (Id., Avert. aux Prot., III, § 25, 228; cf. Id., Div. ecr. suites Max. des Saints, LXX et 191).

farniente (ital.) — O tous les lexiques. — personne n'est plus touchée que moi du far niente (Sév., V, 60).

fatigant — * tous les lexiques, sauf G. Miege et Th. Corn. — De leurs vers fatigants lecteurs infatigables (Molière, IX, 143, Fem. Sav., v. 958).

fatuité (lat.) — Bouhoursie considère commedouteux(D., 7). 11 était dansOudin (Cf. tome III, 89). Ménage l'appuie (0., II, 22), ainsi qu'Andry {Refl., 227). — OPom., Duil., G. Miege ; * Rich., qui cite Port-Royal, mais sans considérer le mot comme généralement reçu. Fur., A., A"^. — Cette fatuité de quelques femmes de la ville, qui cause en elles une mauvaise imitation de celles de la Cour (La Bruy., I, 292; cf. I, 332).

fécule (lat.) — * Fur., Th. Corn.; O partout ailleurs.

ferrailler — O Pom., Duil., G. Miege, A., Th. Corn. ; * Rich., Fur., A^. — J'ai fait rage aussi-tôt, j'ai féraillé, paré (Quinault, La mère coquette, a. I, se. 4); Un petit enragé, qui féraillé sans cesse (Montfleury, Fille Capitaine, a. II, se. 5); j'aime à /"t'/va/ZZer ( Régna rd. Fol. am., a. I, se. 6).

ferrailleur — * Fur. et A^ ; ^ partout ailleurs.

fiacre (voiture) — 1650, Ménage, Orig., dans H.D.T. ; O Pom., Duil., G. Miege, A., Th. Corn. ; * Rich., Fur., A^. — Vous criez plus fort qu un fiacre mal graissé (Regnard, Coquette, a. I, se. 9); Un fiacre, me couvrant d'un déluge de boue. Contre le mur voisin m'écrase de sa roue (Id., Ménechmes, a. II, se. 2). Le mot signifie aussi cocher de fiacre.

filigrane {iid\.) — * Pom., G. Miege, Rich., Fur.; O Duil., A., Th. Corn., A2. — si vous voulez mettre à prix cet amour-là. Je vous en donnerai tout ce qui vous plaira: cette boîte de filigrane (La Font., V, 149).

filoutage — O tous les lexiques ; * L . et II. D. T., qui citent Retz. — Elles sont toutes deux d'accord du filoutage (Th. Corn., Charme de la voix, a. III, se. 2 ; cf. Id., Am. à la mode, a. IV, se. 4).

filouter — e Pom . , Duil., G. Miege ; * Rich . , Fur., A . , A ^ ; e Th. Corn. — Lesdits sieurs Filoux dépitez D'être, eux-mesmes, les filoutez, Tirèrent... sur le caresse (Loret, Bjanvier 1656, v. 231-234). H.D.T. cite Pascal [Prov., VI, éd. Gr. Écr., I, 146).

finiment (ital.) — 1676, Félibien, Princ. d'architecture, dans II. D. T. ; * Fur. et Th. Corn, seulement.

flanelle (angl.) — Ménage, Dict. étym., dans II. D. T. ; 3 tous les lexiques, sauf A*.

flibustier (ou fribustier) (angl.) — 1667, le P. Dutertre, Hist. des Ant., III, 151, dans H. D. T. ; e Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur. ; G A. ; * Th. Corn., A2.

fontange — O tous les lexiques. Voir L., II. D. T. et Ilug. — ...cette qualité... en quoy consiste-t-elle? Est-ce. . . A hausser sa fontange en coquette éventée (Hauteroche, Bourg, de quai., a. I, se. 5); un amant qui n'exprime sou amour qu'avec des fontanges et des bas de soie, se morfond dix ans derrière leur porte (Heg-nard, Divorce, a. I, se. 7; Id., Iloni. à b. fort., a. 11^ se. 5).

fort-vêtu — P'ur., dans II. D. T. ; * A,, Th. Corn. ; O A^; — Je hais ces fortvelus qui, malgré tout leur bien, Sont un jour quelque chose, et le lendemain rien (Regnard, Distrait, a. I, se. 1).

frivolité — Regnier-Desmarais, cité par H. D. T. ; o tous les lexiques.

funéraire (lat.) — Rich., dans H. D. T.; * Fur., A., Th. Corn., A-. D'après, ces lexiques, le mot ne se dirait que dans la phrase : les frais funéraires. Th. Corn, donne cependant: colonne funéraire.

furer (lat.) =: voler, est un mot réemprunté par Chapelain : Je l'ay furée de luy pour vous (I, 687). — O tous les lexiques. On peut le considérer comme « aventurier ».

Gangue (ail.) n'est signalé par II. D. T. qu'en 1701, dans une réimpression de Fur.

généalogiste — Rich., dans H. D. T.; * Fur., A., A-^; O Th. Corn. — Adieu. Je vai trouver un généalogiste [Y^oisson, Comédie sans titre, a. I, se. 2).

gentilhomnierie — Mol., G. Dandin, a. I, se. 3, dans H. D. T. ; O Pom., G. Miege, Fur., A., Th. Corn., A^ ; * Duil., au sens de petite maison de campagne, Rich. donne en plus le sens de qualité de gentilhomme. — Leur Gentilhomnierie étant toute en paroles (Th. Corn., Bar. d'Alh., a. II, se. 9). — ■ Dans un sens méprisant on trouve gentilliommaille : Suffit d'être enrôlé dans la Gentilhommaille (Boursault, Mots à la Mode, se. 12). — O tous les lexiques.

gigantesque {ilal .)\ — O Pom., Duil., G. Miege, Rich;^ Fur., A.,\^;0 Tlu " Corn. — Grifetiio le gigantesque Conduisoit l'horreur et la mort (La Font., IV, 400, y. 72-73; cf. Sévigné, V, 332).

gigogne (dame — ) — O tous les lexiques. — Evitez la fureur de ces Dame» Gigognes (Poisson, Foux divert., a. II, se. 8). — L. cite le mot avec le sens de danse (Dangeau, I, 173).

gigue (angl.) — o Pom., Duil., G. Miege ; *Rich., Fur., A., Th. Corn., A^. Le mot a aussi le sens de fille gaie et enjouée (Fur,), mais alors il est considéré comme bas (A., A 2). — il se passe peu de soirs qu'il ne m'endorme avec une Allemande, et peu de matins qu'il ne m'éveille avec une Gigue (Costar, Lell.y I, 333).

gracieuser, signalé comme du bel usage par de Callières (dans L.) est donné comme appartenant au style familier par A 2, seul lexi(|ue où le mot se trouve. — Quand il gracieuse (Grimarest, Com. deLett., 177) ; Mademoiselle, ne seriez-vous point par hasard de ces chauves-souris apprivoisées, qui gracieusent le bourgeois et lui proposent la collation (Regnard et Duf., La Foire Saint-Germain, a. I, se. 8).

gradin (ital.) — * Pom.; O Duil.; * G. Miege, Rich. qui restreint le mol h n'être qu'un terme d'église, Fur., A., A^; oTh. Corn.

griffonnage — O Pom., Duil., G. Miege, qui donnent (yrfy/b/me/Jie/ii; * Rich. citant Gombaud, Fur., A., A^; o Th. Corn.

grivois (soldat, de grivoise, ail.) — Dominique, Fille sav., cité par II. D. T. Le mot est donné par de Callières comme nouveau et comme bon à renvoyer en garnison {Des mots à la mode, 98-100; v. Schenk, p. 84). — O tous les lexiques, sauf A^. — Un ustensile comme moi n'est pas à l'usage d'un grrtuots (Regnard et Duï. .Chinois, a. III, se. 6).

Hâblerie — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Le mépris que je fais des hâbleries (Chap., Let., II, 50, 1639) ; il faut mettre quelque différence entre un Docteur en Médecine, et un Médecin de théâtre, qui par la rapidité de ses hâbleries arreste la populace autour de soy (Bezançon, les Médecins à la censure,

haleur — O tous les lexiques, sauf Riclielet.

halter (se) — Pellisson, Lett. hislor., 169, dans Il.D.T.; O tous les lexiques.

harem (arab.) — 1697, d'IIerbelot, Bibl. Orient., dans II. D. T.; G tous les lexiques.

harpigner [se] ou harpiller [se] — Tallemant, Hislnr., VII, 141, dans H.D. T.;

* Rich.: bas et burlesque; O tous les autres lexiques. Duil. donne se harpouiller.

harponneur — 1671, dans Delb., Rec., cité par II. D. T.; * Vxiv., Th. Corn.; O tous les autres lexiques.

havresac (ail.) — O Pom., Duil., G. Miege; * Rich., Fur,, A., Th. Corn., A^; L. et H.D. T. — As-tu ce qu'il te faut dedans ton /iawre-sac?(Montfleury Fille , Capitaine, a. V, se. 7).

hebdomadaire (lat.) est signalé dans Sarrazin par Furetière ; Q Pom., Duil., G. Miege; * Rich., A., Th. Corn., A^. Le mot n'est que substantif chez Rich. et Fur.; il désigne le religieux qui est de semaine. Avec A. l'ad- ' jectif apparaît. Th. Corn, veut qu'on dise hebdomadier pour le substantif.

hébraïsant — O tous les lexiques. H. D. T. cite Vigneul-Marville, 1699, Mél. d'hist., 1, 238.

hMoscope (comp. d'éL grecs.) — P. Chérubin, Dioptr. ocul., 303, dans H. D. T. ;

* Fur., Th. Corn.;0 tous les autres lexiques.

hématose (grec) — * Fur., Th. Corn. ; O tous les autres lexiques.

héréticité attribué à Fénelon (H. D. T.) ; O tous les lexiques.

héroïsme — - O tous les lexiques, sauf A. et A ■^. H. D. T. donne comme premier exemple un passage du P. Rapin en 1668. Le mot avait déjà été risqué : vous devez renoncera la Sagesse et à Vlleroïsme. Cependant je doute que ce dernier mot se trouve dans le vocabulaire de M. de Vaugelas, et je crains qu'il ne nous soit défendu l'année qui vient (Costar, Lett., Il, 47).

hétérodoxe (grec) — Fur., dans Il.D.T. ; * A., Th. Corn., A^.

hétérogène (lat. grec) — Pascal, Esp. géom., i, dans II. D.T. ; O Pom., Duil., G. Miege;* Rich., Fur.; G A.; * Th. Corn., A"-.

historiette ne se disoit point du temps de Ronsard et se dit présentement ; ... ce mot entre mesme dans les livres (Bouhours, Rem., 202; cf. Renaud,

Man. de parler, 24). —0 Pom., Duil., G. Miege, Rich., Th. Corn. ;* Fur., A., A 2. — C'est en 1657 que Tallemant l'a inscrit en tête de son livre. Sans m'arrester davantage aux historiettes que M. Burnet nous rapporte (Bossuet, Hist. des Var., l, 406) ; il récite des historiettes qui y sont arrivées

(La Bruyère, I, 218).

hombre (esp.) — O tous les lexiques, sauf A2, H, D. T. cite La Bruyère : pour un cinquième à Vhombre ou au reversis (I, 284; cf. II, 101). — Le jeu est nommé du nom français correspondant: homme par Sarazin (Œuv., II, 80).

hongrer — P. d'Ablanc, V Afrique de Marmol, I, 49, éd. 1667, cité par Richelet, dans H.D.T.; e Pom., Duil., G. Miege; * Rich., Fur., A., A»; e Th. Corn.

horlogerie — Rich., dans H. D. T. ; O Fur., Th. Corn.; * A., A2,

hors-d'œuvre — L'expression ne s'applique d'abord qu'à l'architecture : une balustrade qui se jette hors d'œuvre (Pom., G. Miege), un cabinet hors (f'œuore (Th. Corn.). Le sens s'étend ensuite à certains mets (Fur., A., A 2). Puis on l'applique même à un homme qui se trouve dans une compagnie qui ne lui convient pas, et à laquelle il ne convient pas (A^). On verra plus loin quel sens lui donnent les professeurs de rhétorique (Cf. au chapitre de la phrase). — H. D. T. cite La Bruyère : il n'oublie pas les hors-d'' œuvre, le fruit (II, 56j ; J'écris ceci hors d'œuvre, pour vous divertir (Sévigné, V, 234),

houblonnière — Rich., dans H.D.T. ; * Fur., A^ ; 0 A., Th. Corn. ; * L., qui cite S'-Simon.

hjussard (hongr.)J — * Pom. ; O Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur. ; O A. ; * Th. Corn., A-.

hydrostatique (comp. d'él. grecs) — • 1695, D. Papin, Bec. de div. pièces, 70, dans H. D. T. ; n'est que dans A-.

hygromètre (comp. d'él. grecs) — 1666, Mém. de VA. des Se, 13, dans H. D. T. ; n'est que dans Fur. et Th. Corn, qui donnent : hygromètre ou hygroscope,

hymen (lat. grec) — O Pom., Duil., G. Miege; *Rich., Fur., A., Th. Corn., A^. — Le mot est en 1650 dans Corneille : . , . j'ai voulu Vous faire un hymen de ma main (V, 475, D. Sanche, v. 1388). Cf. le Cid, éd. 1660, v. 168, et Montfleury, Crisp. Gentil., a. III, se. 8; a. V, se. 8; Coméd. poète, a. V, se. 5; Dupe de soi-mesme, a. III, se. 4 ; Poisson, Comédie sans titre, a. III, se. 4; du Verdier, Le Flatteur, a. V, se. 10. Voir les lexiques de Racine, La Fontaine et Molière.

hypocondre (lat. grec) n'était qu'un substantif technique de l'anatomie, chez Pom., Duil., G. Miege. L'adjectif apparaît avec Richelet. * Fur., A., A^; O Th. Corn. — Ménage approuve Boileau de l'avoir employé au lieu de hypo~ condriaque [O., I, 475-476). De Templery n'était pas du même avis : cette façon de parler équivaut à dire un homme poumon pour pulmonique, pensait-il {Ent. à Madonte, 285). — H. D. T. cite La Bruyère et Boileau. Cf. Son hypo~ condre de mari (La Font., I, 185, v. 16). Elomire hypocondre est le titre d'une comédie de Le Boulanger de Chalussay. L. cite un exemple de Régnier.

Iconoclaste (grec) — *Fur. et Th. Corn, seulement. — Ce fut par là que commencèrent les violences des Iconoclastes, c'est à dire des Brise-Images (Bos suet, Hist. Univ., 143).

iconographie (grec) n'est que dans Richelet, avec le sens ordinaire et comme terme de fortification (Littré dans ce dernier sens donne ichnographie).

identique (lat. scol.) — Fur., dans H. D. T. ; * A^ ; O tous les autres lexiques.

imbroglio (ital.) — le détail causerait un imbroglio qui ferait tout abandonner (Bossuet, Lett. sur le Quiét., CÎ.X, cité par H. D. T.) ; O tous les lexiques.

immatriculation — H. D. T. cite à tort le Fur. de 1701 comme premier exemple ; * Pom., Duil., G. Miege. Le mot disparaît dans les lexiques suivants.

immensément — S*-Simon, XII, 81, dans H. D. T.; O tous les lexiques.

imminemment — S*-Simon, XII, 85, dans H. D.T. ; O tous les lexiques.

immixtion (lat.) — 1701, Fur., dans H. D.T.

impatientant — M"»" de Maintenon, Lett.,i sept. 1704, dans L. et H. D.T. ; O tous les lexiques.

impatienter — Nicole, Essais de Morale, I, 67, dans H. D. T. ; o Pom., Duil., G. Miege, Rich., Th. Corn.;* Fur., A., A^. — Le pronominal ne manque qu'à Duil. et à Th. Corn. C'est l'emploi le plus ordinaire d'après Fur. — M™« de Chevreuse commençoit à s'impatienter (La Roch., II, 78) ; ce n'est pas la peine de s'impatienter (Sévigné, VIII, 163).

inaugural — Chapelain, Let., dansDelb., cité par H. D.T.;0 tous les lexiques.

incartade (or. inc.) — Corn., IV, 152, Menteur, v. 225, cité par H. D.T. Le mot est très bon (A. de B., Suite, 160). — O G. Miege et Th. Corn, seulement. Voirie Lex. de Mol. par Livet.

indicateur (lat.) — 1690, Dionis, Anatoniie de Z'/iomme, 115, dans H.D. T. ; O tous les lexiques.

indienne — II. D. T. cite comme l^"" exemple, Mol., Bourg, gent., a. I, se. 2. Le mot se trouve avant : En Indiennes, en Ecrans, En des Montres-d'or et Cadrans (Loret, 2 mars 1658, v. 95-96). — * Rich. et Fur, seulement.

indigénal — ^1699, d'Alhérac, Anecd. de Pologne, dans H.D.T. ; O tous les lexiques.

indigo (esp.)- — 1658, de I{ocheîori,Hist.nat.et mor.des Antilles, dans H. D. T.; *Fur. et Th. Corn, seulement,

in-douze — * Pom.; O Duil., G. Miege ; * Rich., Th. Corn., A^. Furetière à l'article douze donne : un livre en douze. Mais il a écrit : on doit payer davantage la dédicace des livres in-folio que des in-quarto, et que des in-octavo ou des in-douze [Rom. Bourg., Il, 106).

infamant a été employé par Patru que cite Richelet, premier lexique où le

mot est donné. * Fur., A. ; O Th Corn. ; * A^.

f" infériorité- — 1642, Oudin, dans H.D.T. — se dit quelquefois;^ M. Racine s'en

est servy fort à propos JA. de B., Refl., 265). Mais Renaud blâme le mot

{Man. de parler, 515). — O Pom. ; * Duil. ; O G. Miege; *Rich., Fur., A. ;

O Th. Corn.; *A2. — Ostez du nom de ministre Vinferiorité et la sujétion

(Bossuet, Avert. aux Prot., VI, § 36, 516).

infimité — Saint-Simon, XV, 319, dans II. D. T, ; o tous les lexiques.

in-folio — voir à in-douze. — * Fur. seulement. Le mot est donné par Ménage (0., 1,431).

in-octavo est aussi donné par Ménage (0., I, 431). — O tous les lexiques.

insidiateur (lat.) est un mot de la façon de Port-Royal (Bouhours, Entr., 139) ; mais il est douteux qu'il s'établisse (Id . , Rem., 114-5). — * G. Miege, Rich. : il n'est pas en usage; 0 tous les autres lexiques.

insinuant — l'esprit insinuant est une expression à la mode (Sorel, Conn. des h. liv., 1671, 372, 373 et 388). — o Pom., Duil., G. Miege, qui ne donnent le verbe qu'avec le sens d'enreffistrer ; *Rich., Fur., A.; O Th. Corn.; * A^. — [Leduc de Bouillon] avoit une éloquence facile, naturelle, insinuante [La Roch., 11,427); il y a au monde un certain peuple agréable, insinuant (La Font., VIII, 156, Psyché, liv. II); le villageois est doux et insinuant (La Bruyère, II, 89); M. Burnet, sous le titre insinuant d'Historien, décide ainsi des antiquitez (Bossuet, Hist. des Var., 1, 449); Le curé... taschera de le faire entrer (le récit)... dans l'esprit des enfans, en le leur faisant de la manière la plus vive ou la plus insinuante (Id., Catéchisme de Meaux, 55).

insolentcr — S'-Simon, VII, 452, dans H.D.T. ; O tous les lexiques.

intéressant — * A ^ seulement.

intermédiaire — 1678, Ph. Bornier, Conf. des Nouv. ord. de L. XIV, art. 7, titre 3, de Vord.de 1667, dans II,D.T.;*A2, mais seulement dans l'expression : gages intermédiaires.

interrupteur — O tous les lexiques. — Arrias prend feu contre ïinterrupleur (La Bruyère, I, 218).

intervertissement — O tous les lexiques; * L., 11. D. T., qui cite S'-Simon (IX, 35).

intrigueur — * Pom., Fur., A. ; O tous les autres lexiques ; Il est à remarquer que A - ne donne plus le mot. — je savois bien qu'elles (les Carmélites) étoient... dos intriyueuses...; mais je ne croyois pas qu'elles fussent des empoisonneuses (Sévigné, V, 364). — Intrigant est également nouveau; G G. Miege, Rich., Th. Corn.;* tous les autres lexiques ; II. D. T. cite La Bruyère; L. Bourdaloue et Regnard. — Ai-je l'air d'une fille intrigante'^ (La Font., VII, 407, v. 80).

investissement — * A^ seulement.

isoler — Avant Fur. on ne trouve que l'adjectif isolé ; Fur. déclare d'ailleurs que le verbe est moins d'usage que le participe ; c'est un terme d'architecture. A2 fait la même observation ; o tousles autres lexiques. "Voir isolé au chapitre : Distinctions de sens.

inspectateur — O tous les lexiques. — curieux lecteurs et inspectaleurs desdites inscriptions (Mol., III, 84, Fâcheux, a. III, se. 2).

insultant — O tous les lexiques; Bossuet, Elév. s. les Myst., VI, 14, dans H.D.T.

interpolaleur — 1671, Us et coût, de la Mer, dans God., cité par II. D. T. ; O tous les lexiques.

immanquable est assez doux, il pourra êti-e retenu (Sorel, Conn. des b. liv..

