‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 176 sur 189 · Pour abrègement voir tome III, p · texte numérisé non relu

Pour abrègement voir tome III, p

exemple, à la matière subtile de M. Des Cartes, quand on parle des nouvelles de la guerre. Distrait au contraire dit une personne qui écoute ce ([uon dit, mais qui n'y donne pas une attention entière. Ils se confondent quelquefois » (Bouh., i?em., 468-470).

abstrus, ne se dit qu'au figuré, mais se dit avec grâce (A. de B., Refl. , 17). —

* Rich., Fur., A. : n'est en usage que dans science abstruse, sens abstrus,

acabit, barbare pour sorte, nature(N. Berain, N.Rejn., 243-244). — *Rich. : se dit des viandes. Fur. : bonne ou mauvaise qualité d'un fruit. Quelques uns le disent aussi des viandes et des étoffes, A. : se dit surtout des fruits et des légumes. UEnterr^ condamne l'emploi figuré : un auteur de cet acabit (144- 145). Voir L., H.D.T.; O Hug.

acacia est signalé comme nouvellement introduit on même temps que l'arbre (Bouh., Dout., 55). La forme seule était nouvelle. — * Rich., Fur., A.

académie — Fur. trouve que c'est l'employer abusivement que de s'en servir pour un berlan, ou un lieu public où on reçoit toutes sortes de personnes à joiier aux dez et aux cartes. Sens accepté par A. — il vit faire de sa maison une académie de jeux défendus (Regnard, Div., a. III, se. 6) ; (Elle) Donne de grands Cadeaux, fait la grande joueuse, Et tient Académie (Poiss., Fem. coq., a. I, se. 6). Ce sens était déjà dans Chapelain (G. d'Alf., III, 247). Plusieurs livres de l'époque portent le titre d'Académie des Jeux.

acajou — O Rich., Fur., A., A^ ; * Th. Corn.

acariâtre est dv\ style simple, suivant Rich. ; Fur. rappelle le sens ancien de folle; donné sans observation par A. — Le Combat fut aca/'j;?<7"e(Loret, 7déc. 1658, V. 161) ; Les Bordelois acariâtres (C'est encor pis qu'opiniâtres) (Id., 31 mai 1653, V. 155-156 ; cf. Th. Corn., D. Bertr. de Cirj., a. IV, se. 2).

accablant — personne accablante esl une expression nouvelle delà Clélie et de Cyrus, d'après Sorel [Conn. des b. liv., 1671, 362). — O Rich., Fur. ; * A. : incommode, importun.

accablement -r- Le sens propre [accablement d'une maison tombée) est blâmé par A. de B. (Refl., 18) ; cf. Fur. et A. ; H.D.T. cite Fr. de Sales. - Au sens figuré, le mot, considéré à tort comme nouveau par Sorel {Conn. des b. liv., 1671, 363 et ailleurs), est partout. — Cet accident. . .leur fut comme un accablement (Segrais, Nouv.fr., 4^ Nouv., 124).

accagnarder (s') était encore dans Duillier ; il n'est plus dans G. Miege ni Richelet ;* Fur., A., qui déclare le participe bas ; « rude à prononcer. . . trespopulaire et de province», dit Grimarest [Comm. de Lelt. cur., 174).

accastillé =z vaisseau garni de ses châteaux, donné par Fur. sous accastillage ;

* Th. Corn.

accélérer, accélération — Ce mot est considéré à tort comme nouveau par A. de B. d'après lequel il n'est pas assez établi, et doit être réservé à la Philosophie [Refl., 18). Cf. tome III, 144.

acceptable — G Rich., A. — UEnterr^ repi'oche à l'A. cet oubli (peut-êli'e volontaire) on dit très bien : ces propositions sont acceptables (171 ; l'exemple est dans Furetière).

acceptant — O Rich., A. — L'Enterr^ reproche à ]'A. d'avoir oublié ce mot nécessaire à toutes les transactions, et qu'elle-même a dû employer dans le contrat par lecpiel elle a cédé son privilège à l'Imprimeur (172)

accoler — * Rich., Fur., A. ; Rich. signale que les mots accoler, accoler la cuisse sont vieux et ne se disent qu'en riant. — Cinq ou six fois il Vacola (Loret, 2 juin 1637, v. 175); Asseurez-vous de ma parole. Et souffrez que je vouscicco/e (Richer, Ov. bouff., 69). — Ce mot s'emploie aussi comme terme de blason. — * Fur., Th. Corn. ; e A. (cf. VEnterr\ 173).

accommodement « n'a que deux significations en nostre Langue. On dit dans le propre, les accommodemens d'une maison. . . On dit dans le figuré, accommodement, pour réconciliation. Mais on ne le dit point. . . pour signifier : commodité ouinterest»; chercher son accommodement et son avantage particulier (Bouhours, Rem., 203-204). Alemand n'est pas de cet avis (G. civ., 29-31). — * Fur. et l'A., qui donnent les mêmes sens que Bouhours, Rich. note seulement le sens figuré.

accommoder, au sens de maltraiter* Fur., A., du style simple d'après Rich. — Je veux faire aboyer tous nos chiens après lui; Avant que de sortir, je veux qu'on l'accommode (Montfleury, Ambigu com., 3*' interm., 16).

accortise relégué dans le B.F., n'est plus dans Rich. ni A. ; Furetière le cite avec accortement dans l'article accort, en les indiquant comme vieillis, (Cf. La Mesnard., Poes., 179; Loret, 22 mars 1664, v. 213); A^ le reprend aussi, en le signalant comme peu en usage. L. en cite des exemples de S*-Simon, et même un de Voltaire.

accostahle — Ce mot vieillit. — Un Homme accos<aZ)/e, pour dire de facile accès (A. deB., Refl., 20). — * Rich., Fur., A. ; voir L. et H.D.T. — Cy gist qui tenoit bonne table, Doux, facile, honnête, acostable (Bensserade, OEuv., I, 206). Cf. Richer : une belle Nymphe accostable [Ov. bouff., 116).

accoter (s') — incorrect pour s'appuyer (Marg. Buffet, Nouv. Obs., 29). — * Rich.: vieux mot, Fur., A. ; * L., H.D.T. ; e Hug. Cf. tome IH, 144.

accoucher, au sens figuré, est du style simple seulement, d'après Rich. ; * Fur., A, — j'accouche d'un dessein (Regnard, Lécf. univ., a. IV, se. 2 ; cf. Montfleury, Ambigu com., l""" interm., 4). Bossuet dit accoucher d'un dogme, en empruntant le mot à Jurieu {Avert. aux P rot., VP, § vu, p. 639).

accouplement « se dit proprement de la conjonction des bestes; pour adoucir en quelque façon ce mot, j'aurois mieux aimé lui donner l'épithéte de divin que celle de fatal « (Ménage, Ohs.surMalh., 11,219-220). — * Rich., qui est d'avis qu'en dehors du sens propre on doit l'adoucir ou le relever par quelque épitete ; Fur., A. donnent sans observation l'emploi contesté.

accoutrement est du style simple d'après Rich. — Ce terme ne peut guéres avoir de place que dans le Burlesque ou le Stile bas, non plus que le verbe accoustrer (A. de B., Refl., 20). Il ne se dit que parmi le peuple (Fur.). Il est vieux (A.) *.

1. Ce dernier mot (accoustrement) est vieux et Tonne se sert plusd'accou^reme/if ni d'accoustrer . Il etoit encore bon du tems de la Reine Marguerite, tesmoin le sonnet delà Roque de Clermont, qui etoit le poëte de cette Reine et qui l'avoit fait sur le Blason des couleurs (Chevreau, Ms. Niort, 161, dans Boiss.).

accoutrer = au propre, habiller; au figuré, maltraiter. Du style simple dans les deux emplois (Rich.). Il est vieux au propre (Fur., A.). Fur. lacccple au sens figuré, mais l'A. ajoute : 11 ne se dit que par manière de raillerie. — Il se rencontrait au sens propre dans Chapelain [Guzrn. d'Alf., III, 437, 5H). Cf. Loret, 15 sept. 1652, v. H5 ; 9 fév. 1659, v. 122.

accoutumance, déjà discuté dans la première partie du siècle (Voir tome III, 104), l'est encore. C'est un méchant terme pour Marg. Buffet {Nouv. Obs., 60), mais Bouhours assui'e qu'il se dit plus que jamais {He?n., 594). Alemand l'approuve et signale le mot dans les livres de MM. de Port-Royal, chez la Rochefoucaut, l'Abbé de la Chambre. Il n'y a que M. Corneille le J. qui soit hostile à ce mot (G. civ., 32-35). Renaud affirme aussi qu'accoutumance est de nouveau en usage [Man. de parler, 97). — * Rich., Fur., A,

accouvé, n'auroit pas dû être obmis par l'A., s'il n'a point d'autre défaut que d'estre vieux et populaire [Enterr^, 173-174). — O Rich., A. ; * Fur. : bas et vieux.

accréditer = mettre en réputation. — * Fur., A., Rich. ne l'admet que dans le style simple. — Et, voyant contre Dieu le diable accrédité (Boil., Ep. XII, V. 61) ; Son beau-pere trés-accredité auprès de Darius (Ross., Hist. Univ., 64) ; le plus accrédité d'entre eux (les ouvriers) (Id., Ib., 371).

accrocher est, d'après Richelet, du style simple dans le sens d'attraper par adresse, empêcher qu'une chose ne se termine. Le deuxième sens est dans Fur. et A.

accueillir — Après que Vaugelas eût prescrit de ne l'employer qu'en bonne part, on ne sut plus du tout comment s'en servir (II, 10). Car le P. Bouhours le considère comme presque passé et ne s'employant qu'en mauvaise part {Rem., 591). Alemand croit plus sage de s'en abstenir, cependant, il pourroit entrer en mauvaise part dans le stile relevé, et en bonne part dans le sublime et le moyen, mais à condition que l'endroit soit bien préparé (G. civ., 40-41). Andry constate que certains évitent de dire: il a esté ])ien accueilli/, mais il écrirait: je me \is accueilly d'une gresle épouvantable (liefl., 20-21). Pour Richelet, on ne s'en sert plus qu'en bonne part, mais rarement. L'A. admit tous les sens, Fur. celui de recevoir favorablement. Le mot fut sauvé. — Il se verra en fin accueilly d'une centaine de mal-heurs (Car., Doctr. cur., 992); cf. Eh! Monsieur. — La tendresse m'accueille (Regn., Lég . univ., a. V, se. 8) K

accumulation — God. le cite au xiv« s. ; O Rich. ; * Fur., A. — L'on peut dire accumuZa^ton de richesses (Renaud, Man. de pari., lOS).

achalander — Il n'y a guéres que le peuple qui parle de la sorte ; on dit

accréditer (A. de B., Re/l., 21). — * Rich., Fur., A. — Cette hostellerie...

estoit des plus hantées et des mieux achalandées de la ville (Chap., Guzm.

d'Alf., III, 424).

acheminement — Action de celui qui s'achemine; en ce sens propre, vieux et

peu en usage, dit Rich. Ce sens manque en effet dans Fur. et A.

1 On le Irouvaitantérieurmenl au sens de recueillir, amasser — (je) mis une pierre mouvante quin accueille point de mousse (Chap., Gnzm. d'Alf., III, 72). Je nai pas d'exemple postérieur à 1660.

achevé se dit des choses, il est alors pris en bonne pari, et des personnes, en cecas, il est pris en bonne ou en mauvaise part (Rich.; cf. Bouh., Rem., 50;') eiEnferr^, 177). — J'amène pour ma sœur un mari d'importance, C'est un homme achevé, cadet, mais de naissance (Montfleury, Coin. Poète, a. II, se. 5) ; C'est un àne achevé, blessé par le cerveau (Id., Dam. inécL, a. Il, se. 6).

acoquiner est du style simple au sens de accoutumer (Rich.). Ce sens est dans Fur. et A. Cf. Livet, Lex. de Mol., qui cite des exemples, et surtout Furetière. Ajoutez : Celuy qui t'a donné le pi-emier (l'aumône) t'a perdu, parce qu'il l'avoit acoquiné (P. d'Abl., Apopht., 292).

acquêt — Bérain le distingue de con(/i/(?<. Celui-ci désigne seul ce qui s'acquiert pendant le mariage (30-31). — Rich. considère acquêt comme un terme de Palais : Fur. lui donne d'autres sens : bénéfices, achats. Cf. A. — Comme terme de droit, il entre dans le Légat, univ. de Regnard (a. IV, se. 6); Scarron avait joué sur le sens : Ce Roy donc que je dis, en qui seul tout abonde, Dont l'esprit chaque jour fait ac(/wes/s et conquests... Peuples, c'est vôtre Roy [Œui\, I, en tête : Le Roy). Voir L. et cf. : ton pi^emier acquest Doit estre du moins un Rocquet (Loret, Po. hurl., 68).

acquiescer — Terme excellent, dit A. de B.,qui le défend contre des auteurs trop scrupuleux [Befl., 21). — * Rich., Fur. : terme de jurisprudence ; l'A. l'accepte sans observation.

acquit patent — VEnterr^ reproche à l'A. de l'avoir écarté, quoique ce ne soit pas un mot d'art (180). — oRich.; *Fur. ; O A. ^ — Ou le trouvait en poésie: Mon foible esprit ne songe que Finances; Qu'Acquits Patents; que Brevets, qu'Ordonnances (Scudéry, Po. div., 254); Vous qu'on peut dire plus de mille Beaux Courtisans, Qui briguez les acquits pattans {Airs et Vaud. de Cour, I, 88, air de ballet. Cf. Loret, Po. hurl., 31). .

acravanter est un mot d'une terrible prononciation pour des personnes qui flatent la leur (Grimarest, Comm. de Lett. cur., 175). Voir tome III, 125.

acteur, comédien — Le premier ne se prend jamais en mauvaise part. Toutefois il se dit de quelqu'un qui a eu part à une affaire mêlée d'intrigue et d'embarras (Bouh., Rem., 131-132).

action^ — ISEnlerr^ remarque que le Dict. de l'A. ne donne pas le sens de combat, bataille, qui était nouveau (181). — G Rich., Fur., A. — On le trouve dans Scarron au sens d'exploit guerrier : Et cette dernière acito/ijQui plus que le Soleil éclaire, Est comme ce grand Luminaire Connue à chaque Nation {Œuv., I, 202). L. v° action, 8, cite Pellisson. — Le sens de combat est très commun chez Bossuet : après la mémorable action de l'Isle de Ré {Rec. des Or. fun., 1699, 28-29, Or. fun. de la R. d'Angl.); il se multiplie dans une action : ni le fer ni le feu ne l'arrestent {Ib., 491, Or. fun. de Condé) *.

