NOUVEAUX PROGRÈS DE L IDÉE DE RÉFORME
qu allonger la syllabe devant consonne, où elle sonne :; devant voyelle ; au milieu des mots, car entre voyelles elle vaut toujours :; ; présumer^ entre consonnes elle « aspire toujours » : consumer; dès lors il n'y a pas de confusion possible. Inutile donc d'y pourvoir.
Mais il ne convient plus de souffrir que refte, fempefte, vous eftes s'écrivent de même : Corneille veut donc « orthographer » reste, peste avec s ronde, mais tempe f te, hafte avec f longue ; dans vous êtes, arrêter, il faut la remplacer par un accent.
Quant aux e, il faudrait user de e (simple) dans aspres, de ê (aigu) dans vérité, de è (grave) dans après. Si les imprimeurs gardent le z du pluriel dans veritez, on peut se passer d'accentuer l'e. Dans le corps des mots, il serait bon aussi d'étendre l'usage de e et d'imprimer : sévérité. L'auteur a fait observer cette règle par ses imprimeurs. E grave doit toujours porter Taccent à la fin des mots : succès, sauf devant U ou l : belle, appel.
Cette double II peut-elle se réduire à l simple? Après a, o, u, pareille simplification est sans inconvénient, baler, affoler, annuler; elle troublerait après l'e: fidèle, et risquerait après i de créer des confusions : vile. Comme on le voit, la réforme ne porte que sur quelques points, mais il ne faut pas oublier que Corneille ne se borne pas à la recommander, il l'applique; en outre les mots par lesquels il justifie son dessein en disent long: « Si cette ébauche ne déplaist pas, elle pourra donner jour à faire un travail plus achevé sur cette matière et peut-estre que ce ne sera pas rendre un petit service à nostre Langue et au Public » (I, 7).