MOTS NOL VEAUX ENTRÉS DAiNS LA LANGUE 481

1671, 385). Bouhoui's a vu naître ce mol et il est né avec bonheur {Rem., ■;43).— e Pom., Duil.,G. Miege; * Rich., Fur., A., A^; e Th. Corn. K

immatérialité — Pascal, Pe/is., XXV, 31, dans H. D. T. ; O tous les lexiques,

immodération (lat.), bien que datant du xv* (H.D.T.), n'est pas encore reçu selon Rich., <|ui est seul à donner le mot. Bouhours ne le croit pas français {liem., 230).

immorti/ié (lat. eccl.) est un mot de Port-Royal (Bouhours, Enlr., 139), mais qui ne déplaît point autant à Bouhours qu'à Ménage (Id., Hem., 523). —

* Pom., Duil., G. Miege avec -J-, Rich.; O Fur., A., Th. Corn.; * A^;

* H.D.T., qui cite Bossuet, Ouverture (Vune visite, l""* exhort.

impardonnable est un mot de Segrais que le public a rejeté, dit Bouhours [D., .50) ; il est mauvais, ajoute-t-il, malgré l'autorité de Ménage (Id., Rem., 524j. Littré signale que Boursault a aussi critiqué dans Segrais ce mot dont il y a du reste des exemples anciens chez Froissart. — O Pom., Duil., G. Miege, Th. Corn. ; * Fur., A., A-.

impécunieux — Bouhours conteste impécunieux, malgré l'opinion de Ménage {!)., 18 ; cf. Rem., 524). — * G. Miege, Rich., qui constate qu'il n'est pas reçu; O tous les auti'es. — Comme les jeunes gens d'une haute naissance sont sowvent impécunieux (Boursault, Phaéton, a. II, se. 2, dans L.). — On trouve dans G. WiQ^e impécuniosité, également blâmé par Bouhours.

imper tu r habilité — O tous les lexiques. — L'apathie, que nous pouvons, dil-il (Saint Jerosme), appeller impassibilité ou imperturbabilité (Bossuet, Estais d'Oraison, 205).

impoli — Ce mot, quoiqu'il se trouve déjà dans Montaigne (III, 9, dans II. D. T.), peut être considéré comme un néologisme au xvii*. — Grégoire n'est qu'un

1 . Je réunis les mots formés du pi-élixe négatif in. Ils ne faisaient pas « moins de peine »à Bouhours que les mots eu ment (D., 19). Les adjectifs en able d'abord, a Incharilable me semble encore plus contre le génie de nostre Langue, qu'insurprenahle et irramenable : car j'ai remarqué il y a long-tems que tous les mots François qui commencent par t;iet qui finissent par able, viennent tous d'un verbe, comme inconsolable, infatigable, inimilable, etc. et je n'en sçache point qui vienne d'un nom, hors impitoyable qui fait bande à part, et auquel l'usage a donné cours contre la règle ». {Jb., 23-4). De plus si le français forme des mots comme injuste et indigne, il ne s'ensuit pas que l'on puisse former des verbes avec le préfixe in. Le latin lui-même évite cette formation et ne nous adonné quimprouver et infirmer. Ce qui est conforme au génie de notre langue, c'est la composition avec dés ou dé ; désapprouver, dérégler détromper. Bouhours ne saurait donc admettre le monstrueux indisposer du sieur de Beiiil : « Geluy qui après m'avoir receû se répand aussi-tost en des satisfactions extérieures, s'indispose beaucoup pour me recevoir >> (D., 28-29). « Ménage, qui a la force de digérer rt'n<em/)er3<«re, Vinfrangible, Vinforçable, Vinscrutable, Vinguerdonné, Vinlerminé, Vinlernel de Nicod; sans parler de Vinterrompu de M, Pascal, de l'/'nvonvertible des sieurs de Royaumont et de Marsilly, de Yinjiidlcieiix de je ne sçai qui, qu'il ne nomme point, et qu'il appelle tres-judicieux » {D. , 19 ; cf. Man. de pari., 512 et Ménage, 0., I, 299). Bouhours eût dû ajouter qu'un certain Pierre Corneille, digne rival de ce Pascal, avait osé dire invaincu, tout comme le xvi" siècle, mais il savait que l'Académie avait accepté sans trop de répugnance cette hardiesse: « Je leur conseille de dire encore inexact, inexactitude, intimidation, inconlradiction qu'un de nos Grammairiens approuve : incorrect, dont se sert un nouvel Auteur ; inéloquent cl indiligenl dont Montaigne s'est servi; mcoup.iiZe que j'ay veû dans l'Histoire d'un voyage fait aux Indes': enfin incondnile que j'ay leû quelque part » (Suit., 139).

Histoire de la Langue française. IV 3j

482 HISTOIRE DE LA LANGUE FIlA^ÇAISE

impoli (mot nouveau que je viens d'apprendre) (Sénecé, dans Delb., Hcc, cité par H . D.T.) ; L. cite un exemple de Massillon. Le mot n'est que dans le B. F. et dans A2.

impolitesse commence fort à s'établir, dit Th. Corneille [Notes sur Vauyelas, 1690, dans Vaug., II, 354). Son témoignage est confirmé par de Callières [Mots à la Mode, 43; Du bon et du mauv. us., 96; voir Schenk, o. c, 100).

— * A^ seulement. — Je crains qu'il (le mot d'héroïsme) ne nous soit défendu l'année qui vient, sur peine d'impureté, de barbarisme et d'tmpo l itesse {Cos[SiT, Lett., Il, 47; le mot impolitesse est en italique dans le texte). Cf. Boursault, Mots à la Mode, se. 3.

improbation (lat.) — Bouhours aurait de la répugnance à s'en servir [D., 18 et Rem., 231). Le mot est bon et l'usage l'a reçu depuis quelques années (A. de B., Hefl., 259). — Il n'est que dans Duil. et Bich., qui déclarait que le mot n'était pas reçu. Il faut noter toutefois que II. D. T. donne un exemple de 1504. — Le chevalier en rioit de bon cœur, entendant dans cette approbation V improbation de quelques autres (Sévigné, VIII, 302).

inaccessibilité (lat.) — Pascal, II, 120, Prov., XVI, dans L. et II.D.T., mais il faut prendre garde que Pascal à cet endroit cite un passage de la Défense du Chapelet du Saint-Sacrement, 217. — * tous les lexiques.

inaccoutumé est considéré par Sorel comme un mot nouveau qu'il accepte volontiers {Conn. des b. livres, 1671, 385). C'est un terme qu'on fait revivre, selon A. de Boisregard [Refî., 259). En effetle mot était ancien. Mais il était fort discuté : Vaugelas ne l'acceptait pas (11, 420) ; Richelet l'accueillait ; Alemand voulait qu'on s'en servît avec modération, en attendant la décision de l'Académie; il y aurait quelque affectation à en user dans le langage familier [Nouv. Rem., 252-255) ; Renaud ne l'acceptait pas, malgré l'autorité de Pascal (Man. déparier, 513). — ■ * Pom., Duil., G. Miege, Fur.; G A., Tli. Corn., A-.

inaction est un terme nouveau, mais qui est fort bon et fort en usage (A. de B., Refl., 259-260. Cf. Fur.). — * Pom.; G Duil., G. Miege, Rich.; * A.; G Th. Corn. ; * A'^. C'est un terme de dévotion, d'après Fur. et A.

inalliable — Nicole, Essais de morale, II, 3, dans II.D.T. C'est un mot de la façon de Port-Royal (Bouhours, E'nir., 139). — * Pom. ; G Duil., G, Miege, Rich., Fur., Th. Corn.; * A. et A^. (Toutefois A. qui le porte à son ordre alphabétique et renvoie à allier, l'oublie). Selon A^, il n'a d'usage qu'en parlant des métaux. — vos amis avoient le don de vous ôter votre tristesse, comme une chose inalliable et incompatible avec votre santé (Sévigné, IX, 562).

inallié est un mot de Port-Royal (Bouhours, Entr., 139) ; il est mauvais (Id., D., 22 ; cf. Rem., 524). — e tous les lexiques.

inamissibilité n'est qu'un étranger habillé à la F'rançoise (Bouhours, D., 27).

— * Rich., A., qui ne l'admet que dans la langue religieuse : inamissibilité de la grâce, A^ : id. ; O tous les autres. Voir un exemple de Bossuet, dans L.

inamissible — * Pom., Rich., A., A^; O tous les autres. Voir des exemples de Bossuet, Bourdaloue, Fénelon, dans L.

inapplication n'est pas un mauvais mot ; assez de gens le disent (Bouhours, Rem., 524). — *Pom.; G Ouil., G. Miege ; *Rich., Fur. ; G A., Th. Corn. ;

MOTS iNOUVEAUX ENTRÉS DANS LA LANGUE 483

* A-. — (Le cardinal de Retz) est incapable d'envie et d'avarice, soit par vertu, soit par inapplication (La Roch., 1,21, cité par H.D.T.); Je tâche... de réparer ses inapplications par mon opiniâtreté (La Bruyère, II, 507). L. cite Sévigné et S*-Simon. — Inappliqué — (Fénelon, Télém., 13, dans H. D. T.) ; * A. et A- seulement. L. cile Massillon. L'Enterrement du Dict. reproche à l'Académie d'avoir omis inapplication, qui est encore en usage, et donné inappliqué qui est inusité; il loue Furetière d'avoir fait le contraire (213-214).

inattention est un mauvais mot de Port-Royal (Bouhours, Entr., 139 ; cf. D., 22; Hem., 524). — *Pom. ; O Duil. ; * G. Miege, Rich.; e Fur., A., Th. Corn. ;

* A- ; H. D. T. donne à tort le premier exemple comme étant de Fur., 1701.

incharitable — dû à une jeune pensionnaire d'un couvent de filles, est contre le génie de notre langue (Bouhours,!)., 23 etsuiv. ; cf. Rem., 54'3; Suite, 139 : c'est un mot à renvoyer à ceux qui disent incomplaisant). S'-Réal demande s'il est besoin d'avertir q\i' incharitable ne se dit pas (De la Critique, 324). — * Rich. : ce mot n'est pas encore bien établi ; G tous les autres lexiques.

incommutable semble dire autre chose qu immuable; et il seroit à souhaiter qu'il s'establit (A. de B., Refl., 260). — A^ est seul à donner le mot, comme terme de pratique. Il en est de même d'incommutabilité. 11 faut noter qu' incommutable se trouve déjà au xiv" siècle (H. D. T.).

incompressible — Fur., dans H. D. T. ; O tous les autres lexiques.

inconduite n'est pas approuvé par Bouhours, qui l'a lu quelque part au sujet des Dames de Remiremont [Suit., 139), — G tous les lexiques ; H. D. T. ne le signale qu'en 1737, L. qu'en 1730.

inconséquence (lai.) — G tous les lexiques. — Lors que parmi les Chrétiens on a veû des variations dans l'exposition de la foy, on les a toujours regardées comme une marque de fausseté et d'inconséquence (qu'on me permette ce mot) dans la doctrine exposée (Bossuet, Hist. des Var., I, préf., § II).

incontestablement — Bouhours l'attribue à Port-Royal {Entr., 193). — * Fur., A., A-. — il est incontestablement déchu de son droit (La Bruyère, II, 187).

incontradiction n'est pas nécessaire, puisqu'on peut dire consentement, pour signifier mesme chose (Sorel, Conn. des b. liv., 1671, 385); Bouhours le ren voie à ceux qui disent incompZatsa/i/ {Suite, 139); Andry l'accepte {Refl., 261), mais S'-Réal le repousse : il n'y a que Port-Royal pour oser le dire {De la Critique, 192), Renaud est du même avis {Man. de Parler, 97). — G tous les lexiques. L. cite Pascal : Ni la contradiction n'est marque de fausseté, ni l'incontradiction n'est marque de vérité {Pensées div., 123, éd. Faugère).

inconvertible, dont H. D. T. donne un exemple au xvi'' s., est attribué à Port- Royal par Bouiiours [Entr., 139; cf. D., 19); il est mauvais, quoiqu'auto risé par Ménage (Id., Rem., 525). — * Pom. ; G Duil.; * G. Miege; G Rich., Fur., A., Th. Corn., A^ ; L. cite un exemple de Bossuet, où le mot a le sens d'immuable, et un exemple de Bourdaloue : pécheur inconvertible. — Les deux sens sont dans Pomey.

incorrigibilité n'est que dans A'^ ; H, D. T. le cite à tort comme étant dans A. ; L. donne un exemple de lletz : Je vous ai déjà dit que Yincorrir/ibilité de Monsieur m'avait rebuté.

incorrupfion — Quoy ([non dise incurrujilihle, tous neflemourent pas d'accoicl qu'on puisse dire incorruption . Ce mol néanmoins peul avoir sa place (A. de B., Be/Ï., 261-2). Il n'y a qu'à Port-Hoyal qu'on ose le diie (S'-Héal, De la CriL, 192). — *Pom., Duil., G. Miege; e Hich., Fur.. A.. Th. Coin., A^ , * L., (|ui cite Nicole, Bossuet, Massillon ; Q H.D.T.

incorronipu — J'auroisdela répugnance à approuver... Vincorronipn do M. Pascal (Bouhours, D., 18-19 ; cf. Id., Enir., 1.39, et Pascal, Pensrps, éd. Hav., I, 186 et 208) ; c'est un mauvais mot, malgré l'avis contraire de Ménage (Id., Rem., 524 ; cf. Suite, i:i9). — * Pom. et G. Miege seulement ; * L. ; e H.D.T.

incurahilité — 1707, Dionis, (Jours d'op. et de chiriirg., dans H. D. T.

indéchiffrable — * Var. et A^ seulement.

indéfectihilité — O tous les lexiques. — Elle (l'Église prétendue réformée) se condamne elle-mesme, lors que forcée à reconnoistre la perpétuelle visibilité de l'Église dans V indéfectihilité du ministère ^ecclésiastique!, elle ne peut se soustenir (Bossuet, Confer. avecM. Claude, 501).

indéfendable — Mol., Crit. de VEc. des Fem., se. 5, dans H.D.T.; O tous les lexiques.

indestructible — Leibniz, dans Trévoux, cité par H. D.T. ; G tous les lexiques.

indétermination — 1651, La Motlie le Vayer, dans 11 . 1). T. ; * A- seulement, — .Si vous ostez du mot de conseil l'incertitude et ïindéterniinulion, que vous y restera-t-il, si ce n'est la raison et l'intelligence (Bossuet, Arort. aux l'rol., VI, §34, 51.3).

indispensable — nous avons indispensable, et indispensahlenient, qui ont paru si beaux d'abord, qu'il sembloit qu'un Sermon ne fust pas dun bon i'rançois, si le Prédicateur ne s'estoit servy de ces mots quatre ou cinq fois pour le moins (Sorel, Conn. desb. liv., 1672, 427), Andry reconnaît que le mot se dit [BefL., 263). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — ... la nécessité indispensable de faire mon devoir |La Roch., Il, 46). Le plus souvent le mot a un sens religieux * : la défense d'épouser la femme de son frère est indispensable (Bossuet, Var., 7, cité par L.) ; ... un engagement religieux el indispensable d'avoir de la foi pour tous les faits contenus dans ce volume (La Bruyère, H, 245).

indispensablement — Palru, Plaid., 15, dans H, D, T. ; * tous les lexiques, sauf Duil. et Th. Corn. — Son premier devoir est indispensablement de conserver le dépôt (La Roch., I, 298); il fut obligé indispensablement de le rompre (le silence) par une occasion assez extraordinaire (Hacine, IV, 460) ; il faut indispensablement que ce soit à une nature universelle ou qui pense (La Bruyère, H, 253).

indisposé est blâmé par Bouhours dans le sens de peu disposé Entr., 140) ; il ne signifie pas autre chose que malade (Id., D., 28'». Ménage acceptait indisposécontre, pour dire mécontent, mais non le verbe indisposer (()., II, 446). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais avec le sens de malade. A'^ admet

1. C'est... ce (ju'ilsontdcu faire avec un cnî.^a(;enieMt si indispensable, qn'U no leur est pas plus permis de renoncer à la qualité d'Apostres que detTaccr de leur ame le charactere de Prostrés (I)ubosc-Montandré, Ex. P., 8).