1. Acte vicieux — Nous disons un homme vicieux, mais il me semble qu'on ne dit plus acte vicieux, et je nimiteray point ceux qui le disent, quoi que nous disions : Un acte devant Notaire ^les actes des Apôtres; L'acte d'une pièce de Théâtre ; commettre des actes d'hostilité. Quelques-uns le trouvent pourtant fort poétique : et j'avoue qu'en vers action a quelque chose de plus lanji^uissant. Mais si l'on peut fort bien dire en vers: Et nos actes guerriers, je ne conseilleray pourtant à qui que ce soit de l'écrire en prose (Chevr., Ms. Niort, 109, dans Boiss.).

actuellement — Le seul sens connudeRich. esleiieffet. Même chose dans Fur. et A. L'Apothéose observe qu'il est synonyme de présentement (33). L. cite Bossuet. Mais dans tous les exemples que j'ai remarqués chez cet auteur, actuellement équivaut à en efTet, en réalité.

adapter, mot un peu vieux, on dit apliquer (Rich.) ; * Fur., sans observation, A.

adhérer est du style simple, suivant Rich., Fur. ditqu'il n'est guère en usage au propre que dans le dogmatique et enMedecine.il accepte au figuré : adhérer aux Hérétiques. L'A. donne les deux sens. — Et c'est le bruit où plus j'adhère (Loret, 8 août 1654, v. 180) ; la chair a une partie de l'esprit qui luy adhère (Boss., Est. d'Or., 197) ; pour adhérera la vérité (Id., Ib., 153).

adirer =: égarer — O Rich., A. ; * Fur. comme terme de Palais. h'Enterr^ regrette que l'A. l'ait oublié (183) ; * Th. Corn.

adjudicataire — * Rich. : terme de palais. Fur. ; O A., Th. Corn.

adonner — UEnterr^ signale un vieux sens, écarté par l'A.: Je vous prie de passer par là, si vôtre chemin s'y addonne (182) ; O Rich., A. ; * Fur.

adulateur, malgré son ancienneté, est presque considéré comme un néologisme. — Ce mot est unpeuhardy, il est meilleur en Poësie qu'en Prose (A. de B., Refl., 32.) M. Desmaretz ne peut souffrir ce terme qu'il ditestre écorché du Latin, ...adulateur esl en usage dans nos Livres, et M. Ménage soutient avec raison qu'il est fort bon et fort François (Alemand, G. civ., 62-63. Cf. Def. du Po. Her.,H~). Le mot parait encoi-epeu établie Renaud (Man.de parler, M^), et Bellegarde ne sait si les dames l'entendent bien (Eleg., 265). — *Pom., Duil., B. F., Fur. : ce mot n'est gueres en usage qu'au pays Latin, A., A-. — Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère (La Font., II, 133, v. 35) ; adulateurs a outrance (Mol., III, 415, Impr., se. 4). Alemand cite Boileau : Du Tiran soupçonneur ^k\e?, adulateurs [G. Civ., 62).

adulation est discuté comme le précédent. A. de B. accorde qu'il a souvent de la grâce en prose (Refl., 32) ; Alemand l'accueille et cite en exemple Bourdaloue, mais il reconnaît que le mot, comme celui d'adulateur, « n'est gueres propre pour le discours ordinaire et familier » (G. civ., 63-64). Bellegarde en juge comme d'arf«Z3<eur,etciteS'-Evremond {Eleg.,2&^). — * Duil., B.F., A^.

aduste pour brûlé, n'est d'usage qu'en Médecine (A. de B., fie/?., 32). — * tous les lexiques, mais à partir de Rich. , il est noté comme terme de médecine. — C'est avoir le sang trop aduste (Loret, 25 mars 1662, v. 255); ...D'un sang aduste Proviennent quelquefois ces inégalitez (Le Boulanger de Chalussay, Elomyre hypocondre, a. II, se. 6). Cf. tome III, 192.

advertance n'est pas en usage, quoy que, inadvertance y soit (A. de B., Refl., 32). « On n'a pas besoin d'estre averti que ce mot ne se dit pas » (S'-Réal, De la Crit., 324). — * Pom,, G. Miege, Th. Corn. : vieux mot ; *L., Suppl'.

aéré s'était employé au sens d'aérien. — Mais on ne fait point mention Combien cette aparution Eut dans la région œrée De subsistance et de durée (Loret, 27 oct. 1663, V. 133-136) ; ...cette flâme aërée, Si blême et si peu purpurée (Id., 19 fév. 1661, V. 249-250). — Ce sens n'est plus dans aucun lexique. Quant au sens de : exposé en bon air, qui se trouve donné par Fur., A., A^, il est contesté par Rich. : il faut dire une maison qui est en bel air.

affable et affabilité ne sont plus guère dans le commerce des gens du monde, ils ont été remplacés par honnête et honnêteté (de Callières, Bon el inauv. us., 173 ; voir Schenk, o. c, 4-o). Bouhours les acceptait, malgré Patru {Suite, 184). — *Pom., Duil., G. Miege, Rich. : un peu vieux. Fur., A., A^, • — Ces affables donneurs d'embrassades frivoles (Mol., V, 446, Mis., v. 45) p Lui, parmi ces transports, affable et sans orgueil, A l'un tendoit la main,, flattoit l'autre de l'œil (Racine, III, 689, Ath., v. 1525-1526).

affaire et goût — On ne se sert pas seulement du mot d'affaire pour exprimer un combat, on s'en sert encore fort heureusement pour l'amour; et quand um homme galand dit : Tay une affaire, cela veut dire parmi les Courtisans, J'ay une galanterie ; ils font encore différence entre une affaire, un goût, et une passion, ils entendent par une affaire, un commerce réglé, et un attachement d'une longue suite, et par un goût, une simple inclination et un amusement passager qui ne détruit point une véritable passion (de Callières, Mots à la Mode, 15-16; voir Schenk, o. c, 4-5). — affaire, en ce sens, *Rich., Fur., A. et A^. Quant au mot goût, il ne se trouve pas dans les lexiques avec ce sens particulier. — ces femmes qui croient que le péché n'est que dans le scandale, qui veulent conduire doucement les affaires qu'elles ont sur le pied d'attachement honnête, et appellent amis ce que les autres nomment galans (Mol., III, 404, Impr., se. 1). — Dans un sens très voisin de celui qui est indiqué pour le mot goût, on trouve : Il y a encore un nigaud de Normand... qui a du goût pour moi (Regnard et Dufresny, La Foire S^-Gerniain, a. I, se. 2). On pouri^ait en rapprocher l'exemple d'A^ : il a beaucoup de goust pour cette personne là.

affaler — Jal, Gloss. naut., dans II. D. T. ; *Pom., Fur., Th. Corn.

affamé — Dans Bary on trouve souvent l'expression : chute affamée pour désigner une fin de période trop brusque. Il l'eproche à un auteur d'affamer la diction en suppi'imant trop de mots qui ne sont pas indispensables {Secr. de nostre Lang., 151 ; cf. 149, 155). — * Fur., A., A^. — N'entendre pour tous vers qu'une prose affamée, Pleine de quolibets, et pauvrement rimée (Montfl., Proc. Fem. Juge et part., se. 2) *.

affectif n'était pas accepté par Bouhours, malgré le livre de la Théologie affective {Suite, 23) ; Andry lui reproche d'avoir confondu deux sens différents : « affectif est ce qui produit des sentimens touchans, affectueux est ce qui contient les affections mêmes ou qui les exprime » {Suite, 8). — * A. : son plus grand usage est dans cette phrase, théologie a^ec/tt'e ; A^ : n'a guère d'usage qu'en parlant des choses de pieté. — Quelle oraison donc encore un coup est en péril ? est-ce celle qu'on nomme affective, à cause qu'elle s'exhale comme un encens en pieux désirs, en saintes affections (Bossuet, Div. ecr. sur les Max. des S., 48) ; vingt femmes... qui croyoient chacune être en droit de l'embrasser. Cela fit une confusion,... une suffocation. ..- tout cela soutenu parles tons les plus hauts et les paroles. . . les plus affectives qu'on puisse imaginer (Sévigné, III, 469).

affection — Bouhours ne veut pas qu'on joigne un verbe à affection et qu'on dise : j'ai une grande affection de vous servir ; il faut dire : une grande pas-

1. Chevreau trouve fort belle la figure affamée de massacres, qui est dans les meilleurs auteurs de l'Antiquité (Ms. Niort, 82, dans Boiss.).

Histoire de la Langue française. l\. 38

sion (D., 72-73). — L'expression est admise par A. — A. de B. signale un emploi particulier du mot : il se prend aussi quelquefois pour les qualitez et les changemens différens, qui arrivent aux choses, comme loi's que l'Auteur des Réflexions sur la Physique dit : on a trouvé l'art d'observer toutes les différentes affections de l'air par le Thermomètre [liefl., 34). — Ce sens n'est dans aucun lexique.

affeclionner est accepté par Bouhours avec un nom de chose pour complément (/?e7n.,29). — *tous les lexiques. — c'est une affaire qu'elle c(//'("r<«on/ie extrêmement (La Roch., III, 27). — Bouhours trouve mauvais l'emploi du mot avec un complément de personne, surtout quand il s'agit d'un supérieur [Rem,, 29 et suiv.). — * tous les lexiques, sauf Duil. — Enfin Bouhours cite un autre sens, celui d'intéresser, ainsi : « les faiseurs de comédies doivent affectionner les spectateurs à leurs i)rincipaux personnages » (//>., 30). — Ce sens O tous les lexiques. II. D. ï. en cite un exemple du P. André au xviii" siècle.

affectueusement — Vaugelas lui préférait affectionnément (voir tome III, 350). Bouhours l'accepta [Suite, 23), mais ce ne fut pas la fin des résistances : on le signale parmi les mots qui ne sont plus en usage (L. de Teraplery, Gen. et Pot., 226). Aux yeux d'AIemand c'est un mot qui se dit, mais qui est douteux, [Nouv. Hem., ;i04). — *Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., A^.

afficheur — Rich., dans H. D. T. ; * Fur., A., dans les additions, A^.

affier ^= assurer, n'est plus que dans le B. F. — Je vous affie Et certifie (La Font., VIII, 442, v. 37-38). — H. D. T. indique aussi le sens de se confier et cite Dancourt [Opér. de Vill., se. 6).

affiner = surprendre par quelque finesse — En ce sens, le mot est signalé comme bas par l'Académie ;* Pom., G. Miege, Fur., A., A^. — Pour fin que vous soyez, Monsieur, on vous affine (Th. Corn., Am. à la Mode, a. III, se. 2) î notre maître Mitis Pour la seconde fois les trompe et les affine (La FonL, I, 257, V. 35-36) ; C'est un grand cas quand on m'affine (Id., VII, 130, v. 81).

affluer — Quelques-uns évitent ce mot, comme un peu vieux ;... affluence néanmoins est fort bon (A. de B., Refl., 39). Grimarest reproche à Furetière de dire : les délices affluent dans la Cour de France [Comm. de Lell. cur., 177). — *Pom., Duil., Fur., A., A^.

