LA RÉFORME DAIS S LES SALONS ET LES CERCLES
purisme avait répandues en matière de langage. Mais ces concessions, il faut le dire, ne vont pas bien loin.
a lefé introduire pîmienrs oBuSt cet an-* fin qu kle a. été prèqtte toujoitt hor fes principes : les chozes arachées de leur iantre , font toujour vagabondes, n'ont point de fermeté , & font fujêtesàune asitacion continuèle.
FI' Pour bien treter de l'Orto^afe Franche j il et êon de fayoir ceus de U Gramere Latine s mes cela et inutil pour écrire > ^ pour bien ortografier le Tran-r tes: au contrer y il n'y^a rien deplur dan^ereu que de fy atacher trop ; Cr c€t un zel indiferet <> dénaturé de yeuloir fayorizer des Langues étrangères aus dépans de cèle de fin pet ; de ftre tafir la Langue Franceze corne l' efclaye de la Crèque Ksr de la Latine ^ dr àe vouloir an fin par cete honteuze ofiinacion réduire toutes les famés à chercher des Racines Créques j à fayoir le Latin pour écrire Frances j ^ à anplèyer le cart de leur yie peur fayoir feulemant BIEN LIRE; car pour les fiances 3 il ne faut point douter que les Langues Grèque <> Latine font nècèferes s mes non pa\ pour bien Ortografier»
Spécimen de l'oithographe de Lartigaut (o. c. xix).
Echec du système. — Les protestations contre L'Esclache furent nombreuses et très vives, et plusieurs opuscules, ainsi « La Véritable ortO(jraphe », ^ font penser à certaines diatribes, écrites de nos
1. La véritable orlographe française opposée à Vortographe imaginaire dv sievr <le Lesclache {Paris, Cottin, 1669). B. N., X, 1277.
Cf. Traité de V orthographe; Dans lequel on établit, par une méthode claire et facile fondée sur Vusage et sur la raison, les règles certaines d'écrire correctement.
Et où l'on examine par occasion les règles qu'a données M. de Lesclache (Paris, Jacq. Talon, 1669). B. N., X, 1276,8°; S'»-Genev., X,363.
jours. Ce sont les mêmes imprécations dramatiques et burlesques. Gomme il arrive chez les pamphlétaires, de faciles calembredaines tiennent lieu de raisonnement, de savoir et d'esprit : « Pourquoi L'Esclache qui ôte Ys muette ne retranche-t-il pas ïs de son nom ? » ^ . On en appelle contre ce sacrilège au bras séculier, on demande le bannissementd'un audacieux qui a osé mettre la réforme orthographique au nombre « des grandes choses dont le règne pourrait s'honorer et des victoires de la Majesté sacrée » (16). Seulement, L'Esclache n'est pas renvoyé aux pédants, on le renvoie aux gens du monde et aux précieuses ; « son orthographe ne réussira jamais que dans leurs ruelles » (Au Lecteur, et page 7). L'excuse de ces A'iolences, entassées dans un livret où il n'y a ni méthode, ni style, ni connaissance du sujet, c'est que l'auteur est sincère. Il ne dut pas faire grand tort aux réformistes.
Il est difficile de savoir à distance, si le débat provoqué par les. hardiesses de L'Esclache nuisit à la cause de la réforme. L'homme avait eu du succès, de l'autorité même, mais, à cette époque, la vogue l'abandonnait. Il est possible que l'occasion qu'il fournissait de le combattre ait été mise à profit, et que l'on ait du même coup réussi à effrayer l'instinct conservateur du public. Avouons toutefois que c'est là une pure hypothèse. Rien ne prouve que l'Académie eût accueilli des propositions plus modérées, et aucun témoignage n'atteste qu'il faille attribuer à la peur d'une révolution le refus d'examiner ou d'essayer des améliorations plus modestes ~.
1. Dans un factumde M. André Beaunier, un Annamite dit de même : « C'est un précieux Occidental que ce Brunot, mais pourquoi met-il un t au bout de son nom ? »^ {Contre la réf. de Vorthogr., Paris, 1909, p. 36). L'argument est en effet sans réplique.
2. En 1672, l'imprimeur d'un livre quasi officiel l'Etat de la France, applique certaines nouveautés, distingue le j, le v, se sert de l'e accentué, etc. Voir t. I, le début (non paginé) : « Pour éviter quelques inconvéniens dans la lecture, et pour plusieurs raisons qu'il seroit trop long de déduire en cet endroit, on a observé les V et les t consonnes »....
« Nous avons aussi fait observer les e accentués, apelés communément des é acut, même au milieu des mots, pour aider à la prononciation : et où cette lettre se doit prononcer comme nu ai, on y a mis un ê circonflexe ou marqué d'un chevron. »