MOTS NOr VEAUX ENTRKS DANS LA LANCil'E 485

le mot au moral dans le style familier: Il insère même le verbe « actif» indisjioser, que Bouhours jugeait monstrueux: indisposer contre quelqu'un, j Toutefois il y est observé que le verbe « n'a d'usage que dans cette phrase».

indissolu hililt' — O Pom., Duil., G. Miege, Hich. ; * Fur., A., A'-. — Ce n'a pas esté assez aux Prétendus Héformateurs d'abandonner la sainte doctrine de toute l'Eglise d'Occident sur l'entière indissolubilité du mariage (Bossuet, Avert. aux Prol., VI, !^ 80, 735) .

indivisihililé — O tous les lexiques. — Saint Atlianase... reconnoist dans le Fils la mesme impassibilité et imparlibilité, ou indivisihililr, ({ue dans le Pcre (Bossuet, Averl. aux Prol., VI, J; 49, 535).

ine/ficacifr n'est que dans A. et A-.

inépuisablcnicnt — Bossuet, Averl. nux Prol., VI, 31, dans II. I). T.; O tous les lexiques.

inévident n'est gueres françois non plus quinévidence (Bouhours, Rem., 234). inévidence n'est dans aucun lexique, inévidenl est chez Richelet, qui déclare que le mot est peu en usage.

inexact est un mot que Bouhours laisse avec inexactitude à ceux qui disentincomplaisanl (Suite, 139). Andry accepte les deux mots, mais « il ne faut point d'affeclaiion » {Uefl., 265). II n'y a que les écrivains de Port-Boyal pour oser dire inexact (S'-Héal,/Je la Gril., 192). Adjectif et substantif manquent à tous les lexiques.

inexorabililé — .- tous les lexiques. — Madame, si j'osois parler pour ces pauvres miiets (des sièges), je vous dirois qu'ils vous tendoyent les bras,... et qu'ils semljloyent se plaindre de V inexorabililé que vous leur témoignez (Robinet, Paneç/i/r. de VEc. desF.,^'' Entrée). La phrase est ironique.

inexorablement — Q tous les lexiques; * L.et II. D.T., qui citent Bossuet. — il falloit qu'elle vous écrivit ou qu'elle me vit toujours à ses talons pour la presser inexorablement de s'acquitter envers vous iRacine, VI, 396).

inexpérimenté est un mot de Port-Royal, qui est mauvais (Bouhours, Entr., 139; cf. D., 22;, malgré l'approbation de Ménage (Id., Rem., 524). — * Pom. ; O Duil. ; * G. Miege, Rich., Fur. ; G A., Tli. Corn. ; * A-. 11 faut noter que L. et H.D.T. citent des exemples antérieurs.

inexplicablement est de Port-Royal, et c'est un mauvais mot (Bouhours, Entr., 139), malgré l'autorité de Ménage (Id., Rem., 525). — * G. Miege et Rich. seulement.

infaisable — Bouhours l'a trouvé >< dans les Homélies de Saint (^hrysostome sur Saint Matthieu » [D.. 19), mais c'est un méchant mot (Id.,yîem., .543). — Le mot n'est que dans Richelet, qui déclare qu'il n'est pas re(,'u.

in/'alif/abilité — Q- tous les lexiques. — Le Seigneur... vous veuille toujours conserver dans cette grande fécondité d'esprit et infalif/abililé de main (Scarron, Dern. œuv., I, 150).

inintelligible flat.) — est un mot qui n'est pas nécessaire et auquel on peut suppléer en plusieurs façons (Sorel, Conn. des h.liv., 1671, 385). — * A. et A^; H.D.T. cite S'-Simou, I, 408.

injudicieux — est un mauvais mot (Bouhours, D., 19), malgré rapproI)alion

de Ménage (Id., Rem., 324), — O tous les lexiques. innocente (sorte de vêtement) — O tous les lexiques. — Cascaret, portez cela

à mon tailleur pour m'en faire une innocente; et qu'il la garnisse jusqu'aux ' pieds de rubans couleur de feu rouge (Rcgnard et Dufresny, Foire S^-Ger-

main, a. II, se. 2). L. cite Boursault, Mots à la mode, se. 15.

inobservance — Otous les lexiques ; L. cite deux exemples de Massillon.

inobservation est un mot de Port-Royal, il est mauvais (Bouhours, Entr., 139), et Ménage a eu tort de ne pas indiquer qu inobservation est presque consacré dans l'expression V inobservation des traités, mais qu'on dirait mal V inobservation des règles de l'art (Id., Rem., 524). Il se dit élégamment (A. de B.,y?e/Z., 268). — O A. et Th. Corn, seulement. Noter que H. D. T. cite un exemple de 1572.

insolvabilité est un mot de M. le Maistre, qui n'est pas fort en usage, mais il seroit à souhaiter qu'il y fust (A. de B., Refl., 269). — O Duil., G. Miege, Th. Corn. ; * tous les autres lexiques.

insomnie (lat.) — O Duil., et G. Miege ; * tous les autres lexiques. — l'envie a . produit la jaunisse et Vinsomnie (La Roch., I, 311) ; le sang. .. Se trouvant altéré, cause ces insomnies (Montfleury, Dame méd., a. Il, se. 5).

insurmontable, qui se trouve dans Cotgrave est considéré comme nouveau par Sorel {Conn. des b. liv., 1671, 400) et Bouhours (Entr., 84). — O tous les lexiques. — la crainte de s'ennuyer à Versailles... lui parut une raison insurmontable [La Roch., II, 17).

insurprenable — Bouhours l'a lu dans la vie de D. Barthélémy des Martyrs {D., 20) ; c'est un méchant mot (Id., Rem., 543). — O tous les lexiques.

intact — O tous les lexiques. S'-Simon, VII, 341, dans H.D.T.

intarissable qu'on trouve déjà dans Cotgrave, n'est pas encore approuvé, en 1680, de force gens qui parlent bien : « Le plus seur, ...c'est d'atendre qu'il soit un peu plus établi qu'il n'est » (Rich.) ; * Fur., A^. — cela seul... a semé dans le monde cette pépinière intarissable de directeurs (La Bruy., I, 183).

intenable est dû à Port-Royal, dit S'-Réal, qui blâme le mot {De la Critique^ 192); — e tous les lexiques; H.D.T. cite Rohan, M^m., 1627.

irramena/)Ze est un méchant mot et inusité (Bouhours, Z)., 20; cf. Rem., 543), — © tous les lexiques.

irréligieux (lai.) — Bouhours le croit delà faconde Port- Royal (En^r,, 139), mais il approuve Ménage de l'avoir voulu garder (Id., Rem., 524). — oPom., Duil., G. Miege ; *B. F., Rich., Fur., A.; O Th. Corn, ; * A^. — Un clerc mondain ou irréligieux (La Bruyère, II, 230). L. cite Pascal et Bossuel. H. D.T. donne un exemple de la fin du w" s.

Jaillissant — H. D.T. cite àtort comme premier exemple Richelet ; * Pom., (jui cite Scudéry : fontaine yat7/tssan/e ; G Duil. ; * G. Miege, Fur., A. : ne se dit que de l'eau; O Th. Corn.; * A^. — Je donne au liquide cristal Plus de cent formes différentes. Et le mets tantôt en canal, Tantôt en beautés jaillissantes (La Font., VIII, 259).

jalon (or. inc.) — * A., Th. Corn., A- seulement. — des espèces de jalons, vis-à-vis des(}uels chaque corps devoit attaquer et se loger (Racine, Vil, 49).

jetlonnier aurait été inventé par Corneille pour qualifier les Académiciens qui sont assidus à l'Académie pour y gagner des jettons (Fur., Facfums, 1, 167). — 3 tous les lexiques,

jouailler — * A- seulement ;* L., Il.D.T.

jurixpriulent (lat.) — G tous les lexiques; O L., H.D.T. — Il luy laul pardonner.. . pour ce qu'il estjurisprudent (Chap., I, 448).

Lacrymaloire — Fur., dans H. D. T.; * Th. Corn., A^.

laisse-tout- faire — O tous les lexiques. — l'esprit le plus lourd Sçait qu'un Laisse-lout- faire est un Tablier... fort court (Boursault, Mots à la modo, 15).

larnioyeur — B. F. donne larmoyeux ; H. I). T. cite Hegnard et Dufresny [Baguette de Vulcain, a. I, se. 3).

latinisme — Rich., dans H.D.T. — l'on a... secoué le joug du latinisme (La Bruy., 1,147).

lavis — 1676, Félibien, Princ. d'Architect., dans H.D.T. ;* Rich., Fur., Th. Corn., A"-.

(Tazzi (ital.) — O tous les lexiqueSçJ— Pierrot, derrière elle, faisant lazzi d'être amoureux (Gherardi, Th. Ital., III, 143, dans H.D.T.).

légaliser — Fur., dans H.D.T.; * A., A^.

lessiver — ^ * B. F., Ricli. ; * H.D.T., qui cite Sévigné.

libelliste — Ciiapelain, Lett., dans Delb., Rec, cité par H.D.T. — O tous les lexiques.

limonadier — Rich., dans H.D.T.;* Fur., A., A-. — Hélas! nous avons été trop heureuses de voir la comédie de chez le limonadier (Regnard, Crit. de Vh. à h. fort, se. 4;.

Macaroni (ital.) — 1650, Ménage, dans H. D. T. ; * Fur. ; G tous les autres lexiques.

madone (ital.) — 1671, Seignelay, dans H. D. T. ; o tous les lexiques.

mafflé — o Pom., Duil., G. Miege, Rich., Th. Corn.; * Fur., A.: populaire, A^ : id. — elle ne tenoit de la lune que d'estre un peu maflée, ny de l'Aurore que d'avoir le bout du nez rouge (Fur., Rom. bourg., I, 144). — H.D.T. cite S'-Simon, IX, 10.

magasinage — 1675, Savary, Parf. Negoc., dans H.D.T.; G tous les lexiques.

magisme — 1697, d'IIerbelot, dans II. I). T. ; G tous les lexiques.

magistere?>i\m mot latin qui s'emploie bien dans le style railleur (A. de li.,Refl., 289).— G Pom., G. Miege, Rich., Th. Corn.;* Duil., Fur., A., A2. —...Crispin est de son âge; Sçait du Latin, il est magister du village (Montlleury, Crispin gent., a. I, se. 4 ; cf. a. 1, se. 5) ; D'un certain magister le rat tenoit ces choses (La Font., II, 254, v. 17 ; cf. I, 116, v. 10).

maladroitement — Fur., dans H. D. T.; G A., Th. Corn. ; * A"^.

malagréable s'est introduit depuis peu el règne fort dans la conversation (Bouhours, D., 32). — * Rich. seul; G L., H.D.T.

malhonnêtelé — Bouhours constate que le mot est usité [Suite, 81). — O Pom., Duil., G. Miege, Th. Corn. ;* Rich., Fur., A., A'^. — s'il ne faut que des mal-honnestetez pouv le satisfaire, il a sujet d'estre content (Bossuet, Def. deVIIist. des Va/-., 2).

malhonnêtement — Fur., dans II. D. T. ; * A. ; O Th. Corn. ; * A-.

malintentionné — 1657, Golbert, Le/<., dans H.D.T.;* tous les lexiques, sauf Th. Corn. F'uretière seul l'écrit en un seul mot. — Les lecteurs mal intentionnés [hdi Bruyère, 1, 107); pour les sçavans mal intentionnez. . . ils croiront qu'on peut bazarder tout ce qu'on veut (Bossuet, Div. ecr, sur les Max. des Saints, 37).

malpropreté — II. D. T. cite à tort comme premier exemple Richelet. Dans une Lettre à Huet du 22 janvier 1663 (B. N. ms.f" 390), Chapelain estime que « le mot de mal propreté est aussi F'rançois et aussi commun dans la bouche de nos Cavaliers et de nos Dames que celuy de mal propre ». — O Pom., Duil., G. Miege, Th. Corn.; * Rich. avec f. Fur., A., A-. — l'on ne rougit point de sa malpropreté, qui n'est qu'une négligence pour les petites choses (La Bruyère, II, 33); Une leur épargne aucune de ses malpropretés dégoûtantes (Id., II, 55).

malsentant — Ce mot n'est que chez Pomey, qui cite Mézeray : homme malsentant de la foy. H. D. T. cite Bossuet [Avert. aux Prot., VI, § 3, 82).

maniéré — Pour F'uretière, c'est un terme de peinture ; il « se dit d'un Peintre qui n'estudie ni l'antique ni la nature, mais qui ne suit que son génie ». — O A. , Th. Corn. ; * A '^ avec le sens actuel. — Le verbe maniérer est signalé par H.D.T. dans Courtin (1695, Civilité fr., 210). Il n'est dans aucun lexique.

maniéreux est un mot de Conrart, mais qu'il était seul à dire (Bouhours, Suite, 263); O tous les lexiques.

manigancer — 1691, Dancourt, dans H.D.T.; O tous les lexiques.

manille iesp.) — terme de jeu (1696, dans H.D.T.); * A^; le sens d'anneau (jue le

mot a aussi, ne se rencontre pas dans A 2, mais on trouve dans ii. V. :,

manille the handle of a pot, et maniller a Bracelet-maker. manœuvrier — Fur., dans H.D.T.; O A., A^; * Th. Corn. mansarde — Fur., dans H.D.T.; eA.; * Th. Corn., A 2. manufacturier — 1675, Savary, Parf. Negoc, I, 24, dans H.D.T.; * Rich.,

Fur.; O A., Th. Corn. ; * A^.

marauder — Fur., dans H.D.T. ; * A., Th. Corn., A-'. maraudeur — II. D. T. cite à tort Furetière (1701) comme [jremier exemple.

Le mot est dans B. F. ; O Rich., Fur., A., Th. Corn.; * A^.

marbrure — Rich., dans H. D. T. ; O Fur., Th. Corn. ; * A., A •'.

marcheur — H. D. T. cite à tort Fur. (1690) comme premier exemple ; * Duil., G. Miege; e Rich.; * Fur., A.: il est du stile familier ; e Th. Corn.; * A''.

matelasser — Fur., dans H.D.T.; * .\., A^; e Th. Corn.

matelassier — 1701, Fur., dans H.D.T., n'est pas dans \'-.

matrimonion (lat.) — B tous les lexi(|ues. B. F. donne malrinumie. — Friponne,

nesl-cepasde Ion invention, Que vient tout le projet du il/a</VHJon/o«(Champmeslé, Criap. Chev., se. 1). Voir le Lex. de Mol. par Livet.

m^dianoche (esp.) — Rich., dans H.D.T., qui cite Sév. et Haron ; * Fur., A.. A 2. — Le Médecin lui a ordonné de faire Medianoche (Baron, (^or/iiptle, a. V, se. 4). Fur. déclare le mot venu depuis pou d'Italie (sic).

infi.nin (esp.) est signalé comme nouveau par Fur.; * Th. Corn. — Mes yeux ont vu passer dans la place prociiaine Des menlns de la mort une l)ande inhumaine (Reg'nard, Toinh . de Deapr.). — II. D. T. cite S'-Simon.

mentor — S*-Simon, dans Il.D.T. ; O tous les lexiques; Télémaque est de

méplat — 1676, Félibien, Princ. de V Architecl., dans II. D. T.;* Th. Corn., comme terme de Charpenterie : se dit d'une pièce de bois qui a plus d'épaisseur d'un costé que d'un autre.

merluche — O Pom., Duil., G. Miego, Rich., qui donnent tous merlus; * Fur., qui semble le considérer comme plus rare que merlus, A. ne donne que merluche. Th. Corn., A-. — D'huile on a plein quarante cruches. Trente barils pleins de ?7ierluches (Loret, H ocl. 1664, v. 2.'^5-23()). — Voir Sévigné, IV, 491 et ."il 9.

més.dliance — 1701, Fur. , dans Il.D.T. ; * A-.

meurt-de-faim — 1690, F'ur., dans Il.D.T. ; O A., Th. Corn., A-.

Uliicroscupe — 166(), Auzout, Leil. à M. Oldembourg, dans II. D. T.;* tous

les lexiques, sauf Duil. , mii'vrene — A-, dans Il.D.T. — Pour mièvreté, voir p. 346.

muiaudier — * A. et A- seulement. — ... je lïie fais des leçons Sur ce qu'on peul nommer Minaudieres façons (Hauter., Bourg, de (/ual., a. IV, se. 6).

missionnaire — Il.D.T. cite à tort comme premier exemple Colbert, Lelt., 1670. — G Pom., Duil., G. Miege, Th. Corn. ;* Rich., Fur., A., A''. — On dit qu'il n'y a que des missionnaires et des archers à sa queue (derrière le prince deConti) (Racine, VI, 497, Lett . à M. Vitart, 23 juillet 1662); c'est moins une véritable éloquence (jue la ferme poitrine du missionnaire qui nous ébranle... La Bruyère, II, 2.31).

moire (angl.l — nous avons (ui ce mot [mouaire) avec la chose des Anglois (Ménage, Ort.y., dans lI.D.T.i ; *Pom.; o Duil.; * G. Miege, Rich., Fur., A. ; G Th. C^orn. ; * A''. — D'une longue soutane il endosse la moire (Boileau. Lutrin, IV, v. 45).

molécule — 1678, Bernier, Philos, de Gassendi, 1, 140, dans Il.D.T. ; o tous les lexiques^

monaco — Rich., dans H.D.T. ; * Fur. ; e A. ; * Th. Corn.; e A^.

monotonie — Il.D.T. cite à tort Fur. comme premier exemple; * Pom., Duil., G. Miege; e Rich.; * A. ; e Th. Corn. ; * A2 ; * L. et Il.D.T., (jui citent Fénelon.

morhidesse se rencontre sous la forme italienne chez Retz et Félibien, cités par Il.D.T.; O tous les lexiques. Il faut noter que l'adjectif est dans Fur. : « Comme terme de Peinture, il se dit particulièrement de la Chair grasse et vivement exprimée ».

490 HISTOIRK DE LA LANGUE FRAMjAISE

mordoré — 1669, dans L. ; O tous les lexiques.

molus — O tous les lexiques. — observer le chut moins (Hicher, Ov . IxnifJ'., 233). Voir le Lex. de Mol. par Livet.

mouillage — terme de marine. II. D. T. cite comme premier exemple liich.; *Pom. ; G Duil.; *G. Miege, lUch. , Fur., A., Th. Corn., A-.

moiiillelle — Fur., dans H.D.T. ; * A.: Quelques-uns appellent ains lesapprestes qu'on fait pour manger des œufs fraisa la coque ; O Th. Corn. * A- : populaire. — Hier encore, en mangeant un œuf sur son assiette. Il prit, sans y songer, son doigt pour sa mouillette (Regnard, Distrait, a. II, se. I).

mousseline (ital.) — 1666, Delb., Bec, dans 11. D. T.; * Pom. ; e Duil. ;* G. Miege, Rich., Fur., A. ; e Th. Corn. ; * A 2.

moustique (esp.) — 1653, le P. Pelleprat, Rel. des missions, dans II. D. T. ; *Th. Corn, seulement.

moutonner (terme de mer) — Rich., dans II. 1). T.; * Fur., A., Th. Corn. — Le mot est dans A. et A -, mais pas comme terme de mer: teste mmitonnée.

mysticité — A 2, dans II. D. T.