affoler avait été soutenu par M^'^ deGournay : Que logerons-nous... en eschange d'affoler, qui sonne par fois autre chose que forcener (0., 427. Voir tome III, 144). Le mot se maintint. Mais il perdit son sens de blesser, qu'on trouve encore dans Pom., Duil., G. Miege, et qui est indiqué comme hors d'usage par Fur. — Il m'a... toute affolée (La Font., V, 374, v. 169); Mais prends garde, je te conjure. Qu'il ne t'affole la fressure (Id., IX, 182, v. 18-19). — Richelet dit : mot vieux et comique, pour dire blesser, mais il ne donne que l'expression : affolé d'amour. Dans ce sens figuré, * Duil., Rich., Fur., A., A"^. Ces deux derniers lexiques ne l'acceptent que dans le style familier. Pour les exemples, voir le Lex. de Mol. par Livet. Furetière donne aussi le sens de devenir fou : il y a longtemps que cet homme a l'esprit déréglé, mais il aflfole tous les jours. En ce dernier sens A. et A^ disent affolir, et réservent le mot au style familier.

a/Tburc/ie/^ enfourcher — Là-dessus arrive Romule,Qui... Affourche une quin-

teuse mule (St-Amant, II, 403). — O tous les lexiques, sauf Fur., qui le considère comme un terme de marine.

affres est un mot hors d'usage et connu même de peu de personnes (Grimaresl, Comin. de Let. cur., 178). — * Pom., Duil., B. F., Fur., A. : il vieillit, A^: id. ;* L., qui cite S'-Simon ; — après les afres de la mort, elle ressentit toutes les horreurs de l'enfer (Bossuet, Bec. des Or. fun., d699, 327, Or. fun. d'Anne de Gonzagne). Voir tome III, 144.

affrioler est signalé par le Dict . des Halles (80). — * Duil. : vieux et bas, B. F., Fur. : populaire, A. : bas, A^ : id. — en peu de temps il y fut fort affriolé (Fur., Rom. bourg., I, 161) '.

affronter avait eu le sens de : offenser, insulter. — * Duil., G. Miege. — Est-ce courage à un homme mourant, d'aller, . .. affronter un Dieu tout-puissant (Pascal, Pens., éd. Havet, II, 107 ) ; Je sçai que toutes deux ont droit de m'épouser ; Mais qui dois-je choisir, Qui puis-je refuser ? 11 faut qu'une des deux souffre que je l'affronte (Quinault, les Rivales, a. V, se. 6). Les exemples fournis par Hug. et par Livet dans le Lex. de Mol., se rapportent presque tous au sens de mystifier, tromper.

affubler est considéré comme vieux ou burlesque par tous les lexiques à partir de Rich.,* Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., A- ; *L., qui cite S*-Simon, Il.D.T., La Fontaine et Ch. Perrault. — Affublez une mariée de village d'un manteau royal... elle en sera seulement plus ridicule (Cotin, Crit. desintér., 1666, 53, Nouv. coll. Moliér.); II veut auparavant que d'affubler le froc... (Baron, Le Jaloux, ac. IV, se. 11) ; Ce Protée aussitôt s'a/^u6/e d'un surtout (Regnard, Ep. au M'^ de ***). Voir tome III, 144.

affût — Etre à l'affût est une expression basse dans le style figuré (Bellegarde, Eleg., 139). — O Rich. ; *Fur., A., A^; * L., Il.D.T. ; e Hug.

affùteau (L.et H.D.T.le donnent sous la forme affùtiau) ; O tous les lexiques. C'est un motpatois : Je ne sçaurois trouver vos affusteaux [YidiWievoche, Crisp. med., a. II, se. 6).

âge — « Avec Vâge ne se dit qu'au sujet de choses un peu considérables..., s'il ne s'agissoit que d'une bagatelle", ce seroit parler fort improprement, que de dire qu'on l'a apprise avec Vâge : comme de dire, par exemple, avec l'Auteur des Remarques nouvelles, qu'on a appris avec l'âge, qu'aucun terme ne pouvoit exprimer ce que signifie temporisement ; avec le temps eut été meilleur dans cet exemple » {A. de B., Suite, 13-14).

agence — Fur., dans H.D.T.; 0 Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; * A., A^ ;

* L., qui cite Massillon et S'-Simon.

agenda était nouveau (Voir tome 111,218), — G Pom. ; * Duil. ; O G. Miege;

* Rich., Fur., A., A^. — Mais je n'ay ni billet, ny mémoire Et, depuis long-temps, je n'ay vu Mon Agenda si mal pourvu (Loret, 13 mai 1662,

v. 13-15); N'ayant jamais eu, comme aucuns, D'Agendas, ny de lieux communs (Id., 13 oct. 1663, v. 31-32).

aggraver = rendre plus pesant — * Pom., Duil., G. Miege. Le mot n'est plus donné par les dictionnaires postérieurs qu'au sens de : rendre plus

1 . Le mot est sous friand, après affriundé, mais il a été oubhé dans la table.

grave. — les yeux encore aggravés (La Font., IV, 382, v. 46); Pourquoi aggravez-\ous votre fardeau ? (Bossuet, Pensées détachées, 12, dans L.).

Agnès — Le nom devient synonyme d'ingénue — Se vigne, 813, dans H.D.T. ; O tous les lexiques.

agrégée tas, monceau — L'auteur de V Apothéose soupçonne ce mot, du moins en ce sens, de venir du pays latin et des écoles de la pédanterie. Dans le beau monde, on ne dit jamais un aggregé de bled, mais un tas de bled. En fait, ce mot ne s'emploie qu'au figuré, avec le sens d'associé : Monsieur tel est aggregé au Collège de Médecine (36-38).

agrouper est un terme de peinture, mais grouper est plus usité depuis quelque temps(Rich.); O Fur., A. — Les contrastes savants des membres agroupés (Mol., IX, 545, Gloire du Val-de-Grâce, v. 116). Le mot était dans les lexiques de la première partie du siècle*.

aguet (Voir tome III, 144). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. avec f, Fur., A^. Le mot est donné par A. dans la table, mais il ne se trouve pas à sa place sous guet. — ... à toute heure Son Eminence... Fournît, pour le Siège susdit, Malgré les aguets aversaires, Toutes les chozes nécessaires (Loret, 24 août 1658, v. 254-258); ... un coup du mousquet. Qu'un Dunkerquois tira, d'aguet (Id., 22 juin 1658, v. 179-180); Exposée aux aguets des rusés séducteurs (Mol., III, 200, Éc. des F., v. 546). Voirie Lex. de Mol. par Livet.

aguimpé — La Font., Contes, Mazet, dans H.D.T. ; O tous les lexiques; c'est un archaïsme.

ahan (Voir tome III, 144). — Peine qui fatigue le corps, et qui fait quelquefois perdre l'haleine, n'est guère en usage que parmi le peuple de Normandie (Grimarest, Comm. de Let. cur., 180). — *Duil., B. F., Rich., Fur., A. : bas, A- : id. — Et que le vent de son haleine Qu'il poussoit d'ahan et de peine (Richer, Ov. boufjf., 609). Il était très commun chez les burlesques.

ahanner donne lieu à la même critique de Grimarest. — *Duil., B. F., Fur., A., Th. Corn. : ahaner la terre, sous ahanable, A^.

aider — La formule du serment : se rnaist Dieu n'est plus que dans Furetière qui le donne sous la forme : ainsi m'aist Dieu. Cf. ses Factums, (I, 313.) On trouve dans B.F. la forme niédieu. C'est un juron qu'on ne comprend plus. Cf. çamon.

aigrefin := chevalier d'industrie — H. D. T. cite à tort comme premier exemple, 1698, Dancourt, Curieux de Compiègne; O tous les lexiques. — Les Cartes dans leurs mains sont d'abord corrompues... ; Quels aigres-fins, tu-dieu (Poisson, Fem. coquet., a. II, se. 7) ;... Je l'ai laissé là-bas Avec ces aigrefins que je mène à l'armée ; Qui lui soutient au nez du tabac en fumée (Montfleury, Fille Capit., a. V, se. 3); Où prendrons-nous Un aigre-fin bien dru, dont la mine soutienne Ce que nous prétendons (Id., Trigaudin, a. IV, se. 2).

1. Livet signale le mot dans Rich. sous rjroupe; il est exact qu'il s'y trouve avec la remarque citée plus haut, mais agrouper figure aussi à sa place alphabétique. Le B.F. donne bien s'agrouper, mais le traduit ainsi : a horse to knit and gather himself close together, as if he would yerk out behinde ; comme on le voit, s'agrouper est mis ici pour : s'accroupir. Voir d'ailleurs au mot To knit : The horse knits, i. e. draws upthe hinder parts, le cheval s'accroupit.

aimer mieux et aimer plus — Bouhours n'acceptait pas le premier comme terme d'amitié, mais seulement comme synonyme de préférer, sans aucune idée d'amitié. Cette opinion parut en général subtile et inexacte (Ménage, 0., II, 158 et suiv.; Alemand, G. civ., 84-89). Renaud ne sait pas si l'on poui'rait dire aimer le mieux au lieu de le plus [Man. de Parler, 513).

air (Voir Tome III, 66, 260). — Le mot continue d'être à la mode ; de Callières cite de nombreux tours : cela a Vair de qualité [Mots à la Mode, 64 ; voir Schenk, o. c, 6-7) ; messieurs du bel air (Ib., 75 ; voir Schenk, o. c, 19) ; du tabac de bon air {Ib., 187 ; v. Schenk, o. c, 24) ; de Vair dont je suis, je ne puis avoir vu ce temps-là [Ib., 50 ; v. Schenk, o. c, 64-65) ; se donner des airs (Ib., 71 ; v. Schenk, o. c, 55), etc. Cette vogue avait été constatée

. par Bouhours [Enir., 91) ; au temps de Leven de Templery, bel air est devenu ai'chaïque (^Gen. et Pol., 33). — L'expression se c/o/jHerf/esaj>s « quand on ne met rien au bout, usée à la Cour »... avoit passé aux femmes de la Ville (de Callières, Mo^s à la Mode, Il et suiv. ; v. Schenk, o. c.,55). — *tousles lexiques. — On trouve des exemples partout. Voir Ilug. et surtout le Lex. de Mol. par Livet.

Andry distingue entre les trois mots air, manières, façons. « Air veut dire je ne sçay quoy qui paroist en un instant que la nature donne, et qu'on ne peut bien définir; les manières font entendre que toutes les paroles, et que toutes les actions de la personne à qui on les attribue sont agréables, plaisent et doivent piaille... Mais pour avoir les manières charmantes, il s'en faut faire une heureuse habitude. La raison y a sa pari, et la nature toute seule ne les peut donner;... Les façons ont un grand penchant à estre prises en mal... Et je mettrois volontiers les façons avec les minauderies [Refl., 293-4).

ais, planche de bois — A Paris les Menuisiers se servent plus communément du mot de Planches,... les Charpentiers... de Ais (Félib., Princ. de VArchit. , 465). Ais n'était-il pas plus poéti(|ue ? C'est lui que préfère Boileau [Sal. VI, V. 33; A. poét., III, v. 73 ; Lutr., I, v.l61 ; IV, v. 227 ; V, v. 206). — * Rich., A.; e Th. Corn.; * A^.

aisance — Plusieurs personnes du monde se servent de ce mot, et entendent par là un air aisé et dégagé... On dit aussi, si on en croit le Dictionnaire universel : Donner de Vaisunce à quelque chose... Aisance signifie encore commodité : ...des devoirs qui ont rapport aux choses d'où dépend l'aisance de la vie, ou qui peuvent luy donner de l'éclat. Il y a pourtant des gens délicats c{ui ne peuvent souffrir ce mot à cause de la signification qu'il a au pluriel (Bouhours, Suite, 279-280). — Au premier sens*Pom., Duil., B. F., A^; au second sens* Fur., qui donne aussi le terme de pratique aisances et dépendances. Le sens de fortune n'est que dans A^,

aisé — Selon Bouhours, c'est un mot nouveau dans l'acception suivante : un esprit aisé, des vers aisez, une taille aisée [Entr. , 101). — * Pom., Duil., Rich., Fur., A., A^. — Lui seul des vers aisés possède le talent (Mol., IX, 124, Fem. Sav., v. 766); elle a l'esprit juste et aisé(Sévigné, VIII, 413);. ..de quelle manière aisée, ... il m'a bien voulu raconter (Racine, Vil, 56, Lett.).

Aisé à s'emploie où nous emploierions facile à : Monsieur le Prince n'étoil pas si aisé à satisfaire i^La Roch., II, 132) ; si j'étois aussi aisée à succomber

à l'envie de vous entendre (Sév., VI, 237) ; je suis fort aisé à vivre (Regnard, Coquette, a. II, se. 2). — * Duil., Rich., Fur.; O A., A^.

Aisé de est hors du bel usage, il faut dire : il est facile de (Marg. Buffet, Nouv. Obs., 48). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur.; e A., A^. — Il n'est pas si aisé de se faire un nom par un ouvrage parfait, que d'en faire valoir un médiocre par le nom qu'on s'est déjà acquis (La Bruy., I, 114).

