‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 45 sur 189 · LA RÉFORME DANS LES SALONS ET LES CERCLES. UNE CAMPAGNE PHONÉTISTE · texte numérisé non relu

LA RÉFORME DANS LES SALONS ET LES CERCLES. UNE CAMPAGNE PHONÉTISTE

Les Précieuses, — A en croire Somaize^, les Précieuses auraient^ elles aussi créé leur système ; l'idée en serait née un beau jour dans un salon, de la fantaisie d'une conversation. Ce fut Roxalie (Madame Le Roy, nous dit-on), qui se mit à penser en présence de Claristène (M. Le Clerc?), qu'il « falloit faire une nouvelle ortographe, afin que les femmes peussent écrire aussi asseurement et aussi correctement que les hommes. » Silenie qui était présente (M"" de S" Maurice, paraît-il), et Didamie (M"^ de la Durandière), s'écrièrent que la chose était faisable et même facile ; on se mit à l'œuvre. Glaristène tint la plume, et on décida « que l'on diminueroit tous les mots et que l'on en osteroit toutes les lettres superflues. » Somaize nous donne à la suite de ce récit une longue liste de mots corrigés. Si on les remet en ordre systématique, voici les corrections faites.

1° Suppression de consonnes muettes :

s dans teste, prosne, hostel, supresme, mescliant, troisiesme,. etc., qui deviennent fête, prône, hôtel, suprême, etc.

c — deffiinct, faicts, qui deviennent défunt, faits;

d — advis, reprend, attend, qui deviennent avis, repren, atten ;

p — nopces, indomptable, sçavoir, qui deviennent nôces^ indontable, savoir.

2° Suppression de voyelles muettes :

extraordinaire'^ extraordinaire, seuretê > seûrté. 3" Réduction de doubles consonnes:

deffunct >> défunt, souffert >» soûfert. Cf. êfarez, éfets ;

accommode ^acomode;

pressentiment >> prêsentiment ;

mettre >• mètre.

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