Nasillard — 1650, dans II. D. T.; G Pom., Duil., G. Miege, Rich. ;* Fur., A. ; O Th. Corn. ; * A^. — B. F. donne nazilleux, Rich. nasiUeur . — Jodelet le nazillard {Lovet, 14 févr. 1654, v. 134).

négociable — 1688, Savary, Parères, 769, dans H.D.T. ; O tous les lexiques,

népotisme (ital.) — 1653, Balzac, Lett., dans H.D.T.; O Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; * Fur., A. ; O Th. Corn. ; * A 2. — Remarquer que le mot ne se dit alors qu'en parlant de l'autorité des neveux d'un pape, du vivant de leur oncle.

neroli (ital.) — 1672, Colbert, Le</., dans II.D.T. — Ménage signale ({u'il faut dire gants de neroli, bien que ce soit la princesse de Nerola qui eu ;iit inventé le parfum (O., I, 203).

niable — 1662, Logique de Port-Rogal, dans H.D.T. ; G tous les lexiques.

nicodème — H.D.T. le donne à tort comme du xvn-xvtii'"; G tous les lexiques. Voir au mot suivant. — Ainsi ce pauvre Nicodème, Fuyant le jour, se fuit luy mesme (Richer, Ov. bou/f.,i~2]; Voilà un vrai niqucdouille. — C'est un Nicodème qui n'a pas lesens commun (Regnard, Filles err., a. I., se. 10 .

niqnedouille — G tous les lexiques. — Voir au mot précédent, dont cchii-ci n'est peut-être qu'une déformation plaisante).

non-usage « se peut dire en certaines occasions. Plusieurs personnes néanmoins reprennent M. Ménage d'avoir dit : Ce mot s'est aboli par le non-usage » (A. de B., Re/l., 336). — G tous les lexiques.

nouvellizer — G tous les lexiques. — Mais, pour du temps point n'abuzer, Essayons de Nouvellizer {Lovei, 22 avril 1656, v. 19-20); Je vais, Madame, en ce moment, Nouvellizer pour Vôtre Altesse, De tous mes Vers l'unique adresse (Id., 3 mai 1664, v. 8-10).

numériquement — 1697, Lagny, Arithm., dans H.D.T. ; G tous les Iexi((uos.

numérosilé — Chapelain, Lett., II, 790. — G tous les lexiques.

Obiluaire {lai. eccl.) — II. D. T. cite à tort Kiir. comme premier exemple; *Pom. ; e Duil.;* G. Miege; e Rich,; * Fur. ; e A. ; * Th. Corn., A^ qui donnent comme les autres le sens de registre dos décès et aussi le sens de: qui est pourvu d'un bénéfice vacant par mort.

obscénité (lat.) est un mot ancien. H.D.T. cite un exemple de 1511, mais le xvii^ siècle l'a considéré comme un mot nouveau: Ah mon Dieu! obscénité. Je ne sais ce que ce mot veut dire ; mais je le trouve le plus joli du monde (Molière, III, 320, Crit. de l'Éc. des Femmes, se. 3). Ménage défendit le mot contre Bouhours (Voir Mol., 111,326, note 21. Bellegarde néanmoins se demande encore si les dames entendent bien ce néologisme [Eleç/., 26i). — O Pom., Duil., G. Miege; * Hich., Fur., A. ; oTh. Corn. ; * A-. — Voir le Lex. de Mol. par Livet.

observatoire — 1670, Colbert, Méin. au Roi, dans II. D. T.; 3 Pom., Duil.,

G. Miege ; * Rich., Fur., A. ; O Th. Corn. ; * A 2. t- [obtus est dans Th. Corn, comme terme de géométrie. En dehors de cet

emploi, il est du style familier, dit A -. I

offensant — G Pom., Duil., G. Miege; * Rich., Fur., A. ; O Th. Corn.;* A^.

— Mais je ne suis point homme à souffrir l'infamie Des refus offensants qu'il faut qu'ici j'essuie (Molière, IX, 202, Fem . Sav., v. 1723-24). — H.D.T. cite un exemple de Corneille où le mot est employé comme substantif s'opposant à V offensé.

officiant — H.D.T. cite à tort comme premier exemple Furetière ; * Pom., Duil., G. Miege; e Rich.; * A. ; e Th. Corn ; * A^

ondulation — 1682, Journal des Savants, dans H.D.T.; * Fur. ; G A.;* Th. Corn., A'^. Les lexiques donnent le mot comme terme de physique ; * L., qui cite S*-Simon.

opéra (ital.) — on ne peut jamais faire un bon opéra, parce que la musique ne saurait narrer (Boileau, Prol. d'Opéra, Avert., éd. B.S.P., II, 477). Le mot s'appliquait aussi à tout ce qui est difficile; c'est un opéra (jue de lui parler (Bouhours, Rem., 173). Scarron l'avait employé au sens de chef-d'œuvre: vos deux lettres sont des choses admirables... et en un mot ce qu'on appelle des opéra {Lett., dans Rich.j. Ce sens est admis par Bouhours [Rem., 173).

— ePom., Duil.; * G. Miege, Rich., Fur., A. ; G Th. Corn. ; * A'^; * L., H.D.T., Hug. — On peut entendre parla ce qu'il auroit jugé de nos opéra (Bossuet, Max. sur la Comédie, {)"}). Voir plus loin au chapitre concernant les formes du pluriel.

oral — 1701, Fur., dans H.D.T.; * Rich., Th. Corn. ; G tous les autres lexiques ; * L.

ordurier —Le mot, comme substantif, est pour la première fois dans Richelet au sens de: petite machine de bois... pour mettre les balïures. A^ le donne comme substantif et adjectif, mais seulement dans les emplois : cet hommelà est bien ordurier, c'est un ordurier; * L., qui cite:... M'' Bautru etde semblables orduriers [Anti menayiana, 3), H.D.T.

orenius (lat.) — Voiture commença un oremus (Retz, Mém., 1642, I, 189, dans H.D.T.) ; G tous les lexiques; * L., qui cite Boileau, Lutr., I. — A Dame Junon l'Argienne Nous dîmes quelques oremus (Scarron, Virg. trav., I, 246).

492 HISTOIRE D\: LA LANGl.E FKAiN(;AISF.

orthodoxie — 1701, Fur., dans H. D. T.; 3 Ions les lexiques. ('A', lîossuet, Aoert. aux Prol., I, ^ XII, 21.

oscillation — 1701, Fur., dans II. D. T. ; Ç- tous les lexiques ; * I,.

ossification — 1709, Merc. de France, dans II. I). T. ; G tous les lexi(|ues ; * L., qui cite Bossuet.

Pagaie (caraïbe) — 1680, Clhaumont, dans H.D.T.; * Tli. (lorn.; 0 tous les autres lexiques. — Pagayer, qui est de la même date, n'est signalé nulle part, .sauf dans H.D.T.

paillasson — Rich., dans H.D.T.; * Fur.. .\.; G Th. Corn.; * A-' ; * L. paindepicier — G Pom., Duil., G. Miog-e, Tii. (lorn., A'-; * Rich., Fur., A ; O H.D.T ; * !.. suppl'. — H y a plusieurs Paindepiciers [Liv. des Adr., I, 309).

palatine — Rich., dans H, D.T. ; * F'ur., A. (H.D.T. affirme à tort que le mot n'est entré dans le Dict. de PA. c|u'en 1740); O Th. Corn., A-; * L., qui cite S'-Simon.

palmiste (créole) — 1GH6, OExmelin, Ilist . des Avent., 1, 100, dans H.D.T.; O tous les lexiques, sauf Th. Corn.

pamphlet (angl.) — 170."), Bayle, dans L. et H.D.T.

pancréatique — 1671, Chapelain, dans Delb., Rec, cité par H.D.T. ; o tous les lexiques; * L., qui cite M""*" de Maintenon.

Duneton (au sens de cori)eille à paini, 1701, Fur., dans II D.T. ; G tous les lexiques ; * L.

pantalon (ital.) =■■ vêtement. — H.D. T. cite à tort comme premier exemple Rich. ; * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; G. Miege ne donne que le pluriel. — non pantalon le bridoit au dernier point, et laissoit voir une rotondité la plus grande du monde {Araspe et Simandre, I, 101).

panthéisme (angl.) — Benoist, MéL, 26.5, dans H. D. T. — panthéiste — Id., Jhid., 252, dans H. D. T.; G tous les lexiques.

pantoufler =: raisonner à tort et à travers — Sévigné, dans L. et H.D.T. ; 0 tous les lexiques; voir Hug.

papalin lital.) — H.D.T. cite Guy Patin, Bassompierre, Bossuet; G tous les lexiques ; * L.

pnpillaire — H.D.T. cite à tort comme premier exemple 1690, Dionis, Anatomie, 441; * Pom,; G tous les autres lexiques.

paraguante (esp.) présent fait à un porteur de bonnes nouvelles; — H.D.T. cite Mol., Et., a. IV, se. 7, et Fur., Rom. bourg., I, 82; Livet cite un exemple antérieur de Loret. o Pom., Duil., G. Miege, Th. Corn.; * Rich., Fur.: est purement espagnol. A., A^.

parallèlement — 1671, le P. Chérubin, Dioptr. ocul., dans H. D. T.: O tous les lexiques.

parallélisme (grec) — 1667, le P. Chérubin, Vision parf.. dans H.D.T. ; * ]''ur. seulement.

parcourir, qu'on trouve dans Montaigne (H. D.T.), avait été repoussé parVaugelas (H, 376), puis avait été accepté dans la deuxième moitié du siècle (.Memand, Obs., 8-10). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn.; * L. — vous

MOTS NOUVEAUX ENTRÉS DANS LA LANGl E 493

avez à loisir parcouru ma Maîtresse, lit vous jugez de tout avec délicatesse : (Comment la trouvez-vous ? (Poisson, (Join. sans litre, a. IV, se. i); (l'orateur) parcourant toute la vie de cette princesse (Sévigné, VI, 358); notre amant prit la main De sa maîtresse ; et de baisers de flamme La parcourant (La Font., V, 53, v. 253-255); M'as-tu tout parcouru (Mol., VI, 444, Amph., V. 1522).

parsemer a eu la même fortune (jue parcourir. Employé par Ronsard (L.), il avait été lui aussi repoussé par Vaugelas (II, 370), et enfin admis, l'usage « favorisant les verbes composésaux dépens des simples ')(Alemand, O/js.,8). — *Pom., Duil., G. Miege, llich,, Fur. ; A. cite le mot, et renvoie à semer, où il ne se trouve pas; G Th. Corn.; * A^ : il ne se dit que des choses qu'on respand par ornement. — Ce sont petits chemins tout parsemés de roses (Mol., IX, 129, Fem. Sav., v. 816).

/>.T.sf/uma(/e(ital.) — II. D. T. cite à tort comme premier exemple, Rich. Le mot se trouve dans Chapelain [ Lell., II, 524). — *Pom.; O Duil., G. Miege;

* Rich., Fur., A.; O Th. Corn.; * A-.

pasquiner — Corn., Poes, div., 1, dans II.D.T. ; G tous les lexiques.

passiveté — H.D.T. cite Bossuet. — O tous les lexiques. — C'est apparemment de cette expression qu'est venue la passiveté ou l'oraison passive, célèbre dans les mystiques depuis trois à quatre cens ans (Bossuet, Estats d'Oraison, 233; cf. 91, 261, 319, 409, 410, etc.) ; les âmes passives de cette j)assiveté du Quiétisme, croyentà tous momens estre dirigées par inspiration (Id., Div.ecr. sur les Max. des Saints, CCXXX) ; L. cite Maintenon, 16 mars

palarafe — Fur., dans II.D.T. ; G Pom., Duil., G. Miege., Rich. ; * A., A- ;

* L. et H.D.T. , qui citent Boileau : Excusez mes pataraffes et mes ratures (Lett. à Brossette, 3 juillet 1700).

pathos (grec) — Mol., IX, 144, Fem. Sav., v. 972, dans II.D.T. ; G tous les lexicjues; * A^ : il ne se dit guère qu'en convei'sation ; * L.

palricial (lat.) — Fur., dans II. D. T. ; G Pom., Duil., G. Miege, Rich., Th. Corn.; * A., A^; * L.

paijs =: compatriote — II.D.T. cite à tort comme premier exemple Fur.; G Pom., Duil., G. Miege, Rich., Th. Corn. ; A., A'^- — Argus le Rominagrobis,... L'avise de loin, et l'appelle, Luy disant, païs ou frérot (Richer, Ov. bouff., 84-5); Adieu Païs. C'est moi qu'on nomme La Rissole (Poisson, Com. sans litre, a. IV, se. 7).

pendaison — II.D.T. et L. citent à tort comme premier exemple Ilauteroche, 1680 [Deuil, se. 1) ; G tous les lexiques, sauf A^. — L'Anglois est un oyson Si fait à la pendaison. . . (Saint-Amant, II, 457); Un Prince n'a-t-il pas pouvoir de pendaison'^ (Th. Corn., Geol. de soi-même, a. II, se. 6).

pendillon — G tous les lexiques. — vous êtes pour ses vapeurs (de ma mère) le meiWeur pendillon (Sév., IV, 560, cité par L. et H.D.T.).

pendule (lat.) — 1664, dans H.D.T.; * Pom., G. Miege, Rich., Fur., A." Th. (ilorn., A2; * L. et H.D.T., qui citent Sévigné. — C'est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule (La Bruyère, I, 113).

i pénombre \comp. d'él. lat.) — 1671, le P. Chérubin, Dioptr. ocul., dans IL D.T. ; * Fur. et Th. Corn. : terme d'astronomie).

pérégrination (lat.) — Bien que le mot soit ancien, Bouhours le croit nouveau et le soumet au jugement de l'Académie (Z)., 43). A. de B., au contraire, le trouve quelquefois très bon {Refl., 382). ïallemant constatant que le mot n'est pas universellement admis souhaite qu'on le reçoive, « pèlerinage estant consacré aux voyages de dévotion » {Décin., 20-21). — * Pom., Duil., qui renvoie h pèlerinage, B. F., Fur. : ce mot est vieux, et on dit maintenant pèlerinage, mais il se i"enferme dans les voyages de dévotion, A^: il ne se dit guère qu'en plaisantant; O G. Miege, Rich., A., Th. Corn.; * L. et H. D.T., qui citent un exemple du xn« «. — Notre për^^rma^ion de Bretagne en Provence (Sévigné, II, 178).

permissionnaire — qui a permission du chantre de N.-D. de tenir de petits pensionnaires (Rich., dans II.D.T.); O tous les autres lexiques; * L.

persillé — A., dans II. D. T.; * A^ : n'a guère d'usage qu'en cette phrase, fromage persillé; H. D. T. au propre cite Liger, Nouv. Mais, rust.; * L. — on ne saurait leur plaire... si l'on ne rapporte à leurs pieds un cœur tout persillé de poudre à canon (Regnard, Coquette, a. I, se. 15).

personnifier — Bellegarde justifie Bouhours de l'avoir employé [Eleg., 267) ; le mot serait peu autorisé d'après Renaud (Man. de parler, 542). — O Pom., Duil., G. Miege, Rich.; * Fur., A.; e Th. Corn.; * A2; L. et H.D.T. citent Boileau [Longin, Réfl., H).

perspicacité (lat.) — Le mot, quoique ancien, avait si peu d'usage que Bouhours l'a cru nouveau {Suite, 19-21) et qu'Andry affirmait qu'il ne serait pas reçu de sitôt (Sui7e, 259). — * B. F., A., A^ ; L. cite Retz, H.D.T. cite Le Maire de Belges; Vaganay donne un ex. de 1488, tiré de la Mer des Histoires.

pèse-liqueur — Th. Corn, est cité à tort comme premier exemple, dans H.D.T.; G Pom., Duil., G. Miege, Rich.; mais on le trouve dans Fur; e A.; * A2;* L.

pétaudière — O Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur. ;* A. et A^; * L. et H.D.T., qui citent S^-Simon,I, 315.

philologique — 1668, Chapelain, dans Delb., Rec, cité par H. D. T. ; O tous

les lexiques; L. cite Bayle, Lell. à M***, 31 mars 1698. piédouche lital.) — A., dans H.D.T.; * Th. Corn., A^. pierrailles — H. D. T. cite à tort comme premier exemple, 1700, Liger, Nouv.

Mais, rust.; * Duil. ; G tous les autres lexiques. pintade (portug.) — 1671, Colbert, Lett., dans H. D. T. ; e Pom., Duil.,

G. Miege, Rich.; * Fur., Th. Corn.; e A. et A^. pique-nique (or. inc.) — assez nouveau selon Ménage. — Q tous les lexicpies.

placier — Fur., dans H. D.T.; G Pom., Duil., G. Miege, Rich.; * Th. Corn.;

eA. etA2.

plafonner — Fur., dans H.D.T. ; G Pom., Duil., G. Miege, Rich.; *A.; e Th.

Corn. ; * A-.

platitude — * A., A''' ; G tous les autres lexiques; * L., H.D.T. plâtrage — A'^ dans H. D.T. ; G tous les autres lexiques ; * L. polichinelle (ital.) — Rich., dans H. D. T. ; G tous les autres lexiques. podomètre (comp. d'él. grecs) — 1712, dans H.D.T. En réalité il est déjà dans

MOTS NOUVEAUX ENTRÉS DANS LA LANGUE 40ri

Fur. : podomètre ou compte pas, etdans Th. Corn. — H. F. donnait j)Of/fmélrie. O tous les autres lexiques.

poilron-jaquet — Oudin, Cur. fr., dans L. ; O tous les lexiques; e H. D. T. — Mainte damoizelle adonnée A dormir grasse matinée.. . Se leva dés poitron-Jaquel (Loret, 15 août 1654, v. 77-80) ; Dés le poilron-jaquet je me suis habillé (Champmeslé, Parisien, a. IV, se. 6).

poliment (action dépolir) — 1676, Félibien, Princ. de V archilecl . , dans H. 1). T. ; * Rich., Fur., A., A-. — Le mot se trouve antérieurement : Il (le diamant) a plus de Splendeur, et plus de Poliment (La Mesnardière, Poes., 1656, ■07; le texte porte en marge : C'est le Terme de l'Art : aussi bien que celui de Brillement) ; Rich. donne en exemple: les ouvrages d'émail prennent un beau poliment dans le feu.

polissonner et polissonnerie — A^, dans H.D.T,; * L.; O aux autres lexiques.

politiquer — O tous les lexiques; * A^. — Je reviens de chez M™" de la Fayette... On a fort politique {?>é\ign6, VIII, 501-2) ;*L. et H.D.T., qui citent un autre exemple deSévigné.

poncis — remplacé dans la suite par poncif (Rich., dans II. D. T.).

ponte — A"^, dans H. D. T. ; O tous les autres lexiques.

pont-neuf — G tous les lexiques. — une vieille chanson française. . . ce qu'on appelle vulgairement un pont-neuf {Journ. des Sav., 1717, 376, dans H. D.T.).

populariser — mot nouveau, selon Bellegarde, qui cite S'-Evremond : il a affecté... d'être obscur, pour ne se pas populariser comme Aristote {Eleg., 264). — O tous les lexiques.

porte-crayon — 1676, Félibien, Princ. de Varchitect., 414, dans II. D. T.; O Pom., Duil., G. Miege;* Rich., P'ur., A., Th. Corn., A-.

porte-étendard — Rich., dans H.D.T. ; 0 Pom., Duil., G. Miege ;* Fur. ; 0 A.,

Th. Corn. ; * A'-*.

porte-jupe — 0 tous les. lexiques. — Et rien n'est si trompeur qu'animal

porte-jupe (Regnard, Le Bal, se. 7, cité par L.).

porte-poulet — 0 tous les lexiques. — Le cocher de Sylviane est le portepoulet. — Fiez -vous encore à des marauts de cocher, mères ! fiez-vous-y (Subligny, Folle querelle, a. II, se. 10).

porte-voix — Rich., dans H. D. T. ; * Th. Corn., A ^.

pose=z action de poser. — 0 tous les lexiques; * A., A^; * H.D.T.

poulinière — Mol., Fâcheux, a. H, se. 6, dans L. et II. D, T. ; * Rich., Fur., A. ; 0 Th. Corn. ; * A*. Voir le Lex. de Mol. par Livet.

pourtour — les ouvriers disent le pourtour au lieu de tour (1676, Félibien, Princ. de Varchitec, 709, dans IL D. T.); * Pom. ; 0 DuiL, G. Miege, Rich.; * Fur.., Th. Corn.; 0 A. et A^.