Aisé au sens de riche semble avoir déplu aux puristes. Richelet ne le donne pas; et A. de B. dit : « Ce terme se dit quelquefois, c'est un Bourgeois aizé » (Refl., 42). — * Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., A^.

ajuster (s' — ) est blâmé comme vieux par Marg. Buffet [Nouv. Obs., 41). —

* tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Pour plaire à César allez vous ajuster (La Font., VII, 366, Ragot., v. 1019). Voir le Lex. de Mol. par Livet et Ilug.

ajutage — Fur., dans H.D.T.; * A., Th. Corn., A^. Th. Corn, donne le pluriel, A. le singulier. Le mot est donné au pluriel seulement sous la forme ajustages par Fur.

alambiquer n'est « d'usage qu'au figuré burlesque » : alambiquer son esprit, mais on ne dira pas alambiquer des herbes (A. de B.,Refl., 43). — C'est aussi l'avis de A. et de A^qui ne l'acceptent qu'avec le pronom l'éfléchi. Au sens figuré, le mot est dans tous les lexiques, sauf Fur. et Th. Corn., qui l'ont oublié. — Sans nous alambiquer, servons-nous-en (Mol., I, 193, Et., v. 1340) ; il faut donc alambiquer son esprit dans ces questions (Bossuet, Avert. aux Prot., VI, § XXIX, 666). Voir le Lex. de Mol. par Livet et Hug.. Au sens propre * Pom., Duil., G. Miege.

allègre est un peu vieux (Rich.). Le mot est cependant cilé par Bary : Les valets de pied ont les jambes alaigres[Secr. de noslre Langue, 444). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Mon corps est un peu plus allaigre, El je feray, vendredy, maigre (Loi'et, 7 oct. 1662, v. 227-228): Pour s'échapper de nous. Dieu sait s'il est allaigre (Rac, II, 148, Plaid., v. 43).

a^/)a/re, au figuré est signalé comme poétique par Rich. et A^, mais Rich. en même temps le déclare un peu vieux. Les expressions du genre de : sein d'albâtre, sont condamnées par Bary, « parce que c'est une louange qui est tirée d'une chose vulgaire » [Secr. de nostre Langue, S03-30i:). — * Rich., Fur., A-; * II. D. T., qui cite La Fontaine.

album — 1704, Trévoux, dans H.D.T. ; G tous les lexiques.

alcoviste — 1660, Somaize, Dict. des Préc, dans H.D.T. ; O tous les lexiques.

algarade signifiait autrefois : course [imprévue sur l'ennemi, aujourd'huy il signifie seulement injures ou insultes (P'ur.). Les autres lexiques ne donnent que le dernier sens. — C'est, dit-il, par la cheminée. Qu'il faut tout soudain s'évader Ce qu'ils firent sans marchander, Craignans toujours quelque algarade; En suite de cette escalade (Loret, 1"'' mai 1653, v. 176-180).

aliénable — H.D.T. cite à tort comme premier exemple Fur.; * Duil., A., A^. D'après A . , il se met d'ordinaire à la négative .

allèchement (Voir tome III, 167). — Bien que le mot déplaise à certaines personnes, A. de B. estime qu'il peut s'employer tres-élegamment {Refl., 43). —

* Pom., Duil. avec -|-, G. Miege, Rich. : un peu vieux. Fur. : ne se dit qu'au

figuré, A. : se prend toujours en mauvaise part, A- : il vieillit. — Des Gens de la Reine Christine... Par des alléchemens divers Furent i^eceus à bras ouverts (Loret, 11 mars 16.")6, v. 22-29).

allégeance -= soulagement — * Pom., B. F., A. : vieux, A- : id.; * L., IL, D. T., Hug. Voir le Lex. de Mol. par Livet'.

aller, venif — Ménage distingnc entre les deux mots : aller « se dit du lieu où l'on est à celui où Ton n'est pas. Venir, se dit aucontraire du lieu où l'on n'est pas à celui où l'on est. » ... : Voulez-vous venir en Anjou, avecque moi ? On emploie aussi venir quand on parle de l'endroit où l'on demeure : Viendrez vous mécredi à la Mercuriale? (0., I, 183). Andry fait les mêmes distinctions; toutefois, pour lui, venir peut bien s'employer quand on n'est pas sur le point de quitter le lieu : j'iray dans un an à Rome, voulez-vous venir avec moy? (A. de B., Refl., 44). Ménage et Andry sont d'accord pour distinguer entrey'ai été, qui indique un déplacement passé : fai été à la messe ce matin, et je suis allé, qui indique que l'absence dure encore : Madame n'est pas ici, elle est allée à la messe.

ilij va = il s'agit — Vaugelas voulait qu'on dît: C'est une affaire où iZ rade mon honneur, plutôt que : c'est une affaire où il me va de l'honneur, .\lemand l'approuve, et constate que dans cette signification le mot est nouveau et ne figure pas dans les auteurs du xvi" siècle {Nouv. Rem., 261-262). — - * tous les lexiques, sauf Th. Corn. D'après A^, quand dans cette signification on se sert du « futur du subjonctif » iroit, on supprime la particule ij. — L'emploi de l'expression était plus étendu que de nos jours : Il ne va enfin que de mourir seul (Segrais, Nouv. f'r., 4^'^'^ nouv., 198) ; A jouer un tel rôle, il y va trop du mien (Montileury, Com. poète, a. II, se. 3); une dispute où il y va du tout pour la religion (Bossuet, Div. ecr. sur les Max. des S., 44) 2.

allobroge — Richelet est seul à donner ce mot avec le sens de grossier. — Renaud le signale comme omis par l'A. [Man. de parler, ^iO). A^ l'a mis aux additions.

allure, au sens non de marche, mais de manière, tournure, est signalé par Boursault : Vous nous offrez des gens d'une agréable allure (Mots à la mode, se. 4). — Ce sens n'est dans aucun lexique ; A'^ dit cependant : au pluriel allure se dit au figuré de la manière dont un homme se conduit dans une affaire,

altération — Selon quelques personnes, altération, au sens de soif, ne peut s'employer qu'au figuré : Vallération d'une terre desséchée (A. de B., Refl., 47-48). — Ce sens * Pom., Duil., Rich., Fur., A., A'^^ ; * L., H.D.T., Hug. H.D.T. cite un exemple de Fur. [Rom. bourg., Il, 29).

allercat — * Duil. ; O Pom., G. Miege, Rich. ; * Fur. : vieux, A. : id., A'^ : id. ; A. et A^ ne donnent que le pluriel : altercats. Voir Hug., qui cite La Fontaine.

altièremenl — 1083, Danet, Dict., dans H.D.T. ; * Fur.;* L.

amabilité - H. D.T. cite à tort comme premier exemple Danet, Dict., 1683';

1. Alléger du faix est vieux; c'est soulager qui est le vrai mot (Ghevr., Ms. Niort, 107, dans Boiss.;.

2. On trouve dans Corneille : Quand mon iionneur y va (IH, 184, Cid, v. 1528). La tournure blâmée par l'Académie fut clianj^ée en 1660.

* Pom. — L'amour que Dieu a pour nous, est en luy, pour ainsi parler, une spéciale amabilité (Bossuet, Div. ecr. sur les Max. des S., 163); Il taudroit encore s'empescher de regarder en aimant la propre amabilité de Dieu (Id., Ib., 166). H.D.T. cite la forme aimabilité dans Sévigné, 585. amateloter — Fur., dans H.D.T. ; * Th. Corn.

ambitionner (Voir tome III, 212). — Ce mot avait été blâmé par Vaugelas. On continue à le discuter. Les uns n'en veulent pas (Marg. Buffet, Nouv. Ohs., 73; Bouhours, Rem., 1675, éd. in-4, 408). Les autres l'acceptent (Ménage, O., 11,475 ; Alemand, G. civ., 119-121). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais Rich.et A^ ne l'admettent qu'avec peine. — mon cœur n'ambitionnera Que d'être auprès de vous tout ce qu'il vous plaira (Mol . , I, 220, Et., v. 1737- 1738)1.

ambré — H.D.T. cite à tort comme premier exemple Fur. — • De Noix confites, bien nombrées. Dont la plus-part êtoient ambrées (Loret, 25 déc. 1660, V. 61-62). — e Pom., Duil., G. Miege, Rich.; * A., A^.

ambulant — Rich., dans H. D. T. ; * Fur., A., A^. — ces Scythes vagabons... traisnoient sur des chariots leurs familles toujours ambulantes (Bossuet, 2^ Instr.sur les Prom.de J.-C, 378, pour 278); mais, que dis-je, un homme ?... c'est plutôt une futaille... un bouchon ambulant (Regnard, Divorce, a. III,

se. 6).

à même (être — ; mettre — ) est une expression du style familier (A-); * Duil.,

Rich., Fur., A. — Voir le Lex. de Mol. par Livet. amender =1 baisser le prix — Cette forme cède à ramander (Rich.); *Fur., A.,

A^; * L., qui cite Scarron, H.D.T., Hug. — M. de Malherbe leur demanda

s'il feroit amander le pain et le vin (Racan, I, 261).

aménité (Voir tome 111, 144) était décrié par presque tout le monde, « on ne

le jugeoit digne d'entrer que dans le ridicule des Précieuses de Molière

M. Ménage est presque le seul qui en ait eu pitié,... il ne veut pourtant pas qu'on le dise en parlant aux Dames... A la vérité ce terme est si latin et si peu usité qu'il ne peut gueres passer que dans un discours sçavant... Aménité nous fait pourtant besoin » (Alemand, G. civ., 121-123) ; Renaud le condamne encore comme écorché du latin [Man. de parler, 476). — * R. F., A^ : il ne se dit guère que d'un lieu, d'une situation agréable, d'un air doux et agréablement tempéré. — Et quand cette Aménité. . . n'y est point semée par le Naturel du Poëte... (La Mesnardière, Poes., Préf.,3). Le mot existait depuis le xiv« siècle.

ameublement prend la place de : emmeublement. Tandis qu'ameublement ne manque qu'à Duil. et Th. Corn., emmeublement ne se trouve plus que dans B. F, et Fur., qui remar(jue : « quelques-uns disent emmeublement »^. — Jamais les emmeublemens n'y avoient esté fort somptueux (Sorel, Polyand., II, 146-147); Quantité de Dames fort belles... Se rendirent audit Hôtel, Dont V Emmeublement êtoit tel (Loret, 21 février 1660, v. 113-116); — La riche - tapisserie, La soye et la broderie Qui font mon ameublement Sont des livres seulement (Tristan L'IIermite, Vers her., 337);... Aux endroits où sont les Peintures, Les Ameublemens, les Tentures (Loret, 20 août 1661, v. 267-268).

1. I.,e mot malgré CCS proscriptions fera fortune au xviii" s. (cf. Féraud).

2. D'après Duil., einmeubler était meilleur qu ameiibler. A. et A- disent ameubler ou emmeuhler.

amiable — Chevreau le blâme dans Malherbe comme prosaïque {Obs. s. Malh., I, 244) ; Ménage à propos du même passage remplacerait par ami le mot amiable, bien qu'il soit françois {Obs. s. Malh., II, 41). — D'après Rich., on ne se sert plus d'amiable, en la place on dit : doux, honnête, plein d'amitié ; * Duil., G. Miege, A., A- ; Pom. le traduit par aequus; Fur. ne lui donne qu'un emploi restreint : se dit d'un tiers qui fait office d'ami. — Cy gist qui fut douce, amja6/e (Bensserade, Œuv.,l,20S); Son cœur se rend incontinent A cet amiable prélude (Loret, 5 juin 1651, v. 80-81) ; Et qu'au lieu d'y trouver un accueil amiable, On lui dira néant? (Th. Corn., Comt. d'Org., a. V, se. 2); votre air amiable (La Font., VII, 294, v. 209); je lui ai écrit un billet fort amiable (Sévigné, III, 152).

amiçjnarder est un terme bien populaire et bien peu connu pour dire, caresser avec tendresse une personne qu'on aime (Grimarest, Comm. de Lett. cur., 181). — * Fur. — On trouve la forme mignarder dans Pom., Duil., G. Miege, A., A2. Amignarder était ancien. Voir tome III, 144.

amignotter donne lieu de la part de Grimarest à la même remarque que amignarder. — * Pom., Duil., G. Miege avec ■\-, Fur. — On trouve le simple mignolter dans A. et A^ avec la mention : bas. — la mère prit le plus petit des enfans sur ses genoux pour Vamignotter (Fur., Rom. bourg., II,

amitié s'emploie comme terme de peinture dans l'expression amitié des couleurs (Rich.) ; * A., A^. — L'union, les concerts, et les tons des couleurs, Contrastes, amitiés, ruptures, et valeurs (Mol., IX, 549-550, V. de G., v.

amorce s'emploie bien au figuré et au propre (A. de B., Refl., 50). — * tous les lexiques, mais Duil. et Th. Corn, ne donnent que le sens propre. — C'est à Vous, ô Grand Empereur, D'opozer à cette fureur. Dont vos Pais sont les a/noz-ces. Vos Confédérez et vos Forces (Loret, 4oct. 1664, v. 205-208) ; L'éclat d'une Couronne est une douce amorce (Th. Corn., Charme de la voix, a. IV, se. 1) ; Le bien pour les Vieillards est une douce amorce {là., Comt. d'Org., a. V, se. 1); je les tiens (les coffres-forts) justement une franche amorce h voleurs (Mol., VII, 70, Au., a. I, se. 4).