Ipouxse-cul — * Rich., Fur. : terme odieux, A. ; 0 Th. Corn. ; * A^; L. cite Boursault ; H. D. T. donne à tort comme premier exemple, Colletet, 1665, Tracas de Paris. — Un sergent assez téméraire. Escorté de trois Pousse-cus (Loret, 27 oct. 1657, V. 154-155 ; cf. 2.3 juin 1663, v. 177); Il y a là-bas deux sergents et environ douze archers qui vous guettent pour vous mettre en pri- ■son... — Ce sont bien des pousse-culs, de par tous les diables (Regnard, /lom. à M. fort., a. Il, se. 6-7). ;

496 HISTOIRE DE LA LANGUE FHANC.MSi:

praline — II. D. T. le signale à tort pour la première fois dans Fur.; * Hicli. e A.; * Th. Corn., A'^.

précautionner {se — ) — ce mot est employé concurremment avec : prendre ses sûretés (Bouhours, £'n<r., 88. C'est le premier exemplp que cite H.D.T.). — *Pom. ; e Duil.; * G. Miege, Rich., Fur., A. ; G Th. Corn. ; * A^ ; tous ces lexiques ne donnent que la forme pronominale, la plus usuelle : Il se précautionne et s' eAiduvcit |La Bruyère, 1, 377). Le participe, bien entendu, n'a point de se : deux Ministi^essi précautionnez (Bossuet, Avert. aux Prol. ,Ul,^ xxv, 227). Bossuet emploie aussi la forme transitive : Jésus-Christ ne nous aura-t-il pas précaulionné contre cette horrible tentation de son Eglise iConf. avec M. Claude, 436) .

précoce (lat.) — Rich., dans II. D. T. — Andry en constate le succès {Re/I., 445) — * Fur., A.; O Th. Corn.; * A- ; le sens figuré apparaît dans Fur. ; L. cite La Bruyère.

précocité — La Quintinie, dans II. D. T.; o tous les lexiques.

prélever — Fur., dans H. D. T.; O tous les lexiques.

prédicatoire n'est donné que par Pomey ; O L., II. D. T. — le Père le Boux, Qui dans l'Employ prédicatoire A fait monter si haut sa gloire (Loret, 10avriM660, v. 108-110) ; Il fait encor avéques gloire Sa fonction prédicatoire (Id., 17 mars 1652, v. 51-52). Godefroy cite le motdansOudin 1660, et donne chaire prédicatoire (1661, la Bassée, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens). Le même mot dans le sens de : qui sert à annoncer publiquement, est dans F'osselier (Cron. Marg. G.).

préliminaire entra dans l'usage après les traités de Westphalie. Il se dit surtout en matière de négociation » (Bouhours, Suite, 92). — * Pom., G. Miege, Hich., Fur., A., A^. — La diète d'Allemagne... n'en étoit encore qu'aux préliminaires (Racine, IV, 366, Disc, acad.); en entrant en matière, Vous n'avez pas là fait un beau préliminaire (Regnard, Légat, univ., a. Il, se. 4) ; c'est un homme qui se présente de front au mariage, et ne sait pas ce que c'est ([u un préliminaire d'amour (Id., Coquette, a. II, se, 6).

préluder (lat.) — Mol., Mal. imag., a. I, se. 4, dans L. et H. D. T. ; * Rich., F'ur., A.; O Th. Corn. ; * A^. — Que tais-tu? — Je prélude (Montfleury, Coméd . Poète, a. II, se. 3) ; Sur cette basse, Je veux que Ton m'entende un moment pr^Zuf/er (Regnard, Le Bal, se. 11) ; Tant mieux, s'il entre tout de suite en matière; en fait de mariage, je n'aime point à voir préluder ild., Coquette, a. II, se. 6).

prématuré (lat.) — se dit quelquefois avec beaucoup de grâce (A. de B., /?e//., 445). Renaud le trouve cependant encore peu établi [Man. de parler, 514). — * Fur., A.; OTh. Corn. ; * A- ; *L., qui cite un exemple du xvi", II. D. T.

presbyte— Fur. , dans 11. D. T. ; * Th. Corn.

preslolel (or. inc.) — II. D. T. cite à tort Fur. comme fournissant le premier exemple; il est dans Loret : Depuis les simples Prestolez jusqu'aux Pasteurs plus signalez (10 nov. 1657, v. 17-18). — * Fur. ; O tous les autres lexitjues ; * L. et H. I). T., qui citent S'-Simon. — On trouve prestolin chez S'-Amant, II, 416.

prétexter — M"*^ de Scudéry aurait été la première à l'employer en écrivant, au dire do Sorel (Co/i/i. des L. liv., 1072, 401); Richelet déclare que le mot n'est pas bien reçu, mais Andry le trouve parfaitement bon (jRe/?., 448). —

* Pom., G. Miege, Fur., A. ; G Th.Corn.; *A2 ; * H. D.T., qui cite Racine et La Bruyère; voir Hug.

pretintaille{ov. inc.) — 1708, Lesage, Turcar., dans H.D.T.

programme (gvec) — II. D. T. indique à tort Rich. comme donnant le premier exemple; * Duil. ; G G. Miege ; * Rich., Fur., A., A^ ; ces trois derniers lexiques le considèi'ent comme un terme de collège ; G Th. Corn.

p/'oiusion (la t.) =1 prélude — (Chapelain, Lelt. à M. O. Ferrari, 18 février 1671, II, 720). — G tous les lexiques ; gL-, H. D.T.

I prosateur — d'après Bouhours, ce mot, dont Ménage revendique la paternité (O., 11,93, 182, 189), n'a pasencorepu passer dans l'usage, parce que les noms en eur sont des mots verl^aux, et qu'il n'existe pas de verbe proser (lieni., 410-33).. j- * G. Miege, Rich., Fur. ; G A., Th. Corn.,A2 ; * L., qui cite Vaugelas '.

prosternemenl, qui est déjà dans Cotgrave.est considéré par Bouhours comme y\n mot nouveau ([u'il conteste [D., 15). — * Pom., Duil., G. Miege ; G Rich., Fur., A., Th. Corn, ; * A^. — Les Ministres distinguent encore curieusement les marques d'honneur, ou par le prosternemenl, ou par la génuflexion, ou par une simple inclination du corps (Bossuet, Expl. de la Messe, 190-191).

pruderie — 1666, Mol., Mis., a. III, se. 5, dans IL D.T. — Le mot, que Bouhours signalait comme assez nouveau (Entr., 84), était blâmé par Sorel, comme barbare {Conn. des h. liv., 1671, 397). — *Pom. ; G Duil., G. Miege ; *Rich. avec une -{-, F'ur., A, ; G Th. Corn. ; * A^. — Tu me la bailles belle avec ta pruderie (Th. Corn., Gai. doublé, a. IV, se. 1) ; je ne m'accommode guère bien de toutes les pruderies qui ne me sont pas naturelles (Sév., II, 267) ;

* L., qui cite Hamilton.

pseudoni/ me [gvec) — Fur., dans IL I). T., est donné comme terme didactique. publicité n'a guère d'usage qu'en parlant d'un crime commis à la vue de tous

(A. et A2u |£>u/-i<amfangl.) — G Fur. ;* A., Th. Corn., A-.^^ On leurdonnale nom depuritains en Angleterre et en Ecosse (Bossuet, Hist. des Vnr., IX, 75, dans IL D. T.) ; l'Kglise Anglicane met les Calvinistes Puritains au nombre des Nonconformistes (Id., Ib., II, 406 ; cf. Boil., Sat. XII, v. 233-4). puritanisme — G tous les lexiques. — Il a fallu,... que la doctrine de l'inviolable majesté des Rois cedast au Puritanisme (Bossuet, Def. de Vllist. des Var., 149; cL Id., Arert.aux Prot., III, § XX, 217). Quadrige flat.j — 1667, Chapelain, Lett. à (lolberl du 16 juin, dans II. D.T. ; O

tous les lexiques.

quartier- maître — 1670, Pellisson, Lett. hist., II, 212, dans II. D. T.; G Pom., Duil., G. Miege, A., Th. Corn., A^; * Rich. : maréchal des logis d'un régiment d'infanterie étrangère. En ce sens, Fur. écrit quarlier-mestre; il orthographie (juartier-maîtrele terme de marine.

I. J'ai trouvé aussi prosisle: Il faut remarquer aussi que les Poètes sont plu» licencieux que les Prosisles (Bary, ^':'ct. de noslre Lnny., 302).

Histoire de la Langue française /V. 32

quiétisme — Nicole, Ess. de morale, VIII, 181, dans II. D. T.; * A^. — pour achever le triomphe de la vérité sur le quiétisme. . . il effacera les couleurs et le fard sous lequel on le déguise (Bossuet, Div. ecr. sur les Max. des S., 217 ; les exemples abondent dans Bossuet).

quiétiste — Nicole, Ess. de morale, VIII, 168, dans II. 1). T. ; * Th. Corn., A'^. — on est forcé de reconnoistre dans les nouveaux Quiétistes de trop grandes ressemblances avec les anciens (Bossuet, Estais d'Orais., 380, et ailleurs).

quiétude (lat. eccl.) — Ce mot, dont II. D. T. cite un exemple de lîiOO, est considéré au xvii* siècle comme nouveau (Sorel, Disc. s. l'Ac. fr., 1654 et Conn. desb. liv., 1671, 384). Bouhours l'acceptait non seulement dans le sens mystique, mais encore pour signifler la fermeté et la modération de l'esprit {Rem., 245). — * Pom. ; O Duil. ; * B. F., Rich., Fur., A. et A^ ; e Th. Corn. — Ton convient... que tous ne sont pas appeliez à l'état d'oraison passive ou de quiétude (Bossuet, Div. ecr. sur les Max. des S., LXXVI, et ailleurs) ; cf. le Lex. de Mol. par Livet.

quilterie est un mot des Précieuses, qui ne plaît pas à Sorel {Conn. des h. liv.,

1671, 397). — e tous les lexiques ; * L. ; e H.D.T. Rabbinage — Chapelain, Lelt., dans Delb., Rec, cité par H.D.T. ; * A^ : ne se

dit que dans le mépris; O tous les autres lexiques. râblu — Th. Corn., Comte d'Org., III, 9, dans L. et II .D.T. ; * A., A2 seulement. — Aristote le bègue, et Platon le rahlu (Quinault, Comed. sans comed., a. III, se. 7).

raboulir — A^, dans H.D.T.; A^ constate que le mot est populaire. raccommodage — Fur., dans H.D.T.; * A. et A'^ ; G Th. Corn. radoucissement — H.D.T. cite à tort Fur. comme premier exemple ; L. cite Sévigné, 1671 ; * Fur., A. et A^. — si quelquefois je luy paroissois plus favorable, tout ce radoucissement n'alloit qu'à l'écouter avec un peu plus d'attention (Segr., Nouv. fr., l"'» nouv., 104-105). raffermissement — H.D.T. cite à tort comme premier exemple Fur. ; * Pom.,

Duil., G. Miege; * A., Th. Corn., A^; * L., qui cite La Bruyère. raffiner — est un mot nouveau, d'après Bouhours {Entr., 96). En réalité, le mot se trouve déjà dans Cotgrave, et Bouhours doit viser seulement l'emploi figuré. raffinerie — 1670, Colbert, Letl., dans H.D.T.; * A2 seulement. rafraîchissant — Fur., dans H.D.T.; L., cite Fénelon : zéphirs rafraîchissants [Télém., VII); O tous les autres lexiques. ragoûtant — * Fur., A. A^;* L., cjui cite Boileau, Ilauteroche, Boursaull. — elle ouvriroit le chemin de l'infidélité et neserviroit que comme d'un passage pour aller à d'autres plus jeunes et plus ragoûtantes (Sévigné, V, 82-83, 30 sept. 1676); Sa figure n'est peut-être pas des plus ragoûtantes (Regnard, Sérénade, se. 1) ; je n'ai jamais vu d'habit si bien taillé. — Ni moi de fille si ragoûtante (Id., Coquette, a. III, se. 9). raisonnant — G tousies lexiques. — Je vous trouve aujourd'hui bien raisonnante (Mol,, IX, 372, Mal. imag., a. II, se. 6, dans H.D.T.) ; la pure foy, qui de sa nature n'est point raisonnante (Bossuet, Estais d'Or., 66). rajustement — Fur., dans H.D.T.; * A. et A^ : il ne se dit guère que de deux personnes qu'on rajuste ensemble ; O Th. Corn.

MOTS NOUVEAUX KM'RKS DANS LA r.ANGUI-] 499

l'alt'ntissement — L. et H.D.T. citent Sévigné, sept. 1688; le mot est attesté plus anciennement; *Pom., Diiil., G. Miege; O Rich. ; * Fur.; © A., Th. Corn., \\

ramollissant — que d'huiles rainollissanles, que de fomentations nous avons mises sur ce cœur (Bossuet, Iinp. fin., 3. dans L.) ; * Th. Corn. : terme de médecine; Rich. en ce sens donnait : raniolitif; G tous les autres lexiques.

rancunier — A-, dans II. D. T.

rapatriement — A.,dans Il.D .T.; le molale sensde réconciliation; O Th. Corn.; A- ledonne comme du style familier; L. cite Th. Corn. {(Jomt. d'Org., V, 8). — On trouve aussi rapalriage : Veux-tu qu'à leur exemple ici Nous fassions entre nous un peu de paix aussi, Quelque petit rapatriage (Mol., VI, 436^ Amph., V. 1429-1431).

rapprochement est un néologisme de Sarasin, selon Bouhours, qui trouve le mot assez inutile [D., 66) : (( cette multitude d'incidens, qui se rassemble en un jour, est d'une telle conséquence et d'une telle beauté, que ce rapprochement fait une des raisons pour lesquelles Aristote n'a point douté de préférer la Tragédie au Poëme Epique » (Sarasin, Œuv., 316, dans Bouhours).

— O tous les lexiques.

rasade — H.D.T. cite à tort Rich. comme premier exemple;* Fur., A.; O Th. Corn. ; * .\- ;* H.D.T., qui cite La Font, —ces bateaux couverts Sont tout pleins chaque jour de remèdes divers Que ce grand Médecin envoyé à ses malades, Lors qu«' de leur urine il a veu des razades (Le Boulanger de Chalussay, Elomire hypocondre, a. Il, se. 6); A votre intention j'ai vidé cent rasades (Regnard, Distr., a. 111, se. 2).

ratafia (or. inc.) — chez luy syrops exquis, ratafias vantez... (Boil., Sat. X, V. 571, dans L. et H.D.T.; * A^; O les autres lexiques.

ravageant — L. cite Bossuet : ces armes ravageantes et détruisantes (2" Serm., Assompt. Vierge, 2), — O tous les lexiques.

ravilir — Bossuet, Honneur du monde, i, dans L. et H.D.T.; * Rich., Fur., A. et A^ ; © Th. Corn. (H.D.T. ne marque son entrée à l'A. qu'en 1740).

— Le mystère de Jesus-Christ nous a fait voir comment la Divinité pouvoit sans se ravilir estre unie à nostre nature (Bossuet, Ilist . Univ., 366) ; ils se sont de telle sorte ravilis, que nul acte ecclésiastique.?, n'a de force en Angleterre qu'autant qu'il est approuvé et validé par les Rois (Id., Hist. des Var., II, 96) ; ce nouveau Docteur nous apprend... à tout ravilir (Id., Avert. aux Prot., VI, § XVII, 492), etc. Féi^aud constate l'emploi fréquent du mot chez Bossuet'.

raviment — O tous les lexiques. — J'ay dessus le Pont-neuf joiié deux ou trois Scènes, Dans une Comédie au Raviment des laines (Poisson, Faux Moscov., se. 7),

réaction — Fur., dans II. D. T. ; c'est un terme de physique ou de chimi^

rebrousse-poil (à) — A., dans H.D.T,; * A-.

rebutant — Boileau, dans H.D.T.;* Fur., A.; © Th. Corn.; * A^; *L.,qui cite Bourdaloue.

1. On trouve aussi l'adjectif verbal : la récompense qu'il cherche est pour ainsi dire dégradante, ravilissante et deshonorante (Bossuet, Estais d'Orais., i62). Bossuet comme on voit, ne craint pas l'abus des adjectifs verbaux.

500 HISTOUSi: \)E LA LANfiriC FRA>ÇA1SK

récalcitrant — L'âme aux leçons un peu rrcalcilrante (Regnard, .loueur, a. I, se. 10, dans H.D.T.) ; o tous les lexiques.

rechampir — 1676, Félibien, Princ. de VArchitecl., dans II. D. T.; * ïh. Corn.

rechignant — B tous les lexiques. — Mais vous avez la mine aussi bien rechignante (Th. Corn., D. Bertr. de Cig., a. III, se. 12)*.

récitatif — Fur., dans II. D. T. ;* A.; 0 Th. Corn.; * A'^.

recommenceur — Bussy à Sévigné, 3 juil. 1655 et Sévigné à Bussy, 19juil. 1655, dans L. et H.D.T. ; O tous les lexiques.

rectitude (lat.) — H.D.T. en donne un exemple du xiv», mais le mot a été considéré au xvii^ comme un néologisme. Selon Bouhours, il ne s'entend guère à la Cour, mais est fort usité à la Trappe [Suite, .30). — * Pôm.; © Duil.; *G. Miege, Rich., Fur., A.; O Th. Corn.; * A-; * L., qui cite Bourdaloue et Molière.

rédaction — Fur., dans H.D.T. ;* A. et A^; 0 Th. Corn.

reflet — {611, R. de Piles, Conv. sur la peint., 280, dans H.D.T.; * Rich., Fur., qui ne donne que le pluriel ; O A.; * Th. Corn. II figure, sous la forme re/Iex dans A'^. Sous cette forme on le trouve plus anciennement : Les perles et les diamans... Par trop de reflex à la veuë Donnoient aussi tost la berlue (Richer, Ov. houff., 125).

refonte — A^, dans H.D.T.

régalien — Fur., dans H.D.T.; * A., Th. Corn., A-.

réimpression — Fur., dans IL D. T.; O tous les lexiques.

rejaillissant — Fur., dans H.D.T. ; * A.; G Th. Corn, et A^.

n^maniement — * Fur. : terme d'Imprimerie ; O tous les autres lexiques.

remarqueur — Traité de la Paresse, I, 157. — * Pom., Duil., G. Miege; O Rich.;

*Fur.; e A.,Th. Corn., A2; * L. avecf; e H.D.T. rembrunir — Fur., dans H.D.T., ((ui cite un «xemple de Ilamilton ; * A.;

e Th. Corn.;* A^.

remhrunissement — Fur., dans H.D.T.; * A.; 0 Th. Corn.;* A-.

remontrant — nom donné aux partisans d'Arminius qui avaient présenté, en 1690, sous le nom de remontrance, un exposé de leur doctrine (H.D.T.); 0 tous les lexiques. — les esprits s'échauffèrent... sous le nom de Remontrans et de Contre-remontrans ( Bossuel, //is/. des Far,, II, 418, cf. Ib., 427, 453, 455, 457, 460). S'-Simon a appliqué le mot à la politique. Voir L. et H.D.T.

rempoissonnement — 1664, Colbert, Lett., dans H.D.T.; 0 tous les lexiques.

rencogner — H.D.T. ne signale le mot que dans l'A. de 1798. On le trouve chez Chapelain, Lett. à Godeau, 3 déc. 1638, I, 331. — 0 tous les lexiques. — On a déjà pris les dehors Et rencoigné dans les murailles Ceux qui se couvroient de futailles (Loret, 17 mai 1653, v. 32-34). C'est probablement

1. Ou trouve auparavant rec/it.qrnarc/ : une femme importune et rechignarde (Cliapelain, Guz d'Alf., III, 516 . — * encore dans Duil. et B. F. — rechigneux est dans Garasse, Doc/r. cjir., 929.

le même mot, sous une autre forme, que Ton trouve dans l'exemple suivant : Mais si tost qu'Aigles brillèrent Bourgeois camus demeurèrent : Ces Oiseaux tant estimez,.. De ces Courtauts en rumeuv Recoir/nerenl la fureur (Brébeuf, A(;<-am tr.iv., 112). * L., «{ui cite S'-Simon.

rentjaine =^ refus — Rich., dans Il.D.T.; O tous les lexiques.

renonçant — Bossuet, dans H.D.T. ; 3 tous les lexiques.

rentrée — Fur., dans H.D.T.; c'est un terme de chasse chez Fur, Dans A., le mot est donné aussi comme terme de jeu, et avec un emploi figuré, en parlant d'un homme qui rentre mal à propos dans la conversation : voilà une belle rentrée; A^ y ajoute le sens de rentrée des tribunaux.

répartition — au sens de partage de bénéfices (Colbert, Lett., II, .j37, 602) ; le sens nouveau de département, régalemcnt des impôts * Fur., A. A'^.

rouge-hord — * Rich., Fur., A., Th. Corn., \-. — La grande tasse fut rincée, Et le Roy voulut tout d'abord Qu'on luy versât à rouge bord (Richer, Ov. hou/f., 304); Avec un rouge-hord acceptent son défi (Boil., Sat. III, v. 136, éd. B.S.P., I, 105).

répétiteur — Rich., dans H.D.T. ; * Fur., A., A^,

replacer— * Pom., Duil.,G.Miege ; O Rich.;* Fur., A.; O Th. Corn., A'^. — D'un trône oîi ce héros a su le replacer (Corn., VII, 332, Suréna, v. 1693).

représentant — H.D.T. donne comme premier exemple l'A. de 1694 ; 3 Th. Coi;n.;* A^. — ô peuple! croyez (jue... vos Pasteurs n'ont de pouvoir que comme vos représentans (Bossuet, Hisl. des Var., 11,608-609).

reproduction — Fur., dans H. D. T. ; O tous les lexiques.

réside — Les femmes cui'ieuses qui ont des alcauves faites d'une manière richement embellie, c'est ce qu'on appelle aujourd'huy des Résides encliantéos entre les plus jolies ; bien que ce terme semble un peu précieux, il est bien receu (Marg. Buffet, Nouv. Ohs., 38). — o tous les lexiques.

respectable — H.D.T. le signale en 16H dans Cotgrave ; il devait s'être peu répandu car de Callières et Bouhours le considèrent comme nouveau, mais comme heureusement introduit et favorablement accueilli (Bouhours, Suite, 158-160; de Callières, Mots à la Mode, cité par L.). — * Duil., \i. F.; O Rich., Fur.; * A.; O rh. Corn.; * A'-. — un homme de bien est respectable par lui-même (La Bruyère, H, 93); Un éclat qui le rend respectable aux Dieux même (Racine, III, 307, Esth., v. 678 .

ressaut — H.D.T. cite à tort comme premier exemple 1691, Daviler, Expl. des ternies d'Architect. ; * Fur., Th. Corn.; O A. et A-. — Kmployé au figuré par S'-Simon, cité par Il.D.T.

resserrement est un mot dû à Port-Royal, ({ue Bouhours n'accepte pas (Entr., 139; cf. /^., 10; .Sf/i<e, 293). Le mot ne plaît pas davantage à I^Miaiid [Man. de parler, 30). Barbier d'Aucour au contraire le trouvait « fort propre dans les matières physi(|ues, et encor plus dans les choses morales » iSentim. de Cleante, 84). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., qui ne donne que resserrement de cœur. Fur. qui ne l'applique qu'f» des movivements physi(|ues.

restant — Fur., dans H.D.T. : * A., A^.

retracement — «ce mot est commode et il seroit à souhaiter ({uo le Public le receûst » (Bouhours, Suite, 294). — G tous les lexiques.

retroussis — Rich., dans H.D.T. Le mot est surtout employé en parlant d'un chapeau (A^). A. ne donne que le simple : troassis.

révérencieusement — L. et II.D.T. citent un exemple de Sévigné; O tous les lexiques.

rhingrave — le mot est venu d'Allemagne avec le vêtement, au milieu du xvii» s. — * Rich., Fur. ; cf. le Lex. de Mol. par Livet.

ridiculiser — 1666, dans H.D.T. Ménage est à peu près le seul à trouver le mot bon (0., II, 260); en général, on hésite à l'accepter (A. de B., liefl., 611 ; cf. Renaud, Man. déparier, 68; Bellegarde, Eleg., 267). — *Rich., qui ne le tolère que dans le bas style. A., A^ qui le réserve au style familier.

ridiculité — * Rich. et Fur. Le premier déclare que le mot ne s'écrit pas ; Tallemant rapporte qu'à l'Académie on le trouvait mauvais [Décis., 106) ; Bellegarde, tout en constatant que quelques auteurs s'en servent, préfère l'emploi du substantif ridicule [Eleg., 294). — j'espère que je mettrai des bornes à cette ridiculité par tous les discours que je fais (Sévigné, IV, 272). H.D.T. cite un exemple de Fur., Boni, bourg., prêt .

rigidité — L. et H.D.T. citent un exemple de Boileau. — * Fur., A.. A-'.

rigorisme — S^-Simon, I, 397, dans H.D.T. ; O lexiques du lemps.

risiblement — Mol., Et.,». V, se. 9, dans H.D.T.; (^ tous les lexi([ues du temps. — risibilité apparaît dans A^.

ritournelle — Bussy, dans Rich. (qui écrit rilornelle) ; * Fur., A.. A^. — deux dessus de violon pour jouer les ritornelles {Mol., \'U\,&~ , Bourg, gont., a. II, se. 1) ; Conservez-vous, ma chère bonne, c'est ma ritournelle continuelle (Sévigné, 1671, H, 196) ; ma fdle, ce marmot, Dieu le conserve! Je ne changerai point cette ritournelle (Ead., IX, 209).

rivalité — Mol., Dép. am., a. I, se. 4, dans H. D. T. — O Pom., G. Miege, Rich., Fur. ; * A., A^. — On trouve rivauté dans Duil.

rocaille — * Pom., qui cite Scudéry, Rich., Fur., A., Th. Corn., A^ ; on trouve rochaille dans Cotgrave. — Un char couvert de roquaille (Scarr., Virg. trav., H, 88) ; Six masques de rocaille (La Font., VIII, .33).

rocailleux — 1692. dans H. D. T. Féraud considère encore le mot comme un néologisme.

rocamhole := sorte d'ail. — Rich., dans H.D.T. ; * Fur., A., Th. (^orn., A-; il apparaît avec le sens figuré dans A'^ : la Requeste civile est la Bocambnle des Procès.— le crime est la rocambole de l'Amour et l'absence en est le quinquina (L. de Templery, Gen. et Pol., 130).

roller — terme du palais, qui doit être plus ancien, fjuoîque non signalé — * Fur. — il (un sergent) escrivit cependant à la haste une re((uesle de plainte, et tant plus il les voyoit battre, tant mieux il rolloit (Fur., Hom. bourg., II, 33).

Vj-omanesquo — Fur., liom. bourg., I, 7, dans II.D.T; *Fur., A., A"^. — Vous êtes /•omanesyue avecque vos chimères (Mol., 1, 107, Etourdi, v. 31).

roniHiiesqueinent — Sévigné, 772, dans H.D.T. ; G tous les lexiques. — jécris romanesquemenl sur le bord de la rivière, où est située notre hôtellerie (Sévigné, VI, 388)'.

rondeau -r= pièce d'eau — * tous les lexiques. — Et le jardin du plus gros Financier Languit de soif, et n'est que pietrerie Sans un Rondeau [Rec. de Rond., 1639, 70); plus loin est encore un rondeau, avec un beau jet au milieu (M"^- de Scud., Mathilde, Préf., 101 ; cf. 103).

rossolb — H.D.T. cite à tort comme premier exemple Riclielet ; * Pom., G. Miege ; * aussi Fur., A., Th. Corn., A^. — Du Rossolis douze bouteilles (Loret, 13 fév. 1645, v. 170); sans truffes, rossolis ni vin de Champagne (Baron, Coquette, a. IV, se. 11, dans H.D.T.).

rougeaud — G. Patin, Le//., V, 200, dans H.D.T. ; *Duil., Fur., A., A^; *L., qui cite Ilauteroche.

roussi — cuir de Russie (Scarron, Virg. /ra«.,4, dans H.D.T. ; *Fur., A^. — il les vouloit (ses bottes) de vache de roussi (d'Ouville, Contes, I, 252) ; ses souliers estoient si couverts de rubans qu'il ne m'est pas possible de vous dire s'ils estoient de roussy, de vache d'Angleterre ou de marroquin (M"" Desjardins, Récit de la Farce des Préc, N"« Coll. Moliér., 32).

rubanté — Cyrano, Péf/.youé, a. V, se. 5, dans H. D. T. ; O tous les lexiques.

rudànier (qui rudoie les gens) — Mol., G. Dandin, a. H, se. 1, dans H.D.T. ; * Fur. ; cf. le Lex. de Mol. par Livet, et Hug.

ruifteu sèment — Sévigné, 1194, dans H.D.T. ; O tous les lexiques.

Sablier — * Pom., Duil., G. Miege, au sens de: horloge à sable. * Duil., Rich., au sens de : poudrier.

saignement — Rich., dans H.D.T. ; * Fur., A., A^. — il avoit un furieux saignement de nez (Sévigné, VIII, 324, cf. ib., note 28); il lui prit un saignement de nez (Racine, IV, 559).

saisissant — Fur., dans H.D.T. ; le mot a le sens de : créancier qui poursuit- A. et A2 donnent en outre : froid saisissant.

salissant — A . , dans H.D.T.;* A2.

\salonJ— H.D.T. donne comme premier ex. Félibien, 1676, Princ. de CArchit., 731. Ce mot est antérieur :1a Reine Mère que mon ame toujours révère. Qui donna lesgrands Violons Dansie plus charmant des SaZo/is, Lieu d'Architecture à

1. romantique. Le premier exemple relevé par M. A. Frauvois dans sa monographie du mot (Aim. de la Soc. J.-.I. Rousseau, t. V), est des environs de 1777. On trouve le mot louf^temps auparavant, dans une lettre du 7 cet. 1694 : Il faut, Monsieur, finir ce billet par une pièce assez plaisante et curieuse de Messieurs les Pasteurs d'Arcadie, je veux dire de Messieurs de l'académie Arcadienne de Rome. C'est une lettre circulaire qu'ils adressent à Messieurs leurs confrères du dehors. . . et qu'un de mes amis de Besançon m'a envoyé pour me divertir et me faire rire des afl'ectations puériles de ces pastoureaux. . . Que dites-vous, Monsieur, de ces pastoureaux, ne sont-ils pas pas bien romantiques [Euf^. de Budé, Lettres inédiles de Vahhè Claude Nicaise, Extr. du Bull. d'Hist. et d'Archéol. rclig-ieuses du diocèse de Dijon, 1886 p. 153-154).

504 HISTOIRE Di: LA LANGKE FRANÇAISE

la mode (Loret, 1" mars 1664, v. 2o-29) ; on se force à sortir de ce superbe sallon pour entrer dans une chambre magnifique (M"" d© Scud., Malliihic, 88-89, préf.; f6.,27). — * L., qui cite Racine, Rslher, v. 827; G tous les hîxiques, sa>if Th. Corn.

salpi'Irière — Hich., dans II. D. T.; * Fur., A., A "^.

sanctificateur est un mot janséniste condamné par Bouhours [Imit., iJO-55, cf. Rosset, O.C., 29). — * Duil. seulement. — La vraye présence de Dieu dont le contemplatif doit estro imprimé est celle de Dieu dans les âmes comme leur sancti/icateur (Bossuet, hJslats d'Orais., 6i) ; voir d'autres exemples de Rossuet dans L. et H.D.T. ; de Massillon dans L.*

sapinière — Kur., dans II. D. T.; O tous les lexiques ; * L.

satiner — Fur., dans H.D.T. ; A. et A^ ne donnent que le participe adjoclil' satiné. — Je suis doux, pacifique, aisé à vivre, l'humeur satinée, veloutée (Regnard, Desc. d'Arl., se. 3).

saliriser, dont on a des exemples anciens, est considéré comme un mot nouveau et douteux (Bellegarde, Elcg., 267) . — G tous les lexiques.

satisfaisant — Fur., dans II. D. T. ; * A., A^; * L., qui cite un exemple de Massillon.

sautiller — * Fur., A., .\- ; * II . D.T. — L'insecte sautillant cherche à se réunir (La Font., II, 42, v. 23); les sauterelles représentent parfaitement le génie des hérésies... qui vont toujours comme en sautillant d'une question à une autre (Bossuet, Apocal., 137-1 ;»8).

saveler — • Fur., dans H.D.T. ; * A., A^^qui le déclarent bas.

saxwir-faire — c'est un terme nouveau, mais il n'y a pas d'apparence (ju'il subsiste, et je ne sçay me^me s'il n'est point déjà passé (Rouhours, Enlr., 97) ; Bouhours constate que ce mot monstrueux, après avoir été délaissé reprend delà faveur (/?em., ;jl4). Bellegarde reconnaît que les dames le disent encore, mais il le condamne {Elefj., 386). L. de Templery, qui trouve cette expression horrible, avoue qu'elle est admise dans la langue, mais soutient qu'on ne l'emploie qu'en conversation (Gf/i. et Pol., 'M). — *Rich. : mot(iui se dit encore quelquefois pour [sic] des gens qui ne parlent pas poliment, l'iir., A., A^. — Et d'où me viendroit-il que de mon savoir-faire (La Font., II, 17.->, v. 18); l'extrême confiance que nous avons en son sa«otr-/'a/re (Sévigné, dans Féraud); Le savoir-faire et l'habileté ne mènent pas jusqu'aux énormes richesses (La Bruyère, I, 260); riche par son savoir-faire (Id., H, 108).

savoir-vivre — Bouhours est aussi hostile à ce mot qu'à savoir-faire [Enir., 97; cf. Rem., i)14). — G tous les lexiques. -I- La complaisance des honnestes gens est tres-aisée à discerner... elle n'a jamais d'interest particulier, elle regarde en gênerai la bien-seance du monde; c'est précisément ce quon appelle sranotr vivre (M"® de Scud., Mathilde, 38, préf.). L. cite La Bruyère.

savonnage — Rich.,dans H.D.T.; * Fur., A., A'^.

1. Le mot n'était pas vraiment nouveau; d'abord ce n'était que le doublet do sainefieur; en outre la forme sanrlificaleiir estdans ('alvni ; mais au xvii* on le considérait comme nouveau.

MOTS NOLVEACX ENTRÉS DANS LA LANGIJR 1)05

scapin — nom propre chez Molière, est bientôt employé comme nom commun. Voir S'-Simon (I, 46, cité par H.D.T.); O tous les lexiques du temps.

scélératesse — Fur., dans II. D. T. ; * A., A-; * L., qui cite Féuelon .

séchoir — 1669, [natr. aux insp. r/ps Mnnii/'.. art. 2"), dans II. 1). T.; O tous les lexiques.

séminariste — Fur., dans II. D. T. ; G tous les lexiques.

sensitive — Rich. , dans II. D. T.; * A. et A-. On trouve dans Th. Corn. : plante sensitive.

serre-file — Uich., dans II. D. T.; *Fur., Th. (^orn., \^.