amorcer — Ce verbe est vieux et s'employe mal dans le sens figuré, mais il est d'usage dans le propre (A. de B., Refî., 50). — * tous les lexiques; au propre Pom., Duil. et G. Miege ne le donnent pas comme terme de pêche, mais citent l'expression amorcer un fusil, c'est d'ailleurs à cet emploi que pense A. de B. — Amorcé par le gain (La Font., III, 314, v. 8).

amourette est un des rares substantifs diminutifs que nous ayons retenus (Bouhours, Rem., 202; Entr., 45); Renaud exprime le même avis {Mari, de parler, 2.3). — * Rich. avec -j-, * tous les lexiques, sauf Th. Corn. Cependant le sens n'est pas seulement diminutif, il est plus ordinairement péjoratif : folles amours (Pom., Duil., G. Miege): amours illicites ou entre personnes disproportionnées (Fur.). C'est avec cette nuance qu'il entre dans la phrase: se marier par amourette (A^). Ce mot désignait aussi la personne aimée : mes

1. Il n'y a pas... fort long-temps qu'on dit faire des amiliez.. . Néanmoins on n'employé gueres ces façons de parler hors de la conversation ; et elles ont lieu tout au plus dans les billets. Peut-estre qu'avec le temps elles seront receuës dans toutes sortes de stiles (Houh , lintr. , S9; cL Sore\, Conn des h. liv., 1072, 422, 4 45-446).

belles amoDrettes (A., qui donne la phrase comme vieille). — Au doux jeu iVamouretle (La Font., l\\ 313, v. 169); Petits mots, jarg'ons iVumon relies (Id., IX, 174, V. 40) ; Faire une folie et se marier par nmoureUe, c'est épouser Mélite (La Bruy., II, 180).

amoureux, comme substantif, paraissait à M"'' de Ciournay » façon de [)arler empruntée du gi'os peuple de la campagne » (0., 603). Ménage ne le trouvait guère bon (O., II, 33-34) et L. de Templery ne l'admettait que comme adjectif (Gen. et Pol., 228). — * Pom., Duil., Rich., Fur., A. : est quelquefois substantif, A^. — Et que sont devenus ces Amoureux transis? (Poisson, l'houx fliverl ., &. I, se. 4).

amour-propre — Les premiers exemples qu'eu donne H.D.T., qui cite Pascal et La Roch., sont du xvii*' siècle; * Rich., Fur., A., A^. — L'orgueil, qui est inséparable de V amour-propre (La Roch., I, 345) ; ...certain mouvement Qu'on appelle communément Amour-propre (La Font., III, 124, V. 8-10|; Vamour-propre est dans l'homme la cause de tous ses foibles (La Bruy., 1,29); ...la concupiscence, c'est-à-dire par l'amoiir-pro/)/v .iidierent en nous (Bossuet, Div. ecr. sur les Max. des S., CLXIII).

amovible — Patru, Plaid., 18, dans H.D.T.;* Fur., A.: il ne se dit qu'en matière Ecclésiastique ; A- répète la première édition, en ajoutant à la phrase le correctif : guère.

amphore — ■ On a tort de blâmer l'emploi de ce mot, car il n'y a pas de termr français pour rendre exactement l'idée. 11 sulïit, pour pouvoir employer ce terme, de l'expliquer quelque part; de ])lus il s'acclimate vite (Sorel, Bihl. fr., 1664, 212). Pour Bouhours, c'est un mol de traducteur fidèle, latin et non français ; il faut traduire par bouteille {Rem., 84j. Alemand s'élève contre cette opinion, d'autant que la traduction où il est employé n'est pas destinée aux harengeres, mais aux Sçavans (G. civ., 131-133). Le mot n'est pas encore accepté par Renaud (Man. de parler, 106). — * B. F.; O tous les lexitjues.

amusable est attribué à M""' de Maintenon, par Duclos, dans H.D.T. ; © tous les lexiques.

amusanl — * A., A^ ; * II. D.T., qui cite S'-Simon, I, 349.

amusette — * Fur., A., A^. — Le berger. . . Le donne à ses enfants pour servir à'amusetle (La Font., I, 179, v. 21-22, dans H.D.T., qui cite aussi S'-Simon, IV, 29).

anachronisme (Voir tome III, 220). — * Rich., Fur., A., A-. — éviter par ce moyen les anachronisnies, c'est à dire cette sorte d'erreur qui fait confondre les temps (Bossuet, Hist. Univ., li).

analogue — H.D.T. cite à tort comme premier exemple Fur.; * Pom., G. Miege; O A. ; * A^ ; * L., H.D.T,

ancrer (.s'), au sens figuré de s'établir, est familier (Rich.); * Duil., Fur., A. : il ne sertguere « qu'au neutre passif», A^: id. — La vanité est si ancrée dans le cœur de l'homme (Pascal, Pens., éd. Ilavet, I, 2.")); Enfin chez son rival je m'ancre avec adresse (Mol., I, 177, Ël.,\. 1091).

anecdote — 1685, Varillas, Anecd. de Flor., dans H.D.T. ; * Fur., A., Th.

Corn., A-. Ces deux derniers lexiques ne l'admettent guère qu'au pluriel. — Pour l'adjectif, voir tome III, 220.

angéliquement — La phrase : il vivoit angeiu/ucinent est blâmée. 11 faut dire : il menoit une vie angelique [Enter r^ du Dict., 209). — * Fur., A. ; A^ a cru devoir ajouter: il a peu d'usage.

anglican — Bouhours, cité dans Ti'évoux, par ll.D.T. ; * Rich., qui ne donne que le féminin : l'église anglicane. — L'église anglicane |)rit sa forme (Bossuet, Hist. Univ., 135).

anomalie — * Fur.: terme de grammaire, A., Th. Corn.: terme d'astronomie, A2; * ll.D.T.

anonner — Le sens de : mettre bas un ànon, n'est plus que dans Richelet.

antépénultième — * A., A^ ; Fur. ne le considère pas seulement comme un terme de grammaire : Cet écolier eslVantepenultiesme de la seconde décurie.

antériorité — H.D.T. donne à tort Fur. comme premier exemple; * Pom., G. Miege, A. : n'est guère usité qu'en Pratique, A^ : id.

antipathique — 1683, Danet, Dict., dans H.D.T. ; o tous les lexiques. Fur. donne dans le même sens : antipathetique.

antipode, au sens figuré, est signalé par Rich., qui cite Mol. et Benserade ; Fur., A., A2 admettent aussi le figui'é. — ^ je me mis à songer qu'il y avoit au monde Vantipode de notre beau-père (Sévigné, VII, 259). Voir L.

antipolitique ^Balzac, De la Cour, dans ll.D.T., où il est d'ailleurs employé comme substantif: avec ces belles maximes et cette antipolitique ; G tous les lexiques.

antiquaille — C'était un vieux mot. 11 est bien reçu, on le fait nouveau, dit Marg. Buffet (iVofit). Obs., 39). — * Pom., Duil., B. F., Rich., Fur., A., A^ ; ces ti'ois dei'niers lexiques le donnent comme terme de mépris. — Les porcelaines, les miroirs, Les tableaux et les antiquailles (Loret, 23 février 1664, v. 226- 227); On le prend aux habits dont il pare sa taille, Pour un homme du temps, vous pour une antiquaille (Monttleury, Gentilh. de Beauce, a. V, se. 5)*.

antique se dit, en matière de médailles, de statues, et de tableaux, comme substantif, et comme adjectif. . . Hors ces sujets-là, antique ne se dit gueres en prose, que dans deux ou trois occasions, un habit à ïantique, un air antique. . . en vers, il se dit souvent, et a bien plus de grâce qu'ancien (Bouhours, Rem., 246-249). — Comme substantif, le mot est dans tous les lexiques, sauf Th. Corn. L'expression à Vantique est partout. — On fit une Procession Tant de jeunes Gens, que d'antiques (Loret, 24 avril 1660, V, 124-125) ; Il n'êtoit pas trop grand Guerrier, Mais. .. tellement antique, Qu'au dire de Gens bien sensez, 11 avoit octanteans passez (Id., 3 avril 1655, V. 142-146).

anuiter est signalé comme vieux ou populaire par tous les lexiques qui le donnent. Fur. seul le mentionne sans observation; * Duil., B. F., Rich.,

1. DuiHier donne le sens lii,'uré de vieille lille. -- Scarron l'avait employé au sens abstrait d'antiquité : Sa Hace avoit quelque anticaillc, EL pouvoit des Héros compter (6!Kut\, I, 220).

A., A^. — Le sens donné est s'anuiter : être surpris par la nuit. L'impersonnel ancien, il anuite : il fait nuit, ne se trouve plus.

aparté — Fur., dans H.D.T.; * A., A^, C'est un terme de la Poétique, dit Furetière.

aperception — Leibniz, dans H.D.T. ; O tous les lexiques.

apogée — Ce mot employé métaphoriquement est trop hardi et insupportable (Bouhours, Entr., 51). — O tous les lexiques, au figuré; *L., qui cite Saint- Simon, 58, 218 et H.D.T., Balzac, Dissert, crit., 8. Voir plus haut, p. 554.

apostumer — Ce mot vieillit, et en sa place on dit supurer ou venir à supuration (Rich.); * tous les lexiques, sauf Th. Corn.

apparemment perd son sens de : visiblement, probablement, pour ne plus garder que le sens de : en apparence. — * Pom., Duil. ; Rich. est peu clair. Fur., A., A^. Dans les Remarques critiques qui suivent V Apothéose du Dict., on reproche à Varillas d'avoir dit : Quoique cette Duchesse fût apparemment Calviniste, au lieu de dire : évidemment, manifestement (126). Voir Hug 1.

apparition — Selon Bouhours, ce mot au propre ne se dit que de ce qui apparoist : V apparition de Nostre-Seigneur ; mais au figuré, apparition s'emploie élégamment pour signifier une personne qui vient rarement en un lieu et n'y demeure pas longtemps : il n'a fait qu'une apparition, ou encore pour exprimer la surprise d'une visite inattendue « c'est une apparition ». Alors il n'a point de régime, sauf dans quelques rencontres, comme : Il y a dans les Cours des apparitions de gens avanturiers et hardis {Suite, 170-171).

— On ne trouve aucune précision dans Pom., Duil., G. Miege. Le mot est réservé dans Fur. et A. à ce qui étant de soi invisible se rend visible : Vapparition d'un ange. A^ y joint le dernier sens indiqué par Bouhours, et de plus l'emploie pour la manifestation brusque d'un phénomène, d'une chose qui n'avoit pas encore paru: Vapparilion d'une comète, exemple que donne également Rich.

appel — Bouhours croyait « qu'on ne le disoit qu'en matière de duel et de chicane. Cependant il est pris dans un excellent Livre pour une inspiration sainte, et pour une vocation divine » {D., 8) — O tous les lexiques.

applaudi se dit élégamment aujourd'huy des choses, comme on l'a toujours dit des personnes (Bouhours, Suite, 384). — * Pom., G. Miege, Fur., A'^. — Mais d'un aveu trompeur voir ma flamme applaudie (Mol.. V, 522, Mis., v. 1305).

appréhender — Le sens de : saisir par l'esprit, ne se trouve plus nulle part.

— ce mystère surmonte. . . la mesure de nosti'e sens, ... et pour ce qu'il est céleste, il ne peut estre appréhendé, c'est-à-dire compris que par foy (Calvin, cité par Bossnet, Hist . des Var., II, 26).

apprendre — Bouhours rassure les délicats et leur afûrme qu'apprendre traduit à la fois et également bien docere et discere. <• Il y a mesme des endroits où enseigner pour apprendre ne vaudroit rien » {Rem., 294-295). Tout en acceptant le mot au sens de docere, Alemand lui préfère cependant

1. Au siècle suivant, Féraud distinguera avec soin entre apparemment et en apparence.

enseigner {Nouv . Rem., 432-434). — Dans les deux sens* tous les lexiques, sauf Th. Corn. — nous n apprenons pas que nul ancien ait plus écrit que Théophrasle (La Bruyère, I, 21) ; je lui ai appris ces derniers jours la Suède, le Danemark (Id., II, 477). Voir le Lex. de Mol. par Livet.

apprendre de faire quelque chose au sens de : s'habituer à, est un archaïsme (Marg. Buffet, Nouv. Obs., 30; cf. de Callières, Bon et mauv. us., 147; v. Scheak, o. c, 12). — * A. : on dit populairement qu'on n'a pas appris à faire telle ou telle chose pour dire qu'on n'a pas accoutumé de la faire. On trouve chez Duil. : il est appris de, au sens de : il est accoutumé.

apprêteur — Rich., dans II. D. T. Mais le mot ne signifie pas celui qui apprête (les tissus) ; il veut dire : peintre qui peint sur le verre, sens aujourd'hui vieilli (Cf. L.); * V\iv. : même sens, Th. Corn.: id.

apprivoisé et privé sont bons tous deux, selon A. de B,, mais « quelques-uns croyent qu'ap/)/'tt)oisé est du plus haut stile » {Refl., 430). D'après L. de Templery, aprivoiser ne doit se dire que des animaux, cependant la coutume veut qu'on dise apprivoiser une personne [Entr. à Madonte, 283). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; on ne trouve que la forme pronominale chez Fur. — Ce qui nous paroissoit terrible et singulier S'apprivoise avec notre vue (La Font., I, 303, v. 6-7) ; C'est un mérite que j'ai apprivoisé il y a longtemps (Sévigné, V, 41); votre fille... s'est apprivoisée deimis qu'elle est chez moi (Mol. , VI, 322 ; G. Dand., a. I, se. 4) ; ce seroit. . . nous apprivoiser et nous familiariser avec un si grand mal (Bossuet, Estais d'Orais., 114).

approchement est un vieux mot qu'on ne trouve plus que dans Duil. et B. F.

appuie-main — Rich., dans H. D. T. ; * Fur., Th. Corn.

après-demain est donné comme substantif par Fur. : il est feste le lendemain de Pasques et V après-demain pareillement.

après-midi — H.D.T. cite à tort comme premier exemple Fur.; * Pom., Duil., G. Miege ; O Rich., A. et A^, qui dit encore apres-dinée.

aptitude est un mot tout latin qui n'est guère connu à la Cour; on peut absolument s'en passer, comme d'un mot qui est un peu barbare et qui n'est pas fort nécessaire (Bouhours, Suite, 203). — * Pom., Duil., B. F., Rich., Fur,, A. : il vieillit, A^; * L. ; Il.D.T.

arabe, au sens d'usurier, est du style simple selon Rich.;* Duil., A.,A2; Fur. traduit par : avare, cruel, tyran. Voirie Lex. de Mol. par Livet.

arabisant est cité au xvii«, par H. D. T.; G tous les lexiques.

archaïsme que H.D.T. attribue à Ménage {Obs. s. Malherbe), est dans une lettre de Chapelain à Lancelot du 21 déc. 1639. — O tous les lexiques; *L.

archi Sorel note que le préfixe ne s'emploie guère que joint à quelques

mots de respect, ou par raillerie [Conn. des b. liv., 1672, 416). Les comiques se sont amusés à créer des mots avec ce préfixe : Archiépiscopizer (Loret, 4 déc. 1633, V. 73); arc/it-/)a(/aud (Montfleury, Inpr. de VHostel de Condé, se. 3) ; archi-beste (Loret, l*"- juil. 1662, v. 16) ; archi-cruel (Id., 30 oct. 1660, v. 162) ; archidéteslable (Regnard, Crit. du Lég., se. 4); archifou (Id., Coquette, a. II, se. 15) ; archi-fourbe (Ih. Corn., Galant doublé, a, III, se. 2);

606 HISTOIRF DR LA LANOrE FRANÇAISE

archi-fr()n(Icur{Love[, lôjuil. 1051, v. 39) ; are hi-f/upux [\ù ., iOdéc. i&lM ,\ .H9) ; archi-jolie (Ici., 13 fév. 1655, v. 50); nrchi-mnladc (Id. ,23 sept. 1662, v. 22) ; archi-malin (Id., 10 fév. 1656, v. 92); arclii-niutiw '^Id., 13 nov. 1655, v. 85) ; archi-plaizant (Id.,31 déc. 1651, v. 184); archipalelin La Font., II, 426, v. 3).

archiviste — 1701, Fur., dans II. D. T.; O tous les lexiques.

archivolte — Th. Corn., dans II.D.T.

argentin — Segrais raconte que Chapelle blâmait Boileau d'avoir écrit: Les cloches dans les airs de leurs voix argentines Appeloient à grand bruit les chantres à matines. « Je ne te passerai pas argentines, disait Chapelle, argentine n'est pas un mot françois » {Œuvres rie Chapelle, éd. Jannet, 38). Le mol était cependant français, mais l'emploi en était assez nouveau. — Pom. etc. Miege n'appliquent argentin qu'à la couleur, Duil. et Rich. l'appliquent aussi au son. Furetière n'indique plus que ce dernier emploi ; A. et A2 donnent comme sens principal celui de clair en parlant du son, et n'acceptent l'autre sens qu'en poésie (il se dit (A.), il s'est dit (A^) en poésie).

argoulet est vieux (Voir tome III, 144). — Il seditfigurement d'un homme pour le mespriser (A . et A^) ; * Pom., Duil., B. F. ; o Rich. ; * Fur. — N'avez-vous point de pistolets Pour repousser ces Af^goulets \ (Loret, 16 août 1659, v. 249-250); Pour enrôler des Piétons, Des Argoulets (Id., 3 mars 1663, v. 140- 141; etc.) ; une ville Qu'eût prise un argoulet [l^a Font., IX, 54, v. 5-0).

arguer avait le sens de reprendre, quereller. — * Duil. , B. F. ; O Rich. ; * Fur. : il est de peu d'usage, A. : il est vieux, A^ : id. On trouve le sens d'argumenter chez Th. Corn., qui signale le mot comme vieux. — Et quanta ce vieux os qui restoit du gigot, Le chat l'avoit mangé, dont il fit la matière D'arguer le mausoin qu'avoit sa chambrière (Fur., Déjeuner d'un Procur., 1655, 38); Et le Podestat de la Ville Après s'être échaufé la bille A les arguer et tancer. Les envoya faire panser (Loret, 9 oct. 1655, v. 115-118).

aride — Bouhours ne voulait pas qu'on l'employât au figuré [Iniit., 16, dans Rosset, o. c, 59), ni même au propre [Imit., 52, Ib.). On ne le trouve, pour qualifier le physique d'une personne, dans aucun lexique. — Corps aride et exténué de mortifications (Massillon, S^-Renoîl, dans L.) ; Mais Harpagon, an'f/e, et presque diaphane (Regnard, Sa/, contre les maris). Au sens figuré, pour qualifier des choses spirituelles * Rich., qui cite Mol., Fur., A., A-. — II n'est rien de plus sec et de plus aride que ses bonnes grâces (Mol., VII, 105, A«., a. II, se. 4).

aristotélicien [Y o'iv tome III, 212). — G tous les lexiques. — On trouve dans les personnages du Mariage forcé : Pancrace, Docteur aristotélicien (Mol., IV, 16).

armes et armoiries — Selon Ménage, il faut dire : Quelles sont vos armes ? Gentilhomme de nom et d'armes, mais : un Livre d'armoiries (0., I, 574). A. de B. réfute cette opinion {Refl., 63-64) ; il est appuyé par Saint-Réal, qui, toutefois, accorde qu'il faut dire armoiries, quand le mot armes fait équivo(|ue {De la Crt7., 260-261), Armes, au sens d'armoiries, * tous les lexiques. — les armes de Grignan sont sur 'la porte (Sévigné, X, 161); ...Inventa le blason avec les armoiries (Boil., Sat. V, v, 102).

armistice — 1701, Fur., dans H.D.T.

AIM'ENDICK 007

armorier — * Ricli., qui cite Boileau, Liitr., l'ui-.. A., A^.

arpenter au sens de parcourir, faire du chemin, est du style simple selon Rich. ; *Fur.,A., A- sans observation. — J'ai bien été grondée, et j'ai bien arpenté (Montfleury, Fille Capit., a. III, se. 6) ;... les renvoie aux calendes, Et leur înïi ni'penter les landes (La Font., II, 33, v. Ili-IG).

arrangé — Bouhours, dans la Préface de ses Remarques, s'était servi de l'expression suivante : ces personnes propres et îorl arranr/ées, qui ne plaisent point, parce qu'elles sont toujours droites et contraintes ; Ménage critique cette phi*ase qu'il trouve ridicule, contraire à l'usage et à la raison, le mot arranger ne se disant que d'une multitude. Le P. Bouhours l'aura sans doute entendu de quelque Précieuse (Ménage, 0., II, 202-204). — O tous les lexiques; cependant ou trouve un sens voisin dans A. et A'-: un homme arrangé, c'est un homme dont les meubles sont arrangés avec beaucoup de soin et d'ordre.

arrérage s'emploie au figuré dans l'expression : arrérages des plaisirs, que Richelet cite. Selon Fur., on dit proverbialement d'un bon compagnon et vigoureux, que c'est un bon payeur d'arrérages.

arrêté, substantif i Balzac, Soc. chrét., 8, dans H.D.T.); *Fur.; A. et A^ donnent non seulement le sens d'«a/*7'p/é de cour », mais d'« arrêté de comptes ». — Je vous ai envoyé Varrêté que j'ai fait au compte d'Hébert (Sévigné, X, 100).

arrhes est la forme écrite, errhes la prononciation courante. (Voir p. 175). Bien entendu errhes n'a rien de commun avec le vieux substantif verbal tiré de errer. Mais on essaie d'établir une distinction. Au propre il faut dire airrhes, au figuré, on dit arrhes (Bouhours, Rem., 449; cf. Alemand, Nouv. Rem., 385 ; d'Aisy, Génie de la langue, 335 ; Apothéose du Dict., il ; L. de Templery, Gen. etPol., 73) A. de B. signale les deux termes, déclare que arrhes ne se dit que dans le figuré, mais ne spécifie rien pour airrhes {Reft., 64). — Le mot est dans tous les lexiques, sauf Th. Corn.; Rich. est le seul à faire entre arrhes et airrhes la distinction que nous venons de voir. — Mais le valet d'Oronte a rompu mon dessein, Qui m'ayant su couler quelque douceur en main Pour arrhes qu'il feroit encor toute autre chose, m'a promis montset vaux moyennant bouche close (Th. Corn., Am. à la Mode, a. V, se. 2) ; On lui donne un baiser pour arrhes de la grâce Qu'il demandoit (La Font., V, 260, v. 316-317). Cf. Corn., V, 490, D. Sanche, v. 1732.

arriérer est signalé comme vieux par Th. Corn, avec le sens de retourner en arrière ; O autres lexiques. — S*-Simon l'emploie avec le sens de retarder, être en retard : ses affaires, que sa mauvaise santé et ses voyages en Flandres avoient arriérées et brouillées dans sa tête (XVII, 190); Mais il faut encore interrompre ici cette matière, qui ar/vè/vroj^ trop sur les autres (Id., VII, 158).

arrimeur — Fur., dans H. D. T., sous la forme arrumeur ; * Th. Corn.

arrogant est rude, on s'en sert peu, il faut dire fier (Marg. Buffet, Nouv. Obs., 42;. — * tous les lexiques sans observation. — Pendant qu'on ne fait que rire de l'important, il n'a pas un autre nom ; dès qu'on s'en plaint, c'est Varrogant (La Bruyère, II, 99).

arsenical — Fur., dans II. D. T. ; *A., A''^.

article — Se mettre sur V article de quelqu'un ne semblerait pas à Sorel une expression plus mauvaise que se mettre sur le chapitre de quelqu'un [Conn. des h. liv., 1672, 429). — G tous les lexiques.

ar/j/?ce a failli perdre son sens favorable : il se prend plus ordinairement en mauvaise part (A., A-) ; * Pom., G. Miege; chez Rich. le sens n'est pas précisé, mais celui de l'adverbe est nettement défavorable. Fur. traduit par adresse, subtilité, et ajoute : il signifie aussi fraude, mauvaise finesse. — entre les Procureurs il est difficile d'en trouver qui brouille et qui prolonge une affaire avec plus d'artifice (Bezançon, Medec. à la Censure, 102). En matière de critique il reste élogieux : un louable artifice (Chapelain, Lett. au duc de Longueville, 1"" Août 1662); D'un pinceau délicat Vartifice agréable (Boil.,A. poét., III, v. 3); Il (Sophocle) se sert ici d'un arii/Zce très-agréable (Racine, VI, 246, Liv. ann.).

artificier — H. D. T. donne à tort comme premier exemple Fur., 1701 ; * Fur., 1690, A., A2.

artisan est bas, selon Balzac {Lett. à Chap., 4 oct. 1639). Ce mot bas est employé dans le plus haut style au sens figuré, mais il est toujours accompagné d'un adjectif ou d'un complément. Au propre il n'a jamais de régime (Bouhours, Rem., 94-95). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Qu'est-il encore écrit de Jesus-Christ? — ...Qu'il travailloit avec Saint Joseph, et qu'il estoit connu comme un ar</san(Bossuet,CaYec/t. des Festes, 1687,31); on y voit (chez les hérétiques) les plus grossiers artisans et les femmes mesme et les enfans citer l'Ecriture (Id., Catech. de MeaUx, Avert., 7) ; celles (les saletez) qu'on n'oit sortir que de la bouche des plus vils artisans (Id., Hist. des Var., I 44) ; nul artisan... n'a ses lettres de maîtrise sans faire son chef-d'œuvi'e (La Bruyère, II, 451-452).

artisanne ne se dit pas au propre, selon Rich. qui est le seul avec Duil. à donner ce féminin ; on dit femme d'artisan.

artiste se dit fort bien de l'Ouvrier,... sur tout en Chimie (Chapelain, Lett. à M. Brieux, 12 Juin 1661). — * Pom. : celui qui professe un art, G. Miege : an ingenious man, Rich. : ouvrier qui travaille avec esprit et art. Fur., A. et A^. — les Escrivains, qui... ne se proposent pour modelles que les Poëtes Italiens... passent pour si mauvais Artistes (La Mesnard., Poésies, 1656, Préf., 10). Pour l'adjectif, voir tome III, 125.

artistement — A. de B. trouve que Danet a été un peu précipité en déclarant le mot vieux ; il fait observer qu'il est encore en usage et cite Boileau [Refi., 65-66). — * Pom., Duil. : voyez artificiellement, G. Miege, Rich., Fur., A., A^.