Sfjraffite Gst donné pav Rich. comme un mol écorclié de l'italien;* Th. Corn.

siinplificalioa — G tous les Iexi([ues. — une prétendue .st/np/j/fca^fo/i, une prétendue réduction de tous nos actes à un acte perpétuel et universel (Bossuet, Etats (VOrais., Il, 3, dans L. et II. D.T. ).

siroter — * Rich. : mot bas et burlesque. Fur., A. et A^ : il est bas. — Je sirote mon vin, quel qu'il soit, vieux, nouveau (Regnard, Fol. am., a. III, se. 4).

sofa (arabe) — II. D.T. le signale au xvi", mais il est considéré au xvii« comme un mot nouveau (de Callières, Motsàla Mode, 178; voir Schcnk, o.c, l.'»2). —

* Rich., Fur., A., Th. Corn., A^.

soierie — 1664, Cons. du Comm., dans H. D.T. ; * A. et A-, avec le sens de : marchandise ou fabrique de soie.

solider — O tous les lexiques. — qui... laissoit solider cet usage (S'-Simon, XVII, 301; cf. XV, .361).

somnambule — Fur., dans II. D. T. ; * Th. Corn., A-: il est peu en usage.

soporifique — Fur., dans II. 1). T. ; Fur. le donne à l'article soporatif, en disant : les Médecins disent quelquefois soporifique; * A., A^.

sortant — une physionomie vive, ouverte, sor/.in/f? fS^-Simon, 111, 202, cité par L.);0 tous les lexiques ;* H. D.T.

sottisier — H. D.T. en cite deux exemples du début du xviii* s. ; O tous les lexiques.

soubrette — le mot se trouve en 1640 dans Uhonesle homme de Faret (129). — * Pom., Rich., Fur., A., A^. Pour A. etA^ c'est un terme de mépris. On trouvera de nombreux exemples dans le Lex. de Mol. par Livet.

souffre-douleur — II. D.T. cite à tort comme premier exemple Fur.;

* A., A2 : il est du style familier. — Et je. parmy tant de rancœurs, Seray toujours souffre douleurs (Richer, Ov. bouff., 447) ; La gueuse encor Fattend. Pauvre souffre-douleurs (Th. Corn., Am. à la Mode, a. II, se. 8).

souillonner — 1662, Racine, />p/L, dans L. et II. D.T. ; O tous les lexiques.

sous-bibliothécaire — H. D.T. cite à tort comme premier exemple Fur.; *Rich.; O autx'es lexiques.

sous-fermier — * Rich., A., A^ ; * II. D. T., qui cite un exemple de 1684, f'.orresp. des Control. gén., et L. un exemple de Regnard, Le Joueur, 1, 1.

sous-lieutenance — Fur., dans II. D.T. ; * A.

sous-lieutenant — 1669, (".olbert, Le//., dans H.D.T.; * Hicli., Fur., A., Th. Corn.. A^.

sous'niinistre — Retz, Mém., II, 459, dans L. ; O tous les lexiques. — je feray bien les autres petites (choses) avec les Soùministres qui les doivent aux gens de vostre qualité (Bussy-Rab., Mem., I, 426).

sous-précepteur — texte d'archives de 1679, dans H.D.T. ; * Rich., Fur., A.

sous-secrétaire — Rich., dans H.D.T. ; -"H Fur.

sous-traitant — 1674, Colbert, LctI., dans 11.0. T.: * Fur., A.

sous-traiter — 1673, dans H.D.T.; * Fur., A.

sphéricité — 1671, P. Chérubin, /^t'op/r. ocuL, dans H.D.T.; O tous les lexiques.

spontanéité — 1693, Leibniz, dans H.D.T.; * A-.

stage — Rich., dans H. D. T. ;* Fur., Th. Corn., A'-'; il est donné comme terme ecclésiastique ; * L., qui cite Saint-Simon.

statique — H.D.T. indique à tort comme premier exemple Fur. ; * Hicli.

steinkerque — O tous les lexiques. — Le col long et les gorges creuses ont donné lieu à la steinkerque; et ainsi du reste (Regnard, Attendez-mois, l'orme, se. &).

stoïcisme — (on trouve stoïcité chez G. Patin) — le stoïcisme est un jeu d'esprit (La Bruyère, 2, dans H. D. T.) ; * A^.

substantivement — 1660, (ir. r/énérale, dans H. 1). T. ; * Fur., A., A-'.

succédané — Fur., dans H. D. T. ; * Th. Corn.

succursale — Fur., dans H. D. T. ; * Th. Corn., A-. — Le mot est employé en matière ecclésiastique: une église succursale.

sucrier (objet de vaisselle) — L. cite un exemple de 1679; le mol doit se li'ouver auparavant, car, d'après Fur., Scarron aurait reproché à sa sœur « d'avoir fait appetisser les trous de son sucrier par un bon ménage » ; *Duil., Rich., Fur., A., Th. Corn., A'^.

suprématie — * F'ur., A., Th. Corn., A"^. — on les a fait venir en Angleterre jusqu'à souscrire la suprématie (Bossuet, Var. , X, 20, cité par L.).

suprêmement — S'-Simon, dans L. et H.D.T. ; © tous les lexiques. surchauffure — 1676, Félibien, Princ. de l'Archit., dans H. D. T. ; * Fur., Th. Corn.

suréminent est dans A. ; il a été supprimé dans A'^. — ce prétendu amour pur dont vous faites un degré suréminent (Bossuet, Div. ecr. s. les Max. des Saints, 16, Avert.) ; on trouvera d'autres exemples de Bossuet et de Bourdaloue dans L.

surenchérir — Fur., dans H.D.T.;* A., A'-'.

sursis — Fur., dans H.D.T. ; *A., A^.

surtout =^ vêtement — * Fur., qui le signale comme étant de 1684, A., Th. Corn. : ce mot n'est en usage que depuis fort peu d'années, \^. Outre ce sens, on trouve dans A. : petite charette fort légère pour porter du bagage; et dans A''' : pièce de vaisselle d'argent qu'on place au milieu des grandes

tables. — Pour un surloiil de chasse il ine sera commode (Regnard, Ménechmea, a. 1, se. 2); quel surtout que ce rhumatisme (Sévigné, IX, 427).

surveillant — H.D.T. cite à tort comme premier exemple Rich.; * Duil., Fur., A., A"-. — 11 n'est pas mal de s'assurer un peu contre les soins des surveillants (Mol., VI, 246, Le Sicil., se. 6) ; Aux yeux des surveillants peut-on mieux se soustraire? (La F'ont., VII, 379, v. 1166).

svelte lital.' — Poussin, Lett., 9:i, dans H.D.T,; * Rich. : terme de peinture; e Fur., A., Th. Corn., A^.

si/mélrié est employé à plusieurs reprises par Bary : il faut que les dénomhremens soient symmelriez (Secrets de nostre Langue, 181). — * B. F.

sijmpalhiquenienl — Th. ("orn., Charme de la voix, a. Il, se. 1, dans H.D.T.; O tous les lexiques.

symphoniste — II. D. T. cite à tort comme premier exemple Trévoux, 1704; * Fur. seul — Pour ceux dont vous parlez, ce sont les symphonistes, Les peintres, les danseurs, et les sous-machinistes (Montfleury, Coméd . Poète, a. I, se. 1).

système — 1664, Cureau de la Chambre, dans H.D.T. — Ce mot, d'abord employé dans la lang^ue des philosophes et des mathématiciens, entra assez vite dans la langue courante Bouhours, Rom., 61 ; cf. Bellegarde, Eleg., 262) ; toutefois Bouhours constate qu'il n'est pas encore bien établi, et qu'il est odieux à plusieurs gens habiles. Rich. confirme l'opinion de Bouhours, et Fur., Th. Corn., A. et -V- ne donnent pas le sens figuré de situation, constitution, -^ C'estoit donc la difficulté du nouveau dogme, ou, comme on parle à présent, du nouveau système de Luther (Bossuet, Hist. des Var., I, 15).

Tabatière — 16";0, Berthod, Paris hurl., 129, sous la forme tabaquière, dans H.D.T.; * Rich., Fur., A., A^; la forme tabaquière est encore dans Fur. et A. — Cf. Mol., V, 70, Don Juan, a. I, se. 1. — l'exercice de la tabatière (de Callières, Mots à la mode, 188; voir Schenk, o. c, 157).

tactique (lat. grecj — Fur., dans H.D.T.; * A., Th. Corn., A^ ; suivant A. et \-, le mot ne se dit guère qu'en parlant des anciens.

tnin — * Rich, et Fur. : teint, A. et A^.

langage — Th. Corn., dans H.D.T.; 0 tous les lexiques.

I tangentej^ Rich., dans H. D. T.; * Fur., Th. Corn.

tanguer — Rich., dans H.D,T.; * Fur. et Th. Corn.; tous ces lexiques donnent le mot sous la forme tanguer.

inpage — Q- tous les lexiques. — Je demande si on n'a point fait tapage chez vous? — Qu'appelez-vous, Monsieur, faire tapage'^ Je n'entends pas ce mot-là. — Faire tapage, c'est-à-dire, si on n'a point cassé vos meubles (Gherardi, /îe/our de la foire de Bezons, se. dern,, Th. ItaL, VI, 16H).

tuponner — Sévigné, Lett., 1;)7, dans H.D.T. ; O tous les lexiques.

tarauder — Fur., dans H.D.T,; * Th, Corn, seulement.

tatillon — 169"j, Gherardi, liel. de la Poire de Bezons, dans H.D.T.; 0 tous les lexiques.

508 HISTOIKE DE LA LANGUE FRANÇAISK

tempo ri Si' me ni — Hien qu'on ait des exemples du xvi" siècle, Bouhours croit (jue ce mot a été essayé par d'Ablancourt et il lui parait assez inutile (Z)., 66). Renaud estime qu'il est peu établi et que c'est un mauvais mot {Man. de parler, oin, cf. 541). — * Pom., G. Miege, Rich., A., A^; 0 Duil., Fur.

lénébreusemenl — S'-Simon, Vil, 110, dans Il.D.T. ; G tous les lexi(juos.

lénii remplace l'ancienne forme lenve encore dans A., qui n'accepte ténu que dans le dogmatique; * B. F., Fur., qui écrivent aux deux genres tenue, A"-.

'^UiHumalurge ' — H. D. T. cite comme premier exemple G. Patin, 1663; le mot

est déjà ""dans Balzac (II, 710), sous la forme thaumaturgue ', O tous

les lexiques; * L., qui cite Fléchier.

théocratie — 1704, Trévoux, dans II.D.Ï. ; Q tous les lexiques.

thermomètre — 1667, (Chapelain, Lelt., dans H. D.T.; * Hich. qui cite iîoliault, Fur., A., Th. Corn., A ^. /- Le jour des noces, le thermomètre de la tendresse est à son plus haut degré {Uegnard, Attendez-moi sous forme, se. (>i.

thuriféraire (lat. eccl.) — Fur., dans H. D. T. ; * A., Th. Corn., A^; le mot est indiqué seulement comme terme ecclésiastique.

lignasse — Rich., dans H. 1). T. ; * l"ur.. Th. Corn.

tignonner — 1704, Trévoux, dans II. l). T. ; G tous les lexiques.

timbalier — * Pom., G. Miege, Rich., Fur., A., A"^.

lire-holle — Fur., dans II.D.T. ; * Th. Corn., A^,

tire-bouton — Rich., dans H.D.T. ; * Fur., Th. Corn., A-.

tire-clou — Rich., dans II. D. T. ; * Fur., Th. Corn.

tire-ligne — Rich., dans II.D.T. ; * Fur., Th. Corn., A-.

tolérant — Q tous les lexiques. — ...induire les esprits à la Religion Callioli<|ue, cest-à-dire à la plus severe et à la moins tolérante de toutes les religions (Bossuet, Avert. aux Prof., VP, 5^ ix, 641).

tonique — Fur., dans II. 1). T. ; * Th. Corn.

tonte — Fur., dans H.D.T. ; * A., A^.

torehère — Vui., dans II. D. T. ; * A., Th. Corn., A^.

torréfaction — Fur., dans H. 1). T. ; * Th. (lorn.

torse — 1676, Félibien, Princ. de VArcliitect., dans II. D. T.; * Rich.^ Fur., Th. Corn.

tortillage — o tous les lexi<jues ; * L., Il.l). T. — elle parle de la meilleure santé de M™"^ La F"ayette : tout cela saucé dans mille douceurs, point tant de tortillages (Sévigné, V, 297-298).

tortillard — 1700, Liger, Nouv. Mais, rust., cité par Delb., Pec. dans II . D.T. ; le bois tortillard ou tortu ; 0 tous les lexiques.

tournehroche — II.D.T. indique à tort comme premier exemple Rich.;

* tous les lexiques. Selon Rich. on se serait servi de l'instrument en France depuis une soixantaine d'années. — Ce tourne-broche d'or qui vous pend au côté (Montlleury, (rentilh. de Beauce, a. III, se. 8j .

tracassier — * Rich. : mot bas (|ui ne se dit guère (ju'en parlant, Fur., \., A^ ;

* H.D.T. , ((ui cite Rich.

MOTS NOLVEAIX EXTRKS DANS LA LANGLIl iiOQ

traîntssc — II. l). T. donne à tort comme premier exemple Hich. ; * Duil. au sens de fdel, Hich. et Th. Corn, au sens d'herbe.

traîne-licou — Q tous les lexiques. — L'un m'appelle Martin coquasse, L'autre Capitaine Fracasse, Qui nomme. . . Mon Fils Bacchus un guigne pot,. . . Mon Mercure un traisne Licou (D'Assoucy, Ov. en b. humeur, 59); ... on verra la Cour sans jaloux, Le Pont-Neuf sans traîne-licous (Loret, 24 mars 1652, v. 37- 3K); . . .une Troupe, assez féroce, De ces maudits traîne-licous Vulgairement nommez Filous (Id., 28 avril 1658, v. 78-80^.

Iraîae-nialheur — O tous les lexiques. — car j'aime si peu cette Engeance De Pirate et de Voleurs, Qui sont de vieux traîne-mal-heurs (Loret, 29 nov. 1604, V. 146-148);. . .à ce traîne-malheur Montrer de quoi finir noire misère (La Font., V, 501-502, v. 175-176).

traîne-potence — Fur., cité par II. D. T. ; mais le mol se trouve auparavant : méchant filou, irame-po/e/i ce (Boisrobert, Belle plaideuse, a. I, se. 8, cité dans La Font., V, 501, n. 2) ; * L., qui cite Hamilton.

traitant — Corn., Suite du Ment., I, 1, dans H.D.T. ; * Pom., Rich., Fur., A., A-; voirHug. — Sorel prétend que certaines gens auraient confondu traiteur et traitant: u passant un jour sur.la place du change, où deux hommes parloient d'un certain Financier, et disoient : 11 s'en va estre l'un des plus grands et des meilleurs Traictans de Paris, il leur demanda promptement : Ou demeure-t'il ? Tient il table ouverte pour traiter ses amis gratuitement, ou bien s'il traicte à une pistoUe'pour teste ? Ces deux hommes. . . luy aprirent qu'ilyavoit différence entre Traiteur et Traitante (Sorel, Polyandre, I, 322- 323)-. L. de Templery fera encore la dislinction entre les deux mots [Gen. et Pol., 110).

traiteur était également nouveau. — Scarron, Oeuv., I, 311, dans H.D.T. ; *Rich., Fur., A., A^. — . . .je vais, pour cette alTaire, Faire venir traiteur, violons et notaire (Montfieury, Dame méd., a. V, se. 5); Comment appelezvous ce traiteur de Limoges qui fait si bonne chère? (Mol., VII, 254, Pour., a. I, se. 4).

tranquilliser se rencontre avant le xvii" siècle, mais il n'en a pas moins été considéré comme un néologisme: «ce terme est aujourd'huy en usage, mais il n'y a esté receu qu'avec peine ; il parut ridicule dés sa naissance, et la (^our en fit mille railleries. . . l'accoutumance en a effacé peu à peu le ridicule » (A. de B., Befl., 690) ; plus tard Bellegarde constate le succès de ce verbe {Eleg., 267). Cependant A., A^ considèrent qu'il n'a proprement d'usage qu'en parlant des humeurs du corps. — Je m'en vais un moment tranquilliser ma bile (Regnard, Ménechmes, a. III, se. 12) ; il n'est pas ridicule de souhaiter qu'un sang auquel on prend tant d'intérêt se tranquillise et se rafraîchisse (Sévigné, V, 204).

Itranscendantal -^ M. D. T. cite à tort comme premier exemple Trévoux, 1704. ^ iLe mot est dans Bossuel, 1698 : il faudroit exclure jusqu'à la bonté de Dieu : je dis cette bonté excellente et transcendenlale par laquelle on l'appelle bon (Div. ecr.sur les Max. des Saints, 166). ^"iO tous les lexiquesj

transfuser es{ dans le lexique de Danet ; O tous les autres lexiques.

tilO HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

transU (ital.) — 166.{, Colbert, Disc, sur les Manuf . , dans H.D.T. ; o tous les lexiques.

Iranssuder (lat.) — 1700, I-iger, Nouv. Mais, rust., dans Delb., Rec, cité par H.D.T. ; G tous les lexiques.

trembleur (secte religieuse) — * Fur. et A-^ qui donnent aussi le sens de : qui tremble sans sujet ; A- constate qu'il n'a guère d'usage au propre. — L'autre-jour, cet Anglois Trembleur, Cet Apostat. . . {Loret, 6 janv. 1657, V. m -M 2) ; En Angleterre, les Tremhleurs, Qu'on dit être de grands hâbleurs (Id., 5 fév. 1661, v. 243-244, etc.) ; les Quakers ou les Trembleurs (Bossuet, Averl. aux P roi., III, § xxvi, 230).

tremplin (ital.) — H.D.T. donna à tort comme premier exemple Th. (^orn. ; * Rich.

tresseur — Rich., dans H.D.T. ; * Fur.

tricolore (lat.) — O tous les lexiques. — Son teint est. . . Iricolor : elle est, ma foi, charmante (Regnard, Le Bal, se. 7).

tricot — 1666, Depping, Corr. adm., dans H.D.T. ; G tous les lexiques.

triennalilé — Patru, cité par Rich., dans H.D.T. ; * Fur., A., A-'.

trigauder et Irigauderie — Rich., dans H.D.T. ; * Fur., A., A-. Voir dts exemples de Dufresny, dans H.D.T.

trinôme — Fur., dans H.D.T. ; * Th. Corn.

Iripolir — G tous les lexiques, sauf Rich.; * H. D.T. — Qui recurera son Idole. Et son Tripié tripolira (D'Assoucy, Oo. en b. humeur, &i).

trirègne — Fur., dans H. D. T. ; O tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; * L.

trisection — Fur., dans H. D. T. ; * Th. Corn.

Irivelin (ital.) — Mol., Am. méd., dans H.D.T. ; G tous les lexiques. — On trouve dans Scarron : Venez à pas de Trivelin, Avec Brodequins à Sonnettes, Et vos meilleures Caslaignettes [Œuv., I, 3o4).

trivelinade — La Font., IX, 173, dans L. et H.D.T. ; G tous les lexi(jues.

trivialement — * Duil., Rich., A-; G autres lexiques.

troqueur — La Font., V, 318, dans H.D.T.; * Rich., Fur.; G autres lexiques. — Connois-tu quelque fils, dis moi, de ces troqueuses (Montfleury, Crisp. Gentil., a. V, se. 3) ; Il m'a promis qu'il quitteroit sa profession de médecin,... et qu'il se ferait troqueur (Regnard, Hom, à h. fort., a. III, se. 5).

trotte — Rich., dans H.D.T. ; il est donné comme mot bas et burlesque;

* Fur.; G autres lexiques.

trotterie — G tous les lexiques. — je ne saurais approuver cette trotterie

inutile (Sévigné, 1680, VI, 310, cité par L.).

trottin — 1652, Mazar inades, d^ns^ H.D.T. ; * Rich. : bas et injurieux pour dire laquais, Fur., A., qui répète Rich. ; A^ : id. ; * L., qui cite Scarron et 3* suite du Pari, burlesque.

trottiner — Fur., dans H.D.T, ;. G tous les autres lexiques.

trossequin (néerl.) — Rich., dans H.D.T. ; * Fur., Th. Corn., A-.