Une belle arme ciselée artistement (La Bruyère, I, 187) ; 11... cueille arfis-

tement cette prune exquise (Id., II, 137). L. cite Pascal et Boileau.

ascendant — II ne faut point abuser de ce mot qui se dit des Astres et des Constellations, mais peut néanmoins s'employer au figuré (A. de B., Refi., 67).

A.U propre * tous les lexiques, sauf Duil. et G. Miege; au figuré* tous les

lexiques, sauf Th. Corn.*. — \otre ascendant à l'hymen vous expose (La Font., VI 118 v. 318) ; quel ascendant ne prennent-ils pas sur les savants ! (La Bruyère, I, 263) ; Les hommes s'accoutument à tout, quand une fois leurs

1. Noter que Rich. ne donne au figuré que le sens de : pente naturelle, inclination.

conducteurs ont pris Y ascendant sur leurs esprits (Bossuet, Hist. des Far,, II, 273-274). Voir le Lex. de Mol. par Livet.

ascète — Bossuet, Obi. de l'état relig., 1, dans H. D. T. ; O tous les lexiques.

ascétique — Fur., dans H.D.T. ; * A., Th. Corn., A^,

aspreté avait été condamné par Vaugelas, qui trouvait dans le mot luy-mesme quelque chose de ce qu'il signifie (II, 443). Voir tome III, 25 et 44. Alemand juge cette opinion sévère [Nouv.Rem., 369). — En fait, tous les lexiques l'insèrent sans réserve. Il faut toutefois noter que Pom. et G. Miege ne le donnent qu'en parlant d'un chemin ou d'une peau, Duil. de l'hiver, Rich. d'une saveur. A partir de Fur., on trouve le sens figuré, —l'humeur y mêle plus ou moins de douceur ou à'âpreté (La Roch., I, 328) ; Non qu'enfin ionies âpretés Causent le même effet (La Font., VI, 343, v. 1H-H2) ; ce chemin, que sa hauteur et son aspreté rendront toujours assez difficile (Bossuet, Rec. des Or. fun., 1699, 19-20, Or. fun. de la R. d'Angl.); C'est une chose qui crie vengeance, que... Vâpreté que l'on a en ce pays-ci pour les sottises (Regnard, Crit. de VHom. à b. fort., se. 4).

assaillir n'est guéres en usage au propre, mais s'emploie avec élégance au figuré (A. de B., Refî., 66, citant Bossuet, Or. fun. de la duchesse d'Orléans). — Au propre * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; Rich. signale qu'il vieillit (Cf. Chevr., Ms. Niort, 61, dans Boiss). Fur. seul donne le sens figuré. — N'estoit-ce rien... d'entrer dans son Palais de nuit et à main armée? de Vassaillir, et de le forcer? (Bossuet, Hist. des Var., II, 106) ; De tous côtés se trouvant assaillie, Elle se rend aux semonces d'Amour (La Font., IV, 259, v. 228-229) ; les désirs qui pourroient l'assaillir (Mol., II, 369, Ec. des Maris, v. 177).

assaisonner — S'-Réal avoit dit : La reprehension est déjà assez odieuse d'ellemême,... sans la rendre encore de plus mauvais goût parles termes dont on l'assaisonne. Cet emploi n'est pas approuvé par A. de B., parce que, selon lui, on n'assaisonne les choses que pour les rendre de meilleur goût {Suite, 342-343; cf. S'-Réal,DeZa Crit., 163). — En fait, les lexiques qui donnent le sens figuré, Duil., Rich., Fur., A., A^, n'indiquent pas cet emploi péjoratif; on trouve dans A. et A^ : ce mot se dit des manières agréables, honnestes, douces, dont on accompagne ce qu'on dit. — la vertu la plus nécessaire à une femme,... c'est un peu d'inconstance, assaisonnée quelquefois de perfidie (Regnard, FiZZes err., a. II, se. 3). — Le mot avait pris simplement le sens de : mêler, accompagner; le plus souvent il s'y joint l'idée de: donner du piquant. Voir le Lex. de Mol. par Livet.

assassinant — H.D.T. cite comme premier exemple Mol., Psî/c/ié, 11,1, mais le mot était déjà dans Scarron : Vostre œil, Planette assassinante, Brûle comme un Miroir ai'dent [OEuv., l, 161). — * Rich.; O autres lexiques.

assassinateur — H.D.T. cite un exemple de Rabelais, III, 2; Bouhours doutait que ce mot entrât au dictionnaire de l'Académie {D., 13-14). — *Pom., G. Miege; G autres lexiques. L.dans son Supp' cite Sévigné, 22 janvier 1674.

ssséner, qui était vieux au temps de du Bellay, a été repris depuis (Ménage, 0., l, 434). Vaugelas le trouvait bon, mais Alemand constate qu'il commence à moisir [Nouv. Rem., 510). — *tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Et pouvoir, à plaisir, sur ce muQe assener Le plus grand coup de poing qui Histoire de la Langue française. IV. 39

se puisse donner (Mol., IV, 517, Ta.rt., v. 1799-1800). Le mot se construisait aussi transitivement, avec un nom de bête ou de personne pour complément (Pom., G. Miege, A., A^). — Almon,... D'un coup de flèche qu'on luy tire, Fut dans le gosier asse/ié (Scarron, Virg. trav., II, 252-253).

assertion (Voir tome III, 144). — Il est du stile dogmatique et sent un peu l'école. On dit plûtost : ma proposition (A. de B., Refl., 67). — * Pom., G. Miege; O Rich. ; * Fur., A. : il n'est guère en usage, Tli. Corn. : l'usage en est renfermé dans le dogmatique ; A^ répète A.

assiette — Bouhours constate que ce mot, autrefois très employé au figuré, cède devant situation (/?em., 496). — * tous les lexiques; Rich. le marque d'une croix au figuré. — l'esprit de leur cadette étoit toujours dans la même assiette (La Font., VIII, 100, Psyché); ...le camp de Taxile Garde dans ce désordre une assiette tranquille (Racine, 1,556, Alex.,\. 701-702) ; les hommes... ne se trouvent souvent dans une assiette plus tranquille que lorsqu'ils meurent (La Bruyère, I, 213) . Voir le Lex. de Mol. par Livet.

assignable — Bossuet, Lib. Arb., 4, dans ll.D.T. ; 0 tous les lexiques.

associé, substantif. — H.D.T. cite à tort comme premier exemple Rich.; *Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., A^. — l'époux et son associé (La Font., VI, 134, V. 130) ; ces Bohémiens chei'cherent en vain des associez sur la terre (Bossuet, Hist. (les Var., II, 324).

assommoir — Liger, Nouv. Mais, rust., dans Delb., Bec, cité par H.D.T. ; o tous les lexiques.

assoler devient burlesque. — * Pom., Duil. avec -{-, B. F., Fur., A. : style bas. — On ne trouve plus que le participe dans A^ qui déclare le verbe hors d'usage et n'admet le participe lui-même que dans le style bas. B. F. donne aussi la forme assotir. — On trouve chez La Font, et Mol. des exemples du participe.

assoupissant — Quinault, 1676, Atys, III, 4, dans H.D.T. ; * Pom., G. Miege, Fur., A. A2.

assouvir ne se dit bien qu'au figuré (A. de B. , Refl., 68). — Au propre * Pom . , G. Miege, Fur., A. , A^ ; au figuré *tous les lexiques, sauf Th. Corn. — tous les rafînemens dont nous nous servons pour couvrir nos tables suffisent à peine à nous déguiser les cadavres qu'il nous faut manger pour nous assouvir (Bossuet, Hist. Univ., 174). Les exemples du figuré sont nombreux. Voir lé Lex. de Mol. par Livet.

assurément — Sorel voulait qu'on distinguât entre asseurémenl qui vouloit dire certainement, et seurement qui signifioit avec seureté et qu'il reprochait aux Dames d'employer au sens de asseurément {Conn. des b. liv., 1671,414-415), cette soi-disant confusion est dans A. — En fait le mot avait trois sens : i° avec assurance, *Pom., Duil., G. Miege ; Qui marche assurément n'a point peur de tomber (Corn., Pol., a. II, se. 6, dans Hug.); 2» sans danger, en toute sécurité, * Pom., Duil., G. Miege ; 3° probablement, certainement, * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — l'abbé de la Rivière étoit assurément gagné par la cour (La Roch., II, 167); cette confusion... vous cause très-assurément les maux de tête que vous avez eus (Sévigné, X, 132). Voir Hug.

APPENDICR 611

assureur — 1681, Ordonn. s. la M ar., dans H.D.T, ; * Fur., A. et A^, qui ne l'admettent que comme terme de commerce maritime.

astragale — De Lerac approuve fort Boileau de s'en être servi dans le vers : Ce ne sont que festons, ce ne sont ([u astragales. « Ce sont des mots de l'Art, répliquera le Censeur. Il est vray. Et que tirez-vous de là? Ya-t-il rien qui enricliisse plus une langue que ces nobles termes » [Def. des b. esprits, 10). —

* Pom., G. Miege, Rich., Fur., A., Th. Corn., A^.

astreindre n'estd'usage qu'au figuré (A. de B., Refl., 69). — Au propre * Pom., B. F., Fur.; au figuré *Pom., Duil., B. F., Rich., Fur., A. : il ne se dit guère qu'en parlant d'obligations civiles, A^ ne fait pas celte remarque. — A ses lois croit-il nous astreindre"? (La Font., I, 216, v. 31). — Fur. et A. donnent aussi le sens de resserrer le ventre.

atmosphère — ■ Fur., dans H.D.T. ; *A., Th. Corn., A'^.

atrabile — Ce mot surprend Bouhours; « on dit bile noire » (/)., 44). Ménage le défend comme terme de Médecine, en reconnaissant d'ailleurs que ce serait un très-mauvais mot dans la conversation (0., II, 157 et 339). — * Pom., G. Miege, Rich. ; O Duil., Fur., A., Th. Corn., A^. — A travers toute cette atrabile [Perr, d'Abl. vengé, 18).

atrocité que Vaugelas condamnait {Rem. Postli., II, 458) est accepté dans le style relevé par Alemand [Notiv. Rem. , 429-430). A. de B. trouve que c'est un terme excellent pour exprimer la grandeur d'un crime {Re/l., 72). — * Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., A2 ; *L., H.D.T., Hug.

attache et attachement — Bouhours a consacré plusieurs pages à délimiter les emplois d'attache et attachement. On ne dit pas : il a de Vattache pour telle personne, mais on dit bien : jouer avec attache pour dire avec ardeur. Attachement ne conviendrait pas. En parlant de choses, attache et attachement se disent indifféremment. Au pluriel, on dit les attachemens de la terre, du monde et aussi les attaches de la terre {Rem., 34 et suiv.). Ce sont-là des subtilités qui mériteraient au P. Bouhours le nom de « Scot de la Grammaire Françoise » (Alemand, Guerre civ., 169-173). Au sens d'afîeclion, attache

* Pom., G. Miege, Rich., Fur., A., A^ ; mais il faut noter que Pom. et G. Miege ne l'emploient qu'avec les choses. Quanta attachement, il n'est avec le sens d'affection que dans Rich., Fur., A., A"^. Il n'a que le sens de relations chez Pom. et chez G. Miege : il a de V attachement avec mes ennemis. Duil. ne l'emploie qu'avec un nom de chose. Pour d'autres exemples de attache et attachement, voir le Lex. de Mol. par Livet. — Il a un attachement, pour dire, il aime une personne, est un emploi nouveau, selon Bouhours [Enlr.. 103) ; cette expression ne se trouve que chez Pomey.

d'attache = avec passion, avec persévérance — O tous les lexiques. — Est-il croyable... que depuis quarante ou cinquante siècles que les Médecins estudient d'attache les maladies et les remèdes... (Bezançon, Med. à la Censure, 97).

attachant — Sévigné, o72, dans H.D.T. ; 0 tous les lexiques. — disons icy.., qu'elle est (cette affection naturelle) trop attachée et trop attachante (Bossuet Div. ecr. sur les Max. des Saints, CLXIX).