MOTS NOUVEAUX ENTRÉS DANS LA LANGUE oM

Iruilé =z. tacheté — llich., dans II. D. T. ; * Fur., A., Th. Corn., A^; les uns Tacceptent en parlant des chevaux (Hich., Fur., Th. Corn.), les autres en parlant des chevaux et des chiens (A., A^).

tuant — Chapelain, Lett., dans Delb., Rec, cité par H. D. T. ; * Rich., Fur., A^; * L.,qui cite Boursault et Bossuet. — Leur tuante amitié de tous côtés m'arrête (Mol., VI, 4.39, Amph., v. 1453).

lufier — Th. Corn., dans II. D. T. ; O tous les autres lexiques.

turhotin — A., dans H.D.T.;*A"^. Ces deux mots sont sans doute plus anciens.

turbuleniment serait dû à d'Ablancourt, selon Bouhours qui n'oserait pas s'en servir {D., 46). Ménage trouve le mot bon (O., II, 458). — * Pom., Rich., Fur., A* ; il est signalé chez Oudin par L.

turlupinade — * Rich., A-^. Yoir le Lex. de Mol. par Livet.

turquerie — * Rich., Fur.; O tous les autres lexiques;* L., qui cite Mol.; O II. D. T. — il est Turc là-dessus, mais d'une turquerie à désesTpérer tout le monde (Mo!., VII, 106, Av., a. II, se. 4). Cf. turcisme : qui n'admireroit cette relation du Turcisme a\ec la réforme (Bossuet, Hist. des Var., II, 401).

type (lat. grec, peut-être italien aussi) — II. D. T. donne à tort comme pi^emier exemple A.; *Duil., G. Miege : shadow of a thing. Fur., A., A'^; * L., qui cite Massillon : types imparfaits du Christ — Je prévois qu'il aura bientôt matières A des types plus magnifiques qu'il n'en a encore imaginés (Racine, VII,37,Z,e<^, 21 mai 1692). Le mot se trouve avec un sens spécial chez Bossuet : le Pape saint Martin I. assemble le Concile de Latran, où il anathematise le Type (décret hérétique) et les Chefs des Monothelites {Hist. Univ., 137). Racine emploie type dans le sens technique de la langue des monnaies : je voudrois simplement mettre pour type la croix même de Saint-Louis, et à la légende : Ordo militaris (VII, 77, Lett., 30 mai 1693).

typographique — 1710, Misère des apprentis iinpr., dans H. D. T.; © tous les lexiques.

Unitaire — Bossuet, dans L. et II. D. T.; * Th. Corn. — Ceux qui verront ici la pensée secrette du traducteur pour les unitaires, cesseront de s'en étonner... (Bossuet, Prem. Instr. sur le Nouv. Test., 23j.

urbanité (lat.) — II. D. T. en cite un exemple ancien, mais avec un sens spécial: les urbanitez, c'est-à-dire les citez et les royaumes (II. de Gauchy, Trad. du Gouv. des Princes, dans God.), Il fut introduit par Balzac {2^ Diss. pal., dansL.) qui espère que l'usage le mûrira chez nous; le mot donna lieu à beaucoup de discussions ; bien reçu, d'après Ménage (0., I, 438, 442), il fut contesté par Pellisson et d'Ablancourt, par Bouhours {D., 1, et suiv. ), par Richelet, par Renaud [Man. de parler, 87, 106) ; celui-ci toutefois semble regretter qu'il ne soit pas dans l'usage [Ib., 144). A. de B. affirme qu'il s'est établi [Refl., 710). — * Pom., G. Miege, Rich., Fur., A., Th. Corn., A^ : il ne se dit guère qu'en parlant de la politesse des anciens Grecs et Romains. — apprendre Vurbanité (Racine, VI, 333, Liv. ann.);]e ne sais quoi d'attique qui lui manquoit et que les Romains ont depuis appelé urbanité {ha Bruyère, I, 27).

usiiraircmenl — II. l). T. donne à tort comme premier exemple Fur.;* l'om., Duil., G. Miege.

Vadrouille z= sorte de balai (orig. iiic.) — Fur., dans H. D. T.; * Th. tlorn.

caffueinent — II.D.T. en donne un exemple du ^ivi" s., mais le mot O tous les lexiques. — Bellegarde se demande si on peut l'employer [FAeg., 371).

vaguemestre — Hich., dans II.D.T.; * Fur., Th. Corn.

[jja/se (all.)j- II.D.T. ne donne pas d'exemple avant 1812, il avait été employé par Racan : les boiteux et les goutteux ne se peuvent pas empescher de marcher, mais il n'y a rien qui les oblige it danser la vnho ou les cinq pas (I, .'{40). ■f^ O tous les lexiquesj

vanille (esj).) — 1693, Savary, Dict. du Cotnni., dans II. D. T. ; * Th. Corn.

oastemenl — S'-Simon, XIV, 321, dans H. D. T. ; G tous les lexiques.

vénicule — O tous les lexiques ; O L., H. D.T. — Un torrent de bile ([ui de temps en temps m'entrouvre une vénicule dans le rein (Chap. , Lell. h M. Heinsius, 11 aoust 1063, II, 319).

verbiage — * Rich., Fur., A., A'-^ ; * II.D.T., qui cite à tort comme premier exemple Sévigné : l'infinité de verbiage dont nous remplissons nos lettres (IV, 322, Lell., 5 janv. 1676); Ces complimens farcis de pompeux verbiage (Montfleury, Trigaudin, 1674, a. I, se. 3); Ces charlatans... apprennent d'abord à débiter dans un long verbiage latin, les principes (Bezançon, Med. il la censure, 202-3); Je crois vous faire ici un long verbiage (La Bruyère, 11, 509) ; Voilà bien du verbiage (Racine, VII, 37, Lell.). — Les dérivés verhiager et verbiageur ne sont que dans A^.

vergetier — Rich., dans II.D.T.; G tous les lexiques. vergeure — Rich., dans H.D.T. ; * Th. Corn. érificaleur — Fur., dans II.D.T.; * A-.

vermicelle (ital.) — 1675, Savary, Parf. Nég., II, 63, dans II.D.T. ; * Rich. : v<-rmicelles ou verniicelli, mot écoTché de l'italien, Fur. et Th. Corn, ne connaissent que la forme italienne.

verniillonner ^ fouiller la terre en parlant du blaireau. — Fur., dans II.D.T. ;

G autres lexitjues.

verroterie — P'ur., dans II.D.T.: * Th. Corn., A^. versade — Sévigné, V, 356, dans II.D.T.; G tous les lexiques.

versification (lat.) — H.D.T. donne à tort comme premier exemple Rich.; *Pom., Fur., .\., A'-'. — Le mot se trouve chez Molière (VIII, 268, Psyc/i(5, Au lecteur).

version (lat.) — Ménage, lieq. des Dicl., dans H.D.T. ; * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A., A^. — je ne puis i)as me reprocher d'avoir perdu aucune version, ni négligé aucun ton... pour éclairer les aveugles (Sévigné, III, 383) ; Il allègue comme probal)Ie la version « d'épier leur parole », au lieu de « la garder» (Bossuet, Preni. Inst. sur la Vers, du Nouv. Test., 260).

verticalement — Fur., dans H. D. T. ; * A '■'.

vHilleux — Retz, Mém., d'après Pougens, dans H. D.T.;* Rich. — On trouve dans Fur., A. et X^vétilleur, qui est dans Scarron, r/rgr.<rai'., 6, d'après II.D.T

MOTS NOUVEAUX KiNTRÉS DANS LA LANGUE 513

vidangeur — 1676, dans L. ; * Rich., Fur., A., A-, sous la forme vuidangeiir.

vieillerie — Rich., dans H.D.T. ; * Fur., A. et A^.

vigogne (esp.) — Rich., dans H.D.T. ; * Fur., A., Th. Corn., A-'.

vinaigré — Rich., dans H. D.T. ; * Fur., A. et A^. Tous ces lexiques ne donnent que le participe, et à la place du verbe on dit, selon Rich., mettre du vinaigre.

virtuel (lat.) — H.D.T. cite à tort comme premier exemple la Logique de P.-R., le mot est dans Chapelain [Lett. à M. Spanheim, 2.5 avril 1661, II, 132;;

* Rich., Fur., A^. — il faudroit peut-estre définir ce qu'on appelle intention actuelle, virtuelle et liabituelle (Bossuet, Estais d'Or., 230).

virtuellement — Rich., dans H.D.T.; * Fur., A^.

virtuose (ital.) — H.D.T. après L. cite comme premier exemple Sévigné (VI, 283, Lett. de 1680 ; * A'^. — Le mot avait été mis par Molière [dans la bouche d'un personnage qui baragouine le français : Signor, je suis un virtuose (VI, 251, Le Sic, se. 7).

visa (lat.) — 1668, Colbert, Mém., dans H.D.T.; *Rich., Fur., A., Th. Corn., A-'.

viser (lat.) est delà même date. — • * Fur,, A., A^.

vitrail — H.D.T. cite Daviler, Cours d'archit., 1691, mais le mot est déjà dans Fur. ; O A., A^. Toutefois dans Fur., le mot n'est cité qu'au pluriel.

vivat (lat.) — Scarron, Wrgr. trav., 8, dans H.D.T.; * A^. — Je battis des mains à tout hazard avec un Vivat {Araspe et Simandre, II, 138).

voilier =z qui fait ou répare les voiles — 1670, Colbert, Mém., dans H.D.T. ;

* Rich., Fur., Th. Corn.

voilure — 1678, Guillet, Dict. mar., dans H.D.T.; *Rich., Fur., Th. Corn., A'-.

voiturin (ital.) — * Fur. : veturin, loueur de chevaux en Italie, A. et A^ : ...se dit aussi dans les provinces de France qui sont voisines de l'Italie. — Pour servir de voiturin jusqu'en Provence (Chapel., Lett. à M. VEvesque de Grasse, 20nov. 1640, I, 722).

volable — Mol., Av., VII, 64, a. I, se. 3, dans H.D.T.; *Rich. — Le mot, qui n'est pas dans le dictionnaire de Furetière, est dans un de ses Factums : s'il étoit permis à un Académicien de faire des mots nouveaux,. . . je soûtiendrois qu'ils n'ont rien de volable (1, 220).

volcan (ital.) — F'ur., dans H.D.T.; * Th. Corn.

vole (terme de jeu) — H.D.T. le signale dans Oudin; * Rich., Fur., A., Th. Corn., A"^. — S'en aller méditer une vole au jeu d'Ombre (Boil., Sal. X, v. 230).

volereau — La Font., I, 180, Fab., II, 16, dans H.D.T.; o tous les lexiques.

volte-face (ital.) — *tousles lexiques, sauf Duil. — Monseigneur le Comted'Harcourt... A fait depuis peu volte-face (Loret, l^"" avril 1656, v. 197-199.) ; Tous ceux de devant moy font d'abord volte face (Poisson, B"" de laCrasse, se. 2); Puis faisant volte-face assez loin de ce lieu, D'un grand coup de chapeau je lui fis mon adieu (Montfleury, Fem. Juge et part., a. 1, se. 2). Histoire de lu Langue française. IV. 33

S^4 IllSTOlUK DE LA LAKGUK FliANÇAlSE

vulnérable (lat.) — * Pom., Vuv., A. : il n'a point d'usago, A2 : on ne le dil guère qu'avec la negalive.

Zig-zag (orig. inc.) = appareil composé de lattes se développant sur des charnières. — *Rich., Fur., A., Th. Corn., A^. C'est aussi « une sorte de manchon de chat et de martre » (Rich.). — Vite, ce moment est propice, Mon Zig-Zag fera son office. Ce mot de Lettre mis au bout Instruit Isabelle de tout (Poisson, Le Zig-Zag, 1662, se. 6).

zinc (ail.) — Rich., sous la forme zin ou zain, dans H.D.T.; * Fur., A., Th. Corn., A2.

Observations. — La liste de néologismes qui précède est fort incomplète, j'en ai exclu un grand nombre de mots de « sciences et d'arts ». Il serait donc imprudent de fonder sur elle des calculs. Les mots de la langue littéraire ne sont pas, par rapporta l'ensemble de la production et de l'importation, dans la proportion que ces calculs feraient apparaître. D'autre part, et ceci rend impossible toute correction qu'on voudrait tenter en faisant un catalogue complet, il est certain qu'on trouvera un jour ou l'autre un assez grand nombre de mots relatifs à la vie et au travail dans des écrits antérieurs à l'époque où ils sont aujourd'hui attestés.

Mais s'il convient de s'interdire des pourcentages rigoureux, il reste légitime d'observer qii^un très grand nombre des mots notés appartiennent exclusivement^ ces langues techniques qu'on tenait si soigneusement à l'écart de la langue de la Cour. Il est bien évident que dans ces domaines l'autorité des puristes ne s'exerçait, ne voulait et ne pouvait s'exercer en aucune façon. La naissance de porte-crayon, séchoir, havre-sac ou thermomètre, ne dépendait eu rien d'eux. Leur autorité ne s'exerçait que du jour où les nouveauxvenus allaient frapper à la porte des salons et de l'Académie. Je les donne donc, parce que je ne fais pas exclusivement l'histoire de la langue littéraire, et que plusieurs de ces mots auront plus tard une place et une belle place dans la langue des meilleurs écrivains. Mais il importe de se souvenir — les brèves indications que j'ai données suffiront pour en avertir mon lecteur — que Tout ce qui était né n'était pas reçu. La grosse majorité des mots cités n'est pas considérée comme faisant partie de la langue. Bien peu, en particulier, parmi les mots de sciences, figurent dans le Dictionnaire de l'Académiej Il est arrivé pourtant qu'un certain nombre d'entre ces mots se sont fait naturaliser sans grande difïiculté.j Gomment n'eût-on pas accepté observatoire ? Le quinquina, pour être connu, n'a pas eu besoin du secours de La Fontaine. Une invention rapidement populaire, comme celle des voitures publiques, impose presque immé-

diatement le mot qui la nomme. Fiacre^ qui désig-nait ces voitures et leurs cochers, entra dans le langage de la comédie: Il y pénétra même plus facilement que tel vieux mot désignant une forme, depuis longtemps connue, de c/ia/'s. Aussi verra-t-on qu'un certain nombre de termes analogues, nés dans les écoles, les boutiques, les corporations, ont forcé sans peine l'entrée des Dictionnaires les plus réservés. Bivouac^ chocolat, convulsif, cravate, cuirassie/', gigue, insomnie, microscope, opéra, pendule, ritournelle, tabatière, vidangeur ^ }e mêle exprès les mots et les idées — cent autres qu'on trouvera plus haut, peuvent servir d'exemples. Leur succès prouve qu'aucune discipline ne ferme jamais complètement une langue à la vie, telle que les événements, les modes, les accidents, la font au jour le jour.

Quand on a éliminé des néologismes les mots techniques et les termes de la vie matérielle, le reste se réduit à fort peu de chose ; on constate que les conseils de prudence des théoriciens ont été respectueusement écoutés et suivis. Leurs contemporains n'ont pas partagé toutes leurs superstitions, ils se sont du moins contentés des nouveautés nécessaires. Sans se croire compromis pour avoir risqué un terme nouveau, ils ont évité d'en faire sans besoin et hors de propos. Les règles n'avaient point tué un instinct qui est immortel, elles lavaient du moins empêché de dégénérer en une fantaisie ; elles avaient même amené les écrivains à se défier du néologisme comme d'une faiblesse, le public à le fuir comme une marque de mauvaise éducation.

En revanche, si on considère les deux cents mots environ qui ont été créés dans les milieux mondains et littéraires, on se demande si vraiment ils avaient attendu jusque là pour naître, tant ils apparaissent comme nécessaires. Le déchet est extrêmement minime ', presque tous ont vécu -.

1. Cilons : cenlonier, dèsabusement , impécunieux, inexorabilité, insurprenable, nouvellizer, lurquerie.

2. Rannissable, bisbille, bondissant, bouderie, brusquerie, camaraderie, caractériser, cérémonieusement, chaumière, choquant, clairière, compatissant, complaisamment, complimenteur, concluant, considérablement, consolant, contestable, contretemps, coquetterie, déconseiller, démêlé, désagrément, désespérant, désobligeant, désœuvré, despotisme, drôlement, duperie, effacement, émissaire, emportement, enivrement, éraflure, espièglerie, étourderie, exagéreur, exprimable, factice, fanatisme, fatigant, fatuité, frivolité, gigantesque, griffonnage, hâblerie, héroïsme, historiette, hors-d'œuvre, hymen, imbroglio, impatienter, incartade, infamant, infériorité , insinuant , intéressant, interrupteur , intrigueur, insultant, imman- ([uable, impardonnable, impolitesse, improbation, inaccoutumé, inaction, inapplication, inattention, inconduite , incqntestablement , indéfendable, indispensable, indisposé, inexorablement, inexpérimenté, inexplicablement, infaisable, insurmontable, intact, intarissable, irréligieux, jaillissant, madone, mafflée, maladroitement

;H6 histoire di: la languk française

w J'ajoute que la forme de ces mots a dû fortement contribuer à leur succès. Sans doute, parmi eux, il y a quelques mots d'emprunt, mais en nombre extrêmement faible. Les barbarismes italiens, latins ou g-recs ne forment pas une poignée. C'est là un signe.. La conscience qu'a prise toute cette génération de la beauté de l'instrument qu'elle manie, lui inspire un orgueil incompatible avec l'idée d'aller chercher des richesses ailleurs. Et les bienfaits de cette indépendance sont ici faciles à constater, ^es mots ({u'on fait ont un caractère tout français, et ainsi, outre leur valeur intrinsèque, ils en prennent une autre." Si peu nombreux qu ils soient, ils conservent pour les besoins ultérieurs les procédés et les instruments de formation essentiels.

malagréable, mallionnêlelé^ mallionnélemenl , malinlenlionné, malproiivclè. rnAnigancer, marauder, marcheur, mentor, mésalliance, meurt de faim, mièvrerie, minauder, missionnaire, molus, nasillard, niable, obscénité, offensant, ordurier, oremus, pamphlet, parsemer, pendaison, pétaudière, polisson, politiquer, pont-neuf, populariser, porte-jupe, pose, resserrement, retracement, révérende a sèment, ridiculiser, rivalité, romanesque, rougeaud, ruineusemenl, saisissant, salissant. ssUon, satisfaisant, sautiller, saveter, savoir-faire, savoir-vivre, scélératesse, sortant, sottisier, soubrette, souffre-douleur, suprématie, suprêmement, svelte, système, tapage, tatillon, temporisement, ténébreusement. tolérant, tortillard, trarassier, traitant, traiteur, tranquilliser, trivialement, trotte, Irottin. trottiner, tuant, urbanité, vaguement, verbiage, version, vétilleux.

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