atteindre — Au sens de : tirer dehors ; il n'y a que dans les Provinces qu'on se sert d'atteindre. Il faut dire : aveindre, comme à Paris et à la Cour

(Ménage, 0., I, 263-2G6). — O tous les lexiques. — Aveindre paraissait douteux à Andry [Refl., 76; cf. de Callières, Bon et mauv. us. ,11; v. Schenk,

atteint — En terme de Palais, on déclare qu'un horamc est atteint et convaincu' de crime... Il faut remarquer que le mot atteint se dit seulement d'un accusé, au lieu que le mot convaincu se dit de celui contre lequel il y a une preuve claire et certaine (Fur.) ; * Pom., Duil., G. Miege, Rich., A., A^. — Iti demeura froid comme glace, et si esperdu que sur la première demande il confessa et demeura atteint et convaincu de tout (Chapelain, Guzni. d'Alf.,

1, 80); Quoique déjà je sois a</em^ et convaincu, Par les maux que je sens, d'avoir longtemps vécu (Regnard, Lég. iiniv., a. I, se. 4).

atteler — Mettre les chevaux au Carosse est plus noble qu atteler les chevaux,, et c'est comme parlent les personnes de qualité. Toutefois, s'il y a un grand nombre de chevaux, il est mieux de dire : atteler (A. de B.,7?e/Z., 70). — *tous. les lexiques, sauf Th. Corn. L'opinion de Rich. confirme celle d'A.de B.

attenant — La Font., Fa/)Z., IV, 4, dans H. D. T. ;* Duil., G. Miege, Fur., A.,A2.

attendre peut à la rigueur s'employer au sens de craindre, mais il ne faut pas s'en servir en toutes sortes d'occasions : vous ne devez plus attendre rieni qui vous puisse troubler (Tallemant, Decis., 2.^-26).

atténuer — Il faut dire : il est tout atténué de mortification et non pas : exténué.. C'est un mot de Provinciaux (A. de B., Refl., 223-224). — * Duil., Rich.,, Fur., A., A2.

atterrer — Chapelain ne l'admettait que dans la haute poésie, et pour l'ordinaire lui préférait terracer [Lett. à M. Brieux, 12 juin 1661). A. de B. accepte le mot sans observation, mais il ne lui donne que le sens de : confondre, exterminer, ruiner [Refl., 71). — * tous les lexiques, mais Rich. déclare qu'il vieillit et terrasser lui semble meilleur; Fur. le donne comme vieux et A^ en restreint l'usage à quelques phrases. — ...ils (les Anges) atterrent le dragon qui vouloit engloutir l'Eglise (Bossuet, Apocalypse, Préf., 78). VoirHug.

attiédir — A. de B. distingue entre attiédir et tiédir. Tiédir se dit de froid en' chaud, et attiédir de chaud en froid ; on ne dit pas tiédir de l'eau, mais faire tiédir deVediU {Refl.,li). — Richeletconteste l'emploi d'attiédir au propre et veut qu'on dise en sa place : devenir tiède. Le mot est dans tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais il est souvent difficile de savoir s'il font la même distinction qu' Andry : ils traduisent par rendre tiède. Toutefois, G. Miege rend par to warm ; Richelet donne : rendre plus froid, mais c'est dans un exemple de sens figuré ; Fur., A. et A^ traduisent par rendre plus froid, mais en même temps A. et A^ donnent : l'air s'est attiédi, est devenu moins froid.

attiédisse ment est, selon Bouhours, un mauvais mot qui vient de Port-Royal [Entr., 139; /Îe/H.,344). Au contraire « c'est un bon mot, en matières physiques et encor plus dans les choses morales », pour Barbier d'Aucour (Sent, de Cleante, 84). — * Pom., Fur., qui ne le donne qu'au figuré. A., A^ font de même.

attifer — II ne se dit que par moquerie (A. de B., Re/Î., 72). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; Rich., qui ne garde que le participe, le marque d'une croix, Fur., A. et A^ le déclarent vieux. Il faut remarquer que les trois-

derniers lexiques ne le donnent qu'au sens de coiffer, tandis que les autres ont le sens plus général de parer, orner.

attifet — * B. F., Rich. avec -|-, Fur. : vieux mot, A. et A^ : id.

s'attirer de l'estime, s'attirer des reproches, s'attirer de méchantes affaires, sont des expressions à la mode (Bouhours, Entr., 96). — *Pom.,G. Miege, Rich., A., A"^. — au lieu... de s'attirer par là le mérite d'avoir procuré le repos public (La Roch., II, 247); Il s'es^ attiré tout cela, en dépit même du destin (Racine, VI, lil,.Rein. s. l'Oclys.).

attraper — Ce mot qui se dit communément pour tromper, ou pour atteindre en courant, s'employe élégamment comme terme d'art et de littérature au sens d'arriver ou de parvenir aune perfection (A. dc B., Suite, 12-13). — Dans ce sens* Rich., Fur., A., A^. — les gens du commun ne peuvent jamais attraper ce bel air (Fur., JRom. bourg., 1, 18) ; jamais comédie n'a mieux attrapé son but (Racine, II, 142-143, Plaid., au lect.).

attrayant — (c Des personnes tres-polies dans la Langue prétendent qu'on ne le doit dire que des objets de la veuë, et que ce ne seroit pas parler dans l'exactitude que de dire, la Musique est quelque chose d'attrayant. Tous néanmoins ne sont pas de ce sentiment » (A. de B., Befl., 69-70). — *tous les lexiques, sauf Th. Corn., sans aucune restriction. — et celte bouche... est la plus attrayante... du monde (Mol., VIII, 131, Bourg, gentilh., a. III, se. 9); les charmes attrayants d'une conquête à faire (Id., V, 88, D. Juan, a. I, se. 2).

■aube — L'aube du jour est une expression qui a vieilli ; on dit le point du jour (A. de B. , Befl., 74). Le mot aube ne s'emploie guère seul (A., A^) ; *tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Et du temple déjà l'aube blanchit le faîte (Racine, III, 616, Ath., v. 160).

aubergiste — 1667, Le Tac, Hist. du Canada, dans Delb,, Bec., cité par II. D. T.; 0 tous les lexiques.

■audace — Ce mot signifie plus que hardiesse et se prend toujours en mauvaise part, à moins qu'il ne soit adouci par une épithete ou un autre substantif qui l'accompagne, ou encore par le sujet traité (Bouhours, Bem., 376-377). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais tandis que pour Rich. et Fur. le sens ordinaire est péjoratif, pour A. le sens de hardiesse impudente est rare. A^ contredit A., et se rallie à la façon de voir de Fur. — Voilà ses yeux, sa bouche, et déjà son audace (Racine, II, 72, Andr., v. 653) ; De mes accusateurs qu'on punisse l'audace (Id., II, 317, Brit., v. 1288).

■austère — Vaugelas n'avait pas voulu qu'on se servît du mot dans l'expression : une mine austère. C'est pourtant un sens fort usité (Alemand, Nouv. flem., 486-487). Le mot, appliqué à visage, n'est pas dans Rich.; * Fur., A.,

auteur se prend quelquefois en mauvaise part : un auteur, tout court, se dit d'un homme qui se mêle d'écrire sans y entendre rien, qui ne parle jamais naturellement(A. deB., Befl., 81-82; cf. Suite, i6). — « Un fort honneste homme qui ne vouloit point passer pour autheur déclaré le vint menacer (un libraire, éditeur de Recueils) de lui donner des coups de baston à cause qu'il avoit fait imprimer un petit nombre de vers de galanterie sous son nom, et l'avoit mis au commencement du livre, dans le catalogue des autheurs qu'il avoit mesme fait afficher au coin des rues » (Fur., Boni, bourg., I, 125) ; Voilà écrire

en vrai auteur que de commencer par parler de ses ouvrages (La Roch., III, 132-133) ; Quand on voit le style naturel, on est tout étonné et ravi; car on s'attendait de voir un auteur, et on trouve un homme (Pascal, Pens., éd. Ilavet, I, 105).

autrement — Vaugelas trouvait beaucoup de grâce à des expressions comme: il n'est pas autrement riche, et Alemand acceptait qu'on dît le mot et même qu'on l'écrivît quelquefois {Nouv. Rem., iSi-i:S2). Autrement, ainsi employé, a quelque chose de naïf (A. de B., Suite, 17). — A. et A^ indiquent expressément qu'autrement, avec la négative pas, signifie Guère ; * Duil. ; O G. Miege, Rich. ; *Fur. ; *!-.., qui cite Pascal. — Ce n'étoit pas autrement sa coutume (La Font., IV, 157, v. 9).

s'avachir est un terme bien bas et bien populaire (Grimarest, Comm. de Lett. cur., 188). Toutefois A. le considère comme pouvant s'employer au figuré. — * B. F., Fur. : bas, Th. Corn. : vieux, A^ : bas.

avalasse = inondation — les avallasses étoient si grandes . . . qu'à peine se pouvoit on retirer des cliemins (d'Ouville, Contes, I, 216). — Le mot n'est plus que dans B. F. et Fur. : avalasse ou avalaison .

avaler = descendre — C'est un mot condamné parles personnes qui se servent de termes choisis (Grimarest, Comm. de Lett. cur., 188-189). — Il est bas et populaire (A. et A^) ; * Duil., Fur. On ne trouve chez Richelet que la forme s'avaler : le ventre de ce cheval s'avale. — S'il s'avale, ses pieds toucheront jusqu'en bas. J'en suis certaine. . . (Poisson, Foux divert., a. III, se. 3).

avancement — Il n'est pas accepté au propre, mais seulement au figuré (A. de B., Refl., 74; cf. L. de Templery, Gen. et Pol., 176). — Au propre le mot n'est que chez Pom. et G. Miege.

avantage doit être remplacé par honneur dans l'expression : avoir l'avantage de... qui est bourgeois (de Callières, Mots à la Mode, 73 et 80; cf. Bon et mauv. us., 31 ; v. Schenk, o. c, 13). — O tous les lexiques.

avant-chemin — Racine, Siège de A^ajnur, dans H. D. T. ; O tous les lexiques.

avant-fossé — Racine, Ib. ; * Fur.; Th. Corn.; * H.D.T.

avarement « n'est nullement en usage, on dit avec avarice » (A. de B., Refl., 75). — * Pom., Duil., qui préfère avaricieusement, G. Miege, Fur., A., A^ ; O Rich.; * L., qui cite Balzac.

avaricieux n'est employé que par les gens du commun; arare seul est du bel usage (de Callières, Bon et mauv. us., 69; v. Schenk, o. c, 14). — * tous les lexiques, sauf Tli. Corn. — un roi avaricieux et ingrat (La Font., VIII, 293, Songe de Vaux) ; Voulez-vous, démentant un généreux effort, Ltre avaricieux même après votre mort ? (Regnard, Légat, univ., a. V, se. 7). Voir le Lex. de Mol. par Livet.

avertin (Voir tome III, 144). — * Duil. avec -J-, Fur., Th. Corn. : vieux. — Perrault, philosophe mutin,... Et coiffé de son avertin (Racine, IV, 246, Poes. div.).

avertissement — Selon Bouhours, Avertissement au lecteur a remplacé Aviç au lecteur, devenu ridicule {Suite, 342-343), — * Fur., A., A^ Voirie Lex. de Mol. par Livet et Ilug.

aveuglement — U Apothéose du Dictionnaire n'accepte pas aveuglement au propre (128) ; L.de Templery est du même avis {Gen. et Pol., 176). — Au propre * Pom., G. Miege, Duil. ; au figuré seulement dans Fur., A,, A^.

aveuglette — « C'est un mot du peuple, que personne ne voudroit proférer ni écrire » (Grimarest, Comm. de Lett. cur., 189). — * B. F., Fur., A. : bas, Th. Corn, : vieux, A^ : bas.

avorter — Ménage n'accepte le mot que pour les animaux, pour les femmes il aime mieux: faire une fausse couche (0., 1,273-274). — Il se dit d'une femme qui fait périr à dessein son fruit, mais si c'est par accident, on dit qu'elle s'est blessée. Pour les animaux, on dit toujours avorter (A. de B., Refl., 77). — *Pom., Duil., G. Miege, Bich., Fur., A., qui confirme Andry, A'^. — Que sait-on"? Si ma cousine allait avorter (Begnard, Crit. de Vh. kb. fort, se. 3).

avouer ne doit s'employer qu'à propos de ce qui est vray. On ne peut pas dire: il a avoué ce qu'il n'a point fait. De même, aveu, confesser et confession supposent la vérité (A. de B., Refî., 80).

azyme — Thoynard reproche à Bouhours d'avoir traduit: prima autemdie Azymorum, par : le premier des jours où l'on mangeoit des pains sans levain. Il falloit dire le premier jour des Azymes {Disc, 76). — *B. F., Bich., Fur., A., A2 ; les deux derniers lexiques seuls le donnent comme substantif dans l'expression : la Feste des Azimes. — leur sacrifice en pain levé se conservant mieux que nos azymes (Bossuet, Traité de la Comm., 58).

